CHAPITRE 111. LÉSIONS
chirurgien ferait la coaptation, en pressant en sens opposé sur les os disjoints.
De, tous les os du pied , l’astragale, souvent pressé entre le poids du corps, que lui transmet le tibia, et le calcanéum, qui appuie sur le sol, est,celui qui éprouve les déplacements les plus étendus, les plus nombreux et les plus graves.
1° Dans une extension violente du-pied , telle que celle qui a lieu lorsque la partie antérieure de cet organe est retenue par un obstacle , le tronc et la jambe tombant en arrière , l’astragale , relevé à raison de ses adhérences avec le tibia et le péroné, abandonne parfois la cavité du scaphoïde, et fait saillie à la face dorsale et interne du tarse. Cette luxation n’est que le premier degré de la précédente ; car si l’on suppose l’action itraumatique plus considérable, le déplacement s’étendra nécessairement aux deux jointures parallèles. «
2° L’astragale peut être, dans les chutes, violemment chassé de sa place, et porté en avant et en haut, sur le cou-de-pied. Dans
: ces caS, il éprouve un double mouvement de projection , résultant de la pression du tibia sur sa face convexe, et du soulèvement de sa tête antérieure, qui abandonne le scaphoïde, Les malléoles peuvent être isolé:
ment ou simultanément fracturées, Lorsque la luxation est simple, la longueur non plus que la direction du pied ne présentent que peu de changement ; cet organe est étendu ; le talon est rapproché de la jambe, en avant du cou-de-pied se montre la saillie formée par l’astragale, que recouvrent les iépguments , tantôt intacts, tantôt amincis, distendus et prêts à serompretet tantôt, enfin, déchirés plus ou moins largement.
3° En même temps qu'il est porté en avant hors de sa cavité, l’astragale, à raison de l'inégalité presque constante de la pression exercée sur lui par le tibia, s'incline ordinairement en dedans,ou en dehors, et se rapproche de la direction transversale.
Dans ce cas, selon la remarque de M. Roonetta, le pied est presque toujours incliné du côté opposé à celui auquel correspond la iète de l’astragale. Lorsque l’une des malléoles est rompue, c’est ordinairement celle vers laquelle se dirige cette éminence. L'es-
DES ARTICÜLA'PIONS. " ey
pace compris entre la plante du pied et les malléoles est allongé, raccourcisou conserve
3 RE Le . la même longueur, selon que los présente lun deses angles à la mortaise du tibia, ou
qu’il est complétement expulsé, ou enfin que son déplacement west que peu cônsidérable. Te |, 4° L’astragale restant en place, où chassé bors de la cavité qu’il occupe, peut éprouver un tel mouvement de torsion qu’il présente sa poulie supérieure en dedans ou ‘en dehors, et l’une de ses faces latérales en
haut. Ces déviations sont généralementac-
compagnées de la. fracture de celui des deux os de:la jambe vers lequel la poulie se diriger "A dc 8 On observe alorgda distorsion du pied, son inclinaison eh dedans où en dehors, la crés pitation de l'os, fracturé, et l'allongement du membre. tt 5° Enfin , l’astragale éprouve quelquefois un renversement complet, sens dessus dessous, bien qu'il soit fort diflicile d'enