UNE VILAINE SORCIERE CONTE CANADIEN POUR MES PETITS AMIS
En parcourant les riches ot Pittoresquen ares du beau Canu-
ne forte béquille Fou et laide À faire
du, J'ai rencontré tout dernièrement, nppuyés Une Vieille, vieille sorcière, toute Fidée, toute y peur à un ours gris
Si encore ln Vilaine guvnon ait bonne * fon COTT
ceté est telle, qu'elle entraine los petits pure tx fond de L'euu : ie,
le feu À la soveuse chovelure blonde où teur telles robe des
petites filles; empoisonne les uns, catronie | n un mot, fuit |,
plus de mal possible aux enfants QU ont Le pue l'écouter : car
lu plus grande, l'unique jojo de la méchant est de pousser
non 'Chéris"" à faire ce que leurs Papas ot leurs Mamans leur ont dé-
fendu. Oh! la vilaine sorcière !
Arrivé près d'elle, je lui dis List ‘» 2-VOuS, la môree
Vous étes bien trop vieille POUr Vous mettre gigeÿ ae le cherin ! Elle me répondit d'un ton bourru Lu es (rx Curieux, mon gar-
çon lé Vais où cela me plait Méletoi due Le affaires ! Et elle
continue sa route en maugréunt, de fais mine % L'accompagner le
se retourne, lève son gros bâton et g'écrie d'un 1% farouche : “Si tu
as le malheur de me suivre, je te Casse lu téte, à mté polisson !‘
Toi, pensui-je, vilaine Viville, tu dois ar quelques mauvais
coups ! attention ! Jo ne me trom puis pus, mes port te amis
Mais comment empécher une sorcière de fais malin, une sorcière, quand c'est Mauvais !
de mal 9 c'eet si
Je ln suivais done des yeux suns oser faire 4 pas: car malgré ma barbe grise, j'avais peur du gros bâton : & @it être terrible un coup de bâton de sorcière,
Je me trouvais done tort embarrassé,, que md wa voix d'une douceur infinie murmure À mes oreil’es :
‘Tiens, mon fils, prends cet anneau." EL une mag ne main blunche me glisse au petit doigt un Magnifique abus d'or La voix douce ajoute : Pendant deux heures œt anneau aura là vertu de te ren- ‘re invisible, toutes les fois que tu le dé sirerus, #1 amesi la vertu de guérir toutes les blaies qu'il toucher. Va : Le sis F4 Charité,
Ah! la bonne Charité ! comme j'aurais vouly le y mercier ! Mais j'eus beau regarder de tous côtés, je ne vis person
La vraie charité, mes enfants, est comme Les Moléttes ; elle cherche constamment à se cacher, elie n'aime Pas à s montrer quand elle fait le bien. Imites-la.
Seule, là-bas, la méchante ieile s'avançait “lopin-clopant, vers le fleuve,
Bien vite je cours vers elle. En entendans je brwit de mes ; as, elle fait volte-face, le bâton levé, prête à frapper et parait fort surprise de ne voir personne. ‘Je l'ai pourtant bien stand cs, $ À fout PAUL." Oui, mais l'anneau d'or de la ( harité ne lui permettait pas de me Voir,
Enchanté, je riais dans ma barbe de l'étonnenent de ln vieille chi Pie Quanc accourut en chantant, petit F re, enfant d'une ferme vir
sine
“bprochant du fleuve, petit Picrre considère l'eau Qui murmure ot able Lui dire gentiment : ‘Viens donc que te je te carvene Mais PU Pierre n'ira pas dans l'ont non! non! sen parents le lui ont défendu
La vilaine sorcière s'avance Vers l'enfant ot lui dit en adoucissant sa Voix Eh bien! mon mégnon, tu ne te baigne» doue pan’? Non,
répond le petit, maman ne veut pan
Qu'est-ce que cela fait ? repond la Vieille : les mummns défendent loujours où qui fait Plaisir aux enfants ! HE fait bien chaud et l'onu nt si douce, si agréable ! Daigne-toi, mon amour ; je te le permets, moi ta maman n'en saura rien
Pt l'imprudent enfant Jette À l'eau, très profonde et très rapide en cet endroit
Entrainé pur le € urant, pets Pierre se met. À crier au moours. 11 Va disparaf sous l'onde pertide quand de le saisis par la main et le vanne sur le rivage
La viville sorcière n'en 1 “t pas. Je l'ontends qui nurm Le ses quatre branlantes dents Jaunes :
Ce petit aurait dû se noyer... Je n'y comprends rien ! Il Ya du diable ou du bon Dieu là-dessous ke
Plus loin, près d'un verger, une Jolie fillette de huit uns dévore de voeux les fruits appétissants d'un pommier
Fh bien ! ma fille, lui dit la Vieille, d'une voix mielleuse, tu ne anges donc pas quelqueæunes de ces bonnes p fameuses ?°°
Oh! non ! pond la fillette: Papa me l'a bien trop défendu’ !
