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ma sépulture? Et déjà elle emploie le parfum^ elle le répand^ sans en rien réserver^ sur la tète et sur les pieds de Jésus. Ce jour est-il donc arrivé ? Et déjà cette femme ensevelit-elle Jésus? Ôui^ mes frères^ ce jour est déjà^ pour la foi de Marie^ le jour des funérailles. Sa douleur anticipe sur Theure du deuil. Elle voit déjà le sacrifice consommé; la victime gît devant elle; elle la voit déjà percée^ sanglante et morte ; elle rend déjà à ce Jésus^ qui vit et qui lui parle, les funèbres honneurs qu^elle avait réservés à sa dépouille inanimée; tant est vive sa foi, tant sa douleur a devancé les temps, tant elle est entrée dans la pensée et dans rintention de Jésus-Christ. Pensez-vous, mes chers frères, que Jésus-Christ ne lui en sache aucun gré, et que son action, bonne déjà par d^autres endroits, ne le devienne pas davantage par tout ce qu'y ajoute une foi si simple, si docile et si pieuse ?
Ah ! nous ne pouvons plus dire avec Judas : A quoi bon cette perte ? Rien n'est perdu. L'exemple de la foi et de Tamour de Marie, Tédification qui s'en est exhalée pour tous les siècles, comme un parfum vivifiant, ont mille et mille fois payé cette huile répandue et ce vase brisé. Mais quand la foi de cette femme ne lui aurait pas fait voir la mort de Jésus-Christ si prochaine, si cruelle, ni môme si inévitable, toujours est-il que Celui en qui elle voyait le Sauveur du monde et le Fils de Dieu ne pouvait pas demeurer à jamais sur la terre; qu'un jour il cesserait d'éclairer de sa présence les ténèbres de notre exil ; qu'un jour sa parole pleine de grâce et de vérité cesserait de se faire entendre ; que nous aurions toujours des pauvres avec nous, mais que nous ne l'aurions pas toujours. Il était vrai encore que, moins favorisée que les Apôtres, Marie ne pouvait pas comme eux accompagner Jésus-Christ, et se rassasier de sa vue et de ses discours. L'avait-elle vu sou-
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vent, longtemps entendu? Nous l'ignorons. Mais que ces rencontres bénies étaient peu de chose au prix d'une société habituelle! qu'elles élaieut rares au prix du besoin qu'elle en ressentait! Avec quel transport le voyait-elle veniri Avec quel empressement s'asseyait-elie à ses pieds, et s'arrangeait-elle pour ne ]>erdre aucune de ses divines paroles! Et si, alors, oubliant pour un moment les pauvres qui le lui représentaient en son absence, elle se laisse aller è prodiguer à ce divin ami son temps et ses biens; si elle se hâte, pour ainsi dire, de servir et d'honorer en sa personne Celui que plus tard nous la verrons honorer et servir L dans la personne des pauvres, qui n'aurait égard à sa po- L Htion, qui aurait le courage de la blâmer, sinon ces cœurs froids, à qui tout ce qui dépasse l'ordinaire mesure paraît une pure extravagance, et qui veulent avant tout que l'on se contienne, parce qu'ils ne trouvent rien en eux k contenir et à modérer? I Marie, consolez-vous : ce Dieu, qui par amour s'est fail I liouune, pardonne et permet quelque chose à l'amour. Rassurez-vous aussi, pauvre peuple, qui, à la nouvelle de l'approche de ce roi débonnaire, vous presserez autour de loi, et lui formerez un cortège triomphal jusqu'à la ville parricide. Jésus a parlé; vous pourrez, sans qu'il s'y oppose, suivre le mouvement de votre cœur, vous pourrez étendre vos vêtements sous les pas de son humble moulure, et dépouiller les palmiers de la plaine pour faire à Jésus un sentier de verdure sur celle roule poudreuse. Ne craignez pas que Judas s'écrie : «A quoi bon cette perteîn Son maître veut bien qu'elle se fasse , et sou indulgence est promise à vos cantiques et à vos palmes. H ne sera pas dit que, lorsque, au jugement du monde, loulc passion porte avec elle son excuse, aucun excès ne sera pardonné au plus jusie, au plus saint des amours.
