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CHAPITRE IV

DES FEUILLES (l).

Avant leur entier développement , les Feuilles sont toujours renfermées dans des bourgeons. Elles y sont diversement arrangées les unes à l'égard des autres , mais toujours de la même manière , dans toutes les plantes de la même espèce, souvent du même genre , quelquefois même de toute une famille naturelle.

Cette disposition des feuilles dans le bourgeon a reçu le nom de Pré foliation. On peut souvent en tirer de fort bons caractères pour la coordination des genres en familles naturelles.

(i) Folia, la t.; cpuXÀa , gr.

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Les modifications principales des feuilles ainsi disposées sont les suivantes:

i° Elles peuvent êtèe plièes en longueur, moitié sur moitié, c'est-à-dire que leur partie latérale gauche est appliquée sur la droite, de manière que leurs bords se correspondent parfaitement de chaque coté , comme dans le svringa {Philadelphus coronarius )

i° Elles peuvent être plièes de haut en bas, plusieurs fois sur elles-mêmes , comme dans l'aconit {Aconit wn Jiapellus).

3° Elles peuvent être p lissées , suivant leur longueur, de manière à imiter les plis d'un éventail , comme celle des groseillers, de la vigne, etc.

4° Les feuilles peuvent être roulées sur elles-mêmes en forme de spirale, comme dans certains figuiers, dans l'abricotier , etc.

5° Leurs bords peuvent être roulés en dehors ou en dessous : telles sont celles du romarin.

6° D'autres fois ils sont roulés en dedans ou en dessus, comme celles du peuplier, du poirier, etc.

70 Enfin les feuilles peuvent être roulées en crosse ou en volute; c'est ce qui a lieu , par exemple, dans toutes les plantes de la famille des Fougères.

Etudions maintenant les feuilles quand elles se sont développées.

Les feuilles sont des expansions membraneuses, ordinairement planes, verdâtres, horizontales, naissant sur la tige et les rameaux, ou partant immédiatement du collet de la racine. Par les pores nombreux

l44 ORGANES DE LA VÉGÉTATION.

qu'elles présentent à leurs surfaces, les feuilles servent à l'absorption et à l'exhalation des gaz propres ou devenus inutiles à la nutrition du végétal.

Les feuilles semblent formées par l'épanouissement d'un faisceau de fibres provenant de la tige. Ces fibres, qui sont des vaisseaux, en se ramifiant diversement, constituent une sorte de réseau, qui représente en quelque manière le squelette de la feuille, et dont les mailles sont remplies par un tissu cellulaire, plus ou moins abondant, qui tire son origine de l'enveloppe herbacée de la tige.

Lorsque le faisceau de fibres caulinaires, qui, par son épanouissement doit constituer la feuille, se divise et se ramifie aussitôt qu'il se sépare de la tige, la feuille lui est alors attachée sans le secours d'aucun support particulier, et est désignée sous le nom de feuille sessile (Jolium sessile ) , comme dans le pavot.

Si, au contraire, ce faisceau se prolonge avant de s'étendre en membrane, il forme alors une espèce de pédicelle , nommée communément queue de la feuille, et auquel on donne, en botanique, le nom de pétiole (petiolus). Dans ce cas, la feuille est dite pètiolée {folium petiolatum )\ par exemple, dans le tilleul, le tulipier, le marronnier d'Inde, etc.

Cette disposition étant la plus générale, on peut considérer la feuille comme formée de deux parties; savoir, \ç pétiole et le disque ou limbe, c'est-à-dire cette partie le plus souvent plane et verdâtre, qui constilue la feuille proprement dite.

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On distingue à la feuille une face supérieure ordinairement plus lisse, plus verte, couverte d'un épiderme plus adhérent et offrant moins de pores corticaux; une face inférieure, d'une couleur moins foncée, souvent couverte de poils ou de duvet, dont l'épiderme est plus lâchement uni à la couche herbacée, présentant un grand nombre de petits pertuis, qui sont les orifices des vaisseaux intérieurs du végétal. Aussi est-ce surtout par leur face inférieure que les feuilles absorbent les fluides qui s'exhalent de la terre, ou qui sont répandus et mêlés dans l'atmosphère.

On distingue aussi dans la feuille : sa base, ou la partie par laquelle elle s'attache à la tige ; son sommet, ou le point opposé a la base; sa circonférence, ou la ligne qui détermine extérieurement sa surface.

La face inférieure de la feuille est encore remarquable par un grand nombre de prolongemens saillans disposés en divers sens , qui ne sont que des divisions au pétiole, et qu'on appelle nervures (nervi).

