ALLONS AUX CHAMPS
Les arbres ont roverdi
Les muyets, les lilas ne sont « jà plus : los violettes, après avoir joui des caresses embaumées des 2éphyrs et s'être doucement ouvertes ont laissé autour d'elles la doucs odeur Qui trahit leur retraite
Les roses ôt les œillets répandent, maintenant, a't loin, leur parfum: la terre, partout, est Couver!s de verdure et de fleurs.
Dans l'onde clair du ruisseau, |A truite, le goujon et les carpillons prennent leurs 6bats sur quelque rsyon de soleil se balgnant dans les eaux, Gare au pécheur ! gentils Poissons ; n'allez pas, goulus, vous Jeter sur les Vors qui #9 tordent, traversés par les hameçons.
Les fourmis empressées, vont, viennent, traçant de nombreux
petit "8, Par où elles portent ou truinent dans leurs mystérieuses retraites, les fardeaux plus lourds qu'elles, qui. l'hiver prochain, leur donneront la vie nécessaire pour faire écle re leurs larves au prin aps
suivant
Depuis longtemps, déjà, notre amie l'hirondelle nous est revenue ; elle a reconstruit ou plutôt réparé son nid sous le bord du toit de notre demeure, et, mère tendre, sous son üile, elle abrite ses petits
La tourterelle roucoule tendrement dans les branches des pins : Ecoutez sa douce voix disant : ‘Que la nature est belle ! Que mon nid est charmant ! Que Dieu est bon !’
La bécassine bélante barbote dans le marais et, sur la colline, les agneaux bondissants folätrent autour de leurs mères qui les allaitent en broutant l'herbe courte et la mousse
Brisant les murs de sa prison de soie, l'immonde chenille prend Son 6ssor, SOUS la forme d'un papillon aux ailes pourpres nuancées d'azur et d'or ; l’insecte ailé, heureux, voltige de fleur en fleur, s'enivre du nectar contenu dans le Cœur d'une rose, pencant que les grilluns, sous quelques brindilles, se Content d'aimables et tendres choses,
Dès l'aurore, le merle sifflote ses airs coquins, regardant, sur le côau voisin, la grive folle qui se Borge de raisins.
Le rossignol prépare ses concerts, fusant vers les airs ses notes inimitables ; et la grise fauvette, sa sœur, fait do vains efforts pour ra- Vir au divin chantre son titre de ‘‘champion’’ de l'harmonie.
Dans le cœur des lys immaculés, 1es coccinelles, que les enfants se plaisent à nommer ‘‘bètes du bon Dieu'’, causent gaîment, entre elles, du beau, du mauvais temps.
L'affreux hibou, la nuit, perché sur une branche morte, fait frissonner les bois de son lugubre houhouhou ! pendant que la chouette, dé ses gros Yeux ronds, fascine une souris imprudente ou quelque inexptrimenté raton.
Les corneilles croassent sur les ormeaux, répondant aux grerauilles Coassant au fond des marais ou sur Je bord des étangs
La pie bavarde et voleuse emporte dans son nid, pour o1" -r ses petits, des perles, des rubis ou va fourrer sous un vieux des gobelets, des anneaux, ete. salnfe 24 5 ze par i abil-
lards qui, eux, continuent leurs éternels et agaçan*
La diligente abeille s'en va butiner au loin, le miel incomparable, autrefois nourriture des dieux. Et dans le duvet des nids, les nouvelles couvées, bec tout large ouvert, réclament à grends cris la traditionnelle pâtée.
Sous le joug gémissant, les bœufs au pas lent, monotone, se sont arrêtés, haletants ; et le laboureur, de sa main pleine, a lancé dans le sillon le froment qui, bientôt, se métamorphosera en pain.
La faucheuse râcle les boutons d’or de la prairie : femmes, filles, garçons fanent le foin avec ardeur, lançant, à pleine voix, aux échos, les notes de leurs champêtres chansons.
Les milans et les éperviers planent vers le ciel bleu où les enfants turbulents lancent leurs cerfs-volants, ou poursuivent les papillons blancs à travers la prairie, et les jaunes libellules sur le bord des eaux.
La blonde Cérès, une faucille à la main, Parcourt la plaine et la colline, invitant tout le monde à moissonner demuin : et le rude paysun, guidant la moissonneuse criarde, couche, sur le sol, les blés d'or.
Sur les aires chargées de gerbes, les cultivateurs, d'un fléau séculaire, frappent en cadence le grain de l'an: tandis que, sur 50D enclume, levant comme un duvet, son gros et lourd marteau, le Vuicain du Village leur répond.
L'activité, la vie règne partout. La nature entière est en liesse
sous les baisers fécondants de l’astre du jour qui, satisfait, poursuit sa route, guidé par le Doigt infaillible du Créateur.