‹ Nouveaux échos du Mont-Royal [microforme]Chapitre 44 sur 64 · UNE PEUR ATROCE · texte numérisé non relu

UNE PEUR ATROCE

La semaine dernière, m'arrivait de Boucherville un nmi d'enfuncs me Lormemu--que je reçus à bras ouverts, coln Va sans dire,

Lorme 6tuit un superbe saréen de 20 cn, À In chevelure noire comme l'ébône, au teint blanc et rose, aux doux yeux bleu Crmament, au cœur d'or: mais d'une timidité, d'une counrdise À rendre juloux un Dôvre anglais

Lu peur, cette terrible infirmité incuruble,— (Eh ! Ja peur se corrige-t-olle 7) la peur possédait Louis à toi Point qu'il en tait mulheureux ; d'autant plus malheureux Que le pauvre garçon Gtait devenu la risée de tout son canton

Possmseur d'une Jolie fortune, Louis Lormenu aurait bien voulu la mettre avec son Cœur aux biede d'une nimuble st spirituelle Boucher Villoise ; et déjà plusieurs tentatives mntrimoninies infructueusos- hé. las ! nvaient 6t8 fuites,

Les jeunes filles, Quoique très honorées de la demande de M. Lor meau, se contentaient de lui rire au no. Que voulez-vous ? Nos bra- Canadiennes n'épousent pas un poltron,

Après les premiers épanchements donnés à l'amitié, Louis r raconta Pur le menu toutes sou infortunes, tous peu déboires passés, Comme aussi ses terribles appréhensions pour l'avenir. Pour rien au monde il n'aurait voulu rester afÇon, car, disnit-il, très convaincu, los vieux garçons, c'est de ln marchandise avuriée Pour le ciel ; et ma foi, il n'avait pas tort

Franchement, mon pauvre mani me fit pitié, Après avoir on4ayé des le consoler et de l'encourager de mon mieux, je me jurai de l'aguerrir, d'en faire sinon un Champlain ou u n Dollard, du moins, un citoyen comme le commun des mortels : en un mot, de le délivrer de sn peur.

La site de cette très Véridique histoire Veus dira le moyen que J'employai pour arriver à uno cure si Mer voilleuse,

Suivez-moi bien, je continue.

Louis, dis-je le lendemain, te serait-il agréable de faire une excuron sur notre Mont-Royal, après-midi ?

Certainement, me répondit-il, d'autant, plus que je n'ai jamais vu celte intéressante montagne que de loin.

Mais, e&tu bien certain que le Mont ne sert Pas d'asile à Quelque animal féroce : tigres, ours, loups, remards Que sais-je ? moi, Tu suis bien, mon cher Auguste, qu’un rien me donne la fièvre.

Sois tranquille là-dessus, ajoutui-je en riant, il y a belle lurette Que les ours du Mont-Royal sont allés ‘‘ad patres’’: et les tigres ne sont nullement des Quadrupèdes canadiens : le seul qui at jarais existé au Canada—en imagination du moins, no sortira pas de sitôt des bois de Sainte-Madelcine. Quant aux loups et aux renards, ces messieurs ont, depuis longtemps, établi leurs quartiers généraux—leurs terriers—en plein centre de la Ville.

— Alors, quand Partons-nous ?

—Le plus tôt possible,

Doux heures plus tard noun mcaladions In montagne, nu grand Plaisir de mon ami qui me ronge Lt nullement À la pour

l'arvenus au sommet, nous avisons, au pie d'un érable, un soyeux tapis de mousse ; nous nous Y étndons paroseusunent pour aderer tout À notre aise le superbe panorama qui ne déroule entre le Mont- Royal et s0a frère le Mont Saint-Hilaire dont, nous dintinguons purfaitement l'orgueilleux ‘Pain de sucre" illuminé par les rayons d leil

Etendus nur la mousse et la tête nur ln main, noun comemplons, ravis, la campagne qui reprend 08 habits de fête Laprairie, Saint Launbert, le pont Victoria, nur lequel passe on de moment une longue file de wagons trains ot poussés par doux fumantos locomotives ot Qui, cependant, nous paraissent immobile