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Avons-nous besoin^ mes chers frères^ d^insisiar sur les enseignements que cette histoire nous présente? Il nous semb)e qu'ils en sont sortis comme d'eux-mêmes à mesure que nous l'avons approfondie. Il ne faut pas même ravoir approfondie^ mais seulement l'avoir lue^ pour y trouver l'une des plus importantes leçons^ celle de regarder à l'intention ou au cœur dans les actions de nos semblables.
Une action vaut exactement ce que vaut l'intention qui l'a commandée. On ne saurait méconnaître cette vârité sans renverser toute la morale et sans en nier le principe même. Aussi personne ne le méconnaît^ mais tout le monde l'oublie. Que dis-je? hélas! on ne s'en souvient que trop quand il s'agit d'exténuer le mérite d'une bonne action; on applique alors soigneusement^ mais injustement^ cette règle; et la malignité^ qui voit la réputation d'un homme ' fleurir sur ses actions comme sur une tige élevée^ se glisse comme un ver jusqu'aux racines de cette belle conduite, pour la flétrir eh les rongeant. Mais une action est-elle ^mauvaise ?«ëst'elle simplement défectueuse? la voilà^ sans autre^ jugée; et nous qui avons si bien compris qu'une œuvre bonne en apparence peut se trouver mauvaise quand on remonte jusqu'à son principe^ nous n'avons garde de réfléchir que^ par là méme^ le principe d'une action peut se trouver meilleur que cette action elle-même. Est-ce que peut-être, comme quelquefois on nous l'entend dire sentencieusement^ le mal doit se présumer plutôt que le bien? Ahl la déplorable et inhumaine maxime! Mais, quand^ dix fois contre une, elle serait vraie, il faudrait dix fois contre une essayer de la trouver fausse, et ne croire au mal que sur des preuves évidentes et à la dernière extrémité. Pourquoi du moins ne pas être empressé de chercher le bien qui peut se trouver à côté du malt
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pourquoi ne pas chercher l'un au moins aussi curieusement que l'autre? pourquoi surtout, comme le malheureux disciple de nptre Seigneur, voir avant tout, voir exclusivement les côtés faibles de l'action, l'erreur qui s'est mêlée à la bonne intention, au lieu de s'attacher d'abord à la bonne intention, tout aussi évidente et bien plus importante à relever? Ne dirait-on pas qu'après avoir trouvé les bonnes intentions si rares, vous vous êtes pris tout à coup à les trouver communes, et si communes qu'il ne vaut pas la peine de les relever? inconséquence cruelle ! Ne BOUS en rendons pas coupables, mes frères; et quand nous ne pouvons pas approuver absolument une action d'un de SOS semblables, ne l'approuvons point, cela est juste; mais gsrdons-nous d'affliger celui qui l'a faite; montrons-lui au contraire que nous apprécions sa bonne volonté, et que s'est elle, avant tout, qui noua frappe; remercions-le, dans un monde où de notre aveu la volonté du bien est si rare, remercions-le, félicitons-le du moins d'avoir voulu l« bien; ne llétrissons pas par la rigueur d'une raison superbe et dure cette fleur délicate du dévouement qui vient de fleurir dans son sein; ne soyons pas sages sans mesure fll raisonnables sans miséricorde. Cultivons tendrement, gtrdons-nous de blesser une plante que nous sommes ^teureu)^de voir germer. Honorons, sans complaisance et ■ans exagération, les bonnes intentions ; si l'enfer est pavé, ■omme on l'a dit, de bonnes intentions, ce n'est pas d'intmtions pareilles àcetles de Marie; le ciel au contraire H^est tout orné et tout radieux, et en les honorant nous honorons Dieu qui les bénit et son Esprit qui les inspire. Il faut d'ailleurs encore, dans les jugements que nous "fartons, tenir compte de la ditTérence des positions et de vile des besoins. Les disciples manquaient à la première ' >«eB règles, lorsqu'iU blilmaient une efTiision de ien&«He