DROITS ET PRIVILÈGES DU SEIGNEUR
Les droits seigneuriaux sont de quatre sortes : militaires, fiscaux, honorifiques et judiciaires. Nous avons déjà vu ce qu'étaient les droits militaires. Les droits fiscaux étaient des impôts que les seigneurs pouvaient établir dans leurs domaines, les taxes qu'ils y prélevaient. Ainsi les biens d'un enfant naturel, serf, roturier ou main-mortable, qui mourait sans héritier, revenaient au seigneur. Le seigneur s'emparait des choses perdues , de la dépouille des naufragés, de la succession des étrangers ; c'était ce qu'on nommait les épaves elle droit d'aubaine, Les droits hono*
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rîfiques servaient de marques à une souveraineté locale. On peut ranger j)armi ces derniers ces sortes de divertisscmens rustiques qu'on peut regarder comme les abus de la force et les effets d'un bizarre caprice. Ainsi le serf ou le vassal apportait au seigneur une alouette traînée sur un char attelé de quatre bœufs, était obligé de contrefaire l'ivrogne ou de baiser la serrure et une foule d'autres usages aussi grossiers qu'absurdes. La justice seigneuriale était arbitraire , et le seigneur prononçait en souverain. L'appel aux justices royales était permis non de droit, mais de doléance, et à la porte de chaque chef-lieu des seicpieuries, dit M. de Chateaubriand, s'élevait un gibet composé de quatre piliers de pierres^ dû ou pendaient des squelettes cliquetans.
Quant aux privilèges, le gentilhomme ne payait pas la taxe personnelle, ne logeait point de gens de guerre, avait seul le droit de chasse et pouvait faire mourir un de ses serfs ou de ses vassaux, si ce malheureux avait tué un lièvre de ses garennes, un pigeon de son colombier, un chevreuil de ses forêts. Une foule d'autres. privilèges lui étaient encore accordés par les coutumes particulières.
Quatre causes soutenaient la féodalité :
i° L'asservissement dans lequel le despotisme des seigneurs tenait le peuple qui élait alors sans énergie ;
2° L'égalité des forces entre les principaux seigneurs, et entre ceux-ci et le roi ; ce qui les rendait tous également incapables de prendre l'ascendant les uns sur les autres ;
3° La souveraineté des justices des seigneurs qui régirent long-temps eux-mêmes leurs terres, sans qu'aucune puissance supérieure pût réviser leurs jugemens ; t .
4° Le droit de guerre que chaque seigneur possédait,