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LES TROIS ETOILES OU LEGENDE DES STELLAIRES

L'Univers est créé, Le Paradis terrestre, orné de verdure et de flours, riche on fruits, en animaux de toute sorte, attend ave imputience le Roi de la Création, l'Homine

S'écurtant de In route d'argent d'azur d'or que le Créateur leur à trace au Firmament, trois jeunes Etoiles, trois sœurs, Alsine Holostée et Morgeline, forment le projet de visiter la rré pour en admirer de plus près les richesses ot los beautés

Afin de quitter inaperçues le palais féérique du Firmament, les trois sœurs, d'accord, choisissent l'instant où l'Astre du jour se cache complètement dans les profondeurs de l'Horizon et, s'enveloppant du sombre manteau de la Nuit, bras-dessus, Lras-dessous, elles filent à travers les espaces, en droite ligne vers la Terre. Le chemin sera long peut-être, mais qu'importe ?

Les vVoyageuses coiestes se montrent du doigt, en frissonnant, le Vieux et Vorace Saturne, dont elles admirent néanmoins le gigantes- Que anneau Passent auprès du bouillant Murs, qui fuit mine de les poursuivre s'inclinent devant l'imposant et mmjestueux Jupiter saluent de leur plus gracieux sourire la brillunte, coquette et toujours belle Vénus, et plus bas, envoient du bout de leurs doigts de flamme et d'or, d'uimubles baisers à la douce Phébé, surprise de les Voir si près d'Flle ; puis, planant un instant au-dessus du Paradis terrestre, les trois Etoiles descendent hardiment, effleurant À peine de leurs pieds légers, le sol du magnifique Jardin destiné à l'Homme ; se débarrassent du manteau de la Nuit brillent du tout leur éclat : respirent avec délices le parfum suave des fleurs, dont elles admirent les fraîches et brillantes corolles ; caressent le le lion, le tigre et une foule d'animaux accourus charmés au-cevant d'elles ; cueillent sans plus de façon les fruits savoureux dont les arbres de l'Eden sont surchargés ; s'étonnent à la vue de l’Arbre étrange du Bien et du Mal, dans les branches duquel se tapit l'Amour es-

dgle déjà à l'affût; arrivent enchantées aux sources du Tigre et de

uphrate et, relevant gracieusement le bord de leur robe de feu, d'argent et d'or, plongent avec ivresse leurs pieds nus légèrement voilés de poussière, dans l'eau limpide e: transparente comme le cristal, riant, devisant gaîment entre elles.

Trois jeunes Zéphirs, trois frères, qui sommeillaient tout près, au

milieu des roseaux, réveillés par les notes argentines de ces voix insolites, jettent les yeux sur lea trois Sœurs, et, émerveillés de leur rayonnante et céleste beauté, s'approchent sans bruit, caressent de leur douce haleine le front auréolé et candide, la chevelure de soie et d'or des trois Etoiles interdites ; murmurent à leurs oreilles surprises de si douces, si tendres, si délicieuses choses, que les trois voyageuses, ravies, se jettent dans leur bras, oubliant pour toujours, sous leurs tendres caresses, le palais féérique du firmament, leur patrie. De l'union des trois brillantes Etoiles avec les doux et charmants 76phyrs naQuirent trois des plus intéressantes familles des ‘‘Caryophyllacées'” qui enchantent par leur éclatante blancheur, leur précocité, et brillent comme des étoiles, en se Cachant en vain sous les épines et dans les haics

Les Botanistes, qui n'ignoraient pas la légende, ont désigné sous le nom général de ‘‘Stellaires’’ (Et oiles) ces trois Familles qui produient l’Alsine modeste, la Morgeline ou mouron blanc, si cher aux oiseaux de volière, surtout aux serins babillards, et enfin, l'Holosté ou bec d'oiseau, dont les fleurs blanches un peu rosées se penchent tristement, près la floraison, comme pour pleurer le splendide et incomparable Firmament, déserté par leur Mère.

Telle est l'origine des Stellaires.

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