INTÉRIEUR DE L'AFRIQUE
Maintenant, qu'on place à côté de ce tableau celui qu'Hérodote a tracé de l'intérieur de l'Afrique, et l'on verra quelle diffé-
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renée le voisinage ou Moignement de la Méditerranée mettait dans la destinée des peuples. A quelques journées de marche, au midi de Cyrène, les Gindanes donnaient à la dissolution l'estime que chez les Grecs on vouait à la chasteté, et les Alarantes maudissaient le soleil à son plus haut point d'élévation.
MORD BE L'EOBÛPE.
Au nord de la Grèce , non loin des lieux où Orphée avait paru, la vie de l'homme était si triste que, quand il naissait un enfant , la famille s'assemblait pour pleurer en commun sur le malheur qu'il avait eu de naître. Au-delà du Danube, on égorgeait des prisonniers pour arroser de leur sang la rouille d'un vieux cimeterre qui était l'emblème du dieu des combats, ou bien on leur crevait les yeux pour que rien ne pût les distraire des travaux serviles qu'on leur imposait. Aux funérailles d'un roi, on étranglait sa femme et ses serviteurs, et au bout d'une année révolue, ce sacriGce était renouvelé sur cinquante créatures humaines. Chez les Issédons, le fils se croyait obligé, à la mort de son père, de donner un repas funèbre où les parens mangeaient le corps du défunt, mêlé avec celui de plusieurs animaux. Enfin, dans le voisinage de la colonie grecque de Marseille, on apaisait la colère des dieux en brûlant des colonnes d'osiers remplis d'hommes et d'animaux Yivans.
GREGE
GUERRE PERSÏQUE.
Bataille file Marathon. — Causes. Pendant que Cambyse faisait la conquête de l'Egypte, le mage Smerdis était parvenu à se faire nommer roi de Perse , en se faisant passer pour le frère du roi ; mais l'imposture fut découverte : il fut tué, et Darius, fils d'Hystaspes, fut élu roi. Ce prince entreprit des guerres qui ne lui réussirent point, entre autres celle contre les Scythes d'Europe. Il convoitait depuis long-temps la Grèce , et avait d'ailleurs à se venger des Athéniens. Excité par Hippîas , fugitif d'Athènes, il fit passer en Grèce une armée considérable , sous la conduite de Datis. — Ainsi le prétexte de la guerre persique fut de punir les Athéniens d'avoir pris part à l'incendie de Sardes; mais le motif réel
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fut l'ambition de Darius, excitée parHippias, fils de Pisistrate, qui, réfugié à la cour du roi de Perse, lui persuada qu'il était facile de rendre la Grèce tributaire. Avant d'en venir à une rupture ouverte, Darius avait envoyé des hérauts dans la Grèce , demander en son nom la terre et l'eau : les ambassadeurs furent assassinés : l'armée de Darius , partie des plaines de la Cilicie, fut transportée par six cents vaisseaux dans l'île â'Euàée. La ville à'Erétrie est prise malgré le secours de 4,000 Athéniens; ses habitans sont passés au fil de i'épée et ses temples rasés. La flotte aborde sur les côtes de l'Attique, et prend terre près du bourg de Marathon, à six lieues d'Athènes ; 100,000 hommes d'infanterie et 10,000 de cavalerie composaient l'armée de Darius. Callimaque, Aristide, Thémistocle , étaient à la tête de 11,000 Grecs, et Miltiade avait le commandement général. La déroute des Perses fut complète ; repolisses de tous côtés, ils sont obligés de chercher un asile sur leur flotte, que le vainqueur poursuit le fer et la flamme à la main.
Miltiade fut blessé ; Iïippias périt ainsi que Gtésilée et Callimaque. Le combat finissait à peine : un soldat, excédé de fatigue , forme le projet de porter la première nouvelle d'un si grand succès aux magistrats d'Athènes , et sans quitter ses armes, il court , vole, arrive , annonce la victoire et tombe mort à leurs pieds.
CONSÉQUENCES
L'armée persane perdit environ 6,400 hommes, celle des Athéniens 192 seulement. — Cette bataille se donna le 29 septembre 490 avant J.-C., la troisième année de la soixante-douzième olympiade. Cette première réaction de l'Asie contre la Grèce eut une grande influence politique : la force matérielle devait céder à la force intellectuelle.
