DEUXIÈME CLASSE
ougaxes de la dépuration urinaire.
La digestion introduit dans les fluides organiques des élémens nombreux et variés, qui ne peuvent pas tous servir à la nutrition ; quelques-uns d’entre eux doivent promptement être rejetés au dehors par certains émonctoires , au nombre desquels on doit placer, en première ligne, l’appareil de la sécrétion urinaire, appareil essentiellement dépurateur, comme je bai annoncé en commençant.
On comprend, par ce qui précède, pour quelle raison on a considéré les organes urinaires comme constituant une sorte d’appendice de ceux de la digestion, et pourquoi on fait presque toujours suivre la description de ceux-ci de celle des premiers.
DES ORGAKES URINAIRES.
Quoi qu’il en soit, l’appareil de la dépuration urinaire est un des plus complets et des mieux constitués de tous les appareils sécréteurs. On y rencontre, bien distinct , Vorgane formateur J le conduit vecteur , Vorgane de dépôt et le conduit excré^ teuj\
ORDRE PREMIER
Organes formateurs de Vitrine.
( Les reins. )
Les reins^ vîcppoi des grecs, renes des latinS) sont les organes formateurs de l’urine. Ils sont au nombre de deux. Leur couleur est d’un rouge obscur. Leur volume est un peu inférieur, terme moyen, à celui du poing. Leur poids est de deux à quatre onces environ. Ils sont placés dans la région lombaire, l’un à droite et l’autre à gauche , sur les côtés de la colonne vertébrale, dans la partie des flancs la plus reculée en arrière. Le droit est un peu moins élevé que le gauche, sans doute parce cjue le foie le refoule plus que ne le fait la rate à 1 égard du second.
Conformation. Le rein a la forme d’un ovoïde comprimé d’avant en arrière; il ressemble assez bien a une graine de haricot dont l’ombilic regarderait en dedans.
Sa face antérieure est très bombée et presque toujours un peu éloignée du péritoine. Elle est recouverte, a droite, par le colon ascendant et par la seconde portion du duodénum ; a gauche, par le colon descendant, par la rate et par la grosse tubérosité de l’estomac.
Sa face postérieure , presque plane , repose sur le diaphragme, sur le muscle carré des lombes et sur le feuillet antérieur de l’aponévrose du muscle transverse de l’abdomen.
Son bord externe est fortement convexe et tourné vers la paroi latérale de l’abdomen.
Son bord interne est concave, et marqué d’une échancrure profonde, qui constitue la scissure du rein y et cjui renferme les vaisseaux et les nerfs de l’organe. Il est contigu au muscle • grand psoas.
Son extrémité supérieure^ épaisse et arrondie, est embrassée par un corps glandiforme appelé la capsule surrénale.
Son extrémité inférieure^ plus mince et plus alongée que la précédente, est voisine de la crête iliaque.
Structure. Les reins ont une organisation compliquée que limite en dehors une membrane fibreuse très résistante.
Du reste , ces organes sont de toutes parts entourés par un tissu cellulo -graisseux qui leur forme une sorte de capsule ou de gaine extérieure.
La membrane fibreuse des reins a quelque analogie avec celle de la rate sous le rapport de la disposition ; elle revêt toute la surface extérieure de ces organes et, parvenue à leur scissure, elle y pénètre un peu, puis se réfléchit bientôt sur les vaisseaux qui y entrent ou qui en sortent, et va s’identifier particulièrement avec l’origine du canal vecteur de l’urine , le bassinet. En dehors, elle est recouverte par la graisse au milieu de laquelle les reins sont plongés. En dedans, appliquée sur le tissu propre de ces organes, elle y envoie un grand nombre de filamens très tenus et très fragiles.
Le tissu propre des reins est consistant et rougeâtre. Il est formé de deux substances secondaires bien distinctes, la corticale et la tubuleuse.
