‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 148 sur 277 · FONDATION DES ÉTATS MODERNES · texte numérisé non relu

FONDATION DES ÉTATS MODERNES

caractèrs bu siècle — Fondation des nouvelles monarchies.— Législation des peuples barbares.— Commencement de la grande société chrétienne.

ÉVÉNEMENS

France. —511. Mort de Clovis. — Partage du royaume. — 534. Destruction du royaume des Bourguignons. — 534-548. Conquêtes de Théodebald.

empire romain d'orient. — 518. Race justinienne. —

Justin. — 533. Publication du Code Justinien. — 534. Conquêtes de Bélisaire. — 553. Empire des Ostrogoths détruit par Narsès.

Italie. — 526. Mort de Théodoric. — Fondation du royaume de Lombardie. — 568. Commencement de l'exarchat de Ravenne.

Espagne. —507. Invasion des Visigoths. Amalaric.

église. — 590. Pontificat de saint Grégoire.

découvertes. — 500. Vers à soie. — Fondation de l'église de Saint-Germain-des-Prés de Paris. — Etriers.

Bnwloppfnwnt

FRANCE

Mort de Clovis , et partage «lu royaume. — Conquête «le îa Bourgogne. — Clovis avait à venger la mort du père de Clothilde, assassiné par Gondebaud qui s'était emparé du trône

312 6e S1ECLK.

de Bourgogne. Aidé deGodegisèle, frère du dernier roi et de l'usurpateur, il remporta une victoire facile, et Gondebaud reconnut la suzeraineté du conquérant et donna une partie de ses états à son frère qui l'avait trahi. Mais l'occasion de la vengeance s'étant présentée , Gondebaud la saisit et fait périr Godegisèle. Clovis reprend les armes, est vainqueur, forcené roi vaincu à abjurer la doctrine d'Arius pour embrasser le catholicisme et à céder la province de Marseille à Théodôric , roi des Ostrogoths , qui l'avait soutenu dans cette guerre.

Clovis meurt en 511. Ses fils, entre lesquels il avait partagé la France, régnèrent d'abord en bonne intelligence et déclarèrent la guerre à Sicfismond, qui avait succédé à Gondebaud, ainsi qu'à Gondemar, son frère, qui retenaient injustement la dot de leur mère Clothilde. Ils battent Sigismond et s'emparent de ses états; mais, barbares clans leur victoire, ils le jettent dans un puits que l'on comble de pierres et le font ainsi périr près d'Orléans. Gondemar parvient à rentrer dans la Bourgogne et à se réintégrer dans les états de son frère. Clotaire et Clodomir se lient entre eux pour lui faire la guerre, le battent l'an 524, près de Voir on (Dauphiné), et Clodomir est tué dans le combat ; Childebert et Clotaire achèvent la conquête de la Bourgogne (534).

Les Bourguignons, nation Suève, qui avaient d'abord suivi la migration des Vandales, fasSuèves, des Alains, s'arrêtèrent en 415 sur les rives du Haut-Rhin et dans l'Helvétie occidentale. Leur établissement définitif dans la Gaule date de l'année 456. Leurdomination s'étendait alors sur la Bourgogne d'aujourd'hui, la Fianchc-Comlé, le Lyonnais, le Dauphiné, la Savoie, le pays de Vaud, le Valais, tout le royaume portant le nom de Grand- Hert (Allodium) des Bourguignons. Ce royaume, dans lequel le pouvoir royal ne tarda pas à devenir héréditaire , fut exposé à des troubles fréquens causés par la turbulence de la noblesse, jalouse des lois et de la protection qu'ils accordaient aux sujets romains. La fermeté du roi Gondebaud, célèbre pour avoir publié la loi gombette(50^), préserva cet état de la ruine dont le menaçait Clovis; Childebert et Clotaire en firent la conquête comme nous venons de le voir, mais elle ne détruisit nullement la nationalité des Bourguignons.

6e SIÈCLE. 313

La mort de Clodomir fut fatale à ses en (ans. Malgré la protection et les prières de Clothilde qui alors était retirée à Tours, deux périrent victimes dé la cruauté et de l'ambition de Ghildebert et de Clotaire, leurs oncles, qui se partagèrent le royaume d'Orléans. Le troisième, plus heureux, put s'enfuir et se fit moine dans l'abbaye qui plus tard s'appela de son nom Saint-Clodoald ou Saint-Cloud. C'est ainsi que nous verrons dans la suite les grands et quelquefois les rois dépouillés se réfugier au sein de l'Eglise et venir chercher dans le cloître un asile contre la politique cruelle de leurs rivaux, avec l'intention d'y passer paisiblement leur vie ou d'y attendre l'occasion favorable pour ressaisir ce qu'ils ont perdu.

Thierry , que d'autres appellent ïheuderic, et qui n'avait pas pris part à l'expédition de Bourgogne mena ses soldats dans l'Auvergne, épargnée seule dans le ravage général de l'Occident. Les descendans des Arvernes, si redoutables sous Jules-César, préféraient les Goths aux Francs; mais ceux-ci étaient protégés par le clergé, et saint Quintien, évêque de Clermont, livre le château à Thierry. Ce prince va de là aider Hermanfroi à dépouiller son frère Baldéric, roi de Thuringe, le fait ensuite empoisonner, et meurt en laissant la couronne à Théodebert, son fils.

Ce jeune prince, que ses actions ont fait regarder comme le plus brave, le plus fier et le plus magnanime des rois francs de l'époque, parvient à déjouer les projets perfides de ses oncles qui méditaient de s'emparer de ses états, et se joint à eux dans une nouvelle guerre contre la Bourgogne.

Justinien, empereur d'Orient, qui voulait s'attacher Théodebert, lui avait cédé tous les droits de l'empire sur la Gaule du midi. Le chef Australien passe en Italie dans le dessein de combattre les Ostrogoths pour l'empereur ; mais bientôt il se déclare contre celui-ci, parcourt l'Italie, du nord au sud,

314 6e SIÈCLE.

réduisant en cendres les plus belles villes et massacrant indistinctement et les Gotlis et les Grecs, puis fait alliance avec Totila et se dispose à envahir l'empire d'Orient et à marcher sur Constantinople , en descendant la vallée du Danube. Il meurt au moment d'exécuter ce projet en 547. Son lîls, Théodebald ou Thibault, est battu par les troupes de l'empereur, meurt en Italie, et Glotaire s'empare de ses états au détriment de son frère.

Théodebert se faisait représenter sur ses monnaies avec des ornemens semblables à ceux des empereurs d'Orient, et leur donnait pour exergue le mot CONOB, que l'on trouve sur les monnaies des empereurs romains depuis Constantin sans qu'on en connaisse la signification précise.

La mort de Théodebert est le terme des progrès des Francs; les Lombards les arrêtent en Italie; l'Espagne ne les craint plus ; les Saxons rompent avec eux, refusent le tribut de cinq cents vaches qu'ils leur payaient, et leur vouent une haine qui continue la lutte des barbares qui s'accroît de siècle en siècle et qui se manifeste encore de nos jours par la révolte de l'Angleterre et de la France.

Page 1