Cette victoire eût été funeste à la Grèce sans l'activité de Miltiade, Daiis, en se retirant, avait conçu
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l'espoir de surprendre Athènes, qu'il croyait sans défense , et déjà sa flotte doublait le cap Sunium, lorsque Miltiade , qui en fut instruit , arriva le même jour sous les murs de la ville, déconcerta par sa ]3résence les projets de l'ennemi , l'obligea de se retirer sur les côtes de l'Asie, emmenant avec lui les Êrêtriens qu'il avait faits prisonniers. — Trois ans après mourut Darius (485); il projetait une troisième invasion que suspendait une révolte éclatée en Egypte.
Res Tlaermopyles. — Miltiade dirigea les armes des Athéniens contre Par os , et forma le projet de rendre sa patrie maîtresse de la mer. Il échoua ; et les Athéniens irrités jetèrent le vainqueur de Marathon en prison , le punissant ainsi de leur propre ignorance.
Thémistocle et Aristide prirent alors les rênes du gouvernement et furent les véritables auteurs de la puissance de la république athénienne. L'un réunissait , à un degré extraordinaire , les plus brillantes qualités de l'homme d'état et l'esprit d'intrigue même à l'intérêt personnel ; l'autre, administrateur intègre, ne suivait que les idées de justice, même à son détriment; et tous deux cependant voyaient, dans cette première invasion et dans l'ingratitude des Athéniens envers Miltiade, le présage assuré de nouveaux dangers.
C'est pendant l'administration de ces deux grands hommes que Xercès médite une seconde expédition contre la Grèce. La défaite de Marathon en fut la cause. Quatre années sont employées à lever des troupes et à établir des magasins sur la route que devait tenir l'armée de terre et de mer. Démocrate, prince grec , excitait Xercès à cet armement.
Le roi de Perse partit de Suse au printemps de 481, et se rendit sur les bords de l'Hellespont , avec la plus nombreuse armée qu'on ait jamais rassemblée. Les troupes employèrent sept jours et sept nuits à passer le détroit , et les bagages un mois entier ;
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de là , prenant sa route par la Thrace et côtoyant la mer , Xercès arriva dans la plaine de Doriscusj arrosée par ÏHèbre ; il passa son armée en revue , et elle se trouva forte de 1,700,000 hommes de pied, et 80,000 chevaux; 20,000 Arabes et des Lybiens conduisaient des chariots armés et des chameaux.
La flotte était composée de 1,207 galères à trois rangs de rames , contenant chacune 200 hommes , en tout 241,400 hommes; elles étaient suivies de 3,000 vaisseaux chargés de machines de guerre.
A ces forces se joignirent 300,000 combattans tirés de la Thrace et de plusieurs autres régions de l'Europe soumises à Xercès ; les îles voisines fournirent aussi 120 galères montées par 24,000 hommes.
Cette multitude, que l'on fait monter en tout à 5,283,220 hommes, se mit en marche, campa d'abord près des villes de Therma et de Pella ; de là dans les plaines de la Thrace , où elle se partagea en trois corps :
Le premier , commandé par Mardonius , suivit le rivage de la mer, et les deux autres firent route par l'intérieur des terres. Serc/is , général expérimenté , conduisait celui qui prit les montagnes , et Xercès, accompagné de Smer clones et de Mégabize , choisit le passage du milieu comme le plus commode et le plus sûr. Pour faciliter la marche de son immense armée, il avait fait percer le mont Athos et jeter un pont de bateaux sur l'Hellespont. Le pont fut détruit par la tempête., mais le passage du mont Athos lui fut très utile.
De leur côté, les Grecs s'emparèrent d'un pas difficile , le seul endroit par où les Perses pouvaient pénétrer en Grèce ; c'était le défilé des Thermopyles.
La défense de ce passage fut confiée à Léonidas , roi de Sparte (480). 11 plaça son armée près d'Anthéla , non loin du courant d'eau chaude qui a fait donner à cet endroit le nom de Thermopyles, et il jeta en avant quelques troupes pour en défendre les approches. Mais il ne suffisait pas de garder le pas-
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sage qui était au pied de la montagne : il existait sur la montagne même un sentier qui commençait à la plaine de Thrachis, et qui, après différens détours, aboutissait près du bourg d'Alpênée. Léonidas en confia la garde aux 1,000 Phocéens qu'il avait avec lui, et qui allèrent se placer sur les hauteurs du mont OEta.
