LES DEUX ABIMES PREMIER ABIME
Le cœur battant d'espérance, sous les cars des illusions, je traVersais, ardent, la sombre vallée de lu 4 à je recherche du Lonbeur, quand j'arrivai, soudain, sur je Lord d'un atime, qui me parut insondable.
L'idée de l'explorer s'empare du Wa vologts Confiant aux muins de l'Observation, l'échelle sans fin « + lt Curieité, j'en déroule une partie, et, hardiment, je descends.
À peine ai-je disparu dans le Bouffre Lémat, épis une Voix de Maitre retentit à mes oreilles.
—Où vus-tu ? Mortel.
— Visiter l'ubime,
EL j'uperçois, entouré de trois sœurs Superles, un arrogant démon portant très haut le regard et le front.
Qui donc es-tu ? demandai-je, surpris.
—Je suis l'Orgueil, Et voici Mes trois filles : La Vanité, la Gloiro et l'Ambition. Je Parais dominer sur ce vaste “pire, et cependant, j'obéis au caprice d'un étre Plus puissant Que moi,
Descends, tu le verras au fond.
Aux pieds de l'Orgueil, les YEUX baissés et les mains jointes, dans une attitude de résignation et de Prière, se tieut wne femme modestement vôêtue, mais d'une grande beauté, C'est l'Humilité,
Au-dessous, je pénètre dans une caverne éclairée par un reflet uétallique. J'y distingue un vieillard, au Visage parcheminée, au crâne cénudé, qui, avec de petits cris d'ivresse, plonge ses doigts crochus dans un coffre rempli de Pièces d'o et d'argent ; tandis qu'à deux pas, une Vierge folle, à peine voilée, éparpille à Puits mains, les pierres précieuses, les diamants, l'argent et l'or.
Je reconnais sans peine, l'Avarice et la Prodigalité.
Plus bas, troisième caverne ViVement éclairés Par des lustres d'une richesse inouïe, Là, habite la Volupté, étendue sr un lit de roses autour duquel jaillissent plusieurs fontaines « tæetar et d'ambroisie, que boivent, à longs trait » les Plaisirs, fils du x Volupté. A droite, enfermée dans un sombre cachot, Sémit la Mortifieation
Plus bas encore, s'ouvre un réduit obscur, où se démènent avec rage, ETinçant des dents et l'écume aux lèvres, deux horribles mégères. A leurs pieds, pleure silencieusement une jeune femme d'une beauté céleste, dont les Waits, malgré ses larmes, réflétegt ne douceur infini C'est la Charité, prisonnière de In Jalousie «t de l'Envie Mon cœur se serre étrangement, et, les Yeux pleins larmes je poursuis la descente
Au milieu d’une salle brillamment illuminte, yssiae à une table ri-
chement chargée ce mets délicieux, de fruits de tayytes sorte, de sucreries, de friandises, le front couronné de fleurs, ae 2 eux
äges, souriante, large, replète, mais fort pâle, satisfait son appétit désordonné. D'un geste gracieux, me désignant siège À ses côtés :
“Viens, dit-elle, jouis de te ites ces friandises est le bonheur.’
Je reconnais ln favorite de la plupart des Petits, et aussi, hélas ! de bon nombre de grands. C'est 11 Gourmandise Derrière elle s'a- Vance Un bataillon serré : Ce sont les maladies et les infirmités,
Déclinant l'invitation, je descunds, et me trouve bientôt à l'entrée d'un arsenal formidable.
Debout, au milieu, un poignard à la main, les yeux et la face indectés de sang, hurlant des imprécations entrecoupées d'horribles blasphèmes, trépigne, bondit la Colère, écrasant sous ses Pieds la Douceur évanouie
L'horreur, l'épouvante et la pitié s'emparent de mon étre; mes cheveux se dressent sur mn tête, et, tremblant violemment, je me précipite duns la caverne suivante,
Là, sur un lit de duvet, côte à côte, molletnent étendues, deux sœurs, à moitié endormies, chevelure et vêtements en désordre, s tiennent par la main. Chucune d'elles ‘‘soupire, étend le brus, ferme l'œil et s'endort."
J'ai nommé lu Paresse et lu Mollesse.
Je les considère l'une et l'autre un instant, songeur., De toute leur personne, mais surtout de leur front, émane un je ne sais quoi de fatigué, d'horriblement las, qui mo serre le cœur, et me porte invinciblement au ropos, au sommeil, à la Mort
Secouant la torpeur qui m'envahit, je descend précipitamment. et au fond, tout au fond, tapi duns l'angle le plus reculé, un être étrange, nain difforme, manœuvre sans relâche, avec une adresse «t une dextérité incroyables, de nombreuses ficelles correspondunt aux personnages de ce ‘‘théâtre de Polichi nelles.”’
Intrigué, je demande :
Quel est donc cet abîme effroÿable, ou plutôt, cette succession d'abimes plus effroyables les uns que les autres ? Et toi, qui donc es-tu ?
Grimaçant un sourire, l'affreux nain, sans s'arrêter, répond.
‘Cet abime dont je suis le Maître, c'est le cœur de l'homme. **
Et moi, moi, je suis l'Egoïsme.