Parmi les nervures , il en est une qui offre une disposition presque constante. Elle fait suite au pétiole, offre ordinairement une direction longitudinale, et divise la feuille en deux parties latérales assez souvent égales entre elles. Elle a reçu le nom de cote ou nervure médiane. C'est de sa base et de ses parties latérales que partent en différens sens, et en s'anastomosant fréquemment entre ell-es, les autres nervures.

Suivant leur épaisseur et la saillie qu'elles forment

à la face inférieure de la feuille, les nervures prennent différens noms. Elles conservent celui de nervures proprement dites (nervi) quand elles sont saillantes et très -prononcées : on les appelle veines (yenœ), lorsqu'elles le sont moins ; enfin les dernières ramifications des veines, qui s'anastomosent fréquemment, et constituent, à proprement parler, le squelette de la feuille, sont appelées veinules (venulœ).

lues nervures, malgré la ressemblance de leur nom, n'ont aucune analogie de structure ou d'usage avec les nerjs des animaux. Ce sont des faisceaux de vaisseaux poreux, de traclièes et de fausses trachées, enveloppés d'une certaine quantité de tissu cellulaire.

Quelquefois les nervures se prolongent au delà de la circonférence du disque de la feuille , et forment alors, quand elles ont une certaine rigidité, des épines plus ou moins acérées, comme on le voit, par exemple, dans le houx (Ilex aquifolium).

La disposition des nervures sur les feuilles mérite la plus grande attention. En effet, elle peut servira caractériser certaines divisions des végétaux. Ainsi, par exemple, dans la plupart des Monocotjlédons , les nervures sont presque toujours simples, peu ramifiées, et souvent parallèles entre elles (i). Dans les Dicolylédons , elles peuvent offrir cette disposition ; mais elles sont le plus fréquemment très-ramifiées et anastamosées entre elles.

(1) Les Aroïdées font exception à cette règle presque constante.

FEUILLES. l47

On peut rapporter aux suivantes les variétés les plus remarquables de la disposition des nervures:

i°Les nervures peuvent partir toutes de la base de la feuille, et se diriger vers son sommet, sans éprouver de division sensible : par exemple, dans un grand nombre de plantes monocotylédonées.

Les feuilles qui présentent une semblable disposition sont appelées feuilles basinerves ou digilinerves {Jblia basinervia , digitinervia).

i° Quand, au contraire, les nervures naissent des cotés de la nervure médiane, et se dirigent, soit horizontalement, comme dans le bananier (Musa paradisiaeà), soit obliquement vers son sommet, comme dans X Amomum Zerumbet , les feuilles prennent le nom de latérinerves ou penninerves (Jblia lalerinervia , penninervia ) .

3° Enfin , si les nervures naissent à la fois de la base et des parties latérales de la nervure médiane, les feuilles sont dites alors mixlinerves {Jblia mixtinervia) , comme on l'observe dans beaucoup de Nerpruns.

Toutes les autres dispositions que les nervures des feuilles sont susceptibles d'offrir peuvent se rapporter à quelqu'un des trois types principaux que nous venons d'établir, ou n'en sont, que de légères modifications.

Une feuille, sessiie ou pétiolée, peut être fixée de différentes manières à la tige ou aux branches qui la supportent. Quelquefois elle y est simplement articulée , c'est-à-dire qu'elle ne fait pas immédiate-

l/|8 ORGANES DE LA. VEGETATION.

ment corps avec elles par toute sa base , mais y est simplement fixée par une sorte de rétrécissement ou d'articulation, comme dans le platane, le marronier d'Inde. Ces feuilles sont alors caduques, et tombent de très-bonne heure.

D'autres fois la feuille est tellement unie à la tige, qu'elle ne peut s'en séparer sans déchirure. Dans ce cas ces feuilles persistent aussi long-temps que les branches qui les supportent, comme dans le lierre, etc.

La manière dont les feuilles sessiles sont attachées à la tige mérite également d'être étudiée.

Ainsi quelquefois la nervure médiane s'élargit, et embrasse la tige, dans environ la moitié de sa circon~ férencé. Les feuilles sont alors apelées semi-amplexicaùles {Jblia semi-amplexicaulia).

On dit au contraire de la feuille qu'elle est amplexicaide (Jblium ample xicaule) quand elle embrasse la tige dans toute sa circonférence ; par exemple, dans le salsifis sauvage (T?'agopogon pratensè), le pavot blanc {Papaver somnijerum), etc. Souvent encore la base de la feuille se prolonge en formant une gaine , qui circonscrit entièrement la tige, et l'enveloppe dans une certaine longueur. Dans ce cas , ces feuilles sont nommées engainantes [Jblia vaginantia ), comme dans les Graminées , les Cypéracées , etc. Cette gaine peut être regardée comme un pétiole très - élargi , dont les deux bords se sont quelquefois soudés pour former une espèce de tube. Le point de réunion du limbe de la feuille et de la gaine a reçu le nom de

EEUÏLL1LS. l/|()

collet. Tantôt il est nu, tantôt garni de poils, comme clans le Poapilosa, ou d'un petit appendice membraneux nommé ligule ou cailure; c'est ce que Ton observe principalement dans les Graminées. La forme de la ligule est très -variée dans les différentes espèces, et fort souvent elle est employée comme un bon caractère spécifique.