Qu'est-ce que cela fait ? reprend la vicille : elles n'en sont que Meilleures. Et les papas d'aujourd'hui ne sont bons qu'à contrarier leurs petites filles ! Va, mignonne, Va, je te le permets, moi: mange ces pommes : ton papa n'en saura rien
EU la fillette écoutant l'infâme vieille, pénètre dans le verger et bousse bientôt un grand cri de terreur. Un énorme chien se précipite sur elle la gueule grande ouverte ; il n'en fera qu'une bouchée,
aisissant la pauvre petite plus morte que vive, je la remets sur le chemin
Surpris, le gros chien ser'a la Queue et s'en va. Quant à ln vieille ratatinée, elle n'en peut croire ses veux. Je l'entends qui murmure en-
tre ses Quatre vieilles dents jaunes:
Cette petite aurait dû étre dévoré !…. Je n'y comprenés rien ! 11 y a sûrement du diable ou du bon Dieu là-dessous."" Un peu plus loin s'élève une jolie maisonnette. La porte en est ou- La sorcière entre : j'entre derrière elle, mais sans bruit ne et Yvan, l’un garçon de <ing ans et l'autre, adorable fillette de six ans, sont seuls en ce moment : leur mère est chez la voisine et le père, lui, travaille aux champs
Eh bien ! nes agneaux, fait la vitun fcière, on ne s'amune dene pus ivi % LE at ni facile Pourtant d'avoir du plaisir ! Tenvs Voyes conne e'ont bent °° pt la néchante viville frottant une all mette, Li fait Chante aux AN ravis den deux petits, on disant
Pourquoi tu Jo Voun pas nine) %
Nos parents, répond Hi lue nous ont défendu de toucher aux a bitiest ton °°
est-ce que cela fait ? réplique ln sorcière: les parents ont toujours pour de rien! Allee, M bijoux, Je Vous le permets, moi doutes aux ilimet tem Cost ni tumu! dites, tros DOMMonn, Von parmis EU les petits Gtourdin écoutant l'horrible viole MON NUE ue Chair, s'emparent des a iliinet ton frettent, frottent Cut À Qui on allumer lo plus... un vrai fou d urtifice
Hem Suuront rio
Tout-â-coup le fou Prond aux vétements d'Yvai ot se communique A lu chevelure dé la petite Hélène
La frère lu mour poussent un L d'étfron
loujours invisible, je serre l8 doux pauvres petits entre mes bras et toute la flamme
La Vicille en faillit tomber à ln renverue C'est trop fort ! dit elle en sortant: ce marmot et pu NUE auraient dû rôtir tout vi vVants de n'y comprends Plus rien ! 11 Y à Süremnent du diaite où du bon Dieu li-dessous 1° EU furieuse vie Sen Va ailleurs en bou-
Honnant
Décidément, L'affreuse UMON Lu pus de chance aujourd'hui mt bien fait pour elle, n'estce Pas, Chers enfants %
Muis cette vilaine sorcière à dont je vous dirai l'affreux nom tout à l'heure, ne so décou Me juimais lorsqu'il s'agit de fuire le mul Vous AUSSI, petits unis, no vous découragez jumuis Quand il s'agira de fuire le bien
Donc, quelques minutes #, Apercevant par Une fenétre ouverte Le petit Adulbert à cheval sur un bâton, duns ln chambre de sa LUE et, sur une tablette, à portée de lu muin, de petites bouteilles à mx tié ou aux trois quarts Pluines, la vieille “’eathachrôse"" dit à l'ènfunt : ‘C'est bien bon de jouer, mon chérubin, muis c'est encore meilleur de boire quélque chose de bon Prends donc une de ces boutailles... goûte... tu verras comme c'est d licisux
—''Non, répond Adaltwert : c'est du poison ; umumn me l'a dit Si j'en bois, je mourrai.'’
