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CHAPITRE III. LÉSIONS DES ARTICULATIONS

nauséeuses, jusqu’à la manifestation du malaise et du relâchement général que cette substance manque rarement de déterminer.

Ce moyen, bien que ne devant être employé qu'avec circonspection , est cependant pré-

7 « 9 . « + - \ férable à l’opium, et à l'ivresse provoquée

par l'ingestion de boissons spiritueuses , à raison de l’excitation intense, de l'agitation violente, et des résultats éloignés plus graves, auxquels ces derniers peuvent donner lieu.

Les accidents locaux, déjà développés autour des articulations luxées , constituent parfois des contre-indications à laréduction, ou réclament l'usage préliminaire de médications actives: Le parti que prendra dans ces circonstances le chirurgien aura une influence très-grande sur l'issue de la maladie, Se laisse-t-il effrayer par le gonflement , la douleur et la difliculté de faire mouvoir les parties ? il se pourra que Pirritation , et la phlogose , quoiqu’énergiquement combattues, tardent douze, quinze ou vingt jours à se dissiper , et qu’alors la réduction soit devenue fort difficile ou même impossible. Dédaigne-1-il trop, au contraire, des.accidents imflammatoires déjà formidables? les efforts qu’il tentera pourront augmenter lirritation, agrandir les déchirures, préparer des suppurations profondes et compromettre le membre blessé, ou même la vie du sujet. Entre ces deux écueils, le - chirurgien a done besoin d’user d’une grande circonspection. Il devra se guider spécialement, d’une part, sur la nature encore congestionnaire ou déjà inflammatoire de la tuméfaction locale , sur la structure de l'articulation luxée, sur le sens de la luxation, et sur le degré de facilité ou de résistance que semblera faire présager la constitution du sujet. Et, suivant que le résultat de l'examen de toutes ces circonstances sera de nature, ou à promettre le succès sans produire de trop grands désordres, ou à laisser craindre que les efforts pourront être dangereux , sans même vaincre des obstacles trop considérables , il se décidera à agir ou à temporiser. Bien entendu que, dans ce dernier cas, il emploiera le traitement le plus actif, afin de mettre le plus tôt possible les parties en état de sup-

porter les tentatives secondaires de la réduction.

Celle-ci, étant résolue, exige ; pour être opérée , le concours de trois actions élémentaires : la contre-extension, l’extensiort et la coaptation. Le sujet est ordinairement couché, si la lésion existe aux membres abdominaux, et assis sur un siége solide, lorsque le déplacement affecte les membres thoraciques.

La contre-extension a pour objet de donner aux efforts qui vont être exercés , un point d'appui solide. Or , ce point d'appui

doit, autant que possible, être invariable.

Si l’on confie la contre-extension à des aides, leur résistance inégale, vacillante , oscillatoire, pour ainsi dire, fatiguera le malade, irritera les museles et ne produira que difficilement l’action désirée. Une base inamovible prévient ces inconvénients. La contreextension exige des lacs, ordinairement faits avec des serviettes, des nappes ou des draps, pliés en cravate. Disposés de manière à ne comprimer et à ne froisser aucun des muscles qui passent autour de l'articulation

| luxée, et dont lallongement est nécessaire

au replacement des os, ces liens doivent embrasser, par leur partie moyenne, la partie supérieure du membre, ou mieux

| encore le tronc, etse fixer, par leurs extré- | mités, à un barreau, ou à quelque autre

objet solide, disposé à cet effet. Leur direction doit être perpendiculaire à la surface articulaire de l'os auquel ils correspondent.

L'extension peut être confiée à des aides, ou exercée au moyen de machines. Le premier mode présente l'avantage de permettre de varier la direction des efforts , à mesure que l'allongement des muscles et le dégagement de l'os mobile s’opèrent. C’estune force vivante et à chaque instant modifiable, généralement préférée par les chirurgiens français, aux forces mortes, el plus difficiles à faire varier, que fournissent les machines. Cependant, ces avantages me semblent exagérés, et je pense avec M. Sédillot , que celles-ci ne méritent pas tous les reproches qu’on leur adresse généralement. Avec de la prudence et de l'habitude, on peut les faire agir de manière à ce qu’elles soient efficaces , sans être dangereuses. En beau-

coup de cas , elles peuvent suppléer à l’insuffisance ou à l'inintelligence des aides ; et maintes fois, dans la pratique des campagnes isolées, le chirurgien, aidé d’un crochet à vis, d’une moufle et d’une corde, réduirait plus aisément certaines luxations, qu'il ne le peut faire avec l'assistance des personnnes, trop faibles, trop peu nombreuses, ou trop peu éclairées , qu’il trouve autour de lui.

Il convient d'appliquer les lacs ou les puissances d'extension à lextrémité du membre la plus éloignée de la maladie, afin de prévenir sûrement l'irritation des muscles. Les liens devront être fixés avec des précautions telles qu’ils ne tiraillent et ne froissent pas douloureusement la peau.

Il serait important que, dans chaque hôpital, on fût pourvu d’un dynamomètre, par l'intermédiaire duquel les tractions seraient exercées, au moyen des aides ou avec les machines. L'emploi habituel de cet instrument fournirait des données qui nous manquent encore, concernant la somme exacte des efforts qu'on ne peut dépasser sans danger , sur celle qui est nécessaire pour réduire telles ou telles luxations , sur le degré de résistance que présentent les muscles chez les sujets de constitutions diverses, sur le degré de relâchement ou d’affaiblissement que peuvent faire obtenir les moyens préparatoires, etc. Cette addition, fort simple, et que tous les chirurgiens pourraient d’ailleurs introduire dans leur pratique particulière , semble susceptible de conduire à des réah If is importants , sous le double rapport de la théorie et de l'exercice de l’art.

Tout étant convenablement disposé , le chirurgien se place, ordinairement, au côté externe du membre, vis-à-vis de l’articulaüon malade, et tantôt l’embrasse , de manière à repousser certaines parties ou à en attirer d’autres, par l’action contraire de ses pouces et de ses autres doigts; tantôt aide à l'extension et lui imprime une direction pariiculière; tantôt, enfin, transforme los mobile en un levier, dont il se sert pendant l’extension Me conduire la tête luxée vers la cavité qu’elle a abandonnée.

Avant de faire commencer aucun effort ,

? convient de détourner fortement Patren

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