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LIVRE I. CHAPITRÉ 1. GÉNÉRALITÉS

Elles varient, par la LU par l'étendue , par la tot des : plaies, ét dès lors aussi par la facilité plus où moins grande avec laquelle le sujet guérit. Les procédés, au contraire, ne sont souvent distingués

que par l'espèce d’instrument dont on fait

usage , ou par l'endroit où commence l’ineision, par la direction qu’on"lui donne, etc. ; mais l’opération reste fondamentalement Ia même , ou elle présente constamment presque tous’les avantages ou tous les inconvénients qui sont inhérents à la méthode à laquelle elle se rapporte.

Pendant longtemps les chirurgiens attachèrent, dans le choix qu'ils faisaient des divers modes opératoires , la plus srande importance à la facilité et à la Célérité avec lésquelles ils pouvaient les exécuter. On peut dire qu'ils semblaient parfois prendre à tâche d'escamoter plutôt que de retrancher ou de diviser méthodiquement les parties malades. C’est pour atteindre ce but qu’ils inventèrent la plupart de ces instruments compliqués, au moÿen desquels ils croyaient suppléer à la dextérité , à l’attention et aux connaissances anatomiques. Actuellement encore, un des arguments les plus puissants que certaines personnes présententen faveur de leurs procédés, consiste à dire qu’ils sont d’une exécution prompte et facile. Il ne faut pas négliger sans doute ces avantages : on doit même en tenir un compte spécial; mais on ne saurait, en saine pratique, les placer au premier rang. Toutes les méthodes, Lous les procédés, deviennent faciles et d’une prompte exécution pour le praticien anatomiste et'exercé. Ce qu’il importe de déterminer dans le choix que l’on est appelé à faire entre eux, c’est Je résultat plus ou moins favorable qui doit en être la suite. Il vaut mieux que le chirurgien ait plus de difficultés à vaincre, et le malade un peu plus de douleurs à supporter, si l'opération doit être telle que, exécutée avec sûreté , elle fasse courir moins de dangers immédiats, procure une cicatrisation plus rapide des plaies, que d’opérer avec plus de promptitude , mais en laissant des solutions de continuité dont la guérison sera difficile et se fera longtemps attendre. Dans le choix des méthodes qui se

rattachent aux grandes opérations , les ré-

sultats cliniques doivent donc exercer Ia plus puissante influence sur le chirurgien :

ce sont celles qui présentent le plus grand

nombre de probabilités en faveur de la gué-

rison que l’on doit exclusivement adopter.

En agissant autrement , le praticien préféreraitiJa satisfaction de son amour-propre aux

avantages réels que le malade est en droit

d’espérer de l'opération.

Dans un grand nombre de cas, c’est moins,

toutefois, d’après des préceptes généraux

que le chirurgien doit se décider, que d’après les modifications spéciales que présente la maladie qu’il a sous les yeux. Ainsi, quoi-

que l’amputation du bras dans épaule doive

être en général pratiquée en conservant les parties antérieure et postérieure de l’arti- culation, il est cependant des circonstances où,«ces parties étant blessées on malades, on est obligé de faire d’autres lambeaux.

Quelques raisons que l’on ait de préférer labaissement à l'extraction , pour la guérison de la cataracte, on est cependant queiquefois obligé d'employer celle-ci , etc.

Il faut non-seulement, pour chaque opé-"

ration, faire choix de la inéthode et du pro-

scédé les plus convenables, mais encore se

représenter par Ja pensée toutes les circonstances, toutes les difficultés qui peuvent s'offrir pendant que l’on fait agir les instruments. Il est même indispensable d’arrèter d'avance le parti que l’on prendra si telle partie est divisée, si telle altération se présente, si la maladie se prolonge jusqu’à tel organe : en un mot, lorsque le chirurgien commence une opération, il doit avoir tout prévu, tout calculé, tout disposé pour que rien ne puisse l'arrêter; et lorsqu'il est obligé d'abandonner son entreprise, on peut l’accuser d’imprévoyance ou de témérité.

