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voir apparaître en grand nombre , et même se développer épidémiquement, des ophthalmies qui présentent un caractère spécial.
Elles sont surtout fréquentes durant l’automne , pendant les hivers pluvieux , et disparaissent graduellement au printemps et en été. Cette inflammation, qui atteint les deux yeux en même temps, débute presque toujours par la conjonctive palpébrale, et quelquefois y demeure fixée ; les angles des paupières, principalement l’externe, sont le siége d’une plus vive injection que le reste de la surface oculaire. La rougeur est modérée ; elle part de tous les points de la circonférence , pour se rendre, en s’affaiblissant, à la cornée ; les bords des paupières sont chauds, larmoyants, surtout près de la commissure externe; les vaisseaux injectés sont flexueux , disposés en forme de réseau, présentant des renflements à leur intersection.
L’organe malade présente ordinairement une teinte rosée, et une sorte de tuméfaction œdémateuse , transparente. Après quelques jours de durée , la membrane irritée sécrète une matière visqueuse qui tantôt se dessèche sous forme de petites croûtes, et agglutine les paupières entre elles, et tantôt, plus abondante , se montre dans les replis souspalpébraux, s'étend à la surface de l'œil, inonde les cils et se répand sur les joues. Ce liquide est blanc, quelquefois jaunâtre, et peut acquérirune teinte verdâtre prononcée, La douleur se dissipe ordinairement alors, et les malades peuvent assez bien faire usage de leurs yeux. Les accidents sont plus marqués le soir et pendant la nuit, que durant le jour , où la stimulation produite par l’impression de l’air semble exercer une action résolutive favorable,
Cette maladie s'accompagne facilement de l'irritation simultanée de l’appareillacrymal, de coryza, ou même d’affections plus étendues des membranesmuqueusessupérieures.
Lanuance de la coloration, la forme flexueuse des vaisseaux injectés , leur mobilité avec la conjonctive, l'écoulement muqueux, les exacerbations nocturnes et l’absence de photophobie, sont les caractères auxquels il sera toujours possible de la reconnaître. Cette nuance de l’ophihalmie a une grande ten-
rare, toutefois, qu'elle altère profondcment les membranes oculaires externes.
Au début de cette forme de la conjonctivite , et lorsque les accidents sont fortement inflammatoires , le traitement antiphlogistique devra être employé avec vigueur. Les
| malades seront placés dans une atmosphère
sèche et pure, d’une température douce et égale, Il est rare que d'abondantes éyacuations sanguines soient nécessaires, Plusieurs chirurgiens rejettent du traitement les collyres ainsi que toutes les applications humi. des, et se contentent de tenir les yeux abrités contre la lumière, Je n'ai jamais observé que les lotions appropriées à l’état actuel des yeux, c’est-à-dire émollientes au début, et résolutives vers la fin, exercassentune action nuisible. Aux moyens locaux on ajoutera,les boissons délayantes , les doux laxatifs, Les diaphorétiques , souvent conseillés, peuvent être utiles.
Lorsque la maladie est parvenue à l'état chronique, le traitement indiqué contre la forme précédente de l’ophthalmie , convient parfaitement; on y ajoutera spécialement les collyres ou les pommades astringentes ; on aitachera une grande importance à l'usage des vétements chauds, à l'application de la laine sur tout le corps, à l'attention d'éviter les impressions du froidet de l'humidité, etc. Les frictions cutanées excitantes, les bains de mer artificiels exercent parfois une .influence salutaire.
Les jeunesenfants sont assez fréquemment atteints d’une forme spéciale de l’ophthalmie, dont les causes, qui semblent assez variées . sont cependant encore couvertesen