section du cordontesticulaire pourrait
en beaucoup de cas, être pratiquée immédiatement avec des ciseaux, sans que l’hé-
morragie provenant de l'artère spermatique entrainât des conséquences funestes.
Des exemples de sujets qui ont guéride la
castration volontaire témoignent a ce fait ; g mais les exemples non moins nombreux de
suicides ainsi opérés démontrent le danger qui s’attacherait à une aussi imprudente méthode. Il est donc indispensable de s’assurer d’abord du cordon testiculaire.
Pour cela , on l’a compris en masse , avant
de le diriaées dans une ligature fortement |
serrée , placée plus ou moins haut.
D’autres chirurgiens, voulant lier séparément les artères, ont fait tenir d’abord la portion abdominale du cordon entrelesdoigts d’un aide, puis l’ont coupé, et ont saisi ayec des pinces les orifices béants des vaisseaux, Redoutant de voir la tige séminale s’échapper des doigts qui la retenaient , on a imaginé de jeter sur elle une ligature d’attente, qui devait être ôtce après la ligature isolée des artères.
Entre ces deux méthodes, de la ligature en masse et de la ligature isolée des vaisseaux, cette À me semble de beaucoup préférable. L'autre a réussi ; dira- “t-on; elle a été pratiquée vingt, trente ou qua:
rante fois sans qu'il en soit résulté d'accident graye. Je concéderais, bien que Je fusse en droit de le contester, que l’obser-
vation est exacte, quant au fait et aumombre des sujets sur Assquelsé il a été remarqué, que le principe n’en demeurerait pas ? moins victorieux. L'expérience de toute la: chirurgie démontre, en effet, que plus les ligatures artérielles baston de parties hétérogènes , veineuses , celluleuses, le tes.
nerveuses ou autres, plus elles exposent à des accidents variés et graves; tandis que le degré d'isolement des vaisseaux donne
assez bien la mesure de leur innocuité, Comment cette règle, générale, absolue, sans exception ns ice: se trouverait- le fausse, lorsqu'il s’agit d’un organe aussi important et lié aux yiscères abdominaux et aux parois abdominales par des connexions aussi étroites que le cordon testiculaire ? Je ne l'ai vu lier en masse qu’une seule fois, et le malade succomba à une mflammaiion flegmoneuse développée entre les muscles du bas-ventre, ainsi que dans le tissu cellulaire sous-péritonéal.
IL semble done rationnel de ne lier que les artères spermatiques. Mais les' doigts d’un aide peuvent laisser s'échapper le cordon , entrainé vers l'abdomen par son élasticité après l’ablation de la tumeur qui l’ayait allongé en bas. La ligature d'attente, si elle n’est pas serrée, ne présentera pas plus de sûreté que les doigts , et si elle l’est, elle agira comme ligature définitive. Le moyen le plus sûr consiste à tenir la tumeur
cer sous le cordon le doigt indicateur de cette main, et à diviser. successivement les éléments de la tige séminale , de telle sorte que les branches artérielles , ordinairement au nombre de deux , soient saisies aussitôt après leur section , et que, jusqu’ à la fin,
les portions encore épargnées de gs s'opposent à la rétraction du reste. Si le chirurgien ne se croit pas encore, malgré cette précaution , à l'abri de tout pe ps,
il peut glisser, entre les élémenis du cor-
don, la tige d’un ténaculum, laquelle, placée en trayers, s’opposera à toute rétraction jusqu’ à RTE et solide oblitération des vaisseaux. J’emploie depuis très-longtemps ce procédé, qui me paraît aussi simple que sûr.
Si l'altération du cordon testiculaire s’étendait dans le canal inguinal, il serait ‘indispensable d'inciser l'anneau du grand oblique ,«en dehors, et de remonter, par tune dissection attentive, jusqu'au-dessus des limites du mal. Ceite conduite a été plusieurs fois suivie de succès; mais elle exige que l'examen le plus minutieux ait, | aupréalable, démontré que l’engorgement ne s'étend pas au delà des points que l’in- | Strument peut atteindre.
dans la paume de la main gauche, à avan-
LÉSIONS DU TESTICULE. | 219
Il importe , plus qu’on ne serait tenté de le croire au premier. abord, de rechercher, après l’entiére ablation du testicule cancéreux , tous les orifices vasculaires susceptibles de fournir du sang. L’attention du chirurgien doit se diriger principalement sur bio inférieur, sur le côté interne et sur la partie supérieure de la plaie. En bas ,des rameaux de l'artère superficielle du périnée ; en dedans, des filets des artères de la cloison ; en haut , des branches plus importantes des artères génitales externes :
telles sont les diverses sources de l’hémorragie qui peut survenir. On ne doit pas être parfaitement tranquille aussi longtemps que les artères qui ont fourni un jet durant l'opération , et sur lesquelles on a fait.placer le doigt d’un aide , n’ont pas été liées. Considérable est le. nombre . des hémorragies secondaires, inquiétantes, et même graves , qui ont succédé à des pansements faits ayant leur ligature. Aucune plaie peut-être n'expose plus que celle qui résulte de l’opération du sarcocele à ce penre d'accident, et en aucun cas le précepte de Dupuytren concernant les pansements tardifs à la suite des opérations, n’est d’une application plus ulile. |
Lorsque la plaie, ainsi que les parties environnantes, ont été nettoyées du sang qui les souillaient, les bords de la division doivent être rapprochés. La suture, conseillée alors et quelquefois pratiquée, est parfaitement inutile. Un linge fenètré, enduit de cérat ou de styrax, afin de le rendre plus adhésif, suflit pour opérer un rapprochement exact; quelques gâteaux decharpie, des Be pren et un suspensoir, formé , selon le précepte de M. Larrey , au moyen d’une compresse long uette, dont la partie moyenne est placée sous le A4" et retenue par les sous- cuisses tandis que ses chefs vont se bxengune ceinture disposée autour du bassin , complètent l'appareil.
