‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 150 sur 277 · CODE BE JUSTINIEN · texte numérisé non relu

CODE BE JUSTINIEN

Justinien avait construit une foule d'édifices superbes et il rebâtit avec plus de magnificence sur la fin de sa vie la cathédrale de Sainte-Sophie qui avait beaucoup souffert et avaitété presque entièrement détruite dans la sédition qui avait eu lieu au commencement de son règne; mais ce qui lui assure une gloire plus solide que ses conquêtes et ses monumens somptueux, ce qui fait oublier les maux de son règne et pallie ses torts, c'est la collée-

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lion et la publication de l'ancien droit romain. Il voulut faire un choix parmi les lois qui existaient déjà, et confia le soin de ce grand ouvrage à dix des plus sages et des plus habiles magistrats, présidés par le savant Tribonien. Les Pandectes et le Code qui lurent mis en ordre et promulgués par l'autorité de Justinien, contiennent l'immense dépôt de la sagesse des âges précédens. N'est-il pas étonnant de voir une législation tout entière publiée par un barbare sorti de la fange du peuple au milieu de la Grèce, aux descendais de Rome. Un cachet servile est sans doute quelquefois imprimé à ce beau travail des lois antiques; mais ce n'en est pas moins un monument admirable qui doit perpétuer le nom de Justinien et le recommander à l'estime de la postérité.

Quatre publications eurent lieu successivement :

1° Le Code de Justinien, ou Recueil des constitutions impériales depuis Adrien jusqu'en 529.

2° Les Institutes, élémens du droit romain à l'usage des écoles (533) ; 5° les \ Pandectes (538); 4° les Novelles ou Authentiques (534 et 536), de Justinien lui-même.

Justinien mourut en 565, quatre ans avant la naissance de Mahomet. Son sceptre fut successivement transmis à Justin -le- Jeune (565-574), prince faible et sans caractère, qui se laissa gouverner par Sophie, son épouse, dont l'orgueilleuse vanité mécontenta Narsès, et fit perdre l'Italie à l'empereur d'Orient. Il ne lui resta plus qu'une province de peu d'étendue que Longin, envoyé pour remplacer Narsès, parvint à soustraire aux Lombards et qu'il gouverna sous le nom d'exarchat de Ravemie. Tibère II, prince doux et pacifique (574-582); Maurice, qui rétablit sur le trône de Perse Chosroès, dépouillé de ses états, et eut en lui un allié fidèle et un redoutable vengeur (582-602"» ; Phocas, soldat de fortune, assassin de Maurice et battu par le roi de Perse qui voulait venger son bienfaiteur (602-610), enfin Héraclius que nous verrons au 7e siècle.

conquêtes du BÉmSAXRE, général des armées de Justinien. — Bélisaire, né d'un paysan de la Thrace, avait fait ses premières armes sous Justin. La route des grandeurs lui fut préparée par sa femme Antonina, confidente et amie de l'impératrice Théodora, l'une et l'autre de mœurs dépravées et filles de cochers du cirque. Il reçut l'ordre de passer en Afrique pour combattre Géîimer, homme ambitieux qui avait détrôné Hildéric, fils de Genséric. Après avoir terminé heureusement la guerre contre Cabadès, roi des Perses, par un traité de paix conclu en 530, Bélisaire conduisit l'armée navale destinée à conquérir l'Afrique, prit Carthage, marcha contre Gélimer, détruisit le trône des Vandales, prit possession du royaume et se fit servir par les officiers du prince. Les Maures le reconnurent roi, et peu de temps après il défit le reste des Vandales, prit Gélimer (en 534), et le mena à Constantinople. Ce malheureux prince fut

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un des ornemens de son iriomphe. C'est ainsi que finit la monarchie des Vandales ariens. Nous devons rendre justice à Justimen qui assigna depuis de vastes domaines enGalatie à Gélimer, et ce roi des Vandales effaça par son repentir le crime de son usurpation.

Bélisaire, ayant détruit ce royaume en Afrique, fut envo\é avec Mundus, pour renverser celui des Goths en Italie. Depvis long-temps l'empereur d'Orient désirait ressusciter l'empire d'Occident, et cherchait l'occasion de faire valoir ses prétentions ; Théodat la lui fournit bientôt en faisant étrangler dans un bain Amalasonlhe, sa femme, cousine de l'empereur, et à laquelle il devait le trône. Ce fut sous prétexte de venger sa parente que .histinien envoya une armée en Italie. Arrivé sur les côtes de Sicile avec sa flotte, Bélisaire s'empara de Catanc, de Syracuse, de Panorme et de plusieurs autres villes, par force ou par composition; il courut ensuite à Naples et la prit (n3G). De là il marcha sur Rome et en envoya les clefs à l'empereur. Théodal, loi des Goths, ayant été assassiné pour avoir offert sa couronne au poids de l'or, Vitigès, son successeur, vint assiéger Rome ; Bélisaire le vainquit, le força de se renfermer dans Ravenne, le prit et le mena à Conslantinople, après avoir refusé la couronne que les vaincus offraient à leur vainqueur. Tout le peuple de Constanlinople avait le nom de Bélisaire à la bouche, et ses grandes actions dans la mémoire. On le regardait comme le libérateur de l'empire.

11 fut bientôt obligé de quitter la capitale pour aller combattre Chosroës 1er, roi de Perse. Après l'avoir mis en fuite, il retourna en Italie contre Tolila, élu roi des Goths., dont la bouillante valeur secondait l'ambition, et qui rêvait, aidé du roi franc Théodebert , non seulement la délivrance et la conquête de I Italie tout entière, mais le renversement de l'empire de Constanlinople. L'envie s'était déjà attaquée à la gloire de Bélisaire, et, soit par sa propre jalousie, soit à l'instigation des ennemis du grand homme, Justinien ne lui donna que peu de troupes et d'argent pour vaincre un des capitaines les plus courageux et les plus habiles que les armes romaines eussent en à combattre depuis long-temps. Trop inférieur en nombre, Bélisaire fut plusieurs fois battu; mais, malgré ses revers, il sut encore assez imposer au vainqueur pour l'engager à ne pas détruire Rome dont il avait déjà fait abattre les murailles, parvint à y rentrer lui-même et la répara. Cependant, comme la cour de Constanlinople, influencée par ses envieux, ne faisait pas droit à ses réclamations et ne lui envoyait pas les secours qu'il demandait pour terminer la guerre avec honneur, il se démit du commandement et abandonna l'Italie. Il reprit encore les armes dans sa vieillesse contre les Huns, qui avaient fait une irruption dans l'empire en 559, les chassa et les fit rentrer dans leur pays.

Les grands,de plus en plus jaloux des succès de Bélisaire, l'accusèrent (561) auprès de Justinien d'avoir voulu s'emparer du trône*

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L'empereur, ombrageux, lui ôfa la dignité de patrice, lui retrancha ses gardes et l'accabla de cruels traitemens, qui le conduisirent au tombeau la même année.

On a dit, sur l'autorité de quelques historiens du II- et du lir siècle, que Justinien poussa la barbarie jusqu'à faire crever les jeux au vainqueur des Perses, des Goths et des Vandales, et qu'on vit l'illustre aveugle, alors âgé de plus de 8t> ^a^Jconduit par un enfant devant le couvent de Lauros, présentant un plat, de bois pour demander l'aumône d'une obole. Cette opinion, reproduite par un savant biographe anglais, lord Manon, est aujourd'hui attaquée et regardée comme une fable. On croit même que la clameur publique fit repentir Justinien qui reconnut la malice de ses courtisans et rendit à Bélisaire ses bonnes grâces. Ce que l'on sait, c'est que le héros mourut le 15 mars 565, huit mois avant l'empereur.

Lecture. — Gibbon, Décadence de l'empire Romain, tom. IX : Le Beau, Hist. du Bas-Empire ; Biographie de Bélisaire par lord Mahon ; Tragédie de Bélisaire, par M. de Jouy. Bélisaire, de Marmonlel.

ITALIE

thÉodorïC— Trois frères, rois des Ostrogoths, Walarnir, Théodcmir et Wildimir, après la mort u' Attila, occupèrent les contrées désolées de la Pannonie, et maintinrent par leur habileté et leur courage l'indépendance qu'une victoire venait de rendre à leur nation. Ce fut de Théodemir que naquit Théodoric, au moment où l'on apportai? la nouvelle de la victoire de Walarnir sur les Huns qui avaient fait une irruption dans ses états. Livré pour otage à l'âge de huit ans, il fut élevé avec soin à Constantinople; mais, dédaignant les lettres et les arts, il ne s'appliqua guère qu'aux exercices du corps et aux manœuvres de la guerre. Quand il revint en Pannonie , toute la nation des Ostrogoths reconnaissait le père de Théodoric pour son roi, et, après quelques heureuses expéditions, il monta sur le trône des Amales que lui laissait la mort de Théodemir en 475. Sa rapacité excitée par le besoin le forçait à opprimer les vastes provinces qu'il avait envahies, et déjà, d'accord avec ses sujets, il avait quitté son camp de Pannonie pour s'établir dans de riches contrées situées aux environs de la cour de Byzance et que leur avait cédées la lâcheté des empereurs, qui confièrent aux Barbares la défense de la partie basse du Danube. Après avoir aidé Zenon à remonter sur le trône de l'Orient et avoir reçu de lui les dignités de patricien et de consul, il se révolta, répandit le feu de la guerre de Constantinople à la mer Adriatique, et fit d'affreux ravages dans la Thrace. Zenon parvint à l'apaiser, et, afin d'occuper son infatigable activité et son humeur inquiète,

