‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoireChapitre 153 sur 322 · EL · texte numérisé non relu

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assez souvent l'apparition, varient sous le rapport du nombre et de la profondeur, et sont plus ou moins faciles à apercevoir à la loupe ou à l'œil nu. Légers , les moyens généraux de traitement et les pommades détersives conviennent encore pour les combattre. Si le mal résiste , on se trouve bien de la cautérisation énergique des parties ‘affectées avec le nitrate d'argent fondu.

De la conjonctive qui tapisse la face interne des paupières , s'élèvent quelquefois des végétations polypiformes, rarement considérables , pédiculées, à sommet granuleux, et plus ou moins consistantes. Ces végétations , plus fréquentes à la paupière inférieure qu’à l’autre , naissent tanLôt prés du bord libre de l'organe, et tantôt à l'endroit où la membrane muqueuse se réfléchit sur le globe oculaire, assez souvent près des rudiments de la membrane clignotante.

Elles génent les malades, et par leur volume, et par la sensibilité qu’elles excitent, et, dans certains cas, par l'obstacle qu'elles opposent aux libres mouvements de l'œil et des paupières. Lorsque le chirurgien a reconnu leur existence , il doit, le malade étant convenablement assis et maintenu, mettre la végétation à découvert, la saisir avec des pinces à ligature, allonger son pédicule , et la retrancher d’un coup de ciseaux. L’instrument doit être dirigé de manière, non-seulement à n'épargner aucun des rudiments de la tumeur, mais encore à enlever avec elle la partie de conjonctive qui lui donnait naissance. Il est

rare que l’on soit obligé de cautériser la

petite plaie résultant de cette légère opération.

D'un tissu vasculeux , analogue aux végétations morbides , la caroncule lacrymale est fort exposée à devenir le siége d’excroissances de ce genre. Une tumeur rougeàtre, saillante au grand angle de l'œil , irritée, s’opposant au rapprochement complet des

paupières, signale l'existence de cette ma- Jladie. Cette tumeur devient parfois®consi-

dérable et s’avance sur la conjonctive ocu-

& laire, occasionnant des douleurs plusyou

soi 5 su , .

moins vives , un Jlarmoiement continuel, et

| un état inflammatoire chroni-

que Aie

ite lagsurface de l'œil. Tantôt ré-

cente , rouge , chaude et douloureuse; tantôt inégale, frangée, granuleuse et peu sensible; tantôt enfin lisse, égale, d'une teinte rosée , dure, et le siége de quelques douleurs lancinantes, l’encanthis a été distinguée en inflammatoire, en fongueuse, et en sarcomateuse ou cancéreuse.

A la première variété, ou encanthis inflammatoire , il convient d’opposer un traitement antiphlogistique local et général, en rapport avec la gravité des symptômes qu’elle présente. Quelques lotions astringentes suffisent , vers la fin du traitement , pour hâter et compléter la résolution de la tumeur.

L’encanthis fongueuse cède ordinairement aux lotions astringentes , aux cautérisations avec le nitrate d'argent fondu; lorsqu'elle résiste à ces moyens, il est indispensable de recourir à l'instrument tranchant et de pratiquer l’excision de la tumeur.

Cette opération ne saurait être différée | ou négligée dans les cas d’encanthis sarcomateuse , tant est facile alors la dégénérescence de la maladie en cancer. L’excision, de beaucoup préférable à la ligature , n’entraîne presque jamais le moindre inconvénient. Le sujet étant assis et maintenu comme dans tous les cas d'opérations à pratiquer sur les yeux, les paupières sont écariées par l’aide chargé de soutenir la tète contre sa poitrine , tandis que le chirurgien avec des pinces à érignes , saisit et soulève la tumeur. Si celle-ci n’a qu’un pédicule étroit, un coup de ciseaux suffit pour la détacher. Lorsqu'elle jette, au contraire, des prolongements vers l'œil, il est indispensable de les séparer d'abord par la dissection, en commençant par la partie inférieure ; puis on arrive au pédicule commun, qui doit étre retranché. Il convient, dit-on, de laisser de la caroncule lacrymale une portion équivalente à la saillie qu’elle forme dans l’état normal; mais cette mesuresemble difficile à prendre, et le but principal doit être de prévenir la reproduction de la maladie, surtout lorsqu'elle a un caractère douteux. Cette indication d’emporter com :

plétement ce qui est suspect doit dominer toutes les autres.‘l est fort important de

ménager, durant les dissections que la tu-.| L'âge avancé, le peu d'énergie des actions

meurexige parfois, les points etles conduits lacrymaux , dont la lésion serait suivie d’un larmoiement incurable.

