CHAPITRE HI. LÉSIONS DES ARTICULATIONS
de ce dernier ; du côté correspondant à la :
luxation , ils font une saillie anguleuse, surmontée d’une sorte de coup de hache à la partie inférieure du bras, tandis que, du côté opposé , la tubérosité de l’humérus fait une autre saillie, plus aiguë, qui tend la peau et semble parfois prête à la déchirer.
L’avant-bras , raccourci dans la luxation complète , est à demi fléchi , mais, pas plus que dans les luxations en arrière, il n’est fixé dans cette position , ou du moins il ne l'était pas dans le cas que j'ai eu sous les yeux.
Jai observé, sur un militaire, une variété de la luxation du coude qui, pour être fort rare , n’en est peut-être que plus intéressante à bien connaître. Cet homme était ivre; en poursuivant un de ses camarades, il tomba en avant, la maïn droite étendue, ainsi que le bras, et protégeant le tronc.
Apporté à l'hôpital quinze heures environ après l'accident , la région du coude était le siége d’un gonflement très-considérable , et d'une douleur violente , laquelle ne rendait cependant pas les mouvements impos-
sibles dans certaines limites. La luxation | en arrière fut reconnue à ses signes ordi- | naires et réduite , ainsi que l'attestèrent et |
la secousse, et le bruit accompagnant le
replacement des os, et le rétablissement !
dela longueur de l’avant-bras. Et cependant, bien que je pusse étendre et fléchir , pres-
que sans douleur, le membre, bien que le
blessé se déclarât guéri, tant il souffrait moins, je restais mécontent de la conformation générale des parties. À travers la
tuméfaction , J'apercevais , dans le coude, un défaut de symétrie dont je ne pouvais | détourner mon attention. Il consistait en ce |
que, du côté externe, au-dessous de la tubérosité humérale , se faisait sentir une dépression assez profonde, tandis qu’en dedans , la tubérosité interne, au lieu de former le point le plus saillant et le plus
aigu de l'articulation, était comme masquée et couverte par la masse des muscles | qui s’yattachent, soulevée au-dessous d'elle,
Une luxation latérale , incomplète, en dedans, était manifeste. De nouveaux efforts d'extension furent exécutés, et suivis d’une seconde réduction , parfaitement distincte ,
favorisée par les pressions opposées de mes mains, et après laquelle la guérison fut complète.
Les luxations du coude constituent des accidents presque toujours fort graves, à raison de l'étendue des déchirures qui les accompagnent , et de l'intensité des accidents inflammatoires qui les suivent. Non réduites, elles n’entraînent pas toujours l’ankylose du membre, surtout si l’avantbras a été maintenu d’abord dans la demiflexion. Mais chez deux sujets, le membre fixé dans l’extension sur le bras, cette position était devenue permanente, et la main, placée à l'extrémité d’un levier inflexible, ne pouvait rendre presque aucun service, Chez un de ces sujets , enfant de douze ans, la réduction put, avec beaucoup de diffculté et de douleur, mais sans suite fàcheuse, être opérée, quatre-vingts Jours après l’accident. .
La luxation a-t-elle lieu en arrière? le
blessé étant assis sur une chaise solide, le lacs usité pour pratiquer la contre-extension dans les luxations scapulo-humérales , doit, de la même manière, être placé sous l’aisselle , ramené obliquement , devant et derrière la poitrine, jusqu’au-dessus de l'épaule opposée , et fixé à quelque objet solide. Un second lacs est” placé autour du poignet, et confié à des aides , ou fixé à une poulie, Le chirurgien, situé au côté externe du membre, et embrassant le coude de ses deux mains , donne le signal de l’extension, puis, lorsqu'il sent que les os se dégagent et que le membre reprend sa longueur, il imprime à l’avant-bras un mouvement de flexion qui détermine la rentrée des os à leur situation normale.
Dans beaucoup de cas, surtout chez les jeunes sujets, on réussit bien, en faisant saisir par un aide vigoureux , la partie inférieure du bras, pendant que d’autres opèrent l'extension, en tirant sur le poignet.
Si le radius n’avait pas suivile mouvement du eubitus , il faudrait, après avoir fléchi l'avant-bras, se comporter comme dans la luxation primitive de eet os.
Les luxations en avant seraient probablement d’une réduction plus facile, que les
précédentes , à raison de la perte de la résistance que peut opposer le muscle triceps.
Mais elles seraient plus difficiles à maintenir , et le bras, laissé dans l’extension pour procurer la consolidation de l’olécrâne, risquerait beaucoup de conserver toujours cette position. Il serait préférable, peutêtre, de négliger , jusqu’à un certain point, la fracture, et de maintenir le membre dans la demi-flexion.
Les +luxations latérales n'offrent guère plus de résistance que les posterieures. Les efforts à l’aide desquels on les réduit doivent être exercés de la même manière; seulement , le chirurgien, lorsque l’extension semble suffisante, porte en sens inverse les extrémités opposées des os, et les replace. Cette réduction ne peut quelquefois être opérée qu’en deux temps, surtout lorsque la luxation est complète.
Après toutes les luxations du coude, la prudence conseille de: placer l’avant-bras dans la demi-flexion , d’entourer l'articulation de compresses en huit de chiffre, et de couvrir le membre d’un bandage roulé.
Par-dessus cet appareil, on placera deux attelles en carton mouillé, une eu avant , et l’autre en arrière , assurées par une seconde bande. Ce bandage sera imbibé d’un liquide solidifiable, afin de la rendre inamovible , et laissé en place de quinze à vingt jours, après lesquels on peut le lever , afin de le renouveler, et d'imprimer au membre quelques mouvements. Au irentième jour , environ, l’on substituera à l’appareil inamovi ble un bandage ordinaire, et l’on permettra au coude des mouvements de plus en plus étendus.
L’articulation scapulo-humérale réunit, au plus haut degré, toutes les conditions susceptibles de favoriser les luxations ; telles que la longueur et la laxité des ligaments, le peu de profondeur de la cavité qui recoit la tête de los, les dimensions considérables de celle-ci, et enfin la longueur du levier formé par la totalité du membre.
Bien que contre-balancées en partie par l'étendue et la variété des mouvements, par la présence de la voûte acromiale, par l'addition , autour de la capsule, des muscles sur.etsous-épineux , petit rond et sons-