l'engagea à attaquer une tribu de Goths qui avait soutenu Basiliscus dans sa révolte. La perfidie romaine et l'adresse du fils de Thriarius, qui commandait cette tribu, forcèrent Théodoric à embrasser le parti de Thriarius et à partager l'empire avec son rival. Ce dernier étant mort, toute la nation reconnut la suprématie des Amales, et l'empereur eut à craindre de nouveau leur puissance et leur valeur. Haï des Romains et suspect aux barbares, Théodoric forma un projet digne de son courage et de son ambition; il obtint de Zenon l'autorisation de conquérir l'Italie et de la gouverner selon les lois de l'empire. Il se mit en marche avec toute sa nation^ en 448, entraînant avec lui tous les aventuriers et les tribus errantes des pays qu'il traversait. Nous avons vu, dans le 5e siècle, Odoacre, chef des Hérules, prendre le titre de roi d'Italie. Théodoric marche contre lui, le défait successivement près d'Jquilée, à Vérone, sur les bords de l'Adda, et l'assiège dans Ravenne où il s'était retiré. Il consent d'abord à partager l'Italie avec son rival ; mais peu de temps après Odoacre fut assassiné, dans un festin, de la main même du roi Goth, qui fit périr encore toute la famille et tous les amis de ce prince infortuné qu'on accusa, selon l'usage, d'avoir conspiré.

Tel était l'effet de l'ancienne gloire de Rome, que tous les vainqueurs du grand peuple voulaient se faire Romains. A peine Théodoric eut-il pris Ravenne, qu'il se revêtit de la pourpreimpériale, et, maître de Rome, il établit dans sa cour barbare toutes les charges delà cour d'Orient et s'arrogea tous les privilèges et toutes les prérogatives des empereurs. Il mit à profit les connaissances qu'il avait acquises pendant son séjour à Constantinople et se conduisit avec autant de sagesse que de modération. Le partage des terres de l'Italie, dont le tiers échut à ses soldats, est peut-être le seul reproche qu'on ait à lui faire dans les commencemensde son règne; et partout ailleurs il montra un génie profond et une politique consommée. Il laissa subsister la police, les coutumes et les lois romaines; modéra sans l'éteindre l'ardeur de ses soldats, protégea l'industrie de ses nouveaux sujets, dans le but de maintenir la séparation entre les Goths et les Italiens et de réserver les uns pour les arts de la paix et les autres pour le service de la guerre; il s'arrêta au milieu de l'enivrement de la victoire, rassura les Barbares de l'Occident chez lesquels sa conquête avait répandu l'alarme en leur montrant qu'il désirait la paix et n'en voulait pas à leurs possessions; et s'il eut dansle cours de son règne quelques guerres à soutenir, ce fut toujours pour se défendre ; sa sagesse aussi bien que son courage le rendirent partout vainqueur. Diverses alliances unissaient sa famille aux plus puissantes monarchies de l'Occident ; les peuples les plus lointains envoyaient solliciter son amitié. Dans le gouvernement de ses états il avait pour maxime, dit un grand historien, défaire oublier qu'un barbare était sur le trône, et sous sa domination^ Rome et l'Italie tout entière, le Peuple et les nobles jouirent d'une prospérité qu'ils n'osaient

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plus espérer. Barbare, il défendit le duel; arien, comme presque tous les Goths, il toléra long-temps les catholiques dont les prêtres recevaient des honneurs dans son palais, et ce fut par la justice, par la sagesse de ses lois et de son administration, qu'il affermit un empire qui, outre l'Italie et la Sicile, embrassait une grande partie de la Pannonie, de la Rhétie, du Norique, l'Espagne et la Gaule méridionale jusqu'au Rhône sur laquelle il régnait comme tuteur de son petit-fils. On pense que la nation des Ostrogolhs seule comptait deux cent mille hommes capables de porter les armes; mais on ne sait quelle était la population romaine des étals de Théodoric.

