CHAPITRE QUATRIÈME
Canal excréteur de la bile.
Le canal excréteur de labile s’étend depuis la vésicule biliaire jusqu’au duodénum; mais il est formé de deux portions distinctes qui constituent les conduits cystique et cholédoque des auteurs.
Conduit cystique. 11 sert de canal excréteur à la vésicule biliaire. D’un diamètre inférieur à celui du canal hépatique, il est aussi long que lui, et, comme lui, placé entre les deux feuillets de l’épiploon gastro-hépatique. Il fait suite au col de la vésicule, puis se porte en bas et à gauche, cotoie quelque temps le canal hépatique, et, au bout d’un trajet d’un pouce, s'ouvre dans son intérieur en formant un angle très aigu. Il est en rapport, à gauche, avec l’artère cystique, et, en arrière, avec la veine cave et l’orifice de l’arrière cavité des épiploons.
Dans l’intérieur de ce conduit, on remarque de véritables valvules qui ne s’effacent pas par la distension et dont le nombre varie entre huit et quatorze. Leur disposition est irrégulière ; la plupart sont obliques, quelques-unes verticales, d’autres transversales ; quelquefois même elles sont disposées en spirale , ainsi que l’ont constaté beaucoup d’anciens anatomistes (i).
Conduit cholédoque (2). Ce canal est formé par la réunion du conduit cystique et du conduit hépatique auxquels il fait suite. Long de deux pouces à deux pouces et demi environ, et du calibre dune plume d’oie ordinaire, il descend un peu obliquement à droite et en arrière, dans l’épaisseur de l’épi-
CO* Heister, enlr’autres , dit : In ephemeridum eenturiâ V et VJ ^ descripsi quidem jam duas vesiculas felleas humanas ^ in quârum ductu cys~ tico , pulchrc^ atque mlrabiles vaivulœ spirales aderant , etc.
(2) De bile, et de oé^opLoa, je reçois.
plooii gastro-hépatique, au-dessous de l’artère hépatique, audevant de la veine-porte, et au milieu de tissu cellulaire , de ganglions lymphatiques et de nerfs.
Le canal cholédoque descend derrière la seconde portion du duodénum, la contourne un peu en dedans, et se trouve reçu dans u«ie petite gouttière de l’extrémité droite du pancréas ; ensuite il s’engage obliquement dans l’épaisseur du duodénum, et, après s’être un peu dilaté et avoir parcouru un trajet de six à huit lignes environ au-dessous de la muqueuse de cet intestin, il s’ouvre dans sa cavité, près de la réunion de sa deuxième portion avec la troisième. Cette ouverture, placée au sommet d’un mamelon plus ou moins saillant, est ordinairement rétrécie par un petit repli valvulaire que Glisson considérait à tort comme pourvu d’un muscle analogue au sphincter de l’anus (i).
Avant de s’engager dans l’épaisseur des parois du duodénum , quelquefois le canal cholédoque reçoit le conduit pancréatique ; le plus ordinairement cependant celui-ci le cotoie seulement à gauche, et ne s’ouvre dans son intérieur que plus tard ; d’autrefois encore il s’ouvre séparément dans l’intestin.
La réunion des conduits hépatique, cystique et cholédoque représente assez bien un Y gr^. Tous sont composés comme la vésicule, d’une membrane extérieure cellulo-fibreuse, blanchâtre , dense et résistante, et d’une autre interne qui est muqueuse, mince, pourvue de peu de papilles et qui se continue avec celles du duodénum et de la vésicule biliaire.
Action, La bile sort du foie par le canal hépatique; puis parvenue à l’extrémité de ce conduit, tantôt elle continue à descendre par le canal cholédoque vers le duodénum, tantôt elle remonte par le canal cystique vers la vésicule biliaire.' La bile qui a séjourné dans la vésicule, s’en échappe ensuite par le canal cystique et le cholédoque, pendant la digestion duodénale.
C’est aussi pendant la digestion que la bile due directement du foie vers l’intestin ; de sorte qu’alors celle qu’on rencontre dans le canal cholédoque est un mélange de bile cystique et de bile hépatique.
(i) Ideoque crcdlderunt aJitum hune qo no mine euna anî sphincter® coDTçniie, etc.
DES ORGANES DIGESTIFS. 2i3
Comment arrive-t-il que la bile puisse remonter contre l’action de la pesanteur par le canal cystique? comment se fait-il surtout que ce canal se prête alternativement à l’ascension et à la descente de la bile ? quelle est la force qui préside à ces phénomènes pendant la vie? Ce sont là autant de problèmes qui occupent depuis long-temps les physiologistes, mais dont la solution est encore à donner,
SECTION DEUXIEME
u4ppareil de sécrétion du fluide pancréatique.
Cet appareil est beaucoup moins complet que le précédent; il se compose seulement A'wie glande et de son canal excré^ leur. Les deux parties intermédiaires à celles-ci, Vorgane de dépôt et le canal 'vecteur^ y manquent complètement.