SECTION IT. CHAPITRE I. LÉSIONS DES NERFS
Contus, les cordons nerveux provoquent, selon le degré de la lésion , tantôt de la pa-
ralysie et de l'insensibilité comme si leur ‘ section avait eu lieu , tantôt seulement un
fourmillement douloureux , aëcompagné d'impossibilité de sentir ou d'agir. Dans ce dernier cas, les accidents ne sont presque jamais durables , et les fonctions normales se rétablissent ; dans l’autre, il n’est pas rare de voir le er s’altérer défihitivempsit dans sa texture, et la perte de son action devenir irrépärab] di
C’est à l’ébranlement des cordons nerveux d’une partie, ou même du système nerveux tout entier , que doit être attribuée cette insensibilité profonde , locale ou générale , celie inertie organique , accompagnée du refroidissement de la surface du corps , de la faiblesse extrême du pouls, de la disposition à l’engorgement passif et à la gangrène, que l’on observe trop souvent, à Vas mée , chez les sujets frappés par de gros projectiles , et, dans la vie commune , chez les ouvriers que des corps contondants trèsvolumineux ont atteints.
La chirurgie repousse depuis longtemps
du traitement des piqûres ou des sections incomplètes des nerfs, les balsamiques, les nervins , et autres topiques irritants dont elle recommandait autrefois l'instillation dans les blessures , et l'application sur les parties environnantes. Si la lésion semble légère, un repos absolu, de légers narcotiques à l’intérieur, et, au dehors, des applications réitérées de sangsues, et des fomentations émollientes et calmantes, pourront suffire pour prévenir ou combattre les accidents. Si ces derniers sont plus intenses , ou si les moyens indiqués ne suffisent pas,
il convient de diviser en travers les cordons |
lésés , soit dans la plaie elle-même, à l’aide d’un débridement suffisamment profond, soit au-dessus d'elle, en mettant à découvert et en coupant les parties souffrantes.
Cette opération me doit pas être trop retardée; elle met à l'abri des accidents graves que, plus tard , on ne pourrait pere plus <onjurer , et elle est beaucoup plus sûre que les caustiques, dont quelques chi-
- rurgiens préconisent encore CARERISR au
fond des plaies,
Après les sections complètes, et surtout les contusions , les frictions excitantes , les douches d’eaux minérales sulfureuses , les vésicatoires, les moxas et les autres moyens du même genre sont presque toujours d’une grande utilité. Je viens de voir guérir à notre clinique de la faculté de Strasbobrg un ouvrier tanneur qui avait une paralysie des muscles extenseurs de la jambe gauche par suite de la pression de la cuisse contre la planche sur laquelle il s’appuyait en travaillant. Des vésicatoires pansés avec un quart, puis un demi, puis trois cinquièmes de grain de strychnine , promenés sur les muscles frappés d'inertie , ont suffi pour y réveiller la contractilité et leur rendre leur vigueur normale. À l’hôpital militaire, en 1835, a été guéri, par les-simples vésicatoires, un soldat qui , s'étant couché sur le sol, la tête appuyée sur l’avant-bras droit, et ayant passé la nuit dans cette attitude , avait eu les muscles extenseurs des doigts et de la main frappés de paralysie.
Aussi longtemps que les parties commuées sont froides. fourmillantes, insensibles,ensorgeables , aucune évacuation pe 4 n’est indiquée : les stimulants locaux, les frictions sèches ou aromatiques, les infusions théiformes à l’intérieur conviennent seuls. Mais lorsque la réaction survient , annoncée par la chaleur, la douleur, la. force des pulsations artérielles, les antiphlogistiques doivent être employés, en les proportionnant à la violence des symptômes. Et si, enfin, aux accidents inflammatoires succèdent des paralysies partielles,
Les irritants , les cautérisations , le moxa et
la strychnine pourront trouver leur application.