— Gros nigaud, reprend la sorcière ta mère t'a dit cela pour que Ut n'y touches pus. Je te dis, Moi—et jo m'y connuis—je te dis que c'est du sirop et du sirop délicieux. Goûtes-y tu verras,
L'enfant, gourmand, comme la plupart hélas ! de tous les petits enfants, se laisse facilement CoBVaincre. Saisissant un flacon de laudunum, il le débouche sans peine ot la porte à ses lèvres. Il va en avaler le contenu—du poison violent—quand d'un petit coup sec je fais tomber la bouteille À terre où elle se brise
La maman accourt et corrige l'enfant qui pleure.
Oh ! combien imprudettes sont les mamans Qui laissent ainsi du Poison à la portée des enfants
Maiédiction ! hurle la vilaine Sorcière. Ce chérubin-là aurait dû s'empoisonner !.…. Je n'y ComPrefids plus rien !.. 11 doit y avois du diable là-dedans.
Et la rage au cœur, la vilaine sorcière grognant de plus belle, va porter ses méfaits ailleurs,
J'aurais bien voulu la suivre encore pour l'empêcher de semer le malheur sur ses pas : mais hélas ! les deux heures fixées Par la douce Charité, venaient d'expirer, et je M'aperçus avec regret que le bel an- Deau: d'or n'était plus à mon petit doigt.
Du reste, j'eus beau regarder Partout, l'exécrable sorcière avait disparu.
Vous êtes anxieux, chers enfants, de savoir le nom de la méchante vieille ? Mais vous la connaissez tous plus ou moins cette vilaine sorcière ; car elle vous a apparu bien des fois, et bien des fois elle Vous a chuchoté à l'oreille ; peut-être avez-vous eu le malheur de l'écouter, ce que vous ne ferez plus jamais, n'est-ce pas ? Et vous serez de bons petits garçons, ce charmantes petites filles, aimés de tout le monde, adorés de vos parents et Surtout bénis du bon Dieu.
Voici: quand le diable, jaloux du bonheur d'Adam et d’Eve, en- Voya la vilaine sorcière sur ja terre, il l'appela DESOBEISSANCE.
C'est clle qui, sous la forme d'un serpent poussa, au Paradis terrestre, notre mère Eve, à manger le fruit défendu. Si j’eusse été 1à avec l'anneau d'or de la Charité, la première femme n'aurait pas maagé la fameuse pomme.
—Etait-ce une ‘pomme fameuse’? » l'histoire ne le dit pas: mais c'est plus que probable—Eve n'en aurait pas présenté un quartier à Adam : le monde ne serait Pas si méchant et tous les enfants sans exception seraient des anges, tandis qu'il n’y a guère que ceux qui liront cette histoire, auxquels on Puisse vraiment donner ce beau nom.
Je leur souhaite À tous de le mériter toujours.