LA FIN ET LE COMMENCEMENT
La fin du commandement, c'est Vamowr, 1 Tim., 1, 5.
La subtilité juive et la malice naturelle du cœur humain, ennemies Tune et Tautre de la simplicité de la foi, semèrent d'obstacles et de pièges le chemin des premiers prédicateurs de rÉvangile. Ils ne purent se refuser à la discussion; et plusieurs des écrits de saint Paul ont dû leur forme à cette nécessité. Les diflScultés que présente leur lecture sont à la fois l'effet et la preuve de cet esprit de contention, de vaine curiosité et de fausse dialectique, avec lequel les apôtres de Jésus-Christ furent si souvent obligés d'en venir aux mains. Toutefois la simplicité 9e la foi et de la charité se fait jour à travers ces discussions^ dont la forme, donnée pour ainsi dire par le temps et par le lieu, est si éloignée de notre façon moderne de raisonner et de discourir. Un rayon direct et perçant traverse ces nuages et les illumine ; et Ton sent, dans les plus lentes circonvolutions de la pensée de saint Paul, je ne sais quelle impatience d'arriver et de se reposer dans la simplicité. On comprend que, sans les difficultés que lui suscitait du de-
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hors un esprit opiniâtre de siipprslition et d'argutie. In parole de l'Apôtre eût été bien plus souvent une simple effusion, un élan, un cantique. Puisque Dieu n'a pas voulu qu'elle eiit habituellement ce caractère, nous ne devons pas nous en plaindre; mais il nous est permis de remarquer que cette forme de discours ne paraît pas avoir été du choix de saint Paul, et que l'exposition naïve et touchante des vérités du salut, ou un appel énergique k la conscience etau cœur auraient probablement dominé dans ses écrits, si le choix de la forme et de la méthode avait dépendu de lui.
El en effet, l'argumentation de saint Paul , dans les endroits mêmes ofi elle parait le plus compliquée, quel en est i'objetî il quoi tend-elle avec ardeurî vers quel but semble-t-elle se hftter? sinon vers le renversement d'un échafaudage importun, pour laisser paraître dans sa simplicité majestueuse l'édifice qui devait abriter le genre humain. L'aversion pour les questions vaines et pour de folles recherches est même un des traits qui carnctérisent saint Paul; et quand il voit Timothée, son jeune et pieux collaborateur, en danger d'être enveloppé par ce réseau de sophismes, s'il ne craint pas que Timothée prenne le change ou demeure sans réponse, il ne veut pas du moins que le temps se perde en de vaines disputes, ni que des forces précieuses s'y consument, ni que la parole, dont le véritable usage est de louer Dieu, s'engage et peut-être se dissipe dans une guerre de mots. C'est la première préoccupation qu'il laisse voir dans cette lettre h Timothée ; c'est par cet avertissement qu'il débute; il veut que son disciple avertisse les esprits inquiets et difficuUucux qui sans doute entravaient son ministère, a de ne s'attacher pas à des faa bles et à des généalogies qui n'ont point de fin, et qdi ,1 a oDgendrent des disputes, au lieu de former cet édïûl