La gaîne est ordinairement entière; d'autres fois elle est fendue longitudinalement ; ce caractère distingue, à très-peu d'exceptions près, la famille des Graminées de celle des Cypéracées ; les premières ayant en général la gaîne fendue , tandis qu'elle est entière dans les Cypéracées.

Quelquefois le limbe de la feuille, au lieu de se terminer à son point d'origine sur la tige , se prolonge plus ou moins bas sur cet organe, où il forme des espèces d'ailes membraneuses. Dans ce cas, les feuilles sont dites décurrentes {Jblia decurrentia), et la tige est appelée ailée (caulis alatus), comme dans le bouillon blanc (Verbascum T/iapsus), la grande consoude (Symphytum officinale) , etc.

On nomme feuille perfolièe (Jblium perjbliatum) celle dont le disque est en quelque sorte traversé par la tige, comme dans le Bupleurum rolundijolium, etc. (Voyez pi. 3, fig. 1 1.)

On a donné le nom de feuilles confiées ou conjointes (Jblia connecta , coadnata) aux feuilles opposées qui se réunissent ensemble par leur base de manière que la tige passe au milieu de leurs limbes soudés. Telles sont les feuilles supérieures du cbèvre-

l5o ORGANES DE LA VEGETATION.

feuille [Lonicera caprifoliurn) , celles du chardon à foulon [Dipsacus Jiillonurri) , de la saponaire (Sa-ponaria offîcinalis). (Voy. pi. 3, fi g. 10.)

On appelle feuille simple (Jblium simplex) celle dont le pétiole n'offre aucune division sensible, et dont le limbe est formé d'une seule et même pièce; par exemple, le lilas, le tilleul, l'orme, etc. (Voyez toutes les fig. de la pi. 3.)

La feuille composée, au contraire {Jblium compositum) , résulte de l'assemblage d'un nombre plus ou moins considérable de petites feuilles isolées et distinctes les unes des autres , qu'on appelle folioles, toutes fixées ou réunies sur les parties latérales, ou au sommet d'un pétiole commun, qui, dans le premier cas, porte le nom de rachis. Chaque foliole peut être sessile sur le rachis , c'est-à-dire attachée par la base seulement de sa nervure moyenne; ou bien elle peut être portée sur un petit pétiole particulier, qui prend le nom de pétiolule. Telles sont les feuilles de l'acacia, du marronnier d'Inde, etc. (Voyez les fig. de la pi. 4-)

On distingue les feuilles composées , en articulées, et en non articulées. Les premières sont celles dont les folioles sont fixées au pétiole commun , au moyen d'une sorte d'articulation, susceptible de mobilité, comme on l'observe dans l'acacia, les casses, et en général dans la plupart des plantes de la famille des Légumineuses. Ce sont les seules dans lesquelles ait lieu le phénomène que Linnœus désigne sous le nom de sommeil des feuilles , les autres, qui

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sont privées d'articulations , ne le présentant pas.

Entre la feuille simple et la feuille composée il existe une série de modifications qui servent en quelque sorte à établir le passage insensible de Tune à l'autre. Ainsi il y a d'abord des feuilles déniées ; d'autres qui sont divisées jusqu'à la moitié de leur profondeur en lobes distincts; d'autres enfin dont les incisions parviennent presque jusqu'à la nervure médiane, et simulent ainsi une feuille composée. Mais il sera toujours facile de les bien distinguer de la feuille vraiment composée , en remarquant que dans celle-ci on pourra détacher chacune des pièces dont elle est formée sans endommager aucunement les autres; tandis que dans une feuille simple, quelque profondément divisée qu'elle soit , la partie foliacée, ou le limbe de chaque division , se continue à sa base avec les divisions voisines, en sorte qu'on ne peut en séparer une sans déchirer les deux autres, entre lesquelles elle se trouve placée (i).

Toutes les feuilles d'une plante ne présentent pas toujours une forme parfaitement semblable. Il y a même à cet égard, dans certains végétaux, une différence des plus marquées. Ainsi tout le monde a dû observer que le lierre [Hedera Hélix) offre des

(i) On peut encore reconnaître une feuille composée en ce que chacune de ses folioles a une base rétrécie , et ne s'attache au rachis que par sa nervure moyenne ou le pétiole qui le continue ; tandis qu'une feuille simple, même profondément divisée, s'y attache toujours par une portion plus ou moins large de sa partie foliacée.

feuilles entières, et d'autres qui sont profondément lobées. En général, les plantes qui ont des feuilles partant immédiatement de la racine, et d'autres naissant des différens points de la tige, les ont rarement semblables. La valériane phua les feuilles radicales découpées latéralement, tandisque les feuilles de sa tige sont entières.

