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AFFECTIONS DU PÉNIS

Une grande variété dé corps étrangers , tels que briquets, clefs , anneaux, etc., ont été appliqués à la verge penadit fs égarements du délire érotique. Ces corps occasionnènt presque toujours un gonflement considérable de la partie antérieure de l'orsane , une constriction fort douloureuse et un étranglement qui le menacent de gangrène. Il faut, comme dans le paraphimosis, s’'eforcer d’abord de diminuer le volume des parties tuméfiées, et ensuité de les dégager. Si on ne réussit pas, ou si l'emploi de ce moyen paraît dangeréux, à raison de Ia dureté et de la violence de Finflammation des parties, il convient dé diviser avec la lime, la scie, les tenailles ou d’autres instruments analogues, le corps étranger, en préservant autant que possible le pénis lui-même de toute atteinte.

On a rémarqué que le plus srand nombre des sujets atteints de cancers à la verge avaient été affectés d’ulcérations au gland, où de phimosis naturel. Ces affections antérieures auraient-elles disposé l'organe à deveñir le siége de phlegmasies désorgani-

satrices ? Où qu al en soit, le carcinome, reconnaissable ici à tous I caractères qui le distinguent dans les autres parties du corps, exige l’ablation du pénis, lorsqu'il s’est montré rebellé aux traitéments appropriés qu'il convient de lui opposer d’abord.

Conseillée par plusieurs chirurgiens du siècle dernier, la ligaturé n’est plus mise en usage, même chez lés sujets les plus pusilanimes. Si lon croyait devoir y recourir, il serait indispensable de ‘placer d’abord dans l’urètre une canule métallique, afin d’obvier aux résultats de l’oblitération de ce canal, par le lien constricteur. On pourrait aussi diviser d’abord la peau circulairement, et surtout lurètre, avant de placer ce lien sur les corps caverneux; mais l’amputation totale ne serait pas plus douloureuse qu’une semblable section.

Le sujet étant placé sur le bord de son lit, le chirurgien saisit, avec la main gauche, la partie antérieure de la verse, en atürant la peau en avant , tandis qu’un aide soutient No du pubis ce ce qui doit rester de l'organé, qu’un bistouri à lame longue sert à divisé d’un seul trait, Après la ligature

des vaisseaux, une sonde est introduite à demeure dans la vessie, et la plaie, couverte d’un appareil fort simple, que soutient une croix de Malte, se cicatrise ensuite avec facilité. Le précepte de tirer en avant la peau du pénis avant de retrancher cet organe, est fondé sur les résultats de l'affaissement des corps caverneux, qui laisseraient audevant d’eux un excès de téguments. Il importe cependant de ne pas l'exagérer dans la pratique, sans quoi, la peau, se retirant après l'opération, pourrait bien laisser à découvert la racine de la verge : un excès de longueur est bientôt retranché et rarement nuisible, tandis qu’une trop grande perte de substance est irremédiable, et parfois la cause de retards considérables dans la cicatrisation des plaies.

Le placement de la sonde dans l’urètre après l’amputation a quelquefois offert des difficultés. M. Larrey incise en bas et longitudinalement la peau qui correspond à l'orifice du canal, afin de le rendre plus facile à découvrir. M. Barthélemy donne le conseil de placer d’abord une sonde en gomme élastique, de lenfoncer autant que

possible dans la vessie, de telle sorte que,

coupée en même temps que la verge, son extrémité ressorte , par l'effet de l’élasticité du tissu qui la forme, au-devant de la plaie, au lieu de rester de niveau avec cette plaie, ou même de se porter plus profondément.

Ce moyen, quelque faible que soit son importance, n’est cependant pas à dédaigner.

Les prétendues reproductions de la verge,

dont parlent quelques auteurs , dépendent de ce qu’au lieu de retrancher effectivement cet organe , on n'avait amputé que des tumeurs considérables développées dans le prépuce, et qui avaient refoulé le gland, ainsi que les corps caverneux, de manière à faire presque complétement disparaître ces parties, lesquelles, débarrassées de la compression , reprirent ensuite leurs formes , leurs dimensions et semblèrent se régénérer.

Dans un cas de cancer très-étendu du pénis, Dupuytren poursuivit la maladie jusqu’à la naissance des corps caverneux, afin de l'emporter tout entière : 1l est souvent nécessaire , alors , de porter le cautère sur les parties, dans le double but d'arrêter le suintement sanguin et d'achever de détruire le mal.

Lorqu’une ulcération rongeante n’affecte que les téguments de la verge, ou pénètre superfciellement dans le tissu cellulaire, il faut ou l'emporter avec l'instrument tranchant, ou désorganiser sa surface, soit au | moyen de la pâte arsénicale , soit à l’aide du cautère actuel , de manière à conserver l'organe.

La gangrène de la verge n’exige jamais l’ablation de cette partie : il est plus convenable d'attendre la séparation spontanée des escarres. La dilatation des corps caverneux , maladie rare , dont on trouve un exemple dans l'ouvrage d’Albinus , devrait être combattue par le repos, la compression, les applications froides et astringentes.

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