ANARCHIE MILITAIRE
home. — 222. Empereurs romains d'Alexandre-Sévère à Constantin (306). — 270. Règne d'Aurélien et de Dioclétien, 2S4.
perse. — 256. Second empire des Perses. — 223. Famille des
Sassanides.
orient. — 269, Défaite de Zcnobie, reine de Palmyre.
germanie. — Ligue des Francs. — Situation de l'église chrétienne.
découvertes. — Plantation de la vigne en Europe sous Probus.
jpnifloppcmcnt.
ROME
Aîex&ittîr©-§evès,e (222) fit respecter l'empire par son économie et par son bon sens; mais il ne pouvait remédier an mal qui croissait; le fer des Barbares allait soumettre les légions, l'ancienne société disparaissait avec le polythéisme, un nouveau culte remplaçant le premier devenait le fondement d'une société nouvelle. Mammée, mère d'Alexandre, lui avait inspiré du respect pour le christianisme ; elle assistait aux leçons d'Origène. Au moment où elle allait peut-être le lui faire embrasser, elle fut assassinée avec son fils; l'empire offre alors un dégoûtant spectacle.
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Haviiiiiit. — C'était un Barbare (235); il était né en Thrace, sa mère descendait des Alains. Il avait huit pieds et demi de haut, sa force était extraordinaire, son ignorance étonnante, son caractère cruel, sa bravoure téméraire. Avec Héliogabale finissait l'ancien monde ; avec Maximin commençait le nouveau : on sent la domination des Barbares, ils sont déjà sur le trône. En moins d'un quart de siècle, nous avons vu passer un Africain, un Assyrien, un Goth; nous franchirons plusieurs règnes qui ne nous présentent que guerres civiles, invasions de Barbares, territoires démembrés, provinces saccagées, plus de cinquante princes élevés et précipités : tel est le spectacle qu'on a sous les yeux jusqu'en 270.
Sous le règne d'Aurélien (271) et sous celui de Dioctétien (285), l'empire se releva de son état de faiblesse et recouvra un peu de son ancienne splendeur. Aiirélien, fils d'un paysan de Sirminm, s'était élevé par sa valeur et ses taïens. Il marcha contre les Goths, qu'il vainquit et auxquels il céda néanmoins la Dacie, puis contre les Allemands. Battu d'abord à Plaisance, il remporta sur ces derniers la victoire de Pavie (271). Rome, effrayée de l'invasion toujours croissante des Barbares, fit construire pour sa défense une muraille de vingt-un milles de longueur. Aurélien tourna ensuite ses armes contre Zénobie, reine de Palmyre. Palmyrc, dans le désert de Syrie, fondée par Salomon dans le XIe siècle de l'ère ancienne, enrichie par le commerce de l'Inde, était une colonie romaine du temps de Trajan ; Odcnat, mari de Zénobie, se distingua tellement par ses victoires sur les Perses, que Gallien l'avait nommé Auguste avec lui, mais il fut assassiné en 267 par son cousin Mœnïus. Dans cette circonstance, Zénobie s'était rendue maîtresse d u gouvernement pour ses fils, mais sans être reconnue à Borne. Elle s'était emparée de la Syrie, de l'Egypte et d'une partie de l' Asie-Mineure, sousClaudius. Jurélien battit d'abord ses troupes près d'Antioclie et û'Emèse ; il se rendit ensuite \mitvedePalmyre, qu'il
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détruisit parce qu'elle s'était révoltée; ses ruines attestent encore sa grandeur. Zénobie fut faite prisonnière, amenée à Rome où elle fut traitée avec distinction : mais Aurélien souilla cet exploit par le supplice de l'Athénien Longin, ministre de la reine, et qui avait écrit à l'empereur une lettre fière (Longin est l'auteur du traité du Sublime traduit parBoileau). L'administration d' Aurélien était toute militaire ; il se faisait craindre et répandait des flots de sang pour se faire respecter, pour apaiser les révoltes; son secrétaire Mnesihée l'assassina. Probus, l'un de ses successeurs, repoussa les Barbares, et particulièrement les Francs et les Bourguignons. 11 mourut assassiné.
A Aurélien avaient succédé Taeite(21o), que ses soldats assassinèrent ; Probus (276) qui fit fleurir l'agriculture, les arts et le commerce, qui fit planter des vignes en France, en Espagne, en Hongrie, qui fit rebâtir 70 villes et qui cependant fut assassiné par ses soldats près de Sirmmm, sa patrie, victime de son amour pour le bien public ; Carus, Carin et Numérien qui ne firent que passer sur le trône. Dioclétien, commandant des officiers du palais, se fit proclamer, après le meurtre à?Arïus-Aper, préfet du prétoire. Dioctétien, pour mieux se défendre contre les invasions, s'associa plusieurs collègues qui l'excitèrent à persécuter les chrétiens. Maximien, l'un d'eux, fait massacrer dans le Valaisla légion Thébaine, toute composée de chrétiens qui refusaient de joindre à leur serment de fidélité des pratiques que leur religion condamnait. Dioclétien abdiqua volontairement l'empire qu'il avait gouverné avec assez de gloire ; il se retira à Salone pour jouir du repos. Il mourut cependant rongé de regrets d'avoir abondonné le sceptre. Dans le partage de l'empire (292), Dioelélien avait obtenu les provinces orientales ; Galère, la Thrace et lespavs le long du Danube (ïllyrie); Maximien, l'Italie, l'Afrique et les iles ; et Consternée, les provinces d'Occident, la Gaule, l'Espagne, la Bretagne et la
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Mauritanie. Ce nouveau système eut sur l'esprit de l'administration une influence très marquée. Dioctétien avait pris formellement le diadème, et avec la pompe de l'Orient, il en introduisit le luxe à sa cour. Par là fut jeté le fondement d'un édifice que Constantin-le-Grand achèvera. À sa mort (305), Constance gouverna les Gaules, l'Espagne et la Grande- Bretagne. 11 était probe, par conséquent pauvre ; il protégea les chrétiens et eut d'Hélène, tille d'un hôtelier, Conslantin-le-Grand ; il mourut à York. Les légions, par un dernier essai de leur puissance, proclamèrent Constantin au nom des vertus de son père.
Lecture. — Règne d'Aurélien et de Dioctétien,, dans Yhistorien Gibbon.
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