Les feuilles varient encore suivant le milieu dans lequel elles végètent. Les plantes aquatiques ont ordinairement deux epèces de feuilles; les unes nageant à la surface de l'eau, ou un peu élevées au-dessus de son niveau; les autres, au contraire, constamment plongées dans ce liquide. Ainsi, par exemple, la renoncule aquatique [Ranunculus aquatilis ) a des feuilles lobées qui surnagent, etdes feuilles divisées en lanières extrêmement étroites et très-nombreuses, plongées dans l'eau. 11 en est de même d'un grand nombre d'autres plantes analogues.

Nous allons considérei' maintenant les nombreuses modifications &e forme, de direction, de nature, etc., que peuvent présenter la feuille simple et la feuille composée.

§ i . De la Feuille simple.

A. Relativement au lieu d'où elles naissent, les feuilles sont :

i° Séminales [folia scminalia); quand elles sont formées par le développement du corps cotylédonaire. D'après cela, on voit qu'il peut en exister une

FKUILLES. 1 53

ou deux, très -rarement un plus grand nombre. (Voyez pi. 7, fig. i4, bb.)

i° Primordiales (fol. primordialia ); ce sont les premières qui se développent après les feuilles séminales. Elles sont formées par les deux folioles extérieures de la gemmule. (Voyez pi. 7, fig. j4> oc.)

3° Radicales (fol. radicalia), celles qui naissent immédiatement du collet de la racine, comme dans le plantain (Plantago major), le pissenlit (Taraxacum dens leonis), etc.

4° Caulinaires (fol. caulinaria) , celles qui sont fixées sur la tige.

5° Ramaires (fol. ramealia , ramea), quand elles naissent sur les rameaux.

6° Florales {fol. foralia), celles qui accompagnent les fleurs et sont placées à leur base, mais qui n'ont pas changé de forme ni de nature ; comme dans le chèvrefeuille. Quand la forme des feuilles florales diffère beaucoup de celles des autres feuilles, elles portent alors le nom de bractées. Nous parlerons bientôt des bractées, en traitant des organes floraux.

B. Suivant leur disposition sur la tige ou les rameaux, elles sont :

i° Opposées (fol. opposita), disposées une à une à la même hauteur sur deux points diamétralement opposés de la tige ; comme dans la sauge (Salvia offcinalis) et toutes les Labiées, la véronique (Veronica officinalis) , etc.

On dit des feuilles qu'elles sont opposées en croix (cruciatîm opposita, s. decussata), quand lés paires de feuilles superposées se croisent de manière à former des angles droits, comme dans l'épurge ( Ettphorbia lathyris).

i° Alternes {fol. alterna), naissant, seule à seule, en échelons et à des distances à peu près égales, sur différens points de la tige, comme dans le tilleul ( Tllia europœa ).

3° Éparses {fol. sparsa), quand elles n'affectent aucune disposition régulière , et qu'elles sont en quelque sorte dispersées sans ordre sur la tige , comme dans la linaire {Linaria vulgaris), etc.

4° Verticillèes {fol. verticillata ) , lorsqu'elles naissent plus de deux à la même hauteur autour de la tige, ou sur les rameaux , comme dans le laurierrose {JSerium oleander), la garance {Rubia tlnctorum), etc.

Suivant le nombre des feuilles qui forment chaque verticille, on dit qu'elles sont :

Ternées {fol. tertio) , quand le verticille est formé de trois feuilles, comme dans la verveine à odeur de citron {Verbena triphylla); le laurier- rose, etc.

Quaternées {fol. quaterna) , quand le verticille est composé de quatre feuilles; par exemple, dans la croisette {Valantia cruciata).

Quittées {fol. quitta), verticille de cinq feuilles: plusieurs caille-laits, le Myriophyllum verticillatum.

Senées {fol. sena), verticille de six feuilles, comme dans le Galium ullginosum.

Octonées {fol. octona), verticille de huit feuilles: par exemple, celle de l'aspérule odorante {Asperula odorata).

5° Géminées {fol. gemma), naissant deux à deux, l'une à côté de l'autre, du même point de la tige. La belladone {Atropa Belladona), l'alkekenge {Physaâ's Alkekengi).

6° Distiques {fol. disticha), disposées sur deux rangs opposés l'un à l'autre, comme darfs l'orme (Uhnus campestris), le laurier-cerise {Ccrasus laurocerasus).

7° Unilatérales {fol. unilateralia), quand elles sont tournées toutes d'un seul et même côté; par exemple, le Convallaria multiflora ', etc.

