CHAPITRE PREMIER
Le péricarpe est cette partie d'un fruit mûr et parfait, formé par les parois mêmes de l'ovaire fécondé , et contenant dans son intérieur une ou plusieurs graines. C'est lui qui détermine la forme du fruit.
PÉRICARPE 3iy
Le péricarpe existe constamment. Mais quelquefois il est si mince ou tellement uni avec la graine , qu'on le distingue avec peine dans le fruit mûr. Dans ce cas, plusieurs auteurs pensant qu'il n'existait pas, ont dit que les graines étaient nues , comme dans les Labiées, les Ombeiliferes , les Synanthèrées , etc. Mais il est prouvé aujourd'hui qu'il n'y pas de graines nues, et que le péricarpe ne manque jamais.
Le péricarpe offre ordinairement sur un des points de sa surface extérieure , le plus souvent vers sa partie la plus élevée, les restes du style ou au stigmate , lesquels indiquent le sommet organique du péricarpe, et par conséquent au fruit.
Le péricarpe est toujours formé de trois parties; savoir: i° d'une membrane extérieure, mince, sorte d'épiderme qui détermine sa forme et le recouvre extérieurement, on l'appelle épicarpe; -i° d'une autre membrane intérieure qui revêt sa cavité séminifère , elle a reçu le nom & endocarpe ; 3° entre ces deux membranes se trouve une partie parenchymateuse et charnue qu'on appelle sarcocarpe. Ces trois parties réunies et soudées intimement, constituent le péricarpe.
Lorsque l'ovaire est infère, c'est-à-dire toutes les fois qu'il est soudé avec le tube du calice , Yépicarpe est formé par le tube même ou calice , dont le parenchyme se confond avec celui du sarcocarpe. Dans ce cas il est toujours facile de reconnaître l'origine de V épicarpe, car à sa partie supérieure il doit offrir , à une distance variable du point d'origine du style
et du stigmate, un rebord plus ou moins saillant, formé par les restes du limbe calycinal, qui s'est détruit après la fécondation.
Le sarcocarpe est la partie parenehymateuse dans laquelle se trouvent réunis tous les vaisseaux du fruit. Il est extrêmement développé dans les fruits charnus, tels que les pêches, les pommes, les melons , les potirons , etc. En effet toute la chair de ces fruits est formée par le sarcocarpe.
\J endocarpe, ou membrane pariétale, interne du fruit, est celle qui tapisse sa cavité séminifère. Presque toujours il est mince et membraneux. Mais il arrive quelquefois qu'il est épaissi extérieurement par une portion plus ou moins grande du sarcocarpe. Quand cette partie du sarcocarpe devient dure et osseuse , elle enveloppe la graine , et constitue ce que Ton appelle une noix ou noyau , quand il n'y a qu'une seule graine dans le fruit, et des nucules , quand il y en a plusieurs.
Lorsque le péricarpe es^see et mince, il semble au premier abord que le sarcocarpe n'existe point. Nul doute que si l'on devait toujours entendre , par ce mot, une partie épaisse, charnue et succulente, il ne manquât fort souvent. Mais le caractère propre et distinctif du sarcocarpe est d'être le corps vraiment vasculaire du péricarpe, c'est-à-dire d'être formé par les vaisseaux qui nourrissent le fruit tout entier; or, comme le péricarpe en contient toujours, le sarcocarpe existe constamment; mais quelquefois il est réduit à une très -petite épaisseur, lorsque le
fruit étant parvenu à sa parfaite maturité , s'est déjà desséché. Cependant si Ton examine le péricarpe avec attention, on verra , entre Yépicarpe et Y endocarpe, des vaisseaux rompus qui servaient à les unir l'un à l'autre , et qui sont les vestiges du sarcocarpe. Car, comme cette partie est toujours abreuvée de sucs aqueux avant la maturité du fruit , le fluide qu'elle renferme s étant évaporé, elle semble, au premier abord, avoir disparu et ne plus exister.
