‹ Nouveaux élémens d'histoire générale, rédigés sur un plan méthodique et entièrement neufChapitre 219 sur 277 · DÉCOUVERTES GÉOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTES GÉOGRAPHIQUES

Christophe colomb. — Avant le milieu du 15e siècle, les Européens ne naviguaient que dans la mer Méditerranée et la Baltique. L'Océan oriental ne leur était connu que de nom ; ils longeaient seulement les côtes de l'Atlantique, et la boussole n'avait pas encore augmenté les lumières ; le cap Horn était la limite des connaissances. L'infant dom Henri de Portugal le doubla et Ut connaître les îles de Madère, celles du cap Vert , de la côte de Guinée. Les richesses qui naissent de ce progrès animent les Portugais , ils longent lAfrique depuis Gibraltar jusqu'au Zaïre ; encouragés par des succès si rapides, ils veulent s'ouvrir un passage dans V Océan indien. Barthélémy Diaz parvient jusqu'au cap qui ferme l'Afrique, et, ne pouvant pas le doubler, il lui donne le nom de cap des Tourmentes ; mais le roi Emmanuel, concevant dès lors l'espoir d'ouvrir par là la route de l'Inde , le nomme cap de Bonne-Espérance ; pendant ce temps, les Espagnols faisaient des préparatifs pour faire des découvertes par l'Orient.

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Le Génois Colomb, par cette justesse d'esprit et de raisonnement que donnent les connaissance mathématiques, calcula très bien que, si notre terre était un globe, comme cela lui demeurait prouvé, nous n'en connaissions encore qu'une partie, et qu'en partant de notre Europe, et se dirigeant toujours vers l'Occident, il devait, ou rencontrer de nouvelles terres, ou arriver aux côtes occidentales de la Chine, nommée alors Kathay. Frappé d'une idée aussi heureuse et aussi simple, il s'adressa successivement à Gênes, sa patrie, sous Ferdinand et Isabelle; à la France, à l'Angleterre et au Portugal , demandant partout qu'on lui donnât les moyens d'exécuter ce qu'il avait conçu ; mais partout il fut repoussé comme un insensé.

Enfin l'opiniâtre Colomb, après huit ans de sollicitations, obtint le consentement et les secours de la reine Isabelle de Castille: il partit du cap Palos, le 5 août 1492, avec quelques petits vaisseaux abandonnés à ses importunités plutôt que confiés à sa sagesse : il toucha à Goméra, l'une des Canaries, en repartit le 6 septembre, en tirant vers l'ouest. Après une navigation de trentetrois jours, pendant lesquels les mutineries continuelles de son équipage, qui le regardait comme un fou, l'avaient exposé à un danger journalier, il aborda, le 12 octobre, à l'une des Lucayes, que sa position lui fit appeler San-Salvador ; car il allait infailliblement périr de la main de ses gens, s'il n'eût enfin rencontré la terre. De cette petite île insignifiante, Colomb aborde dans une autre, grande et peuplée, abondante en or et en productions de toute espèce : elle s'appelait Haïti; il lui donne le nom d'Hispaniola. C'est celle qui , après avoir été appelée pendant plusieurs siècles Saint-Domingue, a repris depuis quelques années son ancien nom d'Haïti.

L'heureux amiral retournp alors en Europe ; qu'on juge, si l'on peut , de sa joie, de son bonheur, de sa gloire, lorsque ses premières paroles proclamèrent à l' Ancien-Monde une nouvelle route pour se rendre à l'Orient de l'Asie. On raconte que son débarquement fut un vrai délire, et sa route à travers l'Espagne un triomphe.

Voilà l'histoire de la découverte de l'Amérique , ainsi nommée d'un Florentin appelé Améric-Vespuce. Ce navigateur ayant parcouru les côtes du Nouveau-Monde, quelques années après, et en ayant publié les premières cartes, enleva à Colomb l'honneur mérité de lui donner son nom. « Ainsi , comme le dit un historien , le premier instant où l'Amérique fut connue du reste de la terre fut marqué par une injustice, présage fatal de toutes celles dont ce malheureux pays devait être le théâtre ! » Le bon, l'honnête, le digne Colomb, après trois voyages consécutifs, termina à Valladolid, le 8 mai 1">08, une carrière plus brillante qu'heureuse, sans avoir le moindre soupçon qu'il avait découvert un nouveau monde ; il croyait seulement ayoir trouvé une route

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plus courte, et surtout bien plus facile à parcourir, pour se rendre dans le royaume de Kathay.

Lecture. — Biographie de Christophe Colomb ; Voyages d'Améric-Vespuce, dans les Etudes géographiques.

vasco de gama, 1498. — Les Portugais poursuivaient leurs conquêtes géographiques. Sous le règne d'Emmanuel-le- Fortuné (nommé ainsi à cause des nouvelles découvertes qui enrichirent son royaume), Vasco de Gama, nommé au commandement d'une flotte, part de Lisbonne avec trois bâtimens, dirige sa route vers le sud et double le cap des Tempêtes, qu'on nomma cap de Bonne-Espérance ; il parvint au cap des Corientes ou des Courans. et ensuite à Guélimané, et il élève une colonne à Mozambique. Il passe près de Quiloa, sans pouvoir apercevoir Madagascar (qui fut découvert, en 1506, par Alméida), touche à Monbaza, port vers l'est, et relâche à Calicut. La perfidie du Zamorin ou prince de cette ville le force à remettre à la voile pour l'Afrique ; il aborde à Magadoxo et se rend à Mélinde. Il y reçoit à son bord un ambassadeur que le roi de ce pays députe à Emmanuel-le-Grand , roi de Portugal ; il double le cap de Bunne- Espérance, et revient dans sa patrie avec l'espoir d'un commerce des plus lucratifs. Le commerce des Indes, dont les Portugais se rendirent maîtres, leur procura en effet d'immenses richesses; et ce nouveau canal, par où passaient les marchandises des Indes, porta un dommage irréparable au commerce des villes anséatiques et à celui de Venise, répandu auparavant dans toute l'Europe. Emmanuel conquit aussi le Brésil ; son règne fut appelé l'âge d'or des Portugais. Les Européens sont devenus sans doute, par les découvertes du Nouveau-Monde et du cap de Bonne-Espérance plus riches, plus éclairés ; mais on ne peut pas dire qu'elles les aient rendus plus heureux, encore moins qu'elles aient fait le bonheur des Américains et des Indiens.

alvarès cabras. , amiral portugais, après avoir passé les îles du Cap-Vert , se dirigea vers l'Occident et découvrit le Brésil. C'est la contrée la plus proche de l'Afrique : il y règne un printemps éternel.

Lecture. — Mes Etudes géographiques ; pour les découvertes et les voyages.

Tableau a faire. — Souverains de l'Europe à la fin du 15e siècle.

bulle D'Alexandre vi. — Les Espagnols et les Portugais ne s'accordant pas sur les limites dans leurs possessions des Indes Occidentales, le pape Alexandre VI s'établit juge entre eux, et traça sur le globe une ligne de démarcation vers les îles Açores. Les pays à l'est de cette ligne devaient appartenir aux Portugais, et ceux qui étaient à l'ouest être soumis aux Espagnols. Cette seule circonstance nous a fait mentionner Alexandre VI , élu en 1492, et mort en 1503. Déjà en 1481 une bulle du pape Sixte IV

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avait concédé à la couronne de Portugal toutes les découvertes faites par les Portugais au-delà du cap Bajador.

Lecture. — Bulle d' Alexandre VI.

CONSEQUENCE DE LA DECOUVERTE DU NOUVEAU- MONDE. — Outre l'influence que la découverte du Nouveau- Monde exerça sur les lumières et la politique, ses conséquences commerciales se font encore remarquer. Le commerce changea alors entièrement de marche et de forme ; au commerce de terre fut substitué le commerce maritime ; de sorte que l'importance commerciale attribuée aux différens pays en raison de leur situation géographique, se trouva répartie d'une tout autre manière ; la Méditerranée dut le céder à l'Océan, et le commerce tomba entre les mains des Espagnols et des Portugais qui jusqu'alors y avaient pris peu de part. L'introduction de l'or du Mexique et du Pérou baissa le prix des métaux, fit passer dans d'autres mains la propriété foncière, en créa une nouvelle, celle du crédit , qui produisit 1'indusirie et opéra dans le monde des finances une étonnante révolution.

Lecture. — Histoire de la géographie , dans les Études géographiques de M. Lévi; Maltebrun ; Laharpe.

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SIÈCLE LITTERAIRE

caractère du XVIe siècle.— Époque de régénération. — Développement de l'esprit humain. — Guerres religieuses. — Monarchies absolues. — Système colonial.

ÉVENEMENS.

ITALIE. •— 1508. Ligue de Cambrai contre Venise. — 1511. Sainte ligue contre Louis XII.— 1547. Pierre-Louis Farnèse, duc de Parme. — Conjuration de Fiesque à Gênes. — Etat de la Savoie. — de Venise. — 1551. Alexandre de Médicis, premier duc de Florence.

Allemagne. — 1519. Mort de Maximilien. — Rivalité de François Ier et de Charles-Quint. — Première guerre : 1525. Bataille de Pavie. — Deuxième guerre ; 152? Sac de home. —

Troisième guerre : 1555. Conquête de la Savoie. — Quatrième guerre : 1545. Victoire de Cérisoles. — 1556. Abdication de Charles-Quint.

francs. — 1557. Bataille de Saint-Quentin. — 1572. Massacre de la Saint-Barthélémy. — 1589. Avènement des Bourbons au trône. — 1598. Ëdit de Nantes.

Angleterre. — 1509. Règne de Henri VIII. — 1555. Marie.

— 1558. Elisabeth. — 1587. Mort de Marie Stuart , reine d'Ecosse.

Espagne. — 1588. Destruction de la flotte espagnole. — 1580. Réunion du Portugal,

suède. — 1525. Gustave Wasa délivre la Suède. — Christiernll.

suisse. — 1513. Confédération des treize cantons suisses.

Pays-Bas. — 1568. Mort des comtes d'Egmond et de Horn. — 1579. Guillaume de Nassau nommé stathouder.

empire d'orient. — 1522. Prise de Rhodes, par Soliman H. 1527. Invasion de Soliman II en Hongrie. — 1571. Bataille de Lépante.

asie. — 1501. Dynastie des Sofîs en Perse. — 1515. Empire des Mongols dans les Indes. — 1589. Schah-Abbas en Perse.

Afrique. — 1517. Conquête de l'Egypte, par Sélim Ier. —1518. Le corsaire Barberousse à Alger. — 1541. Expédition de Charles-Quint en Afrique.

église. —1515. Pontificat de Léon X. —1517. Réforme de Luther et de Zwingle. — 1529. Diète de Spire. — 1531. Confédération de Smalkade. — 1534. Ignace de Loyola fonde la Compagnie de Jésus. — 1547. Transaction de Passaw. — 1568. Publication de la bulle In cœnâ Domini.

découvertes. — 1502. Découverte de l'île Sainte-Hélène. — 1519. Premier voyage autour du monde, par Magellan — 1519. Fernand Cortès au Mexique. — 1551. Pizarre au Pérou.— Système colonial en Europe. — 1517. Batterie de fusil.

— 1530. Collège royal. — 1550. Imprimerie royale. — 1555. Hôtel-de-Ville à Paris. — 1558. Loterie. — 1548. Balancier. — 1550. Fontaine des Innocens. — 1564. Château des Tuileries.— 1564. Commencement de l'année fixé au 1er janvier. — 1578. Pont-Neuf. — 1582. Ré formation du calendrier. — 1592. Bastions. — 1593. Lunettes d'approche. — 1593. Thermomètre. — 1593. Pistolet.

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ITALIE

ÏLigïjiie «le Cambrai contre Venise^ 1508. (voir au 5e siècle). — L'Italie montre danslecours de cette division des changemens mémorables; une nouvelle souveraineté s'élève sous Paul HT. Les duchés de Parme et de Plaisance annexés long-temps au duché de Milan, revenus ensuite au siège de Rome, en furent séparés par les intrigues du pontife en faveur de son petit-fils Octave. En vain les nouveaux sujets de ce prince veulent-ils secouer un joug devenu insupportable, en vain ont-ils vengé l'honneur de leurs familles outragées dans le sang de Louis Farnèsc (1547); l'empereur conseillé par Paul III prend possession de Plaisance, et donne Parme à Octave qui demande des secours à la France et se trouve enfin investi des duchés par Charles-Quint (1556-1586). Alexandre Farnèse, fils d'Octave, fut un des plus grands capitaines du 16 siècle; il fut nommé gouverneur-général des Pays-Bas par Philippe IL

La Savoie cherche à rester neutre dans la guerre entre la France et l'Espagne, mais elle se trouve occupée parles puissances belligérantes , j usqu'à la mort de Charles 10 (1553). Ce prince vivement persécuté par les Français, faiblement secouru par les Impériaux, fut le perpétuel jouet du sort. Enrichi de l'acquisition du Montferrat, mais dépouillé de la Savoie et du Piémont, chassé même de sa capitale, il a transmis à peine quelques faibles débris d'un si bel héritage à Emmanuel Philibert, l'un des plus illustres capitaines du 16e siècle (1553-1580). Charles Emmanuel conquiert Saluées, et Henri IV occupe en 1600 presque toute la Savoie.

Gênes ayant recouvré sa liberté par les bienfaits de l'illustre André Doria qui, en qualité à' amiral, avait passé du service des Français à celui de l'empereur, éta^

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blit une constitution aristocratique sur les doges avec une ancienne et une nouvelle noblesse. Cette république s'est vue près de perdre sa liberté par la conjura ration de Louis Fiesqae (1547). Un sang* illustre, de grandes richesses et l'appui de la France, inspirent à ce jeune homme ambitieux une fierté qui lui a fait dédaigner d'avoir ses concitoyens pour égaux; il voulait régner sur sa patrie à la faveur d'une conjuration tramée avec la plus étonnante habileté. Un accident fit noyer le factieux au moment où ses partisans, se déployant à propos , lui allaient livrer la ville ; les Doria furent sauvés, et la liberté fut raffermie. Cependant, dans cette conjuration, Gênes perd toute sa considération au dehors, et, dépouillée de ses autres colonies, elle lutte avec peine contre la Corse qui lui reste encore, mais qui lui refuse le pouvoir.

GÉNÉALOGIE DES MÉDIGIS.

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