‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoireChapitre 206 sur 322 · CHAP. I. LÉSIONS DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES · texte numérisé non relu

CHAP. I. LÉSIONS DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES

rience n’a pas prononcé encore sur ces points de pratique.

Les hommes qui se livrent à de rudes travaux et se servent habituellement d’ou- “ils pesants, durs et difficiles à manier, sont exposés à une sorte d’incurvation de la paume des mains et des doigts, dont l’extension est dificile ou reste incomplète, Les laboureurs, les forgerons, les macons et autres ouvriers de catégories analogues, présentent assez souvent celte disposition, qui ne constitue pas une maladie, mais qui est le premier degré d’une affection plus | grave, et heureusement moins fréquente, |!

Ils ont la paume de la main concave, les doigts inclinés vers elle, ne pouvant être ramenés à la ligne droite, et, à plus forte raison, renversés sur la face dorsale du métacarpe. Chez quelques sujets, cette difficulté d'extension deyient encore plus considérable : il y a flexion permanente et invincible. L’annulaire , le premier parmi les doigts, se fléchit alors dans la main, s’y fixe graduellement , et les doigts voisins partagent peu à peu sa rétraction. Si l’on fait effort pour étendre l'organe rétracté, on sent que les articulations inter-phalangiennes et métacarpo-phalangiennes sont mobiles, mais que l'obstacle réside, sur .les côtés de la base du doigt, en deux brides, saillantes sous la peau, et qui, de la première phalange, semblent se prolonger jusqu’à la partie supérieure de laponévrose palmaire, et même au tendon du muscle palmaire grêle, lorsqu'il.existe. La peau de la face palmaire de la main et du doigt fléchi ! présente des replis dont la concavité est tournée en-bas , et la convexité vers le poignet.. L'action de saisir les corps et de les serrer est douloureuse, et les malades finissent, par se irouver dans l'impossibilité presque absolue de travailler.

Cette affection, dont l’origine est presque toujours éloignée et obscure, dépend de la

rétraction successive de l’aponévrose palmaire, irritée sans doute par les causes indiquées précédemment, et dont les pro-' Jongements digitaux tirent en avant et maintiennent fléchis les doigts affectés. Ce fait a été mis hors de contestation par Dupuytren. Les tendons fléchisseurs , et leurs

sas A

gaines , les muscles et les autres parties qui entourent et font mouvoir les doigts,

sont dans l’état normal,

Les émollienis, les douches à les extensions sraduées ne permanentes à l’aide des ss ie , Sont autant de moyens généralement ineflicaces. La section même du tendon fléchisseur, tout en exposant à des accidents graves, ne remédie pas à la diffor-

mité, Dupuytren a constaté que la section des prolongements digitaux de l’aponévrose palmaire peut seule faire atteindre ce but.

La main malade étant solidement fixée, et le doigt rétracté étant allongé par un ide, le chirurgien reconnaît , de chaque côté de ce doi la saillie aponévrotique, puis divise transversalement sur elle la peau , le tissu cellulaire , et enfin le tissu fibreux lui-même, Par le fait de sa rétraction, la bride s'écarte des parties sous-jacentes , et peut ètre coupée sans danger dans toute son épaisseur. Si une première section, pratiquée à la base du doigt, à la beaute de l'articulation néinol pru-phanl amet han ne suffit pas pour rendre à l'organe toute sa liberté, une seconde et même une troisième rade peuvent être faites, tant vers le milieu de l’organe que du côté de la paume | de la main, sé de séparer complétement du corps dé l’'aponévrose les expansions digitales qui en partent.

Après l'opération, le doigt se redresse avec la plus grande facilité. Îl convient de le maintenir pri l'extension, au 6 d’üne ‘atielle, ou d’une autre mackits fixée sur. sa face dorsale, et de panser la plaie simplement. Après la cicatrisation complète, cette extension doit être graduellement abandonnée, etle malade ne tarde pas à reprendre be l'usage de Ja main.

Organes passifs, résistants, el jusqu’à st certain point élastiques, les ls peuxent être rompus, non pas valent l'as de violents efforts musculaires, mais e par suite de contractions brusques, instantanées, quoiquemédiocres, l'organe étant en quelque sorte surpris sans défense par laccident. Sile tendon d'Achille, par e emple, serompt àl’occasion d' Mali à grai

tance, ou d’une chute faiteggen lie: Li

si

perdégalement sa continuité der l'effetd' une marche d'escalier manquee, ou d’une marche descendue, alors que le sit pensait être de plain- -piéd ou enfin d’un enfoncement rencontré dans une rue que l’on croyait régulière, etc, Qui n’a éprouvé, en marchant dans l'obscurité sur un terrain inconnu , quelque secousse douloureuse , retentissant du bassin à la tête, le long du rachis; à l’occasion d’un pas fait au- Medibes du navet attendu du sol? Or, cette commotion, que ne déterminerait pas une chute plus grave, si le sujet s’y attendait, indique assez bien comment les accidents inopinés peuventaffecter nos parties, les distendre ou les rompre.

Les ruptures des tendons sont ordinairement accompagnées d’un bruit que le sujet percoit, et d’une sensation instantanée de pincement ou de percussion, qui lui font croire qu’il a été frappé par un fouet ou par une pierre lancée avec force. De là le nom de coup de fouet, que le vulgaire donne à quelques-uns des accidents de ce genre, dont la jambe est le siége. Contrairement à ce qui arrive dansles ruptures musculaires, la douleur, après la rupture du tendon, s’apaise promptement ; le blessé n’accuse, dans la partie affectée, qu’un engourdissement sourd et peu pénible ; mais les mouvements que faisait exécuter le muscle dont le tendon est divisé sont impossibles, et ne se rétabliront que par la cicatrisation des deux bouts de l'organe.

. Les lésions de ce genre sont d’autant plus graves, que le foidén affecté est plus volumineux, supporte des efforts plus considérables, et a besoin, par conséquent, d’une plus grande solidité pour remplir ses fonctons. Les ruptures du tendon d’Achille et

u calcanéum, celles de la rotule et de son hgament inférieur ont plus d’inconvénients quelles ruptures de l’olécrâne ou du tendon du muscle triceps-brachial. La cicatrice des tendons s'opère constamment à l’aide d’un tissu cellulo-fibreux , développé entre les deux parties de l'organe mises en contact.

Le tissu sera d'autant plus épais, plusferme,

ph résistant que le repos aura été plus sé- ( nent gardé, que les appareilsunissants nt été appliqués avec plus de soin,

Page 1