Ces dispositions étaient à peine achevées que l'on vit l'armée de Xercès se répandre dans la Trachinic, et couvrir la plaine d'un nombre infini de tentes. A cet aspect, les Grecs délibérèrent sur le parti qu'ils avaient à prendre. La plupart des chefs proposaient de se retirer à Y Isthme; mais Léonidas ayant rejeté cet avis, on se contenta de faire partir des courriers pour presser le secours des villes alliées.
Cependant les Perses allaient franchir le défilé ; le roi de Sparte s'était arrêté avec 7,000 hommes ; — Rends tes armes, lui dit Xercès. — Viens les prendre. lui répondit-il avec un laconisme Spartiate. — Nos ennemis sont si nombreux, lui dit un soldat effrayé , que leurs flèches obscurcissent le soleil. — Tant mieux, s'écrie-t-il, nous combattrons à l'ombre.
Xercès est indigné de ce sang-froid , qui pour lui est de l'orgueil ; il ordonne de faire marcher les parens de ceux qui sont morts à Marathon , exigeant qu'ils ramènent les Spartiates prisonniers. Ce combat partiel est favorable à Léonidas.
Mais la trahison devait vaincre le patriotisme. Un Grec, Epialtès, découvre au roi de Perse un sentier connu des bergers , et Léonidas voit ses ennemis sur le sommet de la montagne ; alors les alliés sont bientôt renvoyés , il ne veut avec lui que ses fidèles Spartiates ; il les engage à bien dîner , car ils souperont chezPluton. Le repas terminé, les trois cents se précipitent sur le camp des Perses et meurent en héros. Xercès eut la lâcheté de faire mettre en croix le corps de Léonidas.
Après leur délivrance , les Grecs élevèrent , à la place où était mort le roi de Sparte, un lion de marbre qui rappelait à la fois son nom et son courage,
avec cette inscription : Passant , va dire à Sparte que nos concitoyens sont morts pour obéir à ses lois.
La bataille des Thermopyles fut livrée le 4 août 480, la première année de la soixante-quinzième olympiade. — Le jour même de cette mémorable action , il se donna un grand combat naval près d'Arlénùse , promontoire de l'île d'Eubée. Les Grecs, secondés par la tempête , eurent quelque avantage , et cette résistance fut comme le prélude d'un succès plus éclatant.
Lecture. — La tragédie de Léonidas, par Pichald. Détails sur cet événement dans Anacharsis.
Salami ne. — Les Perses , maîtres du détroit, s'avancèrent dans l'Attique. Les Athéniens abandonnèrent leur ville , et se retirèrent sur leurs vaisseaux. La flotte des Grecs, fort inférieure en nombre à celle des Perses , mais beaucoup plus légère , se tint resserrée dans le détroit de Salamine. La valeur des Grecs et lestalens de Thémistocle, leur général, triomphèrent de la multitude des Perses, qui prirent la fuite. Xercès lui-même , qui avait été spectateur du combat , d'une éminence où il avait placé son trône, fut très heureux de trouver une barque pour gagner ses états. Mardonius, avec 300,000 hommes, venait de recevoir un renfort de 50,000 Grecs auxiliaires ; son armée était donc de 350,000 contre 110,000 Grecs. Cependant les Perses avaient perdu 200 vaisseaux par la tempête. Mardonius fut vaincu à Platée, par Pausanias, général lacédémonien , et par Aristide. Le même jour , Xantippc remporta à Mycale, en Asie-Mineure, une victoire décisive. Aristide, surnommé le Juste, s'était distingué dans cette guerre. Mardonius ayant péri dans le combat, Artabaze , l'un des principaux officiers de son armée, prit, avec 40,000 hommes qui lui restaient, le chemin 'de la Phocide , traversa la mer de Byzance et se rendit en Asie, Xercès fut encore obligé de s'enfuir
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de Sardes, après avoir ordonné que tous les temples des colonies grecques fussent brûlés.
La bataille de Salamine , due principalement au génie et à la prudence de Thémistocle, est l'une des plus mémorables de l'histoire. On admire avec raison la modestie de ce général, dans la réponse qu'il adressa à Euribiade , général lacédémonien qui levait le bâton sur lui : Frappe , mais écoute. Ainsi la victoire de Salamine fut le fruit du courage et de la patience.
La bataille de Salamine se livra le 20 octobre 480.