FIN DE LA CAPTIVITÉ ET GOUVERNEMENT DES GRANDS
prêtres, sous la domenation persane. — La première année de son règne, Cyrus permit aux Juifs captifs à Babylone de retourner dans leur pays, et leur donna même les moyens de relever Jérusalem et le temple. Les Juifs quittèrent Babylone au nombre de 42,560, sous la conduite de Zorobabel, descendant des rois de Juda , et sous celle du grand- prêtre Josué; mais la portion la plus nombreuse et la plus riche demeura de l'autre côté de l'Euphrate, où elle continua à former un peuple redoutable. La nouvelle colonie eutdes discussions avecles Samaritains, Juifs d'origine. La construction d'un temple qui leur était propre, et qu'ils bâtirent à Garizim près de Sichem, occasionna une rupture complète entre les deux peuples, et fut la source de la haine nationale qui subsista toujours entre eux. — De là , la défense que les Samaritains firent faire aux Juifs de rebâtir leur ville et leur temple, d'abord sousCambyse (529) et sous Smerdis (522), tellement qu'il ne fut relevé que sous Darius en 520. — La nouvelle colonie ne commença à avoir une constitution stable que sous Esdras et sous Néhémias, qui y amenèrent de nouveaux habitans, l'un en 478 , l'autre en 445. Le pays était soumis aux Satrapes de Syrie; mais, par le progrès de la décadence du royaume de Perse, les grands-prêtres devinrent insensiblement les véritables chefs de la nation. Cependant les Juifs, dans le temps delà conquête d'Alexandre (532), paraissent avoir été fidèles envers les Perses.
assuerus et ESTKSR. — L'Écriture sainte parle cependant d'un massacre général qui devait avoir lieu sous un prince perse nommé Assuérus, qui paraîtêtre le même que Xercès; après de grandes conquêtes, ce prince répudie la reine Vaslhi , et choisit pour épouse Esther, nièce du Juif Mardochée. La fortune de la nièce fit celle de l'oncle, et le crédit de l'oncle fut la perte d'Aman. Ce premier ministre, favori d'Assuérus, était mécontent de Mardochée ; parce qu'un Juif lui avait déplu, il voulait immoler toute cette partie de la nation qui était captive en Perse. Aman tomba dans les pièges qu'il avait tendus à son ennemi , et fut conduit au même gibet qu'il lui avait préparé. Mardochée succéda à sa faveur et à ses dignités.
Lecture. La tragédie (VEsther, par Racine.— Histoire sainte.
!3ë 6e siècle.
ROME
ssrvïus tullsus, sixième roi de Rome , succède à Tarquin l'Ancien (578), opère quelques changemens dans le gouvernement et institue le cens ou dénombrement. A la division du peuple par tribus et curies , fondée dans l'origine par Romulus, il substitue la division par classes et centuries, contribuant chacune, par égale portion, aux charges pécuniaires de l'état. Les comices, ou assemblées publiques par centuries, remplacèrent dès lors les comices par tribus, qui donnaient la prépondérance à la multitude ; et celle-ci ne connut plus que des affaires d'un moindre intérêt. Ce que Tarquin-l'Ancien avait fait en faveur du sénat, Servius Tullius le fit pour le peuple, dont il élait issu et qui l'avait proclamé roi maigre les sénateurs. La population s'etanf. élevée à cent vingt mille âmes à la division , il institua un jury civil, composé de gens de toutes sortes de professions, môme d'affranchis auxquels, par une disposition intempestive , il venait d'accorder le droit de cité sans craindre de choquer les sénateurs, qui regardaient le pouvoir de juger comme la plus belle de leurs attributions : aussi les plus jeunes de ce corps se liguèrent contre ce monarque, qui mourut assassiné par son gendre , et victime de ses institutions populaires.
ABOLITION BE LA ROYAUTÉ, CONSULS A ROME.— TaT-
quin, parvenu au trône par le parricide et sans l'aveu du sénat, se fit détester par sa tyrannie; bientôt la fin tragique de Lucrèce souleva le peuple; Brutus, qui jusqu'alors avait contrefait linsensé, lève le masque et excite à la révolte; Tarquin est exilé avec sa famille, et la royauté abolie (o09) , après 244 ans de monarchie. CependantTarquin-Ie-Superbe n'était pas sans talens militaires ; il combattit avec succès contre les Sabins , soumit les Ardéates et enleva aux Volsques une de leurs principales cités, Suessa Pometia;-on lui doit plusieurs édifices publics et notamment ce fameux Capiiole qui devait être un jour le temple de l'univers ; en un mot on pourrait dire de Tarquin qu'il avait des vertus et des vices, et qu'à tout considérer c'était un roi.
Lecture. — Grandeur et décadence des Romains, par Montesquieu.