La substance corticale forme l’écorce des reins au dessous de la membrane fibreuse. Elle est disposée en une couche partout continue à elle-même, mais plus épaisse dans l’intervalle des faisceaux de la substance tubuleuse que partout ailleurs, faisceaux entre lesquels elle envoie des cloisons épaisses. Sa couleur est d’un rouge obscur. En dehors, elle adhère à la capsule rénale. En dedans , elle est appliquée sur la substance tubuleuse. Elle est essentiellement granulée ; on ne sait pas bien positivement si chacun de ses grains est creux; mais l’analogie des autres glandes ne laisse presque aucun doute à cet égard.
La substance tubuleuse , médullaire ou mamelonnée (i) est placée en dedans de la substance corticale. Elle offre une
(i) Quelques auteurs ont donné le nom de substance mamelonnée à Pensemble des mamelons qui terminent les cônes de la substance tubuleuse^ réservant cette dernière dénomination à la base de ces cônes.
teinte d’un rouge plus clair que celle-ci. Elle résulte de la réunion de faisceaux bien distincts les uns des autres , dont le nombre varie de dix à vingt, et qui ont ^ chacun de leur côté , la forme de cônes dont la base, tournée vers la périphérie du rein, est plongée de toutes parts dans la substance corticale , et dont le sommet , de la forme d’un mamelon dirigé vers le centre du rei;i , est libre dans la partie supérieure du canal vecteur de Furine. Les cônes de la substance tubuleuse sont bien séparés les uns des autres par leur base , mais plusieurs d’entre eux sont réunis ensemble deux à deux , trois à trois, par leur sommet (i).
Les cônes de la substance tubuleuse sont formés par la réunion d’une innombrable quantité de petits tubes, divergens vers la base des cônes , convergens et très rapprochés les uns des autres au sommet des mamelons. Ces tubes naissent, par des ramifications très déliées, dans la substance corticale et des granulations de cette substance; ils s’anastomosent fréquemment ensemble dans leur trajet, et vont se terminer sur le sommet des cônes ou des mamelons par de petits pertuis , desquels on fait aisément suinter l’urine par la pression (2}.
Bien que simples à l’extérieur, les reins sont cependant subdivisés, en réalité, en un certain nombre de lobes ou lobules bien distincts, à chacun desquels appartient une portion déterminée de la substance corticale, un cône de la substance tubuleuse, et des vaisseaux qui ne communiquent pas avec ceux des lobes voisins (5].
Le rein reçoit immédiatement de Faorte une artère volumineuse qui se divise de bonne heure en plusieurs branches, celles-ci en rameaux, qui se rendent isolément dans chaque
(1) Pour bien apprécier la disposition relatire des deux substances rénales, coupez le rein de son bord convexe vers sa scissure, et étudiez-le sur cette coupe.
(2) Ferrein a parfaitement exposé la disposition rameuse de la partie excentrique des tubes de la seconde substance du rein; et depuis, on a quelquefois désigné par le nom de canaux de Ferrein les rameaux, et par celui de canaux de Bellini les troncs de ces tubes.
(3) On peut, à volonté , en adaptant un tube à l’une des divisions de l’artère rénale, injecter seulement un de ces lobules du rein.
aa4 ANATOMIE
partie de l’organe. Les artères rénales se ramifient surtout dans la substance corticale , sans rien présenter autre chose de particulier.
Les veines rénales se rendent directement dans la veine cave inférieure et sont disposées, en dehors du rein , absolument comme les artères. A l’intérieur de l’organe, au contraire, elles diffèrent un peu des autres sous ce rapport : après un petit nombre de ramifications successives entre les cônes de la substance tubuleuse , leurs divisions s’anastomosent entre elles', forment des arcades qui embrassent d’une manière élégante la base des cônes , arcades de la convexité desquelles naissent une multitude de rameaux qui vont se diviser dans la substance corticale et qui présentent une disposition stellaire à la surface de celle-ci. Ce qui frappe au premier abord dans l’étude de ces vaisseaux , c’est l’absence de valvules dans leur cavité, et leur volume de beaucoup supérieur à celui des arlères correspondantes ( i).
Les artères et les veines rénales appartiennent surtout à la substance corticale ; elles la forment presque complètement par leurs divisions entremêlées et n’envoient que des rameaux très fins et très peu importans dans la substance tubuleuse. L’injection jiasse très aisément de l’artère dans !a veine, et difficilement, au contraire, de la veine dans l’artère. Par la veine, on remplit souvent les conduits de la substance tubuleuse (2).
