‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoireChapitre 110 sur 322 · AFFECTIONS DU PÉNIS · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DU PÉNIS

Le tissu cellulaire abondant et séreux qui entre dans la composition des bourses est exposé à devenir le siége d’engorgements Jymphatiques et d’une dégénérescence analogue à celle qui constitue l'éléphantiasis.

Les testicules demeurent presque toujours sains alors , au milieu du développement, quelquefois énorme, de leurs enveloppes.

Dionis , Sandifort, MM. Larrey, Clot-Bey et d’autres chirurgiens, ont rapporté des exemples de cette singulière affection. Les tissus qui en sont le siége paraissent infiltrés d’une lymphe épaisse , qui les distend, les solidifie et se confond avec eux. Lä verge est rapidement attirée dans la tumeur; qui a constamment pour cause l'irritation chronique des parties qu’elle envahit. Le traitement qu’il convient d'opposer à cette affection se compose d’applications émol- lientes, de saignées locales fréquemment reitérées, de bains, de révulsifs, de la ‘compression, etc. Si ces moyens ne réussissent pas , on doit retrancher les parties affectées, en conservant des lambeaux suffisants pour recouvrir les organes dépouillés, Ces opérations ne sont pas susceptibles de descriptions spéciales, parce qu’elles doivent être modifiées suivant les dispositions des parties malades. Imbert de Lonnes emporta une de ces tumeurs qui pesait envi- -ron vinot-sept livres; une autre tumeur, retranchée par Delpech , avait un poids de cinquante- six livres. M. Clot-Bey a eu l'occasion de pratiquer, en Égypie, une opération du même genre.

Il convient de rappeler à ce sujet, qu’alors même qu'il serait impossible de former des lambeaux suffisants pour recouvrir les testicules mis à découvert, ceux-ci ne devraient pas être retranchés. On les recouvrirait de linges fenêtrés enduits de cérat ; et l’expérience fournie par la Sanbrene spontanée du scrotum , à la suite de fièvres graves, démontre qu ‘ils ne tarderaient pas à se recouvrir d’une cicatrice reproduisant leur enveloppe. J'ai en ce moment sous les yeux un homme chez lequel cette reproduction s'est opérée de la manière la plus complète et la plus heureuse.

Les femmes ne sont pas exemptes de la maladie qui nous occupe; elle envahit quel-

quefois les grandes lèvres de la vulve, et M. Talrich, de Perpignan , a excisé, avec

le plus grand succès , une tumeur de ce genre qui avait son siége à ces parties.

If. arrEcrIoNS pu PÉNIS,

Chez quelques sujets, le frein qui unit le prépuce au gland étant trop long et trop dense, l'extrémité de la verge se trouve, durant l'érection , tiraillée en bas, et l’éjaculation directe est empèéchée : un coup de ciseaux remédie à cet état. Si une hémorragie succédait à cette légère opération, il faudrait l'arrêter en cautérisant l’orifice du vaisseau ouvert.

Chez les sujets dont l'ouverture du prépuce est fort étroite, l'urine, avant de sortir, s’'accumule dans cette poche, la distend et y forme assez fréquemment des calculs plus ou moins considérables. Ces pierres , fixées à l'extrémité de la verge, ere quelquefois un très-prand volume; j’en ai possédé une qui avait la grosseur un œuf de pigeon, et qui était creusée à son centre pour recevoir le gland. Fendre le prépuce et retirer le corps étranger, telle est l'opération, toujours facile , que réclament les lésions de ce genre.

Le peu de largeur de l'ouverture du prépuce s'oppose à ce que le gland soit mis à découvert. Cette disposition peut être congénitale ou le résultat d’une inflammation qui a tuméfié ou rétréci la partie qui en est le siége.

On y remédie par une opération qui, chez les sujets sains, a recu le nom de circoncision. Quelques personnes la pratiquent en fendant toute l'étendue antéro-postérieure du prépuce; mais ce procédé est vicieux, en ce qu’il laisse après lui, sur les côtés du gland, deux lambeaux membraneux, difformes, qui gènent souvent l'exercice des fonctions génitales. On a proposé, dans ces derniers temps, d’inciser seulement le bourrelet circulaire qui ferme le prépuce; puis, portant celui-ci en arrière, de continuer la division de sa membrane interne jusqu’à la base du gland, en laissant la peau intacte.

J'ai employé plusieurs fois un procédé analogue : ayant saisi le prépuce avec l’in-

dicateur et le pouce de là main gauche, et introduisant une des branches de ciseaux courbes sur lé plat dans $on ouverture, j'y fais uñe incision obligé; étendue de sa partie la plus voisine du frein au milieu de sa face dorsale; reportant l'instrument sur ce point, je le conduis jusqu’au côté opposé. Alors tonte l'extrémité rétrécie et fibreuse de l'organe est retranchée , et la partie antérieure du gland découverte. Les téguments étant ensuite portés en arrière, la membrane interne du prépuce reste sur le gland , et est incisée sur la ligne médiane, Sosqi au repli que forme sa base: Si l’anneau prépucial est trop étroit pour permettre l’introduction des ciseaux ; je porte d’abord lextrémité aiouë d’un bistouri étroit , garni d’une bôule de cire à sa pointe, entre le gland et le prépuce, et je fends longitudinalement celui-ei, depuis la moitié environ de sa hauteur, jusqu’à son bord libre. Les deux angles de la plaie sont ensuite abattus avec des ciseaux , et la meinbrane interne est longitudinalement incisée, dans un troisième temps, jusqu’à la base di gland. Aucun accident ne suit cette opération, dont le résultat est ordinairement tel, qu'après la guérison, la partie ne conserve absolument aucune trace de difformité:

