SITUATION GENERALE DE L ITALIE
D'un côté la lutte des villes lombardes contre les empereurs, c'est-à-dire delà démocratie contre le système féodal, la papauté se liguant avec les Guelfes contre les Gibelins dont elle redoute la puissance , Milan , les deux Frédéric, Innocent III , Grégoire IX, Alexandre III; d'un autre côté, les querelles des podestats, d'une foule de petits tyrans qui se disputent les provinces septentrionales de l'Italie et ravagent ses plus belles contrées ; la prospérité commerciale des républiques maritimes au milieu de leurs constantes rivalités et de leurs guerres sanglantes, Venise dominant Gènes , Gênes dominant Venise et ruinant Pise qui, si long-temps, lui disputa la mer, Florence sortant de son obscurité, tour à tour guelfe et gibeline, tel est le spectacle que nous offre l'Italie au treizième siècle. Au milieu de ce trouble et de cette espèce de chaos, de fréquens changemens s'opèrent dans les constitutions; partout la démocratie se restreint, et le gouvernement tombe entre les mains des nobles. La puissance papale, après avoir atteint avec Innocent III son apogée, semble
en décadence ; une réaction a lieu contre elle, et bientôt, si elle est encore influente, elle ne sera plus terrible. Boniface FUI va en être une preuve.
ÉGLISE
pontificat DE boniface vin. — Querelle avec Philippe-le-Bel. Institution du jubilé. — Bonitace monta sur le trône pontifical avec toutes les prétentions de Grégoire VII et d'Innocent III. Il soutenait que la puissance séculière n'était qu'une émanation du pouvoir ecclésiastique. Il chercha à affermir sa puissance par des moyens violens, ne comprenant pas les progrès que les lumières, l'opinion des peuples et l'autorité des rois avaient faits depuis le commencement du treizième siècle. Il voulut établir un évéché à Pamicrs sans l'autorisation de Philippe-le Bel, et défendit à celui-ci de lever des taxes sur le clergé, en lui déclarant que le roi de France était soumis au pape tant au temporel qu'au spirituel. Sa déclaration lui valut une lettre commençant ainsi : « Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Fran- « çais, à Boniface prétendu pape , peu ou point de salut. Quî « votre très grande fatuité sache que nous ne sommes soumis à « personne pour le temporel, etc. » Le prestige était évanoui, le mépris commençait ; on n'était pas loin de la raillerie ou de l'indifférence. La bulle d'excommunication qui survint, ausculta filî, fut brûlée publiquement, et les Etats assemblés par Philippe, se déclarèrent contre les prétentions de la papauté. Philippe, en ayant appelé de la bulle au futur concile et aux papes futurs , fait faire son procès au pape. Boniface tombe entre les mains d'un Colonne, son ennemi , qui le souffleté, est livré aux Français, et, prisonnier, va mourir à Rome d'une fièvre frénétique. L'exemple du roi de France ne manqua pas d'imitateurs parmi les princes séculiers ; presque tous proclamèrent leur indépendance à l'égard du pouvoir spirituel.
C'est à Boniface VIII qu'on doit l'institution du jubilé, publié en 1500, avec indulgence plénière pour tous ceux qui viendraient à Rome visiter la basilique de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Une foule immense accourut alors de tous les pays de la chrétienté dans la capitale du monde chrétien, et y apporta son argent. Ce jubilé, qui, selon la bulle de Boniface, In cœnâ Domini, ne devait se célébrer que tous les cent ans, fut réduit à cinquante par Clément VI , à trente par Urbain VI , et à vingt-cinq par Paul II et Sixte IV,
ASIE
GENGis-KHAN.— Au nord de la Chine habitaient des peuples pasteurs qu'on appelait Mongols ou Mogols , et que l'on confond presque toujours avec les Tartares. Us étaient sous la pro-
454 13e SIÈCLE.
tection des Kitans ou Kins , empereurs de la Chine appelés alors Katay.
Dans le 13e siècle , ces Mongols se révoltèrent et trouvèrent en Gengis-Khan le défenseur le plus intrépide de leur liberté. Ce prince portait auparavant le nom de Témugin , qu'il avait pris d'un roi qu'il avait vaincu ; celui de Gengis-Khan lui fut donné par ses peuples, à cause de sa puissance et des conquêtes qu'il avait faites : il signifie roi des rois.
Gengis-Khan s'empara de la partie septentrionale de la Chine, et donna à ses sujets un code civil et militaire ; il tourna ses armes vers l'Occident et marcha contre son plus grand ennemi : c était Mahommed , Tartare indépendant, au midi du lac Aral, alors maître de la Syrie, de la Perse et de l'Arménie.
Gengis-Khan marchait à la tête de sept cent mille hommes ; l'armée de son rival n'en comptait que quatre cent mille : une bataille sanglante se livra dans les plaines qui avoisinent le jaxarte (Tarlarie indépendante). Gengis-Khan fut vainqueur ; cette victoire le rendit maître des pays situas entre la Syrie, à l'ouest, et la mer de la Chine. C'est à Tonka (Tartarie indépendante) qu'on vint rendre hommage à ce roi des rois ; plus de cinq cents ambassadeurs représentaient les peuples vaincus; et c'est là qu'un de ses fils lui fit présent de cent mille chevaux.
Gengis-Khan mourut en 1228: ses états furent partagés entre ses quatre fils. Les Mongols de la Crimée, soumis par Catherine H, impératrice de Russie, descendaient des sujets de Gengis- Khan.
Lecture. — L 'Orphelin de la Chine, tragédie par Foliaire.
ï,ES mamsloïïcks en Egypte. — Mameloaclc signifie esclave guerrier, nom donné à une milice qui se rendit très puissante en Egypte et finit par y usurper l'autorité souveraine qu'elle conserva long-temps.
Il y a eu deux dynasties de Mameloucks en Egypte. Les premiers étaient deshabitansde Kaptchak, qui, faits esclaves par les Mongols, furent vendus à des marchands de Syrie et menés en Egypte. Nodjcmeddin, sultan Ayoubite, les acheta, fit éiever les en fans avec beaucoup de soin dans la ville deRaoudah, située au bord de la mer, ce qui leur valut le nom de Baharltes ou marins, et ensuite il en composa sa garde. Quelques uns d'entre eux parvinrent aux premières charges de l'empire, renversèrent du trône le sultan Almodan, dernier Ayoubite, et sur le refus de Louis IX alors captif, et qu ils voulaient mettre à sa place, élurent Ibegh , un des leurs, qui rendit la liberté au roi de France. Les Mameloucks Baharites possédèrent l'Egypte durant 128 ans, jusqu'en 1382 qu'ils furent chassés par les Mameloucks Circassiens ou Borgites. Ceux-ci restèrent maîtres du royaume jusqu'à Sélim I*x, qui fit pendre leur sultan Touman Bais, et réduisit l'Egypte en province de l'empire turc en 1517.
14e SIÈCLE. 455
LES MONGOLS A LA CHENE. — 1280. LCS Mongols, Conduits
par Octal, s'emparèrent de toute la Chine. Ce prince avait été ministre des finances sous Gengis-Khan , et onze mois après sa mort il s'était fait proclamer grand-khan. Il commença la vingtième dynastie des empereurs chinois qui se maintint jusqu'au 14e siècle.
LES OTTOMANS BANS L'ANATOLÏE. — Les SeldjOUCîdeS
avaient pris à leur solde des peuples du Turkestan dont une milice particulière s'était établie au nord de l'Asie-Mineure., et avait pour capitale Brusa ou Prusa.
A l'approche de Gengis-Khan, ils s'étaient dispersés; un de leurs émirs ou chefs descendit dans l'Asie-Mineure, et fonda un Etat qui existe encore, et qui renferme une par tiède l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique.
C'est d'Osman ou d'Othman que descendent les Turcs d'aujourd'hui. Son fils Orkan agrandit ses Etals et conquit même une partie de la Thrace. Amurat Ier fit d'Andrinople le siège de son empire , et créa les janissaires , qui étaient les meilleures troupes de la Turquie, et que Mahamoud II a détruits.
14e SIECLE.
caractère. — Perfectionnement de la nationalité. — Importance que commence à prendre le peuple dans les affaires; esprit d'émancipation et de liberté manifesté par des révoltes ou des associations. — Continuation de la décadence de la papauté.
EVENEMENS
France. — 1302. Première convocation des états-généraux. — 1507. Abolition des Templiers. — 1528. Prétentions d'Edouard sur la France. — Philippe de Valois. — 1550. Jean II. — 1336. Bataille de Poitiers. — 1565. Seconde maison de Bourgogne. — 1557. Etats Généraux. —1558. La Jacquerie. — 1564. Charles V le Sage.— 1566. Les grandes Compagnies.
Angleterre. — 1307. Règnes d'Edouard II et d'Edouard III. —1599. Avènement de la rose Rouge ou des Lancastres, sous Henri IV.
456 14e siècle.
Allemagne. — 1256. La bulle d'Or sous l'empereur Charles IV.
Espagne. — 1350. Pierre-le-Cruel , roi de Castille. — 1347. Picrre-le-Cruel , roi d'Aragon.
Pologne. — 1386; Les Jagellons en Pologne ; établissement du christianisme.
italïe. — 1312. Règne de Jeanne Ire. — 1347. Rienzi, tribun de Rome.
Portugal. — 1279-1325. Communes.— 1357. Pierre-Ie-Justicier. — Inès de Castro. — 1383. Maison d'Avis, sous Jean IL
suisse. — 1308. Confé.lération helvétique.
Ecosse. — 1370. Les Stuarts sur le trône d'Ecosse. — 1395. Edouard Baiîlot et David Bruce.
états su nord. — 1397. Union de Calmar; Marguerite de Valdémar.
asie.— 1310. Les chevaliers de Saint- Jean à Rhodes. — 1536. Tamerlan. — 1560. Etablissement des Turcs en Europe.
église. — 1312. Pontificat de Clément VI. — 1578. Grand schisme d'Occident.
découvertes. — 1506. Découverte de la boussole. — Papier de linge. — 1521. Usage de la poudre à tirer. — 1550. Notes de musique. —1558. Armes à feu. — 1546. Canons. — 1560. Art de tirer les métaux. — 1560. Eau-de-vie. — 1560. Épingles.— 1570. La Bastille. — 1572. Usage des bombes.— 4580. Cartes à jouer.