8° JScartées (fol. remota), quand elles sont trèséloignées les unes des autres.

9° Happrochées {fol. approximata , cor fer ta), naissant aune très-petite distance les unes des autres.

(Ces deux expressions ne s'emploient jamais isolément; elles servent toujours à exprimer une comparaison avec d'autres espèces connues. )

io° Imbriquées {fol. imbricata), quand elles se recouvrent en partie, à la manière des tuiles d'un toit, comme dans certaines espèces d'aloës, le Thuya, etc.

On dit des feuilles imbriquées qu'elles sont bisériées, quand elles sont disposées sur deux lignes longitudinales.

Trisériées {fol. triseriata), disposées sur trois rangées longitudinales.

1 56 ORGANl-S DR LA VÉGÉTATION.

Quadrisèrièes ( fol. quadriseriata ) , formant quatre séries longitudinales ; telles sont celles du thuya.

Enfin on dit qu'elles sont imbriquées de tous côtés , quand elles n'offrent aucun ordre régulier.

1 1 ° Fasciculées (fol.fasciculata), naissant plus de deux ensemble du même point de la tige, comme dans le cerisier (Cerasus commitnis), le mélèse ( Larix vulgaris), l'épine vinette (Berberis vulgarisa, etc.

ii° Couronnantes (fol. coronantia, terminantia), réunies en forme de bouquet, au sommet de la tige , comme dans les palmiers , le papayer ( Carica Papaya ).

1 3° Roselèes ou en rosette (fol.rosulatà), alternes et rapprochées en forme de rosaces, comme dans la joubarbe (Sempervivum tectorurn) , le pissenlit, etc.

C. Quant à leur direction, relativement à la tige, les feuilles sont :

i ° Dressées (fol. erecta ), formant un angle trèsaigu avec la partie supérieure de la tige, comme dans la massette ( Typha latifolia ).

i° opprimées (fol. adpressa), quand le limbe de la feuille est appliqué sur la tige.

3° Étalées ou ouvertes (patentia), quand elles forment avec la tige un angle presque droit, comme dans le lierre terrestre (Glechoma hederacea), l'androsème (Hjpericum androsœmum*), etc.

4° Infléchies (fol. inflexa ) , quand elles sont fié-

oliies en dedans, comme celles de plusieurs Malvacées.

5° Involutèes {fol. involuta), lorsqu'elles sont roulées en dedans ; telles sont celles des Fougères.

6° Réfléchies {Jbl. refle.xa) , celles qui sont rabattues brusquement en dehors, comme dans VInula pulicaria , le Dracœna reflexa , etc.

70 Rèvolutèes {fol. revoluta), roulées en dehors.

8° Pendantes {fol. pendentict) , celles qui s'abaissent presque perpendiculairement vers la terre, comme dans le liseron des haies ( Convolvulus sepium ), le daphné lauréole {Daphne laureola).

90 Inverses {fol. inversa}, quand le pétiole se tord de manière que la face inférieure devient supérieure, comme dans le Pharus.

io° Hwnifuses {fol. Jtumifusa'), quand elles sont radicales, molles et étalées sur la terre, comme dans la pâquerette {Bellis peren/lis).

1 1 ° Nageantes {fol. /latantia) , se soutenant sur l'eau, le nénuphar [Njmphœa alba).

1 20 Submergées {fol. subînersa, demersa), cachées sous l'eau; celles de YHottonia palustris.

i3° Emergées {fol. emersa), quand leur point d'attache est sous l'eau, et que leur pétiole les élève au-dessus du liquide, comme celles du plantain d'eau {Alisma Plantago), de la sagittaire {Sagittaria sagittafolia ).

D. Circonscription, ou figure.

i° Orbiculées {fol. orbiculata) , celles dont la cir-

conférence approche de la ligure d'un cercle, comme l'écuelle d'eau ( Hydrocotyle vulgaris). ( Voy. pi. 3 ,

2° Ovales (i) {fol. ovalia), allongées, arrondies

aux deux extrémités, l'extrémité inférieure étant plus large. Exemples : l'aunée {Initia helenium), le mouron des oiseaux {Alsine média), la grande pervenche [Finca major). Voy. pi. 3, fîg. i.)

3° Obovales (2) {fol. obovalia), la précédente renversée , c'est-à-dire que la grosse extrémité est tournée en haut, comme dans la busserole ( Arbutus uva ursi\ le Samolus valerandi, etc.

4° Elliptiques (3) {fol. elliptica) , allongées , les deux bouts arrondis et égaux entre eux, comme dans le muguet {Convallaria maîalis). (Voy. pi. 3, fig. 2.)

5° Oblongues {oblonga), elliptiques très-allongées et étroites.