Voulant éviter les deux lambeaux laté:

raux résultant de l’incision médiane supé rieure, M. Cloquét à conseillé d’inciser le prépuce en bas, sur le côté du frein, que l'on divise lui-même immédiatement, si sa longueur semble exagérée. La plaie ainsi faite s’écarte, devient transversale, tourne tout entière au profit de l'ouverture du prépuce et ne laisse pas de difformité. M. Velpeau se loue beaucoup de cette méthode, qui me semble cependant ne pas remédier aussi bien que l’excision partielle à l'excès de longueur du prépuce dont le phimosis congénital est souvent accompagné. L’ablationscirculaire de Panneau prépucial, employée par M. Lisfranc, expose toujours , malgré la précaution de faire tenir le prépuce avec des pinces placées en travers , à retrancher inégalement la membrane hé terne et la peau de cet organes et pros à biesser le gland , ou enfin à n’opérer qu’une

rescision incomplète , sur laquelle on est obligé de revenir. 2

1 en est de mème de l’excision obliqué d’un segment supérieur du prépuce, saisi et soüTErE à l’aide de pinces à pansement :

amusant cr he et Et tn Ce 46 ne

rttedtera mes:

l'opération ne remédie pas alors au resser: |

rement de la membrane initerne du prépuce, souvent appliquée contre le gland et augmentée de densité.

Il convient, en beaucoup de circonstances, de ménager plus qu'on ne le fait les tégüiments, dans l'opération du phimosis accidentel. Il est Sotivent inütile d'aller inciser la peau en arrière jusqu’au delà de la base du gland. Que l’on puisse découvrir celui-ci, et panser facilement les ulcères qui l’affectent, ainsi que la face interne du

prépuce, cela suffit dans la grande majorité ! et l’on évite des difformités tou- :

jours désagréables, dônt les conséquences sont parfois très-5raves. Pour cela, il faut. porter d’abord la peau en arrière, puis in-.

des cas,

troduire puce, la lame d’un bistouri mince et étroit, dont la pointe est garnie d'une boule de cire. Cet instrument étatit parvenu aussi loin qu’on le juge convènable, 6n dirige

son tranchant en haut ; et sa bite percant.

le prépuce, la atvisioh S "opère d’arrière en

avant d’un seul coup. L’incision, bien qu’elle ne comprenne que la moitié ou le tiers antérieur du repli cutané, détermine, ceépendant, je le répète, un relâchement et un désorgement assez complet des parties malades, pour que le chirurgien puisse, le plus ordinairement, se dispenser de pousser l'opération plus loin.

Lorsque le prépuce, trop étroit , est porté |

derrière le gland , il arrive en beaucoup de cas qu’on ne peut le replacer dans sa situation normale. Les parties situées au-devant de lui se tuméfient, s’irritent, S’enflamment, et sont menacées de mortification.

Le paraphimosis non réduit, alors même qu'il ne provoque pas la gangrène du gland”

et des portions di à de la aeHbtAté interne du prépuce, à a pour résultat l’apparition d’ulcères plus où moins profonds ét difficiles à cicatriser à la surface de ces parties, l’adhérence définitive du prépuce autour dé la portion des cofps cayérneux qu'il

à plat, entre le gland et le pré-

h” he.

étreint ; la téitiatién de bourrelets i irréguliers et rebelles en avant de la constriction, et enfin la difformité irremédiable de la Dr

Le pronostic est d'autant moins favorable que la constriction, portée plus loin, a déjà déterminé des désordres plus proféids. L'indicätion curative la plus immédiate qu’elle présente consiste à réduire les parties étranolées. Pour cela, le chirurgien doit s’efforcer d’abord de nb le Roluise des portions Bonfees de l’organé, et de repousser, derrière le point de la conStriction , le sang et la lymphe qui les distendent. La verge étant embrassée et soutenue avec la main gauche, des pressions douces, mais continues, suflisent pour remplir la première indication : le gland , étant convenablement enduit d’un corps gras, cède facilement sous les doigts dé la main droite, qui le serrent

6tle pétrissent en quelque sorte ; il sé flé-

Arit, $e ride; et lorsqu'il est subERU'e à ses dimensions hofiHales , On parvient présque toujours à le repousser lui-même à travers l'ouverture du prépuce. On a dit, avec raï-

son, qu'il est presque constamment possible,

flamation grave,

en usant de persévérance, d'obtenir cette Féduction. Mais il faut l'acheter parfois au moyen de violences, et même de déchirements qui disposent les parties à uné inet à des accidents dont

J'ai été plusieurs fois témoin.

Lorsque les éfforts de réduction , par lesquels il est indiqué de commencer dans tous tés Cas, ne sont pas suivis de succès, il vaut mieux, plutôt que de tourmenter trop les parties, recourir au débridement. La verge

étant couchée dans la paume de la main gauche, cette main avec le pouce ; il écarte ensuite

le chirurgien fixe le gland dans

les replis du prépuce, et avec la pôinte d’un bistouri droit, divise, au fond des plus mar-

qués de ces sillons, les brides que forme l'anneau prépucial. La petite plaie s’écarte,

les efforts que l’on recommence sont aussitôt

suivis de la réduction , après laquelle on ne

distingue plus, sur le bord libre du repli Cutané, qu’une légère égratignure, dont la “cicafrisation se fait immédiatément. Je me

suis applaudi plusieurs fois d’en avoir agi ainsi,

Page 1