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jeune scion de l'année, puisque aucun des bourgeons qu'il supporte ne s'est encore développé ?
Les deux théories dont nous venons de faire l'exposition ne peuvent donc pas être adoptées dans leur entier, comme donnant une explication rigoureuse de tous les phénomènes de l'accroissement en diamètre dans les végétaux dicotylédons. En effet, celle de Duhamel est essentiellement fondée sur la transformation annuelle du liber en aubier, et sa régénération au moyen de la couche de cambium. L'expérience par laquelle ce célèbre physicien dit qu'ayant fait passer un fil d'argent dans le liber , il l'a retrouvé l'année suivante dans l'aubier, est tout-à-fait inexacte. En effet , tous ceux qui après Duhamel ont cherché à la répéter n'ont pu obtenir le môme résultat , et lorsque le fil d'argent avait été réellement passé à travers le liber, on l'a toujours retrouvé dans cet organe, et non dans l'aubier. Cette théorie doit donc nécessairement s'écrouler , si nous sapons la base sur laquelle l'auteur l'avait élevée. Quant à celle de M. Du Petit -Thouars, nous ne répéterons point ici les puissantes objections que l'on a élevées contre elle.
3° La formation annuelle des couches ligneuses est produite par le cambium qui chaque année forme a la fois une nouvelle couche d'aubier et une nouvelle couche de liber.
Cette opinion est celle qu'en dernier lieu avait professée M. Mirbel , et qui nous paraît réunir en sa faveur le plus de probabilités.
Le liber, que l'on avait jusqu'à présent considéré
IlO ORGANES T>E LA VEGETATION.
comme l'organe le plus essentiel de la végétation , comme celui qui opérait chaque année l'augmentation en diamètre du tronc des arbres dicotylédons, étant au contraire neutre et passif dans cette opération , on doit chercher une autre explication des phénomènes de l'accroissement en diamètre. Or voici celle qui nous paraît la plus probable et la plus en rapport avec l'observation rigoureuse des faits. Si l'on examine une jeune branche à l'époque de la végétation, c'est-à-dire quand la sève circule abondamment dans toutes les parties du végétal, voici ce que l'on observe : entre le liber et l'aubier, on trouve une couche d'un fluide d'abord clair et limpide, qui peu à peu s'épaissit, et prend de la consistance; ce fluide, ou le cambium , est formé par la sève descendante, mélangée à une partie des sucs propres des végétaux. A mesure que le cambium s'épaissit, on voit des fîlamens se former dans son intérieur, et bientôt il s'organise et prend l'aspect d'un tissu végétal. Cette transformation est graduelle , et continua pendant tout le temps du développement des bourgeons, en sorte que la formation de la couche annuelle a lieu d'une manière lente et progressive. C'est pour cette raison que les couches nouvelles d'aubier présentent très-souvent plusieurs zones concentriques qui annoncent que toute leur épaisseur n'a pas été formée dune seule fois.
Ainsi donc l'aubier n'est pas formé par le liber, qui s'épaissit et prend plus de consistance , mais par le cambium, qui s'organise, et devient ainsi l'agent de