Nous ne pouvons finir cette notice sans citer les crimes dont ce prince souilla sa vieillesse, et qui ont un peu terni sa gloire. Les mauvais traitemens qu'il fit essuyer au souverain pontife qu'il envoya à Conslantinople pour arrêter la persécution commencée contre les ariens, et l'ordonnance par laquelle il défendit l'exercice du culte catholique après un jour fixé, démentent la modération qu'il avait montrée jusqu'alors, et l'on ne pardonnera jamais au roi Goth la mort de l'intègre et savant Boëce, le dernier des Romain*, dit Gibbon,, que Caton ou Cicéron eussent reconnu pour leur compatriote; ni le meurtre de Symmaque, dont le crime fut de pleurer son ami, et dont la tête sanglante, apparaissant sans cesse à Théodoric, éveilla ses remords et avança sa dernière heure. II mourut le 30 août 526, après un règne de trente-trois ans, qui passa comme un brillant météore, sans laisser aucune influence durable. Nous avons une volumineuse collection des lettres de ce prince, écrites en son nom par Cassiodore, rhéteur un peu emphatique, mais qui nous a du moins laissé des documens précieux sur les relations politiques des nouveaux états.

amalasonthe, sa fille, héritière de ses talens, gouverne d'abord avec sagesse comme tutrice d'Alhalaric, âgé de cinq ans, qu'elle avait eu d'Evaric de Mœsie, mort depuis quelque temps. Quoique les Goths, comme tous les autres peuples guerriers du INord, n'eussent jamais placé de femmes à leurs têtes, Amalasonlhe resta pourtant sur le trône après la mort de son fils, et se montra digne de la confiance des Goths. Cependant elle crut devoir s'associer au trône le neveu de Théodoric, Théodat, qui s'était engagé à lui laisser l'administration suprême de l'état. Mais bientôt l'ambition du nouveau roi et les intrigues de Thédora, femme de Justinien, firent reléguer dans une île du lac de Bolsena, et bientôt étrangler dans un bain, Amalasonthe qui appelait la vengeance de Justinien sur un époux ingrat.

Nous venons devoir comment Bélisaire et Narsèspar leurs victoires mirent fin à l'empire des Ostrogolhs (555), dont les étals passèrent aux Grecs.

FONDATION DU ROYAUME DES LOMBARDS. — Les

Lombards, qui habitaient anciennement la partie septentrionale

o'2'2 6" SIÈCLE.

de la Germanie, sur l'Elbe, s'étaient enfin fixés dans la Pannonie, après avoir changé plusieurs fois de demeure. S'étant ligués avec les Avares contre les Gépides , ils les vainquirent. Suivant le traité qu'ils avaient fait, ils abandonnèrent le pays des vaincus à leurs alliés, bien qu'ils y fussent établis depuis quarante-deux ans, et rassemblant leurs femmes, leurs enfans, leurs vieillards, leurs esclaves, ils brûlèrent leurs maisons et se mirent en marche pour une nouvelle patrie. L'eunuque Narsès, dont la vanité de Sophie, femme de Justin, avait méconnu les services et blessé l'orgueil en lui envoyant une quenouille et le faisant rappeler de son gouvernement, se déclara indépendant et appela les Lombards à son secours. Ceux-ci se dirigèrent vers le nord de l'Italie et s'en rendirent maîtres sous Alboin, leur chef. Longin, envoyé pour succéder à Narsès, ne put leur arracher qu'une petite province qui prit le nom d'exarchat de Ravenne et qu'il gouverna au nom de l'empereur. Tout le reste, depuis les montagnes de Trente jusqu'aux portes de Ravenne et de Rome, se soumit sans siège ni sans bataille. Pavie seule résista à ses armes, mais elle fut prise après un siège de trois ans, et les Lombards en firent la capitale de leurs Etals.

Alboin, leur premier roi , n'eut pas le temps devoir fleurir son nouvel empire; Rosemonde , sa femme, le fit assassiner. 11 l'avait contrainte à boire dans le crâne de son père Cunimond , roi des Gépides , qu'il avait tué dans une bataille. La coutume de ces peuples était de se servir du crâne de leurs ennemis comme de coupe dans leurs festins solennels. Ce furent les successeurs d' Alboin qui consolidèrent la monarchie qu'il avait fondée en 568, et que Chaiiemagne détruisit en 774, ainsi que nous le verrons au 8e siècle.

Lectvre. — Eginhard. — Fie de Charlemagm,

ESPAGNE

INVASION DES VïSIGOTHS EN ITALIE , EN GAULE ET

EN Espagne. — Pendant que les Vandales, les Suèves et les Alains dévastaient les Gaules et s'établissaient en Espagne, l'Italie fut envahie une seconde fois par les Wisigoths sous le roi Marie de la race des Baltes (408) ; il venait sous le prétexte de venger l'assassinat commis par les ordres de l'empereur sur la personne de Stilicon. La lâcheté et la mauvaise foi d'Honorius furent la cause du pillage de Rome, qu'Alaric avait deux fois épargnée. Ce roi mourut à Consenza en Calabre , lorsqu'il allait passer en Sicile (410).

L'arrivée des Wisigoths dans la Gaule méridionale (412) fut l'effet d'une convention entre le roi Astolphe, beau-frère d'Alarw, élu par la nation , et l'empereur Honorius , privé de l'autorité nécessaire pour combattre l'anarchie qui désolait ces provinces.