La cavité intérieure du péricarpe , ou celle qui renferme les graines , peut être simple; dans ce cas , le péricarpe est dit uniloculaire {pericarpium uniloculare) ou à une seule loge ; comme par exemple dans le pavot {Papaver somniferurn). D'autres fois il y a un nombre plus ou moins considérable de loges ou cavités partielles ; de là les noms de biloculaire, Iriloculaire , quinquéloculaire , mulliloculaire, donnés au péricarpe , suivant qu'il présente deux, trois, cinq ou un grand nombre de loges distinctes.
Les loges d'un péricarpe sont séparées les unes des autres par autant de lames verticales qui prennent le nom de cloisons (dissepimenta).
Toutes les véritables cloisons n'ont qu'une seule manière de se former : Vendocarpe se prolonge dans l'intérieur de la cavité péricarpienne , sous forme de deux processus lamelleux, adossés l'un à l'autre , et sont réunis ensemble par un prolongement ordinairement fort mince du sarcocarpe. Tel est le mode de formation de toutes les cloisons vraies. Celles qui
33o ORGAN1.S DE LA FRUCTIFICATION.
ne sont pas formées de cette manière , doivent être considérées comme de fausses cloisons.
Il arrive quelquefois, dans certaines cloisons , que la partie parenchymateuse du sarcocarpe , qui unit les deux feuillets de X endocarpe, se dessèche; alors ces deux laines se dessoudent et s'écartent sensiblement l'une de l'autre, en sorte qu'elles paraissent au premier coup d'œil augmenter le nombre des loges du péricarpe. Mais on reconnaîtra facilement cette désunion , en observant que les deux feuillets de X endocarpe offrent un de leurs côtés parsemé de vaisseaux rompus.
Outre leur mode d'origine et de formation, un autre caractère distinclif des cloisons vraies , c'est qu'elles alternent constamment avec les stigmates ou leurs divisions.
Certains fruits, au contraire, présentent de fausses cloisons dans leur cavité intérieure. Tels sont ceux de quelques Crucifères , de beaucoup de Cucurbilacées , du pavot , etc. On distinguera les fausses cloisons des vraies, i° en ce qu'elles ne sont pas formées par une duplicature de Xendocarpe proprement dit; 2° parce que le plus souvent elles répondent à chaque stigmate ou à chacune de ses divisions, au lieu de leur être alternes, comme les véritables cloisons.
Les cloisons sont distinguées encore en complètes et en incomplètes. Les premières sont celles qui s'étendent intérieurement depuis le haut de la cavité du péricarpe jusqu'à sa base , sans nulle interruption.
PÉRICARPE. 33 r
Les secondes , au contraire , ne sont pas continues de la base au sommet, en sorte que les deux loges voisines communiquent entre elles. Le Datura stramonium nous offre un exemple de ces deux espèces de cloisons réunies dans le même fruit. Si on le coupe transversalement, il offre quatre loges et par conséquent quatre cloisons. Mais de ces cloisons , deux seulement sont complètes; les deux autres n'atteignent pas le sommet de la cavité intérieure du péricarpe ; elles ne s'élèvent que jusqu'aux deux tiers de sa hauteur, et laissent communiquer ensemble, par leur partie supérieure, les deux loges qu'elles séparent inférieurement.
Pour arriver facilement à reconnaître et à dénommer avec exactitude les différentes parties qui composent le péricarpe, et les distinguer de celles qui appartiennent à la graine, il est très - important d'établir la juste limite entre ces deux organes. Toute graine devant recevoir sa nourriture du péricarpe, il suit de là nécessairement qu'elle doit communiquer avec lui par quelqu'un des points de sa surface. Ce point a été nommé hile ou ombilic par les botanistes. Le hile doit donc être considéré comme la limite précise entre le péricarpe et la graine; c'est-à-dire que toutes les parties qui se trouvent en dehors et au-dessus du hile appartiennent au péricarpe , et qu'au contraire on doit regarder comme faisant partie de la graine , toutes celles qui sont situées au-dessous du hile.
Les graines sont attachées au péricarpe, sur un
33a ORGANES DE LA FRUCTIFICATION.
corps charnu particulier, de grandeur et de forme variables , auquel on donne le nom de trophosperme (i). Dans le point intérieur du péricarpe, où une graine est attachée à un tropho sperme , Xendocarpe est toujours percé, parce que le sarcocarpe, étant la seule partie vasculaire du péricarpe, et pouvant seul fournir les matériaux nécessaires à la nutrition de la graine, il faut que X endocarpe offre une ouverture , pour laisser passer les vaisseaux qui arrivent à cet organe.
