TIGE. IO
une fois formé, il ne change plus de nature et n'éprouve aucune transformation.
Cette théorie est extrêmement ingénieuse, et M. Du Petit -ïhouars s'appuie sur plusieurs faits pour en prouver l'exactitude. Ainsi, dit-il, lorsque l'on fait au tronc d'un arbre dieotylédon une forte ligature circulaire, il se forme au-dessus de l'obstacle un bourrelet , et l'accroissement en diamètre cesse d'avoir lieu au-dessous de la ligature. Ce bourrelet est formé par les fibres ligneuses qui descendent de la base des bourgeons en glissant dans le cambium situé entre le liber et l'aubier. Ces fibres ligneuses rencontrant un obstacle qu'elles ne peuvent surmonter, s'y accumulent et s'y arrêtent. Dès lors il ne peut plus se former de nouvelles couches ligneuses audessous de la ligature , puisque les fibres qui doivent les constituer cessent d'y arriver. Telle est l'explication donnée par M. Du Petit -Thouars du fait de la ligature et du bourrelet circulaire , que la plupart des auteurs expliquent d'une manière tout-à-fait différente.
M. Du Petit-Thouars s'autorise encore des phénomènes de la greffe pour étayer sa théorie. Lorsque l'on greffe en écussoii , on prend ordinairement un bourgeon encore s'tationnaire , on applique sa base sur la couche du cambium que l'on a mise à nu ; dès lors les radicelles ou fibres qui partent de la base du bourgeon glistient entre l'écorce et l'aubier, et le nouveau sujet s'est ainsi identifié à celui sur lequel on l'a greffe.
Io8 ORGANES DE LA. VÉGÉTATION.
Malgré toutes les raisons alléguées par Tauleur en faveur de sa théorie, aucun physiologiste ne l'a encore entièrement adoptée. Au contraire, presque tous ceux qui s'occupent de la physique des végétaux l'ont combattue avec plus ou moins de succès. Les principaux argumens que l'on peut opposer à la théorie de M. Du Petit-ïhouars , sont i ° que rien ne prouve d'une manière irréfragable que les fibres qui établissent la communication entre les bourgeons et les tiges qui les supportent descendent ainsi de ces bourgeons jusque dans les racines; i° que les phénomènes du bourrelet circulaire , formé à la suite de la ligature du tronc, peuvent s'expliquer par l'interception et la stase de la sève descendante ; 3° qu'il est impossible de concevoir comment des fibres aussi grêles que celles qui unissent les bourgeons aux tiges peuvent, dans un espace de temps aussi court que celui durant lequel la tige s'accroît en diamètre, descendre, de leur propre poids, du sommet d'un arbre de 60 à 80 pieds, jusqu'à sa base; 4° que? puisque ce sont les fibres qui descendent de la base des bourgeons qui constituent les couches ligneuses , si dans la greffe en écusson on greffe un bourgeon d'un arbre à bois coloré sur un individu à bois blanc, les fibres qui partent de ces bourgeons devraient conserver leur couleur , et les nouvelles couches ligjneuses qu'elles forment en présenter une semblable, ce qui n'a pas lieu; 5° enfin, si c'est le développement des bourgeons qui donne lieu à la formation du bois, comment la première couche ligneuse a-t-e!le pu se former sur le