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Ces désordres donnèrent lieu aux premiers établissemens des Bourguignons dans la Gaule orientale (413).

Les Goths , sous dstolphe d'abord maîtres des pays entre les Alpes , le Rhône, la Méditerranée, la Garonne, les Pyrénées, où ils furent tantôt les auxiliaires des Romains et tantôt leurs ennemis , se fixèrent ensuite au delà de ses dernières montagnes , et firent de Barcelone la capitale de leur empire.

Fallia, successeur iïdstolphe, obtint l'Aquitaine pour prix de ses services , et choisit Toulouse pour résidence (415). C'est l'époque de la fondation de la monarchie des Wisigoths dans la Gaule méridionale, et dans cette partie de l'Espagne qui comprend aujourd'hui la Navarre et la Catalogne. Les successeurs de Fallia lui donnèrent une plus grande extension.

La défaite et la mortd'Alaric II , à Vouglé (307), entraînèrent la perte d'une partie des provinces que les Visigoths avaient possédées dans la Gaule ; néanmoins, par l'intervention de Théo- (loric, roi des Ostrogoths en Italie , ils conservèrent le Languedoc ou la Septimanie. A la mort d'Jmalaric, qui avait régné sous la tutelle de Théodoric, s'éteignit la dynastie d'Alaric, et la couronne devint purement élective (526). Après le règne de Léovigild (568-586) qui acheva la conquête de l'Espagne par la destruction du royaume des Suèves , et releva l'autorité royale (584), ;ia monarchie des Wisigoths subit les conséquences funestes que le clergé exerçait sur le pouvoir politique , depuis la conversion de Récarède , fils de Léovigild , à la religion catholique. La plupart des rois wisigoths , jusqu'à Roderic (586 601) périrent de mort violente.

Lecture. — Jornandès, Origine des Goths.

ÉGLISE

L'église de Rome profita du double avantage d'avoir été fondée par saint Pierre, le prince des Apôtres, et de compter parmi ses membres des personnages considérables auxquels leur rang et leur naissance donnaient une grande influence à la cour.

La translation du siège de l'empire fit naître une vive jalousie entre l'évêque de l'ancienne résidence impériale et celui de la nouvelle, entre le plus puissant patriarche de l'Orient et le premier évêquedes pays occidentaux. Ces deux prélats se disputèrent long-temps la prééminence, enûn l'évêque de Rome l'emporta. Eloigné de la cour, il tenait le premier rang dans l'ancienne capitale du monde, et dirigeait seul son vaste diocèse dont le zèle des missionnaires reculait sans cesse les limites. Plusieurs événemens préparent la grandeur du saint-siège et la supériorité de l'Europe sur les autres parties du monde.

L'histoire nous montre les premiers papes inébranlables par

324 6e siècle.

la foi , toujours prêts à subir le martyre , prodigues de leur patrimoine envers les pauvres , attentifs à rendre le culte public plus imposant et à maintenir leur dignité par des mœurs austères, Parmi eux nous remarquerons Grégoire-le-Grand , qui fut élevé presque malgré lui au pontificat, dans le temps que Rome était ravagée par la peste (590). Il était fils du sénateur Gordien , d'une illustre origine patricienne; il fut préteur et il eut pour mère sainte Sylvie. Aux avantages de la naissance , Grégoire joignait une figure noble , des manières affables, des talens supérieurs , et des vertus dignes du pontificat. Il succéda, en 590, à Pelage II. 11 mérita le surnom de Grand par son zèle infatigable et sa politique habile. Il envoya des missionnaires qui convertirent une grande partie de l'Angleterre et le roi de Kent. Il étendit de tout son pouvoir la religion chrétienne , et fit à Rome de sages institutions. Il voulait qu'on employât la douceur et non les voies de rigueur , pour ramener les hérétiques. Ce sage pontife donna l'exemple du gouvernement ecclésiastique. C'est celui de tous les papes dont il nous reste le plus d'écrits.

Ce fut au sixième siècle, en 529, que saint Benoît de Nursia établit sur le mont Cassin une société de cénobites , destinée à devenir le chef-lieu d'une immense congrégation; approuvée par saint Grégoire, elle se répandit rapidement dans toutes les provinces de l'Église latine , et dans la suite d'immenses services furent rendus par les bénédictins à la religion , à l'humanité et aux lettres. Jusqu'à cette époque les moines n'étaient pas encore membres du clergé, et on les regardait plutôt comme des laïques. On connaît bien parmi eux des prêtres et des évêques,mais c'est seulement au commencement du sixième siècle que les moines furent regardés comme faisant partie du clergé proprement dit.

Lecture. — Esquisses historiques , Biographie de Michaud; Procope , historien de Justinien.

7e siècle. 325

7e SIÈCLE.