Les vaisseaux lymphaticjues des reins, les uns superficiels^ les autres profonds^ se rendent dans les ganglions lombaires.
Développement. Les reins paraissent se former, de l’intérieur à l’extérieur, de la substance tubuleuse vers la substance corticale. Ce qui apparaît, en effet, tout d’abord dans le tissu de ces organes , ce sont les cônes de la première ; la seconde sub-
(i) Cette dernière circonstance implique presque contradiction â?ec la sécrétion abondante qui s’accomplit dans les reins. Il semble, en elFet, qu’après avoir fourni les matériaux de l’urine , la masse du sang apporté par l’artère rénale, devrait diminuer beaucoup, et que la veine, pour cette raison, devrait aussi être plus petitt que l’artère. Il y a là, il faut en convenir, quelque chose qui nous échappe.
(3) J’ai fait de nombreuses injections des reins, et j’ai c« maintes fois occasion de constater ce que je vians d’avancer.
DES ORGANES URINAIRES, stance ne se dessine qu’un peu plus tard. Aussi, dans l'origine, la surface extérieure des reins, formée par la base des cônes dans l’intervalle desc|uels s’enfonce la membrane fibreuse, oifret-elle une foule de bosselures qui s’effacent graduellement par la suite (i). Lorsque la substance corticale se développe, elle constitue d’abord une couche d’égale épaisseur dans toute son étendue, couche qui passe, en se relevant et s’abaissant succes‘=' sivement, sur la base des cônes et dans leurs intervalles, et qui ne masc|ue que très peu la disposition lobulée sur laquelle j’ai appelé l’attention; mais ensuite cette substance se développe beaucoup plus entre les cônes que sur leur base, elle acquiert en ces points une plus grande épaisseur , refoule en dehors la partie voisine de la membrane fibreuse, comble les dépressions extérieures, les fait disparaître, et détruit avec elles la forme lobulée de l’organe.
Certains vices de conformation tendraient à faire croire que, dès l’origine , les deux reins sont réunis en une seule masse audevant du rachis, et que, par suite des progrès de révolution, ces organes s'isolent les uns des autres, d’abord incomplètement, une languette transversale et médiane persistant encore , plus tard d’une manière tranchée , par la scission définitive de la languette indiquée; mais cette donnée a besoin d’être encore soumise au creuset de l’observation.
Variétés. Les reins manquent quelquefois plus ou moins complètement, soit que leur développement n’ait pas eu lieu, soit qu’ils aient été détruits par certaines maladies. Chez quelques sujets, un de ces organes est beaucoup moins développé que l’autre.
On trouve par fois les reins réunis ensemble au devant de la, colonne vertébrale, tantôt par une simple languette de leur substance, et tantôt par une partie qui n’offre aucun étranglement. J’ai rencontré deux fois la première anomalie ; et dans ces cas, les reins avaient la position et la direction ordinaires, une languette réunissait leur extrémité supérieure , en passant au devant des piliers du diaphragme. Plus souvent les deux rein
(i) Chez beaucoup d’animaux, il reste encore, chez l^adulte, des traces de cette disposition, qui n*est que transitoire pour l’homme.
sont confondus en un seul rein , très gros , de forme analogue à celle de l’état normal , placé transversalement ou un peu obliquement au devant du rachis , ayant sa convexité dirigée plus ou moins exactement en haut, sa scissure en bas , et pourvu de deux uretères, de deux artères et de deux veines rénales.
La forme lobuleuse des reins , ordinairement transitoire chez nous , persiste quelquefois d’une manière plus ou moins tranchée.
Les reins sont quelquefois placés à la même hauteur, ou même le droit est plus élevé que le gauche, contre l’ordre normal. Plus rarement on les trouve dans une région éloignée de celle qu’ils occupent habituellement, dans la fosse iliaque interne ou dans le bassin. Dans ces cas, que j’ai en occasion d’observer plusieurs fois , tantôt un seul rein a été déplacé, tantôt l’anomalie porte sur les deux à la fois, tantôt les vaisseaux artériels et veineux émanent des troncs ordinaires et dans le point accoutumé , parcourant ainsi un très long trajet , et tantôt ils procèdent des troncs les plus voisins. Chez un sujet qui avait le rein droit placé dans le bassin, au devant de la symphyse sacro-iliaque , l’artère et la veine rénales venaient de l’artère et de la veine hypogastriques correspondantes.