Le trophosperme ne porte quelquefois qu'une seule graine; d'autres fois il en porte un grand nombre. Quand sa surface offre des prolongemens manifestes , dont chacun soutient une graine; on appelle ces prolongemens podospermes ; comme , par exemple , dans les Légumineuses , les Caryophyllées , les Portulacées , etc.
Le trophosperme , ou le podosperme , s'arrêtent ordinairement au contour du hile de la graine. Lorsqu'ils se prolongent au delà de ce point, de manière à recouvrir la graine dans une étendue plus ou moins considérable, ce prolongement' prend le nom iïarille.
Uaril/e n'étant qu'une expansion au trophosperme, appartient, non point à la graine, comme on le dit généralement, mais au péricarpe.
Examinons successivement les différentes parties internes du péricarpe ; savoir : les cloisons, le trophosperme, X aride.
(i) Placenta des auteurs
§ i. Des Cloisons.
Nous avons déjà dit précédemment qu'on a donné le nom de cloisons à des parties très-différentes les unes des autres; mais nous avons indiqué en mêmetemps la manière dont les vraies cloisons sont formées. Toutes celles donc qui ne présenteront point une semblable organisation , c'est-à-dire qui ne seront pas constituées par deux feuillets saillans de X endocarpe, réunis par un prolongement du sarcocarpe, devront être considérées comme de fausses cloisons.
Les cloisons sont le plus souvent longitudinales, en sorte qu'elles s'étendent de la base vers le sommet de la cavité péricarpienne.
Dans quelques cas très-rares, comme dans la casse {^Cassia fîstula) ,et quelques autres Légumineuses, elles sont transversales.
Les cloisons , comme nous l'avons déjà dit , ont été distinguées encore en complètes et en incomplètes. Nous ne reviendrons point sur cette distinction , que nous avons suffisamment définie.
L'origine des cloisons fausses est extrêmement variable. Tantôt , en effet , elles sont formées par une saillie plus ou moins considérable du trophosperme , comme dans le pavot; tantôt, au contraire, elles sont produites par les bords rentrans des valves du péricarpe, etc.
§ i. Du Trophosperme.
Le trophosperme est cette partie du péricarpe à
laquelle les graines sont attachées. Quelquefois il offre à sa surface un nombre plus ou moins grand de petits mamelons saillans , portant chacun une seule graine, et auxquels on donne le nom àepodos* penne.
Lorsqu'un péricarpe est pluriloculaire , le trophosperme occupe ordinairement son centre, et. alors on l'appelle central; dans ce cas, il est formé par la rencontre et la soudure des cloisons , et présente dans l'angle rentrant de chaque loge, une saillie plus ou moins considérable.
La. forme du trophosperme est très-variée. Il est sphérique et presque globuleux dans beaucoup de Primulacées , dans X Anagallis aivensis , par exemple, etc.
Cylindrique, dans plusieurs Caryophyllèes , tels que le Silène armeria, le Cerastium arvense, etc.
Trigone, dans le Polemonium cœruleum.
Rayonnant {^radiatum^ , comme dant les Cucurbitacées, etc.
Suivant sa consistance , le trophosperme peut être :
Charnu; tel est celui de la rue [Ruta graveolens\ du Saxifraga granulata. Il est quelquefois coriace et dur, comme dans le pavot.
Subéreux, ou ayant la consistance du liège, comme dans la stramoine ( Datura siramonium), le tabac ( TSicoiiana tabacum ) , etc.
Suivant sa position , on dit qu'il est central ou axillaire, quand il occupe le centre ou l'axe du péri-
carpe. Par exemple, dans les Campanules, la digitale , etc.
Pariétal, attaché aux parois des loges du péricarpe. Dans ce cas, il est appelé unilatéral, quand il est attaché d'un seul côté du péricarpe, comme dans la plupart des Légumineuses et des Apocinèes.
