‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoireChapitre 233 sur 322 · CHAPITRE Ill LÉSIONS DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE Ill LÉSIONS DES ARTICULATIONS

vent de remarquer laveontusion de ces parties;ypour faire présumer l'existence du déplacement lui-même. Il n’est pas nécessaire, chez le sujet vivant comme sur le cadavre, pour,.que la luxation ait lieu , que le membre soit renversé, en haut, au delà de la ligne verticale. Durant les chutes, l’action musculaire vient favoriser et déterminer le déplacement : elle fixe l’omoplate d’üne part, et de l’autre, lorsque le coude ou la main écartés touchent au sol, l'effort par lequel les muscles grand Décioral grand dorsal et grand rond, tendent à soutenir le membre et le tronc, ipoliqhe la tète humérale contre la partie inférieure de la capsule et détermine sa déchirure. La luxation est toujours complète, ou du moins les exemples du contraire sont-ils. excessivement rares.

Lorsque la tête de l’humérus occupe la position indiquée, le chirurgien le reconnaît aux symptômes suivants : 1° allongement du bras, ou de l’espace compris entre l'apophyse acromion et le coude; 2° direction oblique de l’axe du bras, qui, au lieu d'aboutir à la base de l’acromion, va se ren- ‘dre au creux de l’aisselle ; 3 très-grande difficulté, ou même Fi pots DURE CE de rapprocher le coude du. trone ; 4° aplatissement du moignon de l Ainles allongement et A stilité du deltoïde, creux manifeste existant là où la tête de lhumé rus doit donner aux parties la forme ronde, et de la solidité ; 5° saillie anormale de cette éminence dans le creux de l’aisselle, où elle est reconnaissable, à sa dureté, à sa forme globuleuse, et à sa surface lisse ; 6° inclinaison de la tête du blessé vers lPépaule malade, et immobilité du bras , sur lequel l'avant-bras reste fléchi; 7° enfin, résistance de cette déformation aux efforts peu consi-

dérables de réduction, et absence de crépi- |

tation durant les mouvements que l’on peut encore imprimer à l’humérus.

La luxation en avant, qui est rare, résulte de chutes Sur le bras étendu, et en même temps. porté en arrière. Je “ep de la voir | produite par une chute, dans laquelle la partie supérieure du bras a été directement portée du côté du sternum : une énorme contusion accompagnait l'accident.

Elle modifie les symptômes précédents

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sans. leur en substituer d’entièrement nouveaux. Ainsi le membre est encore allongé, quoique moins que dans la luxation en bas; le coude est dévié en arrière, et-l’axe du bras se prolonge idéalement vers la clavicule; le moignon de l'épaule est aplati, principalement en arrière ; la tête de l’humérus , placée au devant du colide l’omoplate, sous l’apophyse coracoïde, soulève la paroi antérieure de la région axillaire ; le coude peut, sans grandes difficultés, être porté en arrière et en dehors, mais les mouvements opposés excitent de vives douleurs, ou sont impossibles; l’avant-bras n’est pas maintenu avec force dans laflexion parce que le muscle biceps est exempt de tension vive.

Non moins rare que la luxation en avant, le déplacement de l’'humérus en arrière est ordinairement produit par une chute sur le membre, incliné fortement en avant. Ici encore, le bras est allongé; maislessaillies et les dépressions de la surface de la jointure sont exactement opposées à celles qui signalent la luxation en avant; et les mouvements que celle-ci permet Fa. précisément ceux que l’autre rend très-douloureux ou impossibles.

Constamment secondaire, ou résultant de la persistance des contractions musculaires sur l’humérus non réduit , dont la tête est placée en bas ou en avant de la cavité glénoïde, la luxation enhaut et en avant s’accompagne de raccourcissement léger du bras, de l’inclinaison du coude en arrière, : de la dépression postérieure du moignon de l'épaule, de la présence d’une tumeur arrondie sous le grand pectoral et la clavicule.

Les déplacements de ces genres divers ne constituent pas, généralement, par eux-mèmes des accidents très-graves. La réduction, lorsque la maladie est récente, peut être ordinairement obtenue avec assez de facilité. Elle ne devient rs tardivement impossible ; et lorsqu’ on n’a pu l'obtenir , la mobilité de lomoplate est encore telleqhe les mouvements se rétablissent en partie, Le tiraillement considérable du plexus, brachial, la dilacération de l'artère axillaïre, la paralysie du muscle deltoïde, par suite de la déchirure ou de la désorganisation. du nerf circonflexe , et enfin les fractures “ducol de ’humérus, sont autant de complications

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dont les résultats et les dangers peuvent | “ Dans les cas plus” difficiles , il est indis- | pensable de déployer plus de force et d'agir :

être aisément appréciés. Cette luxation est une de cellesqui, une fois produites, se renouvellent le plus facilément. Elle peut même, chez quelques sujets, être opérée à “volontés : à ; "

Ê Transformer l'humérus en un levier du premier genre , dont l'extrémité inférieure estrapprochée du tronc, tandis que la supérieure eSt portée en dehors, tel est le pro- . cédé que suivaient les anciens pour réduire les’ luxations primitives ou récentes de lhumérüs. "La porte, l'échelle, l’ambiwet d’autres machines dont ils faisaient usage, n'opéraient pas d’une'autre manière. C’est encore ainsi qu'agit le chirurgien lorsqu'il séwplacérà côté du malade, appliquant son talon sous d’aisselle et tirant sur fle bras luxé. Ce procédé à souvent été employé par À. Cooper, qui l’a modifié en couchant le malade sur une table solide, et en se placant près de lui, dans une attitude demiassise, le talon droit appliqué au bras droit, et réciproquement. Ce procédé a compté, “dans ces derniers temps, quelques succès en France et en Italie. ‘

Chez les sujets faibles , chez les femmes

âgées , le chirurgien peut réduire assez souvent, sans le secours d'aucun aide, les luxations'de l'humérus..On a conseillé pour cela deplacer sous la tête de lhumérus une serviette, dontlesextrémités seraientnouées derrière le cou du chirurgien. Celuisci placé au côté externe du sujet #qu'il ferait retenir sur une chaise solide , engagerait le bras malade entre ses jambes , puis tirant sur ce membre , en même temps qu’il relèyerait, par le redressement du tronc, l’'anse de la serviette, il opérerait ainsi l’exten-

sion et la coaptation. J'ai plusieurs fois réussi par un procédé plus simple : le blessé

étant assis convenablement , et soutenu par un aide, lavant-bras gauche. pour l'épaule droite, et le -droit pour. l'épaule gauche était-placé en travers , le plus haut possible sous l’aisselle, Avec la main restée libre L on saisit fortement lé coude, que l’on tire en,bas, et que l’on rapproche ensuite fortement. du corps , l’avant-bras ‘laissé dans le creux ‘axillaire servant de point-d’appui au léviér que représente alors l’'humérus, BA A de ù

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