Il est impossible de ne pas réunir sous un même titre deux affections trop longtemps séparées, mais que leurs symptômes , leur marche , leurs terminaisons, et les altérations pathologiques qui les constituent tendent à rapprocher de plus en plus, savoir:
lirritation inflammatoire et l'irnitation nerveuse des nerfs, ou la névrite et.la névralie. Ces deux nat id ne sont manifestement que deux nuances d’un mé morbide. Si la névrite affecte plus Bufént les hommes nles adultes, les sujets sanguins, |
tandis que la névralgie est plus fréquemment observée chez sx femmes , les hystériques , les individus nerveux, irritables , mélancoliques; si les causes de la première sont ordinairement violentes, comme les plaies, les contusions, les piqüres , et celles de la seconde, souvent lentes, obscures ou inaperçues, telles que les affections morales, les abus dans l’usage des excitants, du café, par exemple; si la douleur qui caractérise la névralgie se développe subitement , s’apaise et renaît tour à tour , et consiste en des élancements qui ont quelque chose d’é-
lectrique, ou en des engourdissements que .
Ja pression, non-seulement n’augmente pas, mais soulage parfois, tandis que la douleur de la névrite est continue, d’un caractère uniforme, augmente par le toucher, et s’accroit par des gradations progressives; si, dans l’état réputé phlogistique , la chaleur locale , la rougeur à la peau, la fréquence du pouls , Sont manifestes , et contrastent avec l’absence de toute excitation sanguine locale ou générale , lorsque lirritation est nerveuse ; si, enfin, cette dernière prolonge sa durée , reproduit ses accès et reparaît sous l'influence des mêmes impressions atmosphériques ou autres, pendant que la première-est aiguë , accidentelle et ne tend jamais à se reproduire périodiquement ; si, dis-je , ces différences sont incontestables , qui ne découvre, dans les traits qui les constituent, l'expression ordinaire des variétés étiologiques et symptomatiques que toutes les,maladies peuvent présenter , selon les circonstances qui les déterminent, et les sujets qui en sont atteints? Analysez de la même manière les nuances de la gastrite , de la bronchite, de l’encéphalite , de la néphrite, et, dans chacune de ces maladies, en séparant les formes extrêmes, névraloiques ou autres, sous lesquelles on les observe, vous arriverez à reproduire les entités pathologiques dont la théorie médicale subissait naguère encore le joug.
Admirons , relativement aux lésions des nerfs, les conclusions de quelques esprits subtils ! Après avoir insisté sur les différences essentielles de ces lésions, ils reconnais-
: que 4 causes brusques et violentes déterminent assez souvent les,névralgies ,
da | comme les causes obscures et lentes dans leur action sont susceptibles d’occasionner
‘les névrites; 2° sous le rapport des sym-
ptômes, que ces affections, quand elles sont. légères , et quelquefois même lorsqu'elles sont vives, se confondent si bien , qu’il est parfois impossible de les distinguer et d’en | déterminer la nature; 8° enfin, que beaucoup de névralgies intermittentes s’accompagnent de chaleur locale, de rougeur , d’impossibilité de supporter le moindre attouchement , et seraient ainsi prises à bon droit pour des névrites , tandis que, par contre , des lésions de nerfs produites par des contusions et des blessures, et par conséquent inflammatoires de nécessité , sont .
souvent caractérisées seulement par des élancements douloureux , sans réaction générale, sans excitation sanguine appréciable dans la partie malade. N’est-il pas singulier de voir des états morbides, supposés différents dans leur nature , se confondre incessamment, se transformer, se succéder l’un à l’autre? Mais, dit-on, la même difficulté se représente pour toutes les névroses , que l’on confond souvent avec les phlermasies.
Comment cet aveu naïf, qui atteste la sagacité de l’observateur, au lieu de le conduire à rapprocher les deux expressions principales du grand phénomène de l’irritation , a-t-il pour résultat de le porter à les séparer par une sorte de mur d'airain, que les faits ne peuvent plus supporter ? Que deviendra, d’ailleurs , cette doctrine étroite, si, en étuciant les altérations pathologiques loeilés observées à la suite des névrites et des névraloies, on les trouve identiques, avec cette seule particularité que dans les nuances aiguës elles consistent. en injections , en ramollissements, en suppurations, tandis que, dans les nuances chroniques, ce sont des infiltrations séreuses , des épaississements , des tumeurs fibreuses, des dégénérescences de divers genres ?
En résumé, les névrites et les névralgies ne sontque deux nuances distinctes, mais unies par de nombreux intermédiaires, de l’inflammation des cordonsnerveux, nuances proportionnées , quant à la violence des symptômes, aux degrés de cette inflammation et à la constitution des sujets,