Bilatéral, attaché à deux des cotés de la cavité intérieure du péricarpe, comme dans les Groseillers , etc.
hepodosperme offre aussi des formes très-variables; quelquefois il est grêle et filiforme , comme dans la giroflée, le groseiller à maquereau, le frêne, etc.
Unciforme, ou en forme de crochet, dans X Acanthus mollis , etc.
D'autres fois, au contraire , il est plus épais et plus gros que la graine.
§ 3. De rjrille.
Uarille, avons-nous dit, appartient essentiellement au péricarpe, puisqu'il n'est qu'un prolongement du trophosperme. C'est donc à tort qu'un grand nombre de botanistes le considèrent comme faisant partie de la graine , sur laquelle il est simplement appliqué sans y adhérer aucunement, excepté parle contour du hile.
Peu de parties, dans les végétaux, offrent autant de variétés d-ans leur forme et leur nature, que Yarille. Aussi , est-il très-difficile d'en donner une définition rigoureuse, et qui soit applicable à tous les cas.
Dans le muscadier ( Mjristica qfficinalis) , Xarille forme une lame charnue, d'un rouge clair, découpée en lanières étroites et inégales : c'est cette partie qui est usitée en pharmacie , et connue sous le nom de macis. Le Polygala vulgaiis a un arille trilobé, peu développé , formant une sorte de petite couronne à la base de la graine. Dans le fusain ordinaire ( Evenymus européens ) , et le fusain à larges feuilles ( Evonymus latifolius ), Xarille , de couleur orangée, enveloppe et cache la graine de toutes parts; dans le fusain à bois galeux ( Evonymus verrucosus ) , il forme une cupule irrégulière , ouverte supérieurement.
D'après le petit nombre d'exemples que nous venons de citer, on voit que cet organe est extrêmement variable, tant dans sa couleur que dans sa forme et sa consistance. Mais son point d'origine étant le même dans tous les cas, il sera toujours facile de le reconnaître, malgré les nombreuses formes sous lesquelles il peut se présenter.
Plusieurs parties ont été souvent prises pour des arilles. Ainsi, i° la partie extérieure manifestement charnue, du tégument propre de la graine, dans le jasmin, le Tabernœmontana , etc.; i° l'endocarpe, comme dans le café (Coffœa arabica) , les Rutacées, tic.
Une loi , jusqu'à présent reconnue générale, c'est-àdire à laquelle il ne s'est point encore présenté d'exception , c'est que Y arille ne se rencontre jamais dans des plantes dont la corolle est monopélale. Le Taber-
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nœmontana semblait en quelque sorte contredire cette loi; mais, mieux examiné, son prétendu arillenest que la partie extérieure du tégument propre de sa raine , qui est molle et charnue.
Nous venons d'étudier les parties constituantes du péricarpe ; savoir : les cloisons, les loges, le trophosperme et l'arille ; revenons maintenant à d'autres considérations sur le péricarpe en général.
On distingue dans le péricarpe, comme dans l'ovaire, i° sa base, ou le point par lequel il est fixé au réceptacle ou au pédoncule; 20 son sommet, qui est indiqué par la place qu'occupait le siyle ou le stigmate ses-sile ; 3° enfin, son axe. Quelquefois cet axe est matériel, et existe réellement : on lui donne le nom de columeUe. D'autres fois, au contraire, il est fictif et rationnel, c'est-à-dire qu'il est représenté par une ligne imaginaire, dirigée de la base vers le sommet du péricarpe , qui passerait par son centre. La columelle forme une sorte de petite colonne, sur laquelle s'appuient, les différentes pièces du fruit, et qui persiste au centre du péricarpe , quand cellesci viennent à tomber : par exemple, dans les Euphorbes, les Ombelliferes , etc.
Les graines étant renfermées dans le péricarpe , il faut, pour qu'à l'époque de leur maturité elles puissent en sortir, que celui-ci s'ouvre d'une manière quelconque. On donne le nom de déhiscence à l'action par laquelle un péricarpe s'ouvre naturel-
lement. Cependant, il est des péricarpes qui ne s'ouvrent pas. On leur a donné le nom (ïindéhiscens; tels sont ceux des Sjnanthérées , des Labiées, des Graminées , etc.
