GERMANIE
&XGUE des francs. — Le second et le troisième siècle ne nous offrent que des ravages continuels de la Germanie. L'empereur Maximieny porta au loin le nom romain; mais il ne put maintenir ses conquêtes, et il périt au milieu de ses brillans succès. L'oppression des Germains finit avec la vie de ce dernier. Ces peuples s'aperçurent enfin que leurs divisions devaient cesser, s'ils ne voulaient être subjugués. Devenus prudens par une expérience de deux siècles, les Germains, qui demeuraient entre le Rhin , le Mein et le /léser, se réunirent par une espèce de ligue dont ils annoncèrent le but par le nom qu'ils se donnèrent eux-mêmes, celui de Francs, c'est-à-dire libres de toute domination.
Dès lors les rôles changèrent : les Romains ne firent plus que rarement des ravages sur la rive droite du Hhin ; mais les Francs s'accoutumèrent à porter la désolation dans les Gaules.
Ces peuplades germaines nous représentent en quelque sorte l'état social des sauvages de l'Amérique du Nord, divisés en peuplades, dont la chasse et les expéditions guerrières forment toute lexistence.
Ilfiut d'ailleurs distinguer chez les races germaines deux sortes de sociétés : l'une territoriale, que l'on a nommée la peuplade ou la tribu, société sédentaire et permanente, ayant pour objet ia cullure des terres, dont le soin était abandonné, sous la surveillance des maîtres, à des colons connus sous le nom de lites, sorte d'esclaves attachés au sol comme les colons romains.
L'autre purement militaire, à laquelle on a donné le nom de bande, association flottante et accidentelle, bordes indisciplinées, n'ayant rien du caractère militaire, mais possédant toute l'énergie grossière de la volonté ; ce sont ces derniers qui envahirent l'empire romain ; ils avaient néanmoins des assemblées où ils délibéraient sur leurs expéditions guerrières ; c'étaient des convocations bruyantes dont il faut bien saisir l'esprit.
Il ne faut pas non plus perdre de vue deux caractères bien distincts: les uns envahirent la Gaule avec leur population toit entière, leurs Tommes, leurs enfans, leurs vieillards, et ne cherchaient que des établissemens; les autres ne formaient qu'une armée impatiente de butiner et de regagner leurs -inciennes demeures.
Les Goths et les Burgondes ( Bourguignons ) appartenaient à la première de ces classes; les Francs composaient la se-
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coude; les Wisigolhs et les Bourguignons, aussitôt après la conquête, s'empressèrent de s'établir au milieu des provinces dont ils s'étaient rendus maîtres ; ils se firent céder les deux tiers des terres et la moitié des esclaves; ils perdirent bientôt leur caractère énergique et devinrent laboureurs et bergers ; ils cessèrent d'être soldats.
Les Francs, au contraire, restèrent campés dans le territoire qu'ils avaient conquis ; ils se réunissaient autour de leur chef, qui régnait sur les hommes et non sur le pays. La situation des Gaules à cette époque ressemblait à celle de l'Egypte sous les Mamelouks; les Gaulois-Romains continuaient à être régis par les lois romaines ; les Francs suivaient la loi salique.
La loi des barbares était peu compliquée ; la force était le seul droit reconnu; le code des Francs s'appelait loi salique^ irce que sans doute elle avait été rédigée chez lesSaliens; ce n'était pas un code législatif, mais une rôdaction écrite des principales coutumes observées chez les Saliens. Il réglait le droit des Francs entre eux , leurs devoirs comme nouveaux propriétaires, et aussi leurs obligations envers les Gaulois ; ces lois se modifièrent avec les relations nouvelles, mais elles conservèrent la rudesse teutonique de leurs premiers auteurs. — Les lois des Bourguignons, rédigées par Gondebaud et corrigées par Sigismond , prirent le nom de lois Gombeltes. C'est le code le plus complet qui nous soit resté des barbares ; la modération envers les habitans du pays conquis s'y manifeste d'une manière évidente; le citoyen gaulois est partout traité à l'égal du barbare libre.
La loi des Wisigolhs, maîtres de toute la Gaule méridionale, était plus romaine que barbare, mais la rédaction n'en fut achevée qu'en Espagne.
Mais de toutes les institutions d'origine leutonique, celle qui a laissé les traces les plus profondes dans la société, c'est la loi des Ripuaires, moins barbare que la loi salique, moins romaine que celle des Wisigoths ; elle a exercé une influence incontestable sur nos mœurs nationales, par les différentes formes de la procédure criminelle ordonnées par leurs lois pour la manifestation de la vérité; c'est dans ce code que l'on trouve le duel judiciaire ou combat singulier devant les juges. Ce mode de procédure, tout étrange qu'il nous paraisse, était un premier acheminement vers des mœurs plus douces. Toutefois, nous y rencontrons aussi la torture, cet affreux moyen de rechercher la vérité par les tournons. Plus tard, le combat judiciaire dispense de la torture,
ÉTAT DU CHRISTIANISME AU 3e SIECLE.
Au milieu de la décadence générale, il se préparait une réforme nouvelle , par la propagation insensible de la religion chrétienne. Déjà, vers la fin de cette période, malgré plusieurs
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persécutions, elle avait trouvé le moyen de s'introduire dans toutes les provinces et dans toutes les conditions, et elle était sur le point de devenir la religion dominante.
à* SIECLE.