6° Lancéolées {fol. lanceolata) , oblongues et finissant insensiblement en pointe vers leur sommet (Plantago lanceolata), le laurier -rose {Nerium oleander), le pêcher {A mygdalus persica).

n° Linéaires {fol. linearia), lancéolées, mais trèsétroites ; la plupart des Graminées.

8° Rubanaires ou en ruban {fol.fasciaria, gra-

(1) La figure ovale est celle qu'on obtient par la section oblique d'un cône.

(a) Obovalia , par abréviation de obversè ovalia.

(3) La figure elliptique est celle que l'on obtient par la section oblique d'un cylindre.

minca), un peu plus larges que les précédentes, mais bien plus allongées, la Vallisneria spiralis , le Typlia latifolia.

g° Subulèes ou en alêne (fol. subulata), trèsètroites à leur base, et rétrécies insensiblement en une pointe aiguë au sommet : le genévrier (Juniperus communis).

io° Aciculèes et sêlacées (fol. acicularia, seta-

cea), allongées, roides et aiguës, ayant quelque

ressemblance avec des aiguilles ou des soies de co-

cbon ; par exemple , celles de YAspdragus aculi-

folius, etc.

i i° Capillaires [Jol. capillarid), déliées et flexibles comme des cbeveux : celles de l'asperge (Asparagus offzcinalis) , etc.

ii° Filiformes (fol. fïliformia) , minces, grêles, très -déliées comme un fil. Exemple, la renoncule aquatique (Ranunculus aquatilis).

i3° Spatulées ou en forme de spatule (fol. spalulatd) , minces, étroites à la base, larges et arrondies à leur sommet : la pâquerette (Bellis perennis). (Voy.pl. 3, fig. 3.)

i4° Cuncaires , ayant la figure d'un coin (fol. euneata), trés-étroites à la base, s'élargissant jusqu'au sommet, qui est comme tronqué. Exemple : le Saxifraga Iridentata , etc. (Voy. pi. 3, fig. 12.)

1 5 ° Paraboliques (fol. parabolica ) , oblongues , arrondies du haut, et comme tronquées du bas.

160 Falquées (fol. falcatd) , ou en fer de faux ( Bupleurum falcatum ) , etc.

iGo ORGANES DE LA VEGETATION.

17 ° lnèquilateres {fol. inœquilatera) , quand la nervure médiane partage la feuille en deux moitiés inégales. Par exemple , dans le tilleul , le Bégonia obliqua, etc.

E. Les feuilles peuvent être diversement échancrées à leur base , ce qui leur donne des figures variées. Ainsi on dit qu'elles sont :

1 ° Cordées ou en cœur, ou cordiformes {fol. cordata, cordifonnia ) , quand elles sont échancrées à leur base de manière à représenter deux lobes arrondis, et qu'elles se terminent supérieurement en s'amincissant, comme dans le Tamus communiste nénuphar, (ISyniphœa alba), elc. (Voyez pi. 3, fig.4,5.)

Les feuilles cordiformes peuvent être en même temps obliques ou lnèquilateres ( oblique cordata), comme dans le tilleul , etc.

20 Rénalres ou rênif ormes, en forme de rein (reniformia), quand elles sont beaucoup plus larges que hautes , et sont arrondies au sommet , et échancrées en cœur à la base; par exemple : l'asaret (Asarum europœwn), le lierre terrestre (Glechoma hederacea). (Voy. pi. 3, fig. 6.)

3° Lunulées , ou en croissant (fol. lunata), arrondies et divisées à leur base en deux lobes étroits.

4 ° Saglttées , ou enfer de flèche (fol. sagittatà), quand elles sont aiguës, et que leur base est prolongée en deux lobes pointus , peu divergens. Ex. :

FEUILLES. l6l

la sagittaire ( Sagitlaria sagittœfolia). (Voy. pi. 3,

5° Hastèes {fol. liastata ), à base prolongée en

deux lobes aigus, très-écartés et rejetés en dehors,

comme dans X Arum maculatum, etc. ( Voy. pi. 3,

fig. 8. ;

F. Les feuilles peuvent être terminées de diverses manières à leur sommet. De là elles prennent les noms de :

I ° Aiguës {fol. acuta), quand elles s'amincissent insensiblement en pointe à leur sommet, comme celles du laurier-rose. (Voy. pi. 3, fig. 4,7.)

i° Piquantes {fol. pungentia), terminées par une pointe roide, comme dans le landier ( Ulex europceus), le petit houx ( Paiscus aculeatus).

3 ° Acuminêes {fol. acuminata ) , quand , vers le sommet, leurs deux bords changent de direction, et se prolongent en se rapprochant, comme dans lecoudrier {Coiylus Avellana) , le cornouiller ( Cornus mascula ).