Action. Les reins sont les organes formateurs de l’urine. Mais comment opèrent- ils cette sécrétion? nous l’ignorons absolument. En supprimant les valvules dans les veines de ces organes et en donnant , comme on l’a vu, une grande capacité à ces vaisseaux , la nature a-t-elle voulu y ralentir la circulation, de manière à donner au sang le temps de fournir une plus ample provision de matériaux urinaires ? Cela me paraît probable. Ce que l’on peut dire de plus certain, c’est que l’urine est sécrétée par la substance corticale, qui la versé directement dans les tubes de la substance mamelonée.
APPENDICE
Capsules surrénales (i)^
Les capsules surrénales ou atrabilaires , reins succenturiés , sont deux petits organes dont on ignore absolument les usages , et qui sont placés dans l’abdomen immédiatement au dessus des reins. Leur volume varie beaucoup suivant les âges; elles sont plus développées chez l’enfant que chez le vieillard; aussi est- ce chez le premier qu’on doit surtout prendre le type de leur description. Leur couleur est jaunâtre. Leur poids est peu considérable.
Conformation, Les capsules surrénales sont prismo’ides et assez semblables , suivant la remarque de Boyer , à un casque très aplati ou à une crête de coq. Leur face antérieure est en rapport, à droite, avec le foie et la seconde portion du duodénum, à gauche, avec la rate et le pancréas. "Lqux face posté-rieure est appliquée sur le diaphragme et sur l’extrémité supérieure du psoas. Leur face inférieure , concave , recouvre l’extrémité supérieure du rein correspondant. Leur bord est convexe, mince, quelquefois échancré en différens points ex dirigé en haut, en dedans et en dehors. Du reste, la surface extérieure des capsules surrénales est plongée dans cette masse cellulo-adipeuse qui entoure les reins, et dans laquelle rampent une foule de rameaux nerveux et vasculaires.
A l’intérieur, les capsules surrénales sont creuses, suivant les uns, pleine*s suivant les autres, Meckel en particulier. Ce qu’il y a de bien positif, c’est que les deux lames qui paraissent former ces organes par leur rapprochement m’ont toujours paru accolées l’une à l’autre. Existerait-il une époque à laquelle ces parties seraient séparées par une cavité? Je ne le crois pas, et je pense, comme Meckel, que la rapidité avec la-
(i) A vrai dire , les capsules surrénales ne font pas partie de l’appareil urinaire; mais comme leurs usages sont inconnus, et comme il est , pour cette raison, impossible de leur assigner une place plus convenable dans une classification anatomico-physiologique, on a coutume de les décrire en même temps qu® le» reins, avec lesquels elles ont des rapports trèsétroits de contiguïté.
quelle la partie intérieure des capsules subit la décomposition putride, est Tunique cause de l’apparente cavité qu’on y a aperçue, et de la divergence d’opinion des auteurs a cet egard.
Quoique l’existence de conduits excréteurs des capsules surrénales ait été admise par plusieurs anatomistes célèbres, que Bartholon, Peyer, FaUalm et Ranby, aient prétendu qu’ils vont se rendre dans les voies spermatiques , Kuhnus , aans le canal îlioracique, Heiiermann et Bendt, dans les voies urinaires , rien n’est mieux établi en anatomie que l’absence de
ces conduits.
Stviiciuxe . Les capsules surrénales sont formées de deux substances : l’une extérieure, jaunâtre, striée perpendiculairement à la surface de l’organe; l’autre intérieure, plus molle et plus brunâtre. La première est formée de granulations qui ont quelque analogie avec celles des glandes, granulations réunies ensemble par un tissu cellulaire qui se condense en dehors, et qui forme la gaine ou l’enveloppe de la capsule toute
entière.