On a proposé de placer l'incision du scrotum en arrière, afin de rendre la cicatrice moins palin» et de favoriser l'écoulement du pus. Mais, d’une part, en, rolonpeant. assez loin, en bas, la section antérieure de la peau, le pus, s’il s’en forme abondamment , s'écoule toujours sans difi-
culté, et, de l’autre, la cicatrice disparait dans les rides du scrotum, ou reste sans importance. On a proposé aussi d'embrasser le sarcocéle avec la main gauche et de le tirer en avant, tandis qu’un aide retiendrait le scrotum en arrière , puis de retrancher d’un seul coup la tumeur , de bas en haut. Ce procédé, imité de celui que les maniaques emploient sur eux-mêmes, est indigne d’une chirurgie éclairée. Enfin, la, ligature isolée des artères spermatiques, conseillée par M. Maunoir, dans l'intention d’atrophier le testicule et de le ramener à son volume normal, n’est pas entrée dans le domaine usuel de l’art. Comment admettre, en effet, que cette opération puisse changer la texture d’une masse tuberculeuse, d’un fongus hématode, d’un amas de matiére cérébriforme , et redonner à l’organe sa texlure primitive ?
La ligature du canal déférent, proposée par M. Morgan, serait plus sûrement impuissante encore , et doit rester dans l'oubli où elle est déjà plongée.
Au sarcocèle on peut opposer en quelque sorte l’atrophie du testicule, maladie fort rare, et dont la cause immédiate n’est pas bien connue. Elle se manifestait assez fréquemment , au rapport d’'Hippocrate , chez les Scythes. Plusieurs sujets en ont été affectés pendant notre expédition de Syrie.
Pott l’a vue survenir à l’occasion d'irritation aiguë du testicule ; il croyait avoir remarqué qu’elle succède quelquefois à l’application trop prolongée des résoluufs et des astringents sur le scrotum. Chez deux soldats sur lesquels je l’ai observée , cette maladie avait été occasionnée par des excès vénériens portés très-loin. Sur un d'eux, spécialement, le testicule était réduit à une sorte d’ampoule, ou de coque, flasque, molle, vide, appendue, comme un léger renflement membraneux , au cordon testiculaire , lequel était sans altération, quoique diminué de volume. Chez certains su- Jets, la réduction et la fonte du testicule se sont opérées sans douleur ; chez d’autres, des élancements pénibles, continuels , accompagnés de tristesse et de brisement des forces, ont accompagné la maladie. Cette atrophie ne se borne pas toujours à l’un des
organes sécréteurs du sperme, mais les atteint successivement. Les opiacés , les astringents , les toniques , aussi bien que les émollients, sont sans efficacité pour ensus® pendre les progrès, et, jusqu’à présent, la chirurgie ne peut, du moins à ma connaissance, lui opposer aucun traitement autre que quelques palliatifs d'une efficacité trèsdouteuse.
J’observe en ce moment, pour la seconde fois, une double inflammation aiguë de la tunique vaginale. La maladie est survenue spontanément. La tumeur est molle , ronde, chaude, fluctuante, accompagnée de rougeur à la peau et d’une légère infiltration dans le tissu cellulaire sous-cutané. Les bourses sont flasques et relâächées ; la douleur est peu intense; les cordons testiculaires sont intacts ; opposée à la lumière, un
des côtés est transparent, tandis que l’au-
tre, où l'irritation est plus vive et le liquide épanché dans la tunique plus abondant,
reste opaque. On croirait à l'existence d’une.
double orchite aiguë, si le peu de pesanteur de la tumeur , sa mollesse , sa forme ovoïde et l'aspect particulier du scrotum ne vevaient détruire cette première idée. Des émollients d’abord , et ensuite des topiques résolutifs, ont suit dans le premier cas , et paraissent devoir être encore cette fois suffisants pour procurer la cessation de la phlogose, ainsi que la résorption du liquide accumulé dans la tunique vaginale.
Pott a décrit, sous le titre de cancer des | ramoneurs, une ulcération chancreuse du”
scrotum , à laquelle les ramoneurs de Lon-
dres sont très-exposés, et qui semble dé- .
pendre de l'impression faite sur eux par la
suie du charbon minéral. Cette maladie, suivant M. Earle, n’affecte , en général, que les sujets de trente à quarante ans. Elle débute par une excroissance verruqueuse, qui
dégénère, après un temps variable, en un.
ulcère cancéreux , ordinairement plc sous le scrotum , et quelquefois à ties du corps. Le testicule est, tains sujets , envahi par cette diféction qui, si elle résiste aux applications adoucissanies , au repos , aux soins de la plus grande propreté, exige l’ablation de la portion ulcérée des tésuments,
à d’autres par-à chez cer- :