CHAPITRE III. LÉSIONS DES ARTICULATIONS
presque toujours même le déplacement persiste , sans autre résultat qu’une difformité légère et un peu de faiblesse dans les mouvements du poignet.
La réduction est toujours facile. Si elle ne s’opérait pas seule , par l'extension de Ja main , une pression directe , exercée sur l'os pendant ce mouvement , suffirait pour la faire obtenir. Quelques compresses graduées, placées sur la tumeur et maintenues par des circulaires, plus une attelle palmaire , sur laquelle on fixe la main, dans une situation légèrement relevée en arrière , constituent l'appareil qu’il convient d'appliquer et de faire porter pendant longtemps au malade.
Lorsque , durant les torsions violentes du poignet , le radius et le cubitus tendent à perdre leurs rapports , la luxation s'opère.
Elle a toujours lieu en avant ou en arrière.
Le cubitus se déplace dans le premier sens, lorsque la main est fortement étendue et portée en supination , la flexion et la pronation extrêmes produisent , au contraire,
le déplacement opposé. Celui-ci, ou la luxation cubitale en arrière, est moins rare que l’autre. F
Le cubitus est-il placé derrière le radius?
la main reste fixée dans la pronation, la partie inférieure de l’avant-bras est rétrécie, et arrondie, par la saillie des tendons fiéchisseurs ; les doigts sont légérement
-fléchis , les deux os se croisent , et la saillie de l’extrémité cubitale à la partie postérieure et interne du poignet ne peut être méconnue. La luxation opposée détermine la même étroilesse de l’avant-bras, la même saillie des tendons; mais la main est dans la supination, la tête du cubitus non-seulement n'existe pas sur le même plan que le radius, mais se fait sentir à la face palmaire du poignet. Dans ces deux cas, Favant-bras est à demi fléchi, et une vive douleur se propage ordinairement le long du membre, jusqu’au coude.
Ces luxations sont toujours accompagnées d’une entorse de l'articulation du poignet, et parfois d’un ébranlement si violent que
des accidents inflammatoires intenses lui succèdent. Faciles à réduire, elles se renouvellent aisément, ou même restent per-
Ga
manentes , sans que les mouvements de la main soient notablement altérés.
La partie inférieure du bras, le coude étant à demi fléchi, doit être confiée à un aide, tandis qu’un second aide s'empare de la main , sur laquelle iltire; le chirurgien embrasse le poignet avec ses deux mains et appuie ses pouces sur l’extrémité inférieure du cubitus. Tout étant ainsi disposé, l’extrémité cubitale est directement repoussée à sa place, en même temps que la main est ramenée à une direction opposée à celle:
que la maladie lui imprimait. Le bandage des fractures de l’avant-bras doit ensuite être appliqué comme précédemment.
Dans les mouvements brusques et outrés de pronation de la main, dans les chutes faites sur cette partie, dans les allongements instantanés et violents de l’avant-bras, la main étant dans une forte pronation, une douleur vive se fait parfois sentir à la partie externe et postérieure du coude , et la luxation de la tête du radius s'opère.
Elle s'opère encoré , avec assez de facilité, chez les enfants qu’on soulève par un des avant-bras, pour leur faire franchir quelque obstacle, comme un ruisseau par exemple, et qui tournent , ou pivotent sur le membre auquel le poids du corps est appendu. Ce déplacement n’a presque jamais lieu qu’en arrière, à raison de la solidité du ligament interosseux , de la direction des os, et du peu d’étendue du mouvement de supination, dont le plus grand effort ne peut aller jusqu’à porter les deux os au delà du parallélisme.
Demi-flexion de l’avant-bras , pronation forcée du poignet et de la main, saillie de la tête du radius derrière et au-dessous de l’'éminence externe de l’'humérus : tels sont les signes de la luxation de la tête du radius.
Cette luxation, d’ailleurs peu grave, est de celles qui se reproduisent avec une facilité marquée.
L'avant-bras étant à demi fléchi, deux aides s'emparent, l’un de la partie inférieure du bras, et l’autre de la main , tandis que le chirurgien, embrassant la région du coude, presse directement sur la tête du radins et la repousse sous la petite tête hu-
mérale, Un mouvement graduel et soutenu de supination imprimé au radius favorise cette réduction. L’avant-bras doit être ensuite soutenu par une écharpe, dans une position moyenne entre la supination et la pronation, Le coude sera entouré d’un
bandage en huit de chiffre, et, pour plus
de sûreté, une compresse longuette, graduée, surmontée d’une attelle étroite, pourra être couchée le long du radius, et presser sur la tête de cet os, afin de la contenir.
La solidité de ses ligaments, l'étendue de ses surfaces et le nombre des museles
qui l'entourent, n’empêchent pas l’articu- |
lation huméro-cubitale d’être le siége de luxations plus fréquentes qu'on ne serait d'abord porté à l'admettre. Malgré la précision apparente des signes fournis pour les distinguer , ces luxations, surtout celles dans lesquelles les os de l’avant-bras remontent en arrière,
l’occasion d’en rencontrer d'anciennes, non réduites ,
gonflement, qui, s’emparant promptement de la région du coude , en efface les saillies, et s'oppose à éminences osseuses , joint à l’étendue sou-
vent assez grande encore des mouvements |
qu’il est possible d'imprimer à l’avant-bras, sont Îles causes des erreurs, ment trop fréquentes , du diagnostic.
De toutes, la plus nombreuse , la luxa-
tion en arrière s'effectue presque toujours à | l’occasion d’une chute sur la paume de la main, l'avant-bras étant étendu en avant | pour préserver le tronc ; et cette circon- | stance devient un signe très-probable de son | existence , si le coude porte d’ailleurs des ! iraces de violence. L’extrémité inférieure |
de l’'humérus presse alors contre la partie antérieure de la capsule articulaire, et, prenant un point d'appui sur lolécräne, glisse en avant, déchire ses liens fibreux,
et se place à la partie antérieure du radius !
et du cubitus.
Aussitôt après l’accident, l’avant-bras est
à demi fléchi sur le bras; mais il n’est que rarement, si ce n’est jamais, fixé dans cette