Nous admirons lo superbe Longueil et surtout ln coquette tle Sainte-Hélène qui, potite fille Capriciouse, voulut un jour, nous dit une légende huronne, quitter l'ile de Montréal, sa mère, dont elle rostern séparée probablement pour toujours

Eh bien! mon ami, comment trouves tu le norumm, dmandai-je à mon cotipagnon ?

ton, tit, il serait difficile d'imuginer quelque chose de plus ra Vissant et, Vraiment, je regrette Que noux ne soyons Pas venus ià plus À bonne heure, pour jouir plus longtemps d'un tel spectacle : c'oat tout simplement féérique !

N'est-ce pus, njoutai-je, 059 notre Canada offre den benutés à nalle autre pareilles ? Va, consoic-oi, nous reviendrons ici, si le cœur t'en dit

Mais il faut songer au retour, cur déjà le soleil eat couché, et le vent. précurseur de Quelque orage, s'élève Donnons, toutefois, en passant, un Coup d'œil au cimetière Catholique qui — jusqu'où la vanité Humaine Va-t-lle se nicher —- possède des nonuments de toute beuuté

Depuis Quelques instants nous marchions côte à côte, sans mot dire, Quand tout à coup mon ami, faisant un suut de carpe, pouss un cri de bôte qu'on égorge et, blanc comme un drap, articule furiousement cs mots :

Un serpent ! un serpent À sonnettes !!

Où Ça. un serpent à sonnettes ?

Là, là. fait Louis en me montrant du doigt un tronçon de bran e morte

Pourquoi pas un boa, un crocodile ou le fameux serpent de mer ? Décidément, mon pauvre Louis, tu n'es Pas raisonnable ; et suisissunt

le tronçon, le lui mettant sous les veux: ‘Tiens, dis-je, regarde ton serpent à sonnottes

Estil possible de rêver ainsi tout éveillé !

Pourtant, murmura Louis tout confus, j'ai bien cru entendre le cli- Quetis des sonnettes. Et ln peur, l'horrible peur ne quitte plus mon Pauvre ami Qui voit surgir sous ss pas toutes les bôtes férc de la

tation, Ici, c'est un fauve; là, un animal fantastique quelconque, > font sursauter et crier comm: un » :ce sont des revenants surgissant des tombes, de

Drôme Dnrtout. Louis me norre lo bras à doux Mains, chaquant dos mâchoire et plus tremblant que lun fouilien due, mintemnnt, le vent ut souffle eg teripétes, LT CLLCESS LULETUTEPETPAENT

ui bon parier raison à CLILLIEATTTTT) l'ai bout % chaque mouvelle

norte, lui faire toucher du doit ton bots de ou torreur:. peine pur:

des Louis n'entend rien, ms mont pie st Continée à voir des mms L'on partent L'assitilenmennt Huet mur l'étut su “à Cerve je ie doandain, Lo cour mrré, mi Lotion n'était pus réstiememnt fou

Tout en cssagant de be TASSUrE, jo runine ua OO # Un projet, Pour Le guârie à tout juin d'une pour mi tarrit et étés : Guérir ln pete pur tu peur Contraria contrariin Current aus

Nous ôtions niex portes du cimotiore

Nitu veux m'en croir Louis. dis-je à Laine nous allons ds cendre à pied jusqu'à Lu vue Guy une muretur up entier tee nerfs

Aurexei tés

Comme tu Voudrus, répondit il un unir rémignt fs Pauvre garçon M trouvait dans un tel état d'inconaeene AU mmrait necepté, je Croire faire ln route sur sex genoux

