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LÉSIONS DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES

Les règles établies au commencement de |

cet ouvrage, pour le traitement des solutions de continuité en général, sont entièrement applicables aux plaies du système musculaire en particulier. Constituant en effet la plus grande partie de la masse extérieure du corps, et placés superficiellement, les muscles ne sauraient que rarement échapper aux lésions traumatiques de quelque importance. Rappelons seulement quelques observations cliniques auxquelles leurs lésions donnent plus spécialement lieu :

1° Le tissu musculaire a une tendance très-prononcée à l'adhésion. Après les ouvertures d’abcès profonds, il n’est pas rare de voir les plaies des muscles que l’on a iraversés pour arriver jusqu’au pus, solidement agglutinées , au bout de vingt quatre heures. De là le précepte de placer enire leurs lèvres une lame de linge effilé, afin de les maintenir béantes, sans nuire à l'écoulement du liquide,

2° Le tissu musculaire est tellement fria-

ble que les corps contondants l’écrasent avec facilité et le réduisent en une sorte de bouillie, semblable à de la lie de vin épaisse, Lorsque , ce qui est alors très-ordinaire , la . peau conserve son intégrité , cette lésion se reconnait au défaut de consistance de la partie frappée , à la facilité avec laquelle les doigts ou la main s’y enfoncent, à l’engourdissement profond que le sujet y éprouve , à la perte des mouvements des ÉLÉMENTS DE CHIRURGIE, T, 11.

muscles dilacérés. Si le désordre n’est pas

| porté assez loin pour exiger l'amputation, | il convient de respecter les téguments : le

repos et les résolutifs seront d’abord employés, et l'ouverture du foyer ne devra être faite qu'à l’époque où le mouvement inflammatoire , d’ailleurs modéré au moyen des antiphlogistiques, aura raffermides parties contuses, aux environs de l’écrasement, les aura infiltrées de lymphe plastique et.

coagulable , et préparées ainsi à la suppuration. |

8° Les muscles conservent très-longte a les suffusions sanguines, provoquées par les distensions ou les contusions. A la suite des entorses , des luxations , des fractures, on retrouve parfois encore , plusieurs .semaines ou plusieurs mois après l’acciden les be our par la RE vi dans leur tissu inter-fibrillaire. L'absorption de ce liquide est d’autant plus tardive que les sujets sont plus âgés, plus affaiblis , et ont les chairs plus molles.

4° Divisé par des instruments piquants , tranchants , contondants , et surtout traversé par les corps que la poudre à canon met en mouvement, le tissu musculaire s'enflamme et se tuméfie avec une trèsgrande facilité , surtout sous l'influence du contact de l’air. Il est le siége principal de

ces gonflements , parfois énormes , que pré-

sentent les membres. à la suite des blessures par armes à feu. Dans beaucoup de cas,

il écarte les lèvres des plaies extérieures , les distend, et fait au dehors des saillies considérables. Les accidents résultant de celte inflammation offrent d'autant plus d'intensité, que les muscles sont plus nom-

breux, et entourés d’aponévroses plus épais- :

ses. On les prévient , autant que possible, en rapprochant, en réunissant les plaies qui sont susceptibles d'adhésion immédiate, en entourant les parties de bandages doucement et uniformément compressifs, en imbibant incessamment les appareils d’eau froide ou d’eau végéto-minérale, et, si la chaleur et la douleur surviennent , en recourant aux émollients et aux saignées locales ; le repos absolu , les saignées veineuses, les boissons émollienies , le régime sévère, compléteront ce traitement.

Les plaies par armes à feu ; et spéciale-

. ment celles produites par les projectiles de

petit calibre, comme les petits biscaïens, les balles , les chevrotines , ete., étaient autrefois cautérisées , parce qu'on les croyait imprégnées de substances vénéneuses. Vers le milieu du seizième siècle, Paré renversa cette erreur, et, successivement, les causes des accidents qu’elles déterminent étant mieux comprises ; on établit la nécessité de

des débrider avec l'instrument tranchant,

puis de leur opposer le traitement le plus

«propre à prévenir ou à modérer l’inflamma-

tion dont elles doivent être suivies. Préconisés surtout par Percy, les débridements furent sans doute exagérés, sous le double rapport de leur étendue et des régions auxquelles on les applique. Hunter, et depuis lui la plupart des chirurgiens anglais, ont de plus en plus restreint et le nombre des ‘cas qui les nécessitent, et Îles limites dans lesquelles il convient de les renfermer. Enfin , ils sont allés jusqu’à les proserire entièrement , excepté dans les cas où ils sont

‘indispensables pour permettre l’extraction

des corps étrangers.

Cette doctrine exclusive de nos voisins a tronvé des apologistes parmi nous. En l'adoptant , un de nos jeunes chirurgiens militaires invoque des faits, et cite des autorités respectables ; mais la doctrine opposée manque-t-elle d’autorités et de faits? Sans parler des chirurgiens du siècle précédent,

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