Les artères des capsules surrénales viennent de 1 aoite, des diaphragmatiques inférieures et des rénales , sous les noms de ccipsulciirBs nioycnnc y supcricurB et 6. Les veines cor-
respondent exactement à celles-ci. Les vaisseaux lymphatiques n’ont rien de particulier. Les nerfs émanent du grand sympatique.
Péveloppement. Les capsules surrénales sont de bonne heure très développées et faciles à distinguer. Leur volume diminue proportionellement avec 1 âge ; de telle sorte qu elles disparaissent souvent tout-à-fait chez le vieillard , chez lequel on ne rencontre plus à leur place qu’un tissu cellulaire abondant.
Variétés. On dit que les capsules surrénales sont plus développées, et qu’elles olfrent intérieurement une teinte plus foncée chez le nègre que chez le blanc ; ces faits ne sont pas bien avérés. Elles varient peu sous le rapport de la position , beaucoup moins surtout que les reins ; circonstance , entre autres , qui montre que ces organes sont beaucoup plus indépendans des voies urinaires qu’on le croit généralement. Un sujet qui avait le rein droit dans le bassin , m’a offert la capsule correspondante dans son lieu ordinaire.
'Action. On ignore absolument les usages des capsules surrénales. Le grand développement qu’elles offrent chez le fœtus leur a fait attribuer des fonctions relatives à l’hématose ; mais cette assertion n’a jamais trouvé de fondement véritable que dans ce besoin que nous éprouvons de tout expliquer, et qui nous porte trop souvent à nous payer des raisons les moins satisfaisantes.
Je ne dirai rien des rapports dynamiques qu’on a cru apercevoir entre les capsules et les voies génitales ; les faits cités par Kauquelin, Lohstein Meckel et Otto à l’appui de cette hypothèse ne sont, en effet, rien moins que concluans.
ORDRE SECOND
Conduits vecteurs de V urine.
En réalité , les conduits vecteurs de Turiiie naissent au sein même des reins, dans la substance corticale de ces organes, par les petits canaux de Ferrein^ et constituent ensuite les tubes de la substance tubuleuse ; mais généralement on considère cette partie des voies que parcourt l’urine comme faisant corps avec la glande qui sécrète celle-ci , et l’on fait seulement commencer au-delà son canal vecteur.
Conformation. D’après ce qui précède , le conduit vecteur de l’urine s’étend des mamelons de la substance tubuleuse à la vessie. Il est muqueux à l’intérieur et n’oflre aucune valvule. A son origine, il est enveloppé par la substance rénale ellemême, et présente un évasement en entonnoir , surmonté de plusieurs reiïflemens de même forme, qui embrassent directement les mamelons. Cette double circonstance permet de le diviser en trois parties qui constituent les calices , le hassimi et Xuretcrc.
Les calices sont de petits entonnoirs membraneux placés à l’extrémité supérieure du conduit vecteur de l’urine , audessous des mamelons , au dessus du bassinet. On en compte plus ou moins, suivant que les mamelons sont eux-mêmes plus ou moins isolés les uns des autres ; leur nombre varie de six à à dix. Ils sont cachés profondément dans la scissure du rein. Leur diamètre est proportionné au volume des mamelons
2i3o ANATOMIE
qu’ils reçoivent.. Leur longueur ne dépasse pas quatre ou cinq lignes. Supérieurement , ils embrassent le mamelon ou les mamelons correspondans. Inférieurement , ils s’ouvrent dans le bassinet directement , où se réunissent en trois troncs volumineux et courts qui se terminent dans celui-ci.
Le bassinet est rinfundibulum général dans lequel se terminent tous les calices et duquel sort Turetère. Il est à moitié engagé dans la scissure du rein, et à moitié placé au dessous et en dedans d’elle. Il est exactement infundibuliforme et un peu aplati d’avant en ariière. Sa partie évasée regarde en haut, tandis que- sa partie rétrécie est dirigée en bas. Il est en rapport en avant avec l’artère et la veine rénales.
lJuretère est la partie inférieure du conduit vecteur de l’urine. Il s’étend du bassinet à la vessie. Il est cjlindroïde. Son volume est à peu près celui d’une plume à écrire ordinaire. Sa longueur est proportionnée à celle du tronc du sujet. Sa direction générale est un peu oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Du reste, son trajet est compliqué et peut être, avantageusement pour l’étude, subdivisé en deux portions, une sus-pelpienne ei l’autre pelvienne.
