LÉSIONS DES EXTRÉMITÉS DES DOIGTS ET DES ORTEILS
Organes complexes , les extrémités des doigts et des orteils appartiennent autant au toucher qu'aux mouvements ; mais J'ai cru leurs maladies plus convenablement placées ici, à raison des analogies qui les rapprochent des précédentes.
L'inflammation des extrémités digitales, à laquelle on a donné le nom de panaris, est presque toujours produite par des causes extérieures, telles que les piqüres, les applications irritantes, etc. Elle se développe tantôt dans la partie superficielle du doigt, tantôt dans sa pulpe, et tantôt dans ses parties les plus profondes.
Les causes du panaris du premier genre sont ordinairement légères; le doigt se tuméfie, devient chaud, rouge, luisant, douloureux. La maladie prend le nom de fourniole,
lorsque les téguments qui entourent l’'ongle sont spécialement affectés, et présente un bourrelet plus ou moins saillant. Dans la seconde variété , le doigt est douloureux avant que l’on y aperçoive ni tuméfaction ni rougeur. Cette douleur est profonde , lancinante, insupportable ; bientôt le doigt augmente de volume , et le gonflement se propage souvent vers la main et l'avantbras, le long des tendons , des vaisseaux et des nerfs. Dans la troisième, les tissus fibreux étant lésés primitivement, la douleur ne se développe que plusieurs jours après l'accident qui détermine la maladie ; elle est violente, profonde , pulsative ; les parties extérieures ne s’affectent que tardivement ; la gaîne tendineuseirritée propage | Ja phlogose à la base du doigt; le périoste
se détache de la phalange, et des désordres
considérables tendent à se manifester, L’agitation du malade est souvent très-grande, linsomnie continue , la soif très-vive , le pouls fréquent et nerveux ; et l’on a vu même la vie menacée par l'excès de la douleur et les mouvements désordonnés qu’elle proyoquait. |
Le traitement du panaris est essentielle:
ment antiphlogistique. Dans la nuance érésipélateuse et superficielle de la maladie, des saignées locales ; des applications émollientes , des bains de même nature, et enfin l'ouverture de l’abcès sous-épidermique qui se forme assez souvent, tels sont les moyens fort simples à l’aide desquels on obtient la guérison.
Le panaris flesmoneux et plus encore le panaris fibreux , exigent l'emploi de médications plus énergiques : si la douleur est récente, et que le gonflement ainsi que la rougeur n'aient pas encore paru, on peut les faire avorter par de larges applications de sangsues , suivies de l’immersion prolongée de la main dans l’eau végéto-minérale froide. Mais si ce moyen, employé pendant vingt-quatre à trente-six heures, échoue, ou si l’on est appelé plus tard, alors que la partie est tuméfiée , rouge et tendue , il convient d'y pratiquer aussitôt une incision profonde. Le doigt étant étendu et appuyé sur un meuble, le chirurgien doit implanter le bistouri He l'organe aux limites de la FEAR et conduire rapidement la lame jusqu’à l'extrémité de la pulpe. Lorsque cette incision doit étre étendue, il convient de la placer sur le côté de la ligne médiane , afin de ménager Ja gaîne tendineuse. Préférable aux caustiques, autrefois conseillés , ce débridement est sans doute douloureux; mais il calme presque immédiatement les symptômes, arrête les progrès du mal, et procure une guérison rapide et sûre. Il est rare que l’on ait à se repentir d’avoir agitrop tôt ; il est très- ordinaire , au contraire, de regretter une conduite trop timide, Quel praticien n’a pas eu à déplorer les progrès que l'ignorance ou la crainte ont laissé faire, dans ces cas, à la phlogose , et les destructions ui en ont été la suite? Après l'opération ,
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