Parmi les péricarpes qui s'ouvrent naturellement à l'époque de la maturité, on distingue, i° ceux qui se rompent en pièces irrégulières , dont le nombre et la forme sont très- variables. On les appelle péricarpes ruptiles; i° ceux qui ne s'ouvrent que par des trous pratiqués à leur partie supérieure, comme dans les Antirrhinum ; 3° ceux qui s'ouvrent à leur sommet par des dents d'abord rapprochées, qui s'écartent les uns des autres, telles sont beaucoup de Carjophjllées; 4° enfin ceux qui se partagent en un nombre déterminé de pièces distinctes ou panneaux qu'on appelle valves, sont les péricarpes vraiment déhiscens. Le nombre des valves d'un péricarpe est toujours annoncé par le nombre de sutures longitudinales, que l'on remarque sur sa surface extérieure. Les véritables valves sont toujours en nombre égal aux loges du péricarpe. Ainsi, un fruit déhiscent, qui est quadriloculaire , sera également à quatre valves. Cependant il y a quelques exceptions. La capsule de la violette est à une seule loge et s'ouvre en trois valves.
Mais, dans quelques fruits, chacune des valves se partage en deux pièces, en sorte que leur nombre paraît double de celui qui devrait naturellement exister.
Un péricarpe est appelé bivalve ( pericarpiwn bi-
péricarpe. 33g
valve), quand il se partage de lui-même en deux valves égales et régulières , comme dans le lilas ( Syringa vulgaris ) les véroniques , etc.
Trivalve (pericarpium trivalvè), celui qui s'ouvre en trois valves. Tels sont ceux de la tulipe, du lis, des violettes, etc.
Quadrwalve, ou à quatre valves (pericarpium quadrivalvè), comme dans les épilobes.
Qirinquèvalve (pericarpium quinquevalvè) , celui qui s'ouvre en cinq valves.
Mullivalve {pericarpium multivalve) , quand il se partage en un nombre plus considérable de valves ou segmens distincts.
La déhiscence valvaire peut se faire de différentes manières , relativement à la position respective des valves avec les cloisons. De là on a distingué trois espèces de déhiscence volvaire.
i° Ou bien cette déhiscence se fait par le milieu des loges, c'est-à-dire entre les cloisons qui répondent alors à la partie moyenne des valves (valvis medio septiferis) ; on l'appelle loculicide, comme dans la plupart des Éricinées.
i° D'autres fois la déhiscence a lieu vis-à-vis les cloisons, iqu'elle partage le plus souvent en deux lames. On la nomme alors seplïcide, comme, par exemple , dans les Scrophularinées , les Rhodoracées, etc.
3° Enfin, elle a reçu le nom de déhiscence septifrage , quand la rupture a lieu vers la cloison , qui reste libre et entière au moment où les valves se
séparent , comme dans les Bigiwnia , le Callwia i^Erica vulgaris).
Le péricarpe, ou le fruit considéré dans son ensemble, est un des organes dont les formes sont les plus nombreuses et les plus variées. Ainsi, il est souvent Sphéroïdal et arrondi, comme dans la pêche, l'abricot, l'orange, etc.
Ovê, comme celui d'un grand nombre de chênes, etc.
Lenticulaùv , c'est-à-dire approchant de la forme d'une lentille, comme dans un grand nombre iïOmbelliferes.
Prismatique, c'est- «à-dire ayant la forme d'un prisme à plusieurs faces, comme dans XOxalis.
Son sommet peut être aigu ou obtus; quelquefois le style persiste et forme sur le fruit une pointe plus ou moins remarquable. D'autres fois, c'est le stigmate qui acquiert un développement plus grand, comme dans la plupart des clématites, et beaucoup d'anémones, où. il forme des espèces d'appendices plumeux au sommet du fruit.
Le fruit peut être couronné par les dents du calice, quand l'ovaire est infère ou pariétal, comme dans la grenade (Punica Granaluni), la pomme, la poire, etc.
D'autres fois, il est surmonté par une aigrette (pappus), petite touffe de poils soyeux, qui doit être regardée comme un véritable calice. C'est ce que l'on observe dans presque toutes les espèces de la nombreuse tribu des Synanthêrèes . On tire de la forme et de la structure de ïaigrette de fort bons caractères génériques.