Plus fréquent aux paupières inférieures qu'aux supérieures , l'ectropion, ou renversement en dehors des bords libres de ces organes , dépend, tantôt de la tuméfaction et du hoursouflement de la conjonctive palpébrale , tantôt du raccourcissement de la peau qui les revêt à l'extérieur.

La première variété, suite assez ordinaire de la blépharite ou de la conjonctivite chronique, est quelquefois produite par le développement de tumeurs enkystées ou fongueuses de la conjonctive et du tissu cellulaire qu’elle recouvre. Elle est généralement caractérisée par un bourrelet rougeàtre, allongé d’une commissure des paupières à l'autre, plus large au milieu qu'aux extrémités , d'apparence charnue, et qui s’oppose au rapprochement exact des bords ciliaires opposés. En déprimant ce bourrelet et en

cherchant à rapprocher les paupières, il est facile de reconnaitre que ces organes n'ont rien perdu , au dehors , de leur hauteur normale , tandis que les malades afirment , de leur côté, n’avoir éprouvé antérieurementaucunelésion entraînant quelque destruction aux tissus qui les composent.

Les plaies avec perte de substance, les escarres gangréneuses, les brûlures, sont les causes habituelles de la seconde variété de l’ectropion. Dans ces cas , la paupière a perdu de sa hauteur ; son bord libre, lorsqu'on veut le redresser, n'arrive que difficilement à sa situation naturelle, et l’on aperçoit au dehors les cicatrices résultant de la destruction que les téguments ont éprouvée. Le bourrelet conjonctival est moins volumineux, moins régulier que dans le cas précédent; parfois même il n'existe qu’à l'endroit correspondant à la perte de substance. |

Chez les vieillards, la paralysie incom- -plète du muscle orbiculaire des paupières laisse assez souvent tomber la paupière inférieure et y détermine, par l’irritation de la conjonctive laissée à déconvert, un ectropion susceptible de devenir considérable,

et qui à été nommé sénile par les oculistes.

musculaires , la langueur de l’innervation, la chute de la paupière et des traits du visage, la difficulté que le sujet éprouve à rapprocher fortement et à froncer l’une contre l’autre les paupières, sont autant de circonstances qui ne laissent alors aucun doute sur la cause et la nature de la maladie.

Des sections non réunies de l’un des angles des paupières pourraient déterminer encore la chute de la paupière inférieure, l'exposition de la membrane muqueuse à l'action irritante de l'air et le développement de l’ectropion. La présence de la solution de continuité suffit alors pour indiquer la cause réelle de la lésion.

Lorsque l’ectropion du premier genre est encore peu marqué, des instillations de teinture d’opium , des applications de pommades astringentes et cathérétiques peuvent être utiles. La cautérisation avec le hitrate d'argent fondu, promené sur le bourrelet muqueux, est un moyen ordinairement plus efficace. Si elle échoue, ou si la tumeur est considérable, l'excision présente une ressource plus assurée encore.

Le malade étant assis, la tête appuyée contre la poitrine d’un aide , qui abaisse en même temps la paupière affectée, le chirurgien saisit avec des pinces à ligature le bourrelet saillant, le soulève et le retranche avec des ciseaux courbes sur le plat. Cette excision doit s'étendre jusque près du point où la conjonctive se réfléchit de la paupière sur le globe de l’œil. Quelques lotions d’eau tiède favorisent l’écoulement du sang , et la cicatrisalion est presque toujours suivie d'une guérison complète. Cependant, lorsque la maladie, par sa longue durée, a donné aux paupières l'habitude du renversement, il convient de favoriser le replacement de ces organes à l’aide de bandelettes agglutinatives qui les compriment et les rapprochent, ou même de rendre plus énergique la tendance de la cicatrice à se resserrer, en Cautérisant la plaie avec le nitrate d'argent fondu.

