ÉPOQUES DE SÉSOSTRIS ET DE MOÏSE
E VENERIENS.
égïpie — 1663. Aménophis. — 1645. Conquêtes de Sésostris. judée. — 1646. Loi donnée sur le mont Sinaï (1491, U).~
1645. Sortie d'Egypte. — 1005. Entrée dans la terre promise.
— Josué.
fhénxcie. — 1640. Observation sur la Thessalie. — Agénor. découvertes. — 1640. Le verre, par les Jyriens.
EGYPTE
Depuis Mœris, de la dix-huitième dynastie thébaine, plusieurs rois régnèrent en Egypte; le dix-septième et le dernier de cette race fut Aménophis Remises. Mal conseillé par un prêtre nommé comme lui Aménophis, il relégua dans les carrières de la rive orientale du Nil tous les lépreux et tous les hommes souillés de l'Egypte, c'est-à-dire ceux probablement qui ne voulaient pas se soumettre au joug de la police sacerdotale. Avaris fut assignée pour retraite aux bannis,
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qui ne tardèrent pas à s'y établir sous le commandement d'un prêtre d'flctiopolis, nommé Osarsiplie.
Le fils des pasteurs ou Hycsos y vinrent encore au nombre de deux cent mille. Leur cause était commune; ils époiiyantèrent tellement Àménophis , que ce roi abandonna à ses ^ennemis une partie de son empire, et se retira en Ethiopie- avec son fils Sésostris, âgé de cinq ans, son armée et la multitude des Égyptiens. Pendant son exil, le pays lut en proie aux plus affreux ravages; mais, après treize ans d'absence, il revient dans ses états avec des forces considérables, défait les ennemis, en fait un carnage horrible et les repousse dans les déserts de l'isthme de Suez, par où ils étaient venus ; exerce de violentes persécutions contre les Hébreux, qui furent condamnés aux travaux les plus rudes.
§ég®@feig, appelé aussi Sethos et Rhamsès-le- Grand, ouvre la dix-neuvième dynastie. Ce prince fut non seulement un puissant roi d'Egypte, mais aussi un des plus grands conquérans de l'antiquité. Après avoir divisé son royaume en irenie-six nomes ou provinces, dont il laissa l'administration à autant de ministres intègres, il leva une grande armée et marcha à la conquête du monde. Ses succès par terre et par mer furent immenses; il subjugua l'Ethiopie, l' Asie-Mineure, la Scythie, la Thrace. Il expulsa des marais du Delta les derniers débris des étrangers qui s'y étaient fixés. Mais ce qui fait sa plus grande gloire, c'est que l'Egypte, sous son règne, fut riche et heureuse.'Il fit construire de beaux monumeus et des ouvrages utiles, tels que de nombreux canaux depuis M emphis jusqu'à la mer, lesquels, dérivés du ISil, répandaient la fertilité dans toute la contrée; une muraille depuis Pelusc jusqu'à Héliopoiîs, sur la pente orientale de la terre cultivée et du désert, dans une longueur de 750 grands ou de 1,500 petits stades, c'est-à-dire de 28 lieues environ; deux obélisques d'une pierre fort dure, qui furent érigés à Ihèbes en L'honneur (hi dieu A m mon, et sur lesquels H fit gra-
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ver la grandeur de ses forces militaires, la somme des tributs""" qui lui étaient payés et le nombre des nations qu'il avait vaincues. Il se montra bienfaisant, sage et juste. Etant devenu aveugle, il se donna la mort, après cinquante-neuf ans de règne.
Le successeur de Sésostris fut Phéron (pour Pharaon, titre de dignité) selon Hérodote, et plusieurs générations après Prolhée, vers 1280.
Phéron est plus connu sous le nom de Rampsès ou Remphis selon Diodore.
Rhampsinit, Chéops et Chephrem qui élevèrent des pyramides, Mvcerinus, Asychis ou Boçcoris appartiennent aux 19 , 20, 21, 22, 23 et 24e dynasties placées dans l'ordre suivant :
19e — Thébaine.
20e— Thébaine.
21e— Tanite, 22e— Bubastite.
23e— Tanite.
24e— Saïte.
La 25e dynastie éthiopienne présente de nombreuses lacunes ; on ne peut citer que les noms de l'aveugle Ànysis; d'un roi éthiopien, Sabacon, et de Sethos, prêtre de Yulcain que nous ne verrons que dans le 8e siècle.