Le sujet auquel on va pratiquer une opéralion grave doit être considéré comme une personne destinée à supporter uneirritation brusque, violente, suivie d’une inflammation plus ou moins intense et durable. II importe donc de le préparer à éprouver sans danger et la secousse qu’il doit subir, et la maladie qui en sera l'inévitable résultat. A cet effet, le praticien, examinant les diffé-

| rentes parties de l’organisation, et interro-

Po

sup LES OPÉRATIONS ET LES PANSEMENTS. 5

geant les phiicipales. fonctions, reconnaitra Tétat général du sujet, ainsi que celui des wviscères les plus importants. Il lui sera facile ensuite de prescrire le régime et les médications préparatoires lessplus convenables.

dé À hi “4 à 4 «1 Apaiser la disposition aux irritations, à l’aide

des évacuations sanguines, des bains, des boissons émollientes ; dissiper les congestions Jocales, en appliquant des sangsues vers les organes qui en sont affectés, ou en placant d'avance des vésicatoires sur des parties éloignées de celles qui doivent être le siége de l’opération, telles sont les préparations les plus généralement utiles. On sait que les purgatifs, dont on à fait dans ces cas un usage routinier , ne doivent être administrés que quand. ils sont positivement indiqués par les signes de la rétention de matières saburrales dans le canal digestif, Il convient de remarquer aussi que les vésicaloires que l’on juge convenable d’ appliquer doivent être placés dix à douze jours au moins avant l'opération, afin que le mouvement d’excitation et de fièvre qu'ils déterminent souvent ne vienne pas s'ajouter à . celui que l'opération provoque, et augmenter sa violence.

Le moral des malades mérite à son tour de fixer alors toute l'attention du chirurgien: presque tous ont besoin d’être rassurés sur les douleurs et les dangers de l'opération ; quelques-uns veulent même être trompés à cet égard, tandis que pour d’autres il faut ne rien dissimuler des souffrances qu’ils doivent éprouver , afin que la violence de celles-ci ne démente pas, au moment de l’action instrumentale, ce que le praticien a promisIl est des HO à dont l'esprit se monte aisément à la hauteur des circonstances où ils se trouvent, el auxquels il est avantageux , par cette raison, de faire connaitre et presque de démontrer tous les détails du procédé opératoire que l’on se propose d'exécuter ; mais d’autres aussi veulent être trompés sur ce point comme sur celui de la douleur.

On se trouve presque toujours bien de laisser ignorer au malade le jour précis où l'opération doit être pratiquée. Le fait des lavements prescrits par Pouteau la veille des opérations de la taille, et auxquels il fut

wbligé de renoncer, est trop connu pour

qu'il convienne de le Pr ici, J'ai bien souvent remarqué, comme le chirurgien de Lyon, que durant le temps qui s'écoule entre l'annonce de l'opération et l'instant où celleci sera faite, se développe souvent un état d'excitation, d’anxiété, de trouble nerveux involontaire, dont le plus grand nombre des individus,même les plus décidés, ne peuvent se rendre entièrement 1 maitres, et qui oblige à ajourner l'entreprise projetée. Il vaut donc mieux, après avoir préparé les malades à

l'opération en général, arriver à eux à l’im-

provisie pour h pratiquer, que de leur laisser un temps d’appréhension et d’inquiétudes. Au reste, ces règles sont soumises à une foule d’exceptions, et c’est au praticien à déterminer, d’après la connaissance qu'il a acquise du sujet, les meilleurs. moyens à employer sous cerapport. à

Raser la partie malade sides poils ou des cheveux la recouvrent, la nettoyer des substances qui peuvent Ja salir, quelquefois gonfler les organes ou les trajets fistuleux au moyen de jt a injections, afin qu'il soit-plus facile de les découvrir et de les inciser; dans d’autres cas, vider, au contraire, les cavités voisines, pour que leurs"parois , affaissées , s'éloignent du trajet que les in-

“struments doivent parcourir : telles sont

quelques-unes des plus importantes préparations auxquelles il faut recourir immédiatement avant d'opérer. L'opération de da taille sus-pubienne et celle de la taille latéralisée présentent des exemples de circonstances où ces diverses précautions sont nécessaires. :

Deux appareils doivent être disposés pour, la plupart des grandes opérations : l’un est l'appareil instrumenial, l’autrel'appareil de pansement. Il convient de ne pas les confondre, et de préparer à part tous les objets qui doivent composer chacun d'eux. Il est évident que ces objeis varient suivant la nature des opérations, suivant les tissus que l'on doit diviser, les organes qui peuvent être atteints, etc. Aucune règle positive ne peut être établie à ce sujet, sinon que le chirurgien ayant dû prévoir toutes les circonstances, même accidentelles, que l'opération peut présenter, il doit disposer aussi

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