Dans, sa portion sus-pelvienne, i’uretère est appliqué sur le psoas, sur l’aponévrose fascia iliaca , sur les vaisseaux iliaques primitifs dont il croise la direction , et recouvert par le péritoine et par les vaisseaux testiculaires chez l’homme , ovariques chez la femme. Dans sa portion pelvienne, il est appliqué contre les parties postérieure et latérale du bassin et spécialement, contre l’aponévrose pelvienne, les vaisseaux hypogastidques, les muscles obturateur interne et releveur de l’anus ; à cette hauteur , en outre , le péritoine le^ recouvre , et chez l’homme en particulier , le canal déférent croise sa direction en passant au-dessus et en dedans de lui. Enfin tout-à-fait en bas, il s’engage dans l’épaisseur du bas-fond de la vessie, en convergeant en dedans et en avant vers celui du côté opposé, chemine, dans l’espace d’un pouce, au-dessous de la membrane muqueuse et s’ouvre obliquement sur le bas-fond de la vessie à l’angle postérieur du trigône vésical (i).
Structure. Le canal vecteur de riirine est essentiellement
(i)! Espace qui sera d'écrit un peu plus loin.
DES ORGANES URINAIRES. aSi
formé de deux membranes ; Tune , extérieure , grisâtre, for» tifiée à la hauteur du bassinet par la capsule propre du rein, et de nature fibro-cellulaire ; l’autre, interne, muqueuse, blanchâtre, continue inférieurement avec celle de la vessie, et supérieurement , suivant les auteurs , avec la membrane interne des petits canaux de la substance tubuleuse.
Déç’elopp^. Tient. Les calices, le bassinet et les uretères sont proportionnellement plus larges chez le fœtus que chez l’adulte.
Variétés. Les canaux vecteurs de l’urine manquent , quand les reins manquent eux-mêmes. Ils sont plus courts que dans l’état normal, lorsque le rein occupe une position plus déclive. Quand les deux reins sont réunis en un seul , il en sort toujours ou presque toujours deux conduits , qui se comportent inférieurement comme dans les cas ordinaires; et tantôt alors tous les calices sont confondus dans un seul bassinet d’où procèdent deux uretères, tantôt les deux bassinets sont distincts mais continus Fuii à l’autre, tantôt enfin la séparation est complète entre les deux conduits vecteurs.
Il n’est pas très rare de rencontrer deux uretères pour chaque ' rein, soit que le bassinet reste simple, soit que la séparation remonte juscju’à lui.
Plus souvent encore , on observe une grande dilatation de tout le canal vecteur de Furine. Ce conduit devient en même temps plus long, plus flexueux , formé par des parois plus épaisses c(ue de coutmne , et subit enfin une véritable hypertrophie. Dans ces cas, sa cavité présente souvent, près du bassinet sur tout, des plicatures qui résultent de la flexion de ses parois etcjui ont été prises pour des valvules véritables.
Action. Les calices et le bassinet reçoivent Furme directement du rein', tandis que Furetère la transporte vers la vessie et Fy dépose. La contraction élastique des parois de ce conduit , aidée de la pression du diaphragme et des parois abdominales, est la seule cause de la progression de ce fluide.
Ce n’est pas continuellement et goutte à goutte , comme on le croit , que Furetère verse Farine dans la vessie ; j’ai montré au contraire (i), que le passage de l’un à l’autre se fait à des
(») Voyez J. Hebdomadaire.
intervalles réguliers , au moment de l’abaissement du diaphragme dans la respiration , et qu’auparavant l’urine se'journe dans l’extre'mité inférieure de l’uretère»
L’insertion oblique de l’uretère sur la vessie explique très bien comment l’urine, pendant la vie, comment même les gaz sur le cadavre , passent facilement de l’uretère dans la vessie, tandis qu’ils ne peuvent refluer en sens inverse.