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Ainsi, cette aigrette peut être sessile (pappus sessilis), c'est-à-dire immédiatement appliquée sur le sommet de l'ovaire, sans le secours d'aucun corps intermédiaire, comme dans les genres Hieracium , Sonchus , Prenanthes , etc. (Voy. pi. 8, fig. 12.)
Dans d'autres genres, au contraire, elle est portée sur une espèce de petit pivot ou support particulier qu'on appelle stipes , et X aigrette est dite stipitée (pappus stipitaius), comme dans les genres Lactuca, Tragopogon , etc. (Voy. pi. 8, fig. i3.)
Les poils qui composent Yaigrette peuvent être simples et non divisés; dans ce cas, Yaigrette est dite simplement poilue (pappus pilosus), comme dans le Lactuca , le Prenanthes ( Voy. pi. 8 , fig. i3.)
D'autres fois ils sont plumeux, c'est-à-dire offrant sur leurs parties latérales d'autres petits poils plus fins , plus déliés et plus courts , de manière à ressembler aux barbes d'une plume. YJaigrette alors est appelée pluvieuse (pappus plumosus), comme dans les genres Leontodon , Tragopogon, Picris , Ciriàra, etc. (Voy. pi. 8, fig. lia.)
Dans les valérianes, Yaigrette , qui n'est manifestement que le limbe du calice , est d'abord roulée en dedans de la fleur, et se montre sous la forme d'Un petit bourrelet circulaire à la partie supérieure de l'ovaire; mais quelque temps après la fécondation on voit ce calice se dérouler , s'allonger et former une véritable aigrette plumeuse.
Le péricarpe présente encore assez souvent des espèces d'appendices membraneux en forme d'ailes,
comme dans l'orme, les érables. ( Voyez pi. 8, fïg. 6). D'après le nombre de ces appendices, il est dit : diptère, triptere, tètraptère , etc. Beaucoup de genres de la famille des Sapindacées et des Acérinées offrent des exemples de ces différentes espèces de fruits.
D'autres fois il est couvert de poils longs et rudes? ressemblant à une sorte de filasse, comme dans le Lontarus; ou même il est hérissé d'épines , comme le marronier d'Inde, la pomme épineuse (Datura stramonium) , etc.
L'organisation du péricarpe et de la graine étant une des parties les plus difficiles de la botanique, afin de bien faire concevoir les différens organes que nous venons de décrire dans ce chapitre, nous allons faire l'analyse de quelques fruits très-connus, et dénommer les différentes parties qui les composent; après quoi nous résumerons en peu de mots les objets que nous aurons successivement étudiés.
Prenons le fruit du pêcher {Amygdalus persica) pour exemple. (Voy. pi. 8, fig. 8.)
Le fruit étant essentiellement composé de deux parties, savoir: An péricarpe et de la graine , il s'agit d'abord de distinguer ces deux parties l'une de l'autre. Nous savons que la graine est toujours contenue dans l'intérieur du péricarpe ; cherchons donc à la trouver au centre de cet organe. Si nous coupons une pêche en deux, nous verrons son centre occupé par une cavité ou loge, renfermant une seule graine, rarement deux. La graine une fois reconnue , tout
te qui est en dehors d'elle appartient au péricarpe. Voyons à dénommer ses différentes parties. Nous trouvons d'abord, tout-à-fait à l'extérieur, une pellicule mince, colorée, couverte d'un duvet très-court qu'on enlève facilement : c'est Xèpicarpe. La cavité intérieure du péricarpe est tapissée par une autre membrane lisse, intimement unie et confondue avec la partie dure qui forme le noyau, c'est X endocarpe. Toute la partie épaisse, charnue, parenchymateuse, renfermée entre cette dernière membrane et Xépicar* pe , forme le sarcocarpe. Mais à laquelle de ces trois parties appartient le noyau osseux qu'on trouve à l'intérieur? Est-ce, comme on l'a cru long-temps, un tégument propre de la graine, un endocarpe épais et ligneux, ou bien fait-il partie du sarcocarpe ? 