4° Mucronées { fol. mucronata ) , surmontées d'une petite pointe, grêle et isolée, qui ne paraît pas faire suite au sommet de la feuille: dans la joubarbe des toits ( Sempervivum tectorwn).

5° Uncinées {fol. uncinata), terminées par une pointe recourbée en crochet.

6° Obtuses {fol. oblusa), terme général mis en opposition à celui de feuilles aiguës : comme celles du Nymphœa alha, etc. { Voy. pi. 3, fig. 1, 2, 5. )

iGl ORGANES DE LA VÉGÉTAT[ON.

70 Échancrées {fol. emarginata) , offrant à leur sommet un sinus rentrant en forme de crénelure , comme le buis {Buxus sempervirens^) , l'asaret (Asarum europœum). ( Voy. pi. 3, fig. 6.)

8° Refuses {fol. retusa) , offrant un sinus peu profond , comme la busserole ( Vaccininm vitis idœa).

9° Obcordèes {fol. obeordata) (i), en cœur renversé. Les folioles de l'alléluia {Oxalis acetosella).

io° Bifides {fol. apice bifida ), fendues au sommet en deux lanières aiguës , peu profondes.

ii° Bdobées {fol. apice biloba), quand les deux, divisions sont séparées par un sinus obtus.

\i° Bipartites {fol. apice bipartita), quand les deux divisions sont très-profondes et aiguës.

G. Les feuilles peuvent offrir, dans leur contour, des angles plus ou moins nombreux, plus ou moins marqués, ce qui leur donne des figures particulières; ainsi on les appelle :

i ° Rhomboïdales {fol. rhomboidea), quand elles présentent quatre angles , dont deux opposés plus aigus. Exemple : Campanula rhomboïdalis , etc.

i° Deltoïdes {fol. deltoïdea) , quand elles ont la figure d'un rhomboïde, dont l'angle inférieur est trèscourt, en sorte qu'elles paraissent comme triangulaires, ou approchant de la forme du delta des

(i) Obeordata. Ce mot est employé par abréviation pour obversè coruata.

FEUTLLES. 1 63

Grecs (aj. Exemple : le Mesembryanthemum deltoïdes.

3 ° Trapèzoïdes {fol. trapezoïdea ) , ayant la figure d'un trapèze, c'est-à-dire d'un quadrilatère dont les quatre côtés sont inégaux. Par exemple, plusieurs Fougères.

4° Triangidées ( Jol. triangidata) , offrant trois angles saillans.

5° Quadrangalèes {fol. quadrangulata).

H. Les feuilles simples , comme nous l'avons dit précédemment, peuvent offrir des incisions plus ou moins profondes, sans pour cela devoir être considérées comme composées. Ainsi elles peuvent être:

i° Tri/ides {fol. trifzda), i° Quadnfides {fol. quadri/ïda) , 3° Quinquèfides {fol. quinquefda) , l\° Sexfides {fol. sexfida ) , 5° Mullifides {fol. multifida ) , quand elles présentent trois, quatre, cinq, six ou un plus grand nombre de divisions étroites et peu profondes.

6° Trilobées {fol. trilobata) , 7° Quadrilobées {fol. quadrïlobata) , 8° Quinquélobées {fol. quinquelobata), 9° Muhilobées {fol. multilobata) , lorsque les divisions son : plus larges , et séparées par des sinus obtus.

r o° Tripartites [fol. tripartitd). ( Voy. pi. 3, fig. 1 5.) ii° Quadripartites {fol. quadripartita),

jG4 organes de la végétation.

i i° Quinquêpartites (fol. quinquepartitd). (Voy. pi. 3, fig. 16.)

1 3° Multipartkes (fol. multipartila ) , si les incisions sont assez profondes pour arriver jusqu'aux deux tiers au moins du limbe de la feuille.

i4° Lacimées (fol. laciniata), celles dont les divisions sont profondes et manifestement inégales , comme dans beaucoup de Synanthèrèes. (Voy. pi. 3,

i5° Palmées (fol. palmata), quand toutes les nervures, partant en rayonnant du sommet du pétiole , se dirigent chacune vers le milieu des divisions, comme dans le ricin (Ricinus communis). (Voyez pi. 3, fig. 16.)

i6° Auriculèes (fol. auriculata), offrant à leur base deux petits appendices qu'on nomme oreillettes, comme dans la sauge officinale ( Salvia offcinalis), la scrofulaire aquatique ( Scrophularia aquatica ) , etc.

in° Pandurèes ou Pandur formes (fol. pandurata, panduriformici) , approchant de la figure d'un violon, c'est-à-dire allongées, arrondies aux deux extrémités et présentant deux sinus latéraux rentrans ; par exemple , dans le Convolvulus panduratus, le Rumex pulchêr, etc.

i8° Sinuées (fol. sinuata), quand elles présentent une ou plusieurs échancrures arrondies, ou sinus en nombre déterminé.