MAHOMET , ou l'origine des empires d'orient.

caractère du siècle. — En Europe Héraclius soutient la puissance chancelante de l'empire d'Orient. Les nouveaux états de l' empire d'Occident sont toujours dans la confusion. Les Mérovingiens se laissent gouverner par les maires d'Austrasie. hlieptarchie partage toujours les Anglo-Saxons ; Venise prend plus de consistance; mais les lumières de l'intelligence sont toujours éclipsées. L'Asie occidentale est envahie par les Arabes sous la conduite de Mahomet et des califes, ses successeurs, et la doctrine mahométane s'établit par les armes dans l'Afrique septentrionale.

ÊYÉNEMENS.

prance.— 613. Rivalité de Frédégonde et de Brunehaut.— 687. Victoire de Teslri, par Pépin-d'Héristal.

empire d'orient.— 610. Héraclius, empereur d Orient. — Défaite de Chosroès, roi de Perse.

arabie. — 622. hégire de MAHOMET; origine du mahométisme. — Abou-Bekre, premier calife , publie le Corun. — ■ 640. Conquête de la Syrie et de l'Egypte par Omar. — 648. Fin du second empire des Perses. — 633. Prise de Rhodes par les Sarrasins.

découvertes. — 600 Plumes à écrire. — Abbayes de Chelles, de Saint-Denis (622).

Htëwloppement.

FRANGE

Kivalité de Fréflégoiifle et de ISi»iiiie<* limai. — Le second partage de la monarchie venait

326; 7e siècle.

d'avoir lieu entre les quatre fils de Clotaire. Cariberl , roi de Paris, mourut après six ans de règne , et son royaume fut encore divisé entre ses frères. Contran fut roi d'Orléans et de Bourgogne ; Chilpéric, roi de Soissons ou de Neustrie, et Sigebert, roi d'Austrasie, épousèrent les deux sœurs, Gatsninde et Brimeliaat, filles d' Alanagilde , roi desWisigoths. Frédégonde , suivante de Galsuinde , avait su par ses intrigues et sa beauté s'attirer l'amour du roi qui bientôt négligea pour elle son épouse légitime, et cette princesse, s'opposant à l'élévation de l'ambitieuse concubine, fut trouvée morte dans son lit. Cet assassinat ne pouvait qu'être le crime de Frédégonde, et Brunehant, pour venger sa sœur, alluma la guerre entre les deux royaumes d'Austrasie et de Neustrie.

Après quelques combats les deux rois font la paix, et Sigebert va se faire prendre par les Huns qu'il poursuivait. De retour dans ses états, il s'empare par 'surprise de la ville d'Arles, qui appartenait à Gontran. Celui-ci, par droit de représailles, prend Avignqjgqui faisait partie du royaume d'Austrasie, et va assiéger son frère dans Arles même. Contran et Sigebert se réconcilient, et marchent contre Chilpéric qui, pendant que ses deux frères guerroyaient, avait fait envahir par son fils Clovis la Touraine et le Poitou, provinces du royaume d'Austrasie. Clovis est chassé de Tours et de Poitiers par Mummol; mais bientôt son fils aîné, plus heureux, taille enpièces Gondebaut, général de l'armée de Sigebert. Ce prince , vaincu, appelle à son secours plusieurs peuples d'Allemagne, ses tributaires, et Contran, redoutant après la victoire la force d'un allié si puissant, se range du côté de Chilpéric. Les deux armées sont bientôt en présence; on n'ose s'attaquer, et les trois rois font de nouveau la paix. Les Allemands, frustrés du butin qu'ils se sont promis, se révoltent, et c'est avec peine que Sigebert parvient à les faire rentrer dans le devoir. Cependant Chilpéric, aidé du roi de Bourgogne, viole le traité, et son fils Théode-

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herl est défait et tué par deux généraux du roi d' Ausirasie. Gonlran, prince faible et versatile, abandonne Chilpéric malheureux, et embrasse le parti du vainqueur. Sigebert va ceindre le diadème de Neustrie, qui lui est offert par quelques seigneurs mécontens, et s'avance triomphant jusqu'à Yiiripour assiéger son frère et prendre possession de son royaume. C'est là que l'attend Frédégonde ; le poignard de deux assassins la délivre d'un ennemi si terrible et sauve la Neustrie. En même temps cette princesse a soin de faire arrêter Brunehaut qui ignore encore le meurtre de son époux; mais Gondebaut parvient à lui dérober le fils de sa victime et le fait proclamer à Metz roi d'Austrasie, sous le nom de Childebert II. Mérovée s'éprend des charmes de Brunehaut, prisonnière à Rouen, etYé\èqne Prétextât bénit leur union. Frédégonde profite de cette occasion pour perdre ce fils" de Chilpéric etd'Andouère, qui pouvait disputer le trône à ses enfans, le fait raser, enfermer dans un monastère, et bientôt massacrer après qu'il s'en est échappé. Clovis, son frère, éprouve le même sort, et Chilpéric lui-même; ayant découvert une intrigue de sa femme avec un seigneur de la cour, tombe sous les coups de cette princesse qui redoutait sa colère.

