CHAPITRE I; LÉSIONS DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES
tule et le tendon extenseur de la jambe, Des symptômes analopues succèdent à cet accident : écartement des parties, dépression sensible au toucher, ascension de l’olécrâne le long de la face postérieure du bras , impossibilité d'étendre l’avant-bras , etc.
Comme pour la rotule, il convient alors d'étendre le membre, et de le maintenir dans celte position, Pour cela, on applique : 1° un bandage roulé depuis les doigts jusqu’au coude ; 2° des compresses graduées au-dessus de l’olécrâne et en travers; 3° quelques compresses ordinaires entourant le coude en 8 de chiffre ; 4° une bande qui embrasse de la même manière la région de l'articulation; 9° une attelle mince et flexible , convenablement matelassée , en ayant du coude; 6° une dernière bande, embrassant l’attelle et le membre , et recouvrant tout l'appareil, Ce bandage n’est bien solide qu'autant qu’on limbibe d’une dissolution de blanc d'œuf ou de bouillie d’amidon.
Produits par l’hydropisie des gaines des tendons ou des synoviales des petites articulations , comme celles des os du carpe ou du tarse , les ganglions se présentent sous la forme de tumeurs indolentes , sans changement de couleur à la peau, fluetuantes, affaissables , qui diminuent ou disparaissent par le relâchement de la partie qui en est le siége, et deviennent plus saillantes et plus dures par sa tension. Assez souvent , ces tumeurs s’accompagnentde gène et de faiblesse
dans les mouvements des tendons ou des ar-
ticulations auxquelles elles appartiennent.
La fatigue, les mouvements violents, les
distensions et les entorses, sont les causes |
les plus fréquentes de ces productions morbides , d’ailleurs peu graves.
Ona opposé aux ganglions : — 1° La compression exercée à l’aide de machines plus ou moins compliquées , de lames de plomb, de pièces de monnaie, etc, Ce procédé peut être tenté, mais il est fort incertain, 2° Les topiques astringents, comme la dissolution du tannin, la décoction de noix de galle, ete., seuls ou associés à la compression; ils ne produisent pas des effets plus assurés, 3° Les caustiques solides ou liquides ; quelquefois employés par l'ignorance ou l’empirisme, ils sont éminemment nuisibles, 4° L’incision
et l’excision de la tumeur. Ces.opérations,
en permettant à l’air de pénétrer dans la
cavité articulaire ou dans la gaine tendi-
neuse à laquelle le ganglion est annexé, ex-
posent à des accidents inflammatoires, que
J'ai vus présenter assez d'intensité pour me-
nacer la vie des sujets, et surtout pour
compromettre le membre affecté. 5° L’écra-
sement, Ce procédé est le plus efficace et le
plus simple. La partie malade étant appuyée
sur un meuble solide , le chirurgien , avec
ses deux pouces, ou au moyen d’un cachet
de bureau , convenablement garni de linge,
doit appuyer fortement sur la tumeur, et
forcer le liquide à déchirer ses enveloppes.
La synovie s’épanche aussitôt dans le tissu
cellulaire, où l’absorption s’en empare, Une
inflammation légère se développe dans les
parois du kyste, dont la compression amène
ordinairement l’adhésion mutuelle et solide.
La guérison est alors complète. 6° Lorsque
le ganglion résiste à la compression la plus
énergique , je l’ouvre avec le bistouri. Pour
cela , la peau étant fortement tirée de côté,
je plonge la pointe de l'instrument dans la.
tumeur ; de la synovie s'échappe aussitôt,
mais je laisse la peau revenir à sa situation,
et J'achève de vider le kyste dans le tissu * cellulaire. La petite plaie est recouverte d’un emplâtre de diachylon, la compression est ensuite exercée à la manière ordinaire, et aucun accident ne se développe , parce que l'air n’a pas plus pénétré dans la cavité morbide que si l’écrasement avait eu lieu sous les téguments laissés intaets.
En avant de la rotule et de l’olécrâne, derrière les tendons extenseurs de la jambe et de l’avant-bras, au-dessous du tendon du muscle grand fessier , et sur quelques points encore où s’opèrent des glissements étendus, existent des bourses celluleuses, lubrifiées par une tumeur onctueuse , analogue à la synovie. Ces organes sont assez souvent le siége d’inflammations lentes, qui épaississent leurs parois, les rendent parfois fongueuses, augmentent la quantité de liquide qu’elles exhalent , et les transforment en déstumeurs saillantes , molles, fluctuanties , sans changement de couleur à la peau , sans chaleur , et qu'il est facile de distinguer , à leur forme et à leursituation, de toutes les autres mala-
dies avec lesquelles on pourrait les confondre.
L'action exagérée des tendons, des pressions habituellement répétées , sont les causes les plus ordinaires des affections de ce genre.
Il est très-rare que le liquide séro-sanguinolent que renferment la plupart des bourses synoviales enflammées puisse être résorbé, soit par l’action spontanée de l'organisme, soit par les efforts de l’art. Presque constamment , au contraire, les tumeurs qu'il forme augmentent graduellement de volume, et présentent à l’irritation ainsi qu’à l’exhalation morbide des surfaces plus étendues.
La simple ponction de ces tumeurs ne procure qu'une guérison palliative, le liquide ne tardant pas à se reproduire. La ponction suivie d'injection n’est pas sans danger, parce que l’organisation incomplète de la bourse et les altérations qu’elle a subies, peuvent avoir aminci sur quelques points ses parois , et les avoir disposées à la rupture sous l’effort du liquide poussé par la serin-
.gue. D'ailleurs, la surface interne de ces parties ne présente pas une disposition toujours favorable à l’adhérence immédiate , ou
- par sécrétion de fausses membranes. L’incision est donc préférable : elle permet d'évacuer la totalité du liquide, de faire sortir les flocons cellulo-graisseux parfois mélangés avec lui, et d'exposer à l'action de l’air une surface qui secouvrira dès lors de bourgeons charnus et se cicatrisera solidement. Cette opération , toutefois, loin d’être toujours aussi simple dans ses résultats qu'on serait tenté de le croire au premier abord , est assez souvent suivie d'accidents Wélasdinsiioié res intenses , qui ne peuvent être maïîtrisés que par un traitement antiphlogistique trèsénergique.
À la face antérieure du poignet et devant le cou-de-pied , sous l'influence de pressions
“habituelles, d’eflorts réitérés de ces parties, de travaux ou de marches pénibles, se développeront quelquefois des kystes fort remarquables sous le rapport de leur texture et des substances qu’ils contiennent. Ils existent entre les tendons flechisseurs de la main et des doigts, où fléchisseurs du pied et'extenseurs des orteils, Assez ordinaire-