CHAPITRE LIT. LÉSIONS DES ARTICULATIONS
rise leur tuméfaction, leur engorgement , leur suppuration ; et les rétablissements qu'elle procure sont à la fois plus longs à obtenir , achetés par plus de chances défavorables, et suivis deraffermissements moins complets que ceux que procurent les répercussifs. |
C: Soit qu’on ait cru devoir employer d’abord l'immersion dans l’eau froide ou les affusions, soit que ces médications aient été négligées primitivement,, il convient, dans
la plupart des cas, d'appliquer autour des |
articulations frappées d’entorse des bandages largement et uniformément compressifs, imbibés de liquide résolutif, solidifiable. Le gonflement alors ne doit généralement pas arrêter. Est-il congestionnaire, comme dans
les vingt-quatre heures qui suivent l'aeci- |
dent? l'appareil est le meilleur moyen de le faire cesser. Est-il déjà inflammatoire , comme après deux ou trois jours ? des sangsues en srand nombre pourront être appliquées, et immédiatement après leur chute, alors que le soulagement se manifeste, le bandage sera posé. Ce mode de pansement me semble réunir le plus d'avantages. Je néplige souvent, afin d’y recourir plus tôt, les irrigations et les immersions ; où si je crois utile de faire intervenir le froid et l'humidité, je le fais en arrosant l'appareil Jusqu'à ce que je juge convenable de le laisser sécher. Je me trouve généralement bien, pour le pied, d’un bandage en forme de spica, qui ne fait jamais de circulaires autour des malléoles, mais qui entoure l’ariiculation tibio-tarsienne en forme de 8 de chiffre. Au poignet, j’applique une attelle palmaire, et, dans les cas graves, le bandage entier des fractures de l’avant-bras. Ces divers appareils sont de la plus grande utilité pour assurer des guérisons solides.
Si des accidents surviennent, ou si la violence de l’entorse les fait redouter , c’est plutôt au moyen de larges et fréquentes évacuations sanguines veineuses qu’il convient de les combattre ou de les prévenir, qu’à l’aide de pansements renouvelés et de topiques relàchants.
En général, le"traitement des entorses doit être à la fois sévère et énergique. La compression et l’immobilité, obtenues par
des bandages solides, en constituent la base, Ce n’est qu'après la cessation de tout gonflement et de toute douleur que les parties peuvent être graduellement exercées. H ne faut pas oublier que ces maladies ,* lorsqu’elles sont négligées , prédisposent à des entorses nouvelles , ou laissent fréquemment , dans les articulations , les germes d’inflammations désorganisatrices incurables.
Caractérisées par le déplacement de portions osseuses contiguës, les luxations constituent une des maladies les plus fréquentes dont le chirurgien ait à s'occuper. Celles qui sont produites par l’altération des surfaces articulaires ou de leurs ligaments seront examinées plus loin, comme consé-
quences de l’arthrite chronique ou arthro-
cace. Les vices de conformation que certains enfants apportent en naissant , tels que les pieds bots et les luxations congénitales de la tête des fémurs , doivent être également éliminées de notre étude actuelle, parce que leur histoire rentre spécialement dans celle de la partie orthopédique de l’art,
Les luxations accidentelles , les seules dont je me propose de n’occuper ici, ont été divisées en incomplètes et en complètes, selon que les surfaces contiguës se correspondent encore par quelques points, ou qu’elles ont entièrement cessé d’être en rapport. Les premières sont surtout fréquentes dans les articulations très-larges , dans les ginglymes , dans quelques arthrodies du carpe et du tarse ; les secondes sont presque les seules que l’on observe dans les articulations orbiculaires.
On a distingué aussi les luxations en récentes et en anciennes , d’après l’intervalle écoulé depuis leur production : dix à vingt jours sont les termes assignés généralement aux premières, les autres peuvent remonter à plusieurs mois, ou même à un grand nombre d'années. | |
Enfin, elles ont été classées en rédueti-
bles et en irréductibles, classification qui.
n’a rien d’absolu, qui est un corollaire de l'ancienneté, et dont les termes ont été singulièrement modifiés depuis quelques années. L’irréductibilité des luxations se fonde sur les changements survenus dans les par-
SE
‘articulations,
ties déplacées , changements qui rendent pérmanentes et durables, des dispositions qui n'étaient d’abord que fugitives. peu s0lides et susceptibles d’être détruites. Dupuytren a réduit une luxation de l’humérus, qui datait de plus de trois mois ; M. Sanson en a guéri une autre qui dépassait ce terme.
Plusieurs chirurgiens, M. Sédillot entre autres, ont publié des faits plus remarquables encore. Aucune limite fixe ne peut donc être établie à ce sujet : l’habileté du chirurgien dans l’emploi des moyens de réduction, la constitution des malades, la nature de l'articulation affectée, l’intensité et la durée des accidents inflammatoires primitifs , et par conséquent la production ou labsence d’adhérences morbides résistantes, sont autant de circonstances qui les feront. varier presque à l'infini.
Certaines dispositions organiques favorisent la production des luxations, et constituent leurs causes prédisposantes. Parmi elles . 1l convient de noter : 1° Ia faiblesse musculaire , congénitale ou accidentelle , certains cas de paralysie, comme celle du muscle deltoïde, par exemple ; 2° la relaxation des liens qui affermissent les jointures, à la suite des fatigues excessives, des tiraillements habituels, ainsi qu’on l’observe chez les ouvriers pressiers, pour l’articula tion du poignet ; 8° la mobilité de certaines absence des ligaments solides et serrés autour d’elles, la forme plane ou presque plane de leurs surfaces de rapport, circonstances réunies , par exemple, dans l'articulation scapulo-humérale ; 4° enfin, l'exercice de certaines professions, telles que celles de couvreur, de maçon et autres, qui exposent à des chutes fréquentes.
Si la faiblesse musculaire favorise les luxations, en diminuant l'énergie de la résistance que les faisceaux charnus peuvent opposer aux déplacements des os auxquels ils s’attachent, l’exagération de force de ces mêmes muscles, en rendant leur action plus vive et plus efficace, lorsque les os sont déviés de leur direction normale, conduit au même résultat. Relativement aux âges , les luxations sont assez rares chez les enfañté, à raison, d’une part, de la mobilité de Fe 4 articulations , et,
de l’autre, de la facilité |