Childebert, sous prétexte de venger son oncle, se présente devant les murs de Paris; Gontran qui l'avait devancé , lui en refuse l'entrée et fait proclamer roi de Neustrie le fils de Chilpéric, Clotaire IL Alors le roi d'Austrasie, à la prière de Maurice, empereur d'Orient, dirige ses armes contre les Lombards, leur vend la paix une première fois, repasse de nouveau les Alpes, et rend son tributaire Auiharis, qui régnait à cette époque sur la Lombardie.

De retour dans les Gaules, il succède à Gontran qui l'avait déclaré son héritier, fait la guerre aux Neustriens, est vaincu par Frédégonde et meurt. Brunehaut gouverne ses états sous le nom de Théodebert , roi d'Austrasie, et de Thierry, roi de Bourgogne , qui a Garnier pour maire du Palais. La

328 7e siècle.

guerre se rallume entre les deux reines régentes ; Brunehaut est vaincue, Frédégonde s'empare de Paris et meurt. La veuve de Sigebert, poursuivie par la haine des grands d'Austrasie, est abandonnée de son fils , et obligée de se retirer à la cour de Bretagne ; mais elle n'en domine pas moins les conseils de Théodebert et le ligue avec son frère contre Clotaire qui est battu et forcé de leur céder une partie de ses états. Les Yascons ou Gascons qui ont descendu les Pyrénées sont aussi vaincus et reçoivent Genialis pour duc , de la main des rois francs. La guerre éclate entre Théodebert et Thierry à qui Brunehaut, dans son ressentiment, avait persuadé

3ue le roi d'Austrasie n'était ni son frère , ni le fils e Sigebert; la concorde se rétablit et est détruite bientôt après. Théodebert, défait à Tolbiac malgré le secours des Allemands, est enfermé dans un cloitre, et ses deux neveux sont massacrés. Thierry meurt à la suite d'une querelle avec sa mère , qui gouverne alors au nom de ses trois petits-fils les royaumes d'Austrasie, de Bourgogne et d'Orléans. Mais Clotaire, mettant à profit la haine des grands contre la reine et la trahison de Warnachaire , s'empare de tous les états de Thierry, met à mort deux de ses fils, et fait traîner Brunehaut elle-même à la queue d'un cheval, après l'avoir exposée aux insultes et à la risée de son camp. Telle fut la fin de cette guerre qui causa tant de maux aux Francs et coûta tant de sang à la famille de Clovis.

Au milieu de toutes ces guerres civiles et de ces dissensions intestines , la royauté perd de sa force et s'avilit ; les grands qui se sentaient nécessaires et faisaient pencher la balance du côté où ils se mettaient, accroissent en prétentions et en autorité, et les Maires du Palais acquièrent cette influence qui fait déjà pressentir leur élévation et la chute des princes qu'ils gouvernent. Ce fut surtout à l'époque de la minorité simultanée des trois rois de Neustrie, de Bourgogne et d'Austrasie, que grandit et se con-

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solida cette puissance excessive qui fit de simples ministres de vrais souverains, et qui, devenant héréditaire, les conduisit naturellement au trône occupé par des monarques avilis, incapables et fainéans.

Les vices de Dagobert, les impôts dont il accable le peuple, les victoires des Virides, malgré la protection que les Saxons accordent au roi franc qui leur a fait remise du tribut imposé par ses prédécesseurs , achèvent d'affaiblir et de discréditer la royauté. Ce prince, à son avènement, avait cédé une partie de l'Aquitaine et de la Gascogne à son frère Àribert ; à la mort de ce dernier, il donne à ses fils l'Aquitaine avec titre héréditaire à condition d'hommage et de tribut , et pose ainsi la première pierre de cet édifice féodal qui devait peser si long-temps sur la France. Il favorise aussi l'influence romaine ecclésiastique, se conduit d'après les avis de l'orfèvre saint Eloi et du référendaire saint Ouen , fonde des couvens , fait fabriquer des ornemens d'église et écrire pour la première fois les lois barbarespzv ses scribes. C'est, dit M. Michelet, le Salomon des Francs. Ses deux fils , Sigebert II et Clovis II , se partagent la Gaule en Nenstrie et en Auslrasie , ne s'occupent que de choses pieuses , fondent des monastères et laissent le gouvernement entre les mains des maires Ega et Pépin de Landen , qui tous deux en profitent pour préparer leur avenir.