Le ciel ot noir : le Vent souffle, wiffle des plus taila à travers log arbres qui bordent lun route. Nous y voyonx data at pour nous Conduire. Chemin faisant, ju raconte hi nén avm Légende iroquoise du Diable prisonnier sur le Mont-Hoyul, 00 l'on vont enecr , sur un rocher, l'empreinte de son pied fourehu. — Je vous eenterai quelque our, cette légende, amis lucteurs Je di 5 du vtt homérique du Jeune Canadien, lrançois Levaillun t contr dus rs énormes, au haut du chemin que nous ArPentons en ce inermnent ee marre l'histoire des deux prisonniers français torturés Par lon farohes froquois, queldues années après ln fondation de Ville Maries Me Gui trouvèrent Moon de fausses compagnie à dre cruels bourrmax Apr avoir assomme une denni-douznine enfin une foule de comtos plus terribles, plus fantastiques, plus effruyants les uns Que Les avtres

la peur, chez mon ami allait crescendo à Chagé nouveau récit l'onuillé, hor ripilé, pressant lo Pas, Lormenu Haut Ge mme devancer, [1 allait prendre Probablement seu Jnbees à son co s'évanouir de Peur peut-être, quand, avisant une branche dé Lola brisée par le Vent, je la fixe au moyen d'une ficelle et d'une épingle aux basques de l'hubit du pauvre karçon ét ln poussant Vivez lons, je m'écrie :

Un ours ! Un ours! Souvons-nous !!

L'effet fut magique : Lormeau hurlant un eri in tenduisible, dévale ln côte avec In rapidité d'un chevreuil La branche 4 oulean portés pur le vent et violemment entraînée, s'attache Abx jus du fuyard, roule, saute, bondit, lui battant les mollets ris ulaet pour revenir à la charge, A Chaque nouvel assaut, Lormeau répoguel far des cris de plus en plus aigus et fait des efforts surhumains paye accélérer sa marche, hurlant comme un forcené : Un ours ! un ion ! un tigre !!.. un hyppopotame EL

Tout son répertoire y passa.

Tout d'abord fe serre mon ami d'assez près : ma

ité, ne pou t l8 rejoindre, je 1e 44m tente de le suivre de loin, me demandant avec Une certaine angoisse tige sera, le dénouement de cette farce abracadabrante.

Bref, trois minutes après j'arrive à la rue Guy, Louis ost étendu de son long au milieu de la route, deranant sous mon poids la branche de bouleau, Je trouve mon pauvre ami sans mouve nent, sans souffle ot mu chevelure d'ébène blanche comme de ln neige.

Je crus qu'il était w rt

La pour, une peur atroce mena de s'emparer de mon étre, quand Lormemu se: redresse tout doucement, mo frotte le veux et demande, conne s'il fut revenu de l'autre monde : Où suis-je ? Que s'est-il done passé ? 1 me semble que j'ai eu un uffrei c cauchemar.

Sans un mot, je montre à mon ami lu terrible branche encore ne crochée aux basques de son habit

Lormeiu part d'un grand éclat de rire ot s'écrie d'un ton joyeux Merci, mon ant, tu aurais pu me ur, mais va, sois tranquille, je suis guéri et bien guéri.

Ah! mon pnuvre Louis, lui dis-je, les larmes aux veux, ta guérison Le coûile cher, puisque te voilà blanc commune un vieillard,

Dah ! fitl, une tête À chevèux blancs au-dessus d'un cœur de vingt ans, MANN pour et sans reproche, ne voutæile pus urille fois la plus belle tête noire sur les épaules d'un peureux, d'un poltron.

Dieu soit loué mon ami, et vive le Canada !!

Aujourd'hui Lormeau passe, ot à bon droit pour le garçon le plus intrépidé du comté de Boucherville. C'est à qui, parmi les spirituelles et jolies Touchervilloises se disputer malgré sa tête blanche, ln Main, le cœur ét lu fortunes; de Lornmau Celui-ci, tout en pardonnant de bonne grâce les déduins antériours de se riouses compatriotes, ne les à pourtant pas rélégués complè tement dans le domaine de l'oubli Voilà pourquoi sus doute, quelques gemuines plus turd, mon ami, après une nouvelle excursion sur le Mont Hoyal, jetait son dévolu sur une niente cousine harmante brunette de la rue Saint-Denis de

Montréal AVIS

La célébration du mariage de M. Louis Lormeuu et dé M lle Blanche Vertefeuille, célébration à laquelle Parents et amis sont cord:s'em invités, se fera solennellement au premier quartier de la lune nouv

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