11 nous sera très-facile de résoudre ces questions. En effet, examinons comment s'est formée cette partie osseuse. Si nous prenons une jeune pêche , long-temps avant l'époque de sa maturité, que nous la coupions en travers, nous n'éprouverons aucune résistance; il n'y aura point encore de noyau solide. Or, à cette époque , les trois parties du péricarpe sont extrêmement distinctes les unes des autres, et Xendocarpe est évidemment ici sous forme d'une simple membrane appliquée sur le sarcocarpe. Mais peu de temps après on voit la partie du sarcocarpe la plus voisine de cette membrane intérieure devenir successivement plus blanche , plus serrée, et passer graduellement par tous les degrés intermédiaires, avant d'acquérir la solidité osseuse qu'elle offre à l'époque de sa màtu-
rite. Or, dans ce cas, quoique cette portion du sarcocarpe se soit intimement unie et confondue avec Y endocarpe, elle ne doit cependant être rapportée en aucune manière à ce dernier, mais bien au sarcocarpe, puisque réellement elle est formée par lui. Le noyau , ou la partie osseuse que l'on trouve au centre de la pêche, est donc formé par Yendocarpe, auquel s'est jointe une portion ossifiée du sarcocarpe. Ge que nous venons de dire de la pêche est également applicable à j'abricot, la prune, la cerise, l'amande, etc. , etc.
Si nous prenons le fruit du pois ordinaire (Pisum sativimi) ( voy. pi. 8 , fig. 3 ) , connu sous le nom de gousse, et que nous l'analysions, nous trouverons d'abord :
Que ce fruit est allongé et comprimé de manière à présenter deux bords tranchans , sur lesquels régnent deux sulures longitudinales ; ce qui nous indique qu'il s'ouvrira à la parfaite maturité, en deux segmens ou valves ; c'est donc un péricarpe bivalve. Si nous le coupons longitudinaîement, nous n'y verrons qu'une seule cavité intérieure, renfermant huit à dix graines, c'est-à-dire, qu'il est uniloculaire, polysperme. Les graines sont toutes fixées , du coté de la suture supérieure, à une espèce de petit rebord épais , régnant tout le long de cette suture , et offrant un petit prolongement distinct pour chaque graine. Tout ce qui est en dehors de la graine fait partie du péricarpe. Dénommons ces parties. Tout- à-fait à l'extérieur se trouve une membrane mince, très-
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adhérente à la partie sous-jacente; c'est Yépicarpe. La cavité intérieure est tapissée par une autre membrane, un peu moins intimement adhérente; c'est V endocarpe. La partie charnue, verte, vasculeuse qui se trouve entre ces deux membranes, quoique peu épaisse, constitue le sarcocarpe. Le petit bourrelet longitudinal, qui descend le long de la suture, et auquel sont attachées les graines, est le trophospei'ine. Chaque prolongement de ce corps, particulier à chaque graine, est un podosperme.
En résumé, nous voyons que le péricarpe est cette partie du fruit qui forme les parois de la cavité simple ou multiple dans laquelle sont contenues les graines; qu'il se compose constamment de trois parties; savoir: i ° de Yépicarpe , ou membrane qui le recouvre extérieurement; 20 de Y endocarpe , ou membrane pariétale interne tapissant sa cavité intérieure; 3° d'une partie plus ou moins épaisse et charnue , quelquefois cependant mince et peu apparente , mais toujours vasculaire , que l'on nomme sarcocarpe : que souvent le péricarpe est partagé intérieurement par des cloisons en un nombre plus ou moins considérable de loges, nombre d'après lequel il est appelé biloculaire, quadrdoculaire , mulliloculaire, etc.1,e point de la cavité péricarpienne, auquel sont attachées les graines , offre un renflement charnu plus ou moins développé, provenant du sarcocarpe, qui a reçu le nom de trophosperme : on appelle, au contraire, podosperme chaque petit mamelon du trophosperme portant une seule graine. Quand le trophosperme ou
\e podosperme recouvrent la graine de manière à l'embrasser dans une étendue plus ou moins grande , ce prolongement particulier porte le nom à'arille.
Toiles sont toutes les parties qui entrent dans la composition du péricarpe. Étudions maintenant la graine.