190 Sinueuses (fol. sinuosa), présentant des sinus arrondis et des saillies également arrondies et con-

FEUILLES. l65

vexes, en nombre intéterminé: dans le chêne (Quereus robur).

20° Pinnatifides (fol. pinnatijîda), divisées latéralement en lobes plus ou moins profonds , comme dans le Polf podium vulgare, le Coronopus Ruellii.

i\° Interrompues (fol. interrupte- pinnatijîda) ; ce sont celles dont les divisions supérieures sont confluentes par leur base , tandis que les inférieures sont entièrement libres ; en sorte que ces feuilles représentent supérieurement une feuille pinnatifide, et inférieurement une feuille pinnée. Mais on ne peut les confondre avec les feuilles vraiment composées.

ii° Pectinées, ou en forme de peigne (fol. pectinata ) , feuilles pinnatifides , dont les divisions sont étroites, rapprochées et presque parallèles. Par exemple, dans X Achillœa pectinata.

iZ° Ljrées (fol. If rata), feuilles pinnatifides, terminées par un lobe arrondi, beaucoup plus considérable que les autres, comme dans la benoite (Gewn urbanuin), le radis sauvage (Raphanus Raphanistrum), êlc. (Voy. pi. 3 , fig. \l\ .)

'il\° Roncinèes (fol. runcinata) , feuilles pinnatifides, dont les lobes latéraux sont aigus et recourbés en bas. Par exemple, celles du pissenlit ( 7 ^araxacum dens leonis), du Prenanthes muralis, etc. (Voyez pi. 3, fig. i3.)

/. Quant à leur contour, ou aux modifications que présente leur bord même, les feuilles sont :

i ° Entières ( intégra ), quand leur bord se con-

l6Ô ORGANES DE LA VÉGÉTATION.

tinue sans présenter ni dents, ni incisions, ni sinus. Exemple : la pervenche ( Vinca major), le lilas, etc. (Voy. pi. 3, fig. 2, 3, 4, 5.)

■2° Erodées (fol. erosa ), présentant de petites dentelures inégales, en sorte que le bord de la feuille semble avoir été rongé par un insecte, comme celles du Sùiapis alba, etc.

3° Crénelées (fol. crenata), dont le bord offre des crénelures ou petites parties saillantes, arrondies, séparées par des angles rentrans. Par exemple, dans le lierre terrestre (Glechoma heder-acea) , le marrube blanc (Matrubium vulgare), la betoine ( Betonica officinalis ).

[\ Doublement crénelées (fol. duplicato-crenata), quand chaque crénelure principale en offre de plus petites , comme dans le Chrjsosplenium alternifolium, et Y Hjdrocotjle vulgaris . (Voy. pi. 3, fig. 9. )

5° Dentées (fol. dentata), dont le bord est découpé en petites dents aiguës, ne s'inclinant ni vers le sommet, ni vers la base de la feuille. Exemple: l'alliaire (Erysimum Alliaria) le séneçon (Senecio vulgaris), etc.

6° Serrées on Dentées en scie (fol. serratd), quand les dents sont inclinées vers le sommet de la feuille, comme dans la violette ( Viola odorata) , la viorne (Viburnum Lantana), etc. (Voy. pi. 3, fig. t.)

70 Doublement serrées (fol. duplicalo- serratd), dont chaque dentelure est elle-même serrée, comme dans le coudrier (Corjlus Avellanci), l'orme (Ulmus campes tris).

8° Épineuses (fol. margine spinosa), bordées Je dents roides, aiguës et piquantes, comme dans le houx (1 7e 'X aquifoliwn). beaucoup de chardons.

90 Ciliées (fol. ciliata), ayant le bord garni de poils disposés en série , comme les cils des paupières; par exemple, dans Y Erica tetralix , laLuzula vernalis , etc.

K. Expansion.

Les feuilles peuvent être :

t ° Planes (fol. plana) , quand leur surface n'est ni concave ni convexe : celles de la plupart des plantes.

20 Convexes (fol. convexa) , quand elles sont bombées par leur face supérieure.

3° Concaves (fol. concava), bombées par leur face inférieure , de manière à ce que la supérieure présente une cavité.

4° Gladiées ou Ensif ormes (fol. ensiformia) , comprimées fortement sur leurs parties latérales , en sorte que leurs faces sont devenues latérales, et leurs bords postérieur et antérieur , comme dans Y Iris germanica , etc.

5° Striées (fol. striata), offrant des stries en différons sens.

6° Onduleuses (fol. undulosa)^ offrant des saillies et des enfoncemens irréguliers, qu'on a comparés aux ondulations de l'eau agitée. La rhubarbe ondulée (Rheum undulatum).

l68 ORGANES DE LA VÉG^TT ION.

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