Si, dans l’ectropion de la seconde espèce, la paupière est encore assez longue pour recouvrir l'œil, les procédés indiqués précédemment sont applicables et peuvent pro-

curer la guérison. Il convient mème , dans les cas douteux , de commencer toujours par la cautérisation ou l’excision du bourrelet conjonctival. L’ectropion sénile cède assez bien aux légères opérations de ce genre, à raison de la tonicité et du soutien qu’en recoit la paupière.

Si la paralysie du muscle orbiculaire était portée très-loin, des frictions stimulantes avec le baume de Fioraventi, les huiles essentielles, l’'ammoniaque, devraient être employées.

Dans les cas de plaies et d’ulcères de l'angle externe des paupières , il conviendrait de réunir ces solutions de continuité, après les avoir avivées, au moyen d'un où de plusieurs points de suture.”

L'ectropion provenant de déperditions considérables de substance des paupières est beaucoup plus grave et plus rebelle que les précédents, et ne cède généralement qu’à l'emploi de la blépharoplastie. Celle-ci doit étre pratiquée au moyen de l’application d’un lambeau emprunté aux régions voisines , et appliqué sur la solution de continuité rendue de nouveau saignante. Le sujet étant convenablement placé, le chirurgien doit, avec des pinces à ligature, saisir la cicatrice de la paupière , et pratiquer, au-dessous d’elle , une incision parallèle aux replis de l'organe. Une seconde incision , semblable à la première, faite supérieurement , isclera le tissu inodulaire, et permettra de l'emporter, après une courte dissection. La paupière, redevenue libre, sera remontée à sa place, mise en contact avec celle qui lui correspond , et la plaie, écartée par ce mouvement , devra être exac-

tement mesurée. En partant de son angle externe , un lambeau de dimensions convenables doit être taillé aux dépens de la joue et de là région temporale, puis ramené sur la plaie, à l’aide d’un mouvement de quart de cercle imprimé à son pédieule , et fixé convenablement par un nombre suilisant de points de suture. Ce procédé , d’une exécution assez difficile , à raison de la délicatesse des parties, a réussi à M. Blandin, sur un homme que nous avons, assez longtemps ‘après, retrouvé à l’amphithéätre du Valde-Grâce. Si la paupière était endurcie et

cicatrisée dans toute son épaisseur, on ne devrait pas hésiter à la perforer complétement : le lambeau appliqué aux bords de son ouverture s’y agglutinerait sans difficulté , et sa face interne , en contact avec la surface oculaire, prendrait bientôt la texture muqueuse.

L'incision des cicatrices et l’écartement de leurs bords, malgré les pansements avec les onguents suppuratifs , conseillés par M. Dzondi, ne réussit presque Jamais , tant est grande la force de rétraction qui se développe dans les parties en voie de cicatrisation.

Lorsque la paupière renversée a perdu son ressort, que le cartilage tarse est devenu trop long , et que tous les tissus sont flasques et dépourvus de résistance , on peut, à l'exemple de W. Adams, de Béclard, de M. Roux et de plusieurs autres chirursiens, retrancher une partie de l'organe, à l’aide d’une incision en V, dont la base correspond au bord ciliaire , et dont on réunit ensuite les bords à l’aide de la suture. Cette excision a été faite sur l’angle externe des paupières par M. Walther, avec succès.

Déterminé , soit par une perte de substance de la conjonctive palpébrale, soit par le relâchement de la peau ainsi que du tissu cellulaire sous-cutané, qui succède quelquefois à l’œdème, l’entropion est, au contraire de l’ectropion, plus fréquent à la paupière supérieure qu’à l’inférieure. L’organe affecté présente ordinairement une surface arrondie et molle, une flaccidité insolite ; il pèse en quelque sorte sur le cartilage tarse , dont le bord libre s'incline en dedans , en même temps que son bord supérieur s’écarte du globe oculaire. Lorsque les frictions et les applications stimulantes et ioniques ne suffisent pas pour rendre à la paupière sa résistance el son ressort, l’excision d’une portion des téguments de l’organe est le moyen le plus simple et Le plus sûr de procurer la guérison.

Le malade étant assis et maintenu convenablement, le chirurgien saisit avec des pinces à ligature , à branches longues et déliées, portées latéralement sur la paupière , une portion des téguments de cet, organe. Il s'assure ; en faisant alternative-s

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