Lecture. — Grégoire-de-Tours. Histoire de France , par madame Taslu; Histoire de l'Europe, par Lacépcde , 3e et 4e période ; les Reines de France de l'auteur ; la Géographie historique , par le même.

Querelles des NTeustriehii et des Avisira-

siems. — Déjà sous Dagobert qui voulait être seul roi des Francs, les Austrasiens avaient demandé un souverain particulier, et Dagobert avait été obligé de leur donner Sigebert IL Les deux royaumes lurent de nouveau réunis sous Clovis II, après le supplice de Grimoald qui avait dépouillé le fils de Sigebert pour placer le sien sur le trône. A la mort de Clovis ,

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la modération d'Erchinoald ou Archambault , qui exerçait les trois mairies, jointe à la douceur et à la sagesse de la reine-mère Bathilde , qui avait laissé le royaume indivis entre ses trois fils Glotaire III, Childéric II et Thierry III, maintient pendant quelque temps cette union. Mais l'ambitieux Ebroïn avant succédé à l'adroit Archambauld, Bathilde est obligée d'abandonner la conduite des affaires ; et les grands d'Austrasie, dont le nouveau maire veut réprimer les prétentions et abattre la puissance, se séparent de la ÎNeustrie et prennent pour roi Childéric II , qui se déclare pour les ennemis d'Ebroïn. Glotaire III étant venu à mourir , Ebroïn met à sa place Thierry IÎI sans même consulter les grands, et bientôt les intrigues de saint Léger, qu'il avait éloigné des affaires, le confinent dans un cloître avec sa créature. Childéric II, alors roi de toute la monarchie, est assassiné avec ses enfans. Thierry III remonte sur le trône, et Ebroïn , rétabli dans sa mairie , exerce de terribles représailles. Les leudes austrasiens rappellent d'Irlande le fils de Sigebert, que nous avons vu dépouillé par son maire Grimoald. Ge malheureux prince est aussitôt assassiné, et dès lors les Francs orientaux abolissent la royauté et se donnent pour ducs Martin et Pépin d'Hérisial, petit-fils de Saint-Arnulfe. Les nobles de Neuslrie mécontens se rangent du côté des nouveaux ducs qui prennent les armes pour soutenir l'aristocratie et sont battus par le maire de Thierry. Mais le vainqueur fut assassiné l'année suivante par un seigneur nommé Hermanfroy, qui lui fendit la tête d'un coup d'épée au moment où il se rendait à l'église. Ebroïn fut un homme cruel sans doute, mais remarquable par sa politique. Il prévoyait la puissance prochaine des Austrasiens, et voulait l'empêcher ou la retarder; pendant vingt ans il soutint la France neustrienne dont l'histoire finit avec lui. Il avait entrepris l'impossible ; c'était d'établir l'unité lorsque tout tendait à la dispersion, de fonder la royauté lorsque les grands se fortifiaient de toutes parts.

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Cependant les maires qui lui succédèrent restant fidèles à sa politique et s'attachant à abattre la puissance aristocratique, les leudes neustriens eurent toujours recours à Pépin qui s'était déclaré leur protecteur, et la guerre continua entre les deux états.

Haissill© tEe Testri. — Thierry III et son maire Bertaire ayant refusé de rétablir la noblesse mécontente dans ses anciens privilèges et l'Eglise dans ses biens immenses, le duc d'Austrasie remporte sur lui la victoire de Testri, le prend lui-même dans sa capitale, lui laisse le titre de roi , et se fait nommer maire de Neustrie et de Bourgogne.

Le parti populaire était vaincu par les grands, et la Gaule germanique l'emportait sur la Gaule romaine. Pépin, maître absolu des deux royaumes, dispose trois fois de la couronne en faveur de Glovis III, de Chiklebert III, de Dagobert III, et meurt en léguant sa puissance à son petit-fils Théodebald, sous la régence de sa veuve Plectrude. Charles, fils légitime de Pépin, parvient à s'échapper de la prison où on l'avait enfermé, se met à la tête des Austrasiens, bat les Frisons, défait les Neustriens qui avaient dépouillé le petit-fils de Pépin, pour donner la mairie à Bainfroy et se faire reconnaître maire de Neustrie par le roi Chilpéric IL

Ainsi finirent ces guerres entre les Francs orientaux et les Francs occidentaux. Quelques historiens de l'école moderne ont voulu y voir une deuxième invasion, mais ils n'étayent leur système que sur des probabilités ; il ne nous reste aucun monument qui confirme cette prétendue invasion, et tout au contraire nous prouve que ce ne fut qu'une rivalité entre un même peuple établi à la même époque dans une conquête faite en commun, rivalité qui prit naissance dans le partage du royaume entre les fils des rois, et ~u'alimentèrent l'ambition des grands et la résistance es rois et du peuple. ^

Lecture. — Histoire de France, parMichelet.

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