JBBÉE.
sortie D'sisifPTi!. — Moïse ayant quitté le palais du roi , épousa une des lilles de Jclhro le Madianite, et passa quarante années dans le désert, à garder les troupeaux de son beau-père. Là, il médite le projet sublime cl hardi de délivrer ses frères de l'esclavage. Dieu lui apparut sur le mont Horeb, et lui ordonna d'aller trouver le Pharaon, afin qu'il laissât sortir son peuple de l'Egypte. Moïse obéit , se mit en marche avec sa femme et ses deux fils, et se présenta au Pharaon, qui refusa de donner là liberté aux Hébreux, jusqu'à ce que dix plaies affreuses eussent frappé son royaume. A la dixième, il consentit enfin à la sortie des Israélites , dont le départ eut lieu le 15 du mois de Nisan (vers le premier avril) : ils sortirent de lia messes qui était dans
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la terre de Gessen , donnée autrefois à Jaeob, au nombre de 600,000. Ce fut la première des quarante-deux demeures ou stations que le peuple de Dieu lit pendant les quarante années qu'il demeura dans le désert, avant son entrée dans la terre promise. Moïse prit avec lui les ossemens de Joseph. On marchait en ordre de bataille : dans les campemens, chaque tribu avait sa place séparée.
Moïse n'avait pas voulu prendre le chemin le plus court pour gagner la terre de Chanaan, parce qu'il aurait fallu passer par le pays des Philistins, qui se seraient peut-être opposés à sa marche. 11 se dirigea le long de la mer Rouge, vers l'Arabie ; après avoir fait plusieurs circuits pour tromper les Égyptiens , dont il craignait la poursuite, il vint camper entre les montagnes et la mer Rouge, devant Pi-lfahiroth, forteresse égyptienne, aujourd'hui Hadjcralte. Ce fut là qu'il fut atteint par le roi d'Egypte, qui, furieux du départ des Hébreux, s'était mis à leur poursuite avec ses troupes La situation des Israélites était affreuse ; ils se plaignaient amèrement : N'y avait-il pas, disaient-ils à Moïse, assez de sépulcres en Egypte? Mais Moïse les rassure, il espère en Dieu; ils traversent à pieds secs la mer Rouge où les Egyptiens qui veulent les poursuivre sont engloutis, près de Clisma. L'armée de Pharaon était composée de 200,000 hommes de pied, 50,000 chevaux ; 600 chariots de guerre. C'est alors que Moïse improvisa un chant religieux d'actions de grâces qui fut répété en chœur par tout le peuple. iMarie, ?œur de Moïse, prit un tambour; toutes les femmes marchèrent après elle, chantant à haute voix : Gloire au Seigneur qui a précipité dans la mer le cheval et le cavalier.
Les Hébreux se remirent en marche; après trois jours , ils s'a rrêtèrent à Marah, lieu qui tire son nom des eaux amères, quih y trouvèrent et que Moïse adoucit, en y jetant un morceau de bois ; puis, sous les soixante-douze palmiers d'Elim, et au bord des douze fontaines ; six semaines après leur départ d'Egypte, ils arrivèrent dans le désert de Sin (8e station). Ils trouvèrent le matin , après la rosée, une substance douce et gommeuse, dont la terre était couverte; ils l'appelèrent manne, mot qui tire son nom de la surprise des Israélites en la voyant (A/cm-/*ou,qu'est-ee '!). Le peuple entier s'en nourrit. Les Hébreux, cependant, murmurent de n'avoir ni pain ni viande ; c'est au lieu qui est entre Alassah ou la Tentation , cl le mont Horeb , que les derniers rangs de leur armée furent attaqués et maltraités par les Amaléciles, qui faisaient pat lie des rduméens ; Moïse, alors, mil. Josué à la tête des Israélites, et obtint par les prières une pleine ! victoire sur les habitans de Iiaphidim et sur ses Amaléciles. Il y érigea un autel auquel il donna le nom de (lo Nissi) le Seigneur est ma gloire. Trois mois après leur sortie d'Egvpte, les Hébreux arrivèrent dans la vallée du Mont Sinaï (12e station). C'est alors que Moïse monta sur la montagne et s'entretint avec
Dieu durant quarante jours , sans boire ni manger Le
Seigneur fil entendre sa voix au imlieu Ju tonnerre et des
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éclairs, et publia les dix commandemens de sa loi. Moïse étant demeuré sur le mont Sinaï, Dieu lui donna plusieurs lois qui devaient être observées par les enfans d'Israël, et qui étaient sur deux tables de pierres écrites du doigt de Dieu; loi divine, admirable, vaste système d'institutions, qui comprenait depuis les hautes combinaisons de l'ordre social jusqu'aux moindres détails de la vie domestique.
Lecture.— La Bible.— Atlas de l'auteur. — Esquisses littéraires. — La Littérature des Hébreux.
Après avoir passé une année entière dans le désert de Sinaï, les Israélites se remettent en chemin, précédés durant le jour d'une nuée qui les défend de l'ardeur du soleil, et éclairés d'une colonne de feu pendant la nuit. Us campent dans un lieu appelé depuis les sépulcres de concupiscence (13e station), afin qu'on y enterre ceux qui avaient été frappes de mort pour avoir murmuré contre Dieu. De là ils montent à Hazerot (14e station), et vont à Jîethma et à Cad es -Bar né, dans !e désert de Pharan, qui terminait la Palestine au midi ; c'est de ce lieu que partirent les douze espions, tirés des douze tribus, pour aller à la découverte de la terre promise. Quarante jours après, ils firent leur rapport auprès de Cadès, et rapportèrent des fruits d'une beauté surprenante, sous lesquels pliaient leurs épaules et qu'annonçaient un sol d'une fertilité surnaturelle.
Mais les récits des émissaires sur les populations belliqueuses qui couvraient la terre de Chanann inspireront le décourage ment et le désespoir; on demande l'Egypte etl'esclavage, on menace Moïse, Josué et Caleb eux-mêmes; Dieu punit de mort les dix autres envoyés, et condamne à mourir dans le désert, maigré les prières du législateur, tous ceux qui, au sortir de l'Egypte, avaient plus de vingt ans; les murmures recommencent, et Coré, Dathan et Abiron , qui avaient soulevé les esprits contre Moïse et Aaron, sont engloutis vivans au sein de la terre, qui s'entr'ouvre sous leurs pieds. La dignité sacerdotale est confirmée à Aaron par un miracle.
Au sortir de Rcthma Pharan, le peuple erra dans le désert , en punition de sa révolte ; il fit 18 stations ; à la 33e , il alla à Cadès, dans le désert de Sin. Le peuple manquant d'eau en cet endroit , il s'éleva une sédition contre Moïse et Aaron. Moïse frappa deux fois le rocher, et il en sortit une grande abondance d'eau ; mais sa défiance envers Dieu lui attira l'exclusion de la I terre promise.
De là ils allèrent à la montagne de Hor (3ie station), au des- | sus de la plaine de Moséra , où Aaron mourut Agé de 123 ans, I En quittant le désert des Monts Abarim (14e station), vis-à-vis i de Nebo , près du torrent d'Arnon , le peuple d'Israël alla à I Mathana, ensuite à Nahaniel, puis à Bamoth, et de là jusqu'au i pied de la montagne de Phasga. Ce fut vers ce lieu qu'il vain- ; quit Séhon, roi des Amorrhéms, et qu'il se rendit maître de tout
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son royaume. Il remporta aussi une grande victoire sur Og,xo\ de Bazan , et s'empara de son pays. Balac, roi des Moabites, envoya vainement chercher à Phatora Baiaam; ce prophète, dont l'ânesse est célèbre , bénit les Iraélites au lieu de les maudire. Après ces conquêtes , il vint dans les plaines de Moab, près du Jourdain, vis- à-vis de Jéricho, et c<*!irpa à Sétim, entre Bethsimoth et Abel Satim (42e et dernière station).
Il est assez curieux d'évaluer la longueur de la marche des Israélites depuis la sortie d'Egypte.
1° — De Ramassés au mont Sinaï (12e station) 90 1.
2° — De Sinaï à Rammon-Pharès (16e station) 00 I.
3° — DeRammon, avec les détours, jusqu'à Asionga-
ber (52e station) 100 1.
4° — Du dernier lieu à Gadès, dans le désert de Sim
(53e station) 70 I .
50 — pe, Cadès aux plaines de Moab à Séthim (42e
station) .... 50 1.
Le tout faisant une marche d'environ 400 I.
de 25 au degré.
Moïse fait alors le dénombrement du peuple. Il se trouva dans le camp d'Israël 601,750 mâles, sans compter 23,000 lévites; Josué etCalcb restaient seuls des générations destinées au tombeau des déserts. Moïse touchait au terme de sa mission ; déjà Dieu lui avait désigné Josué pour successeur; il rassembla le peuple, remit aux piètres le livre de la loi écrit de sa main , et pour la dernière fois il ht entendre sa voix aux Israélites. Jamais elle n'avait été aussi éloquente. Ce beau cantique commence par ces molssublin.es : « Cieux , écoulez ma voix; je vais par- « 1er! Terre, prèle l'oreille aux accens qui vont sortir de ma « bouche! »
Toute l'histoire est dans le discours prophétique que Moïse prononça. Après avoir béni le peuple, il gravit seul la montagne de Nébo, de laquelle il vit la terre promise à Abraham, à Isaac, à Jacob, et mourut consolé , âgé de 120 ans, le premier ou le deuxième jour de la quarantième année depuis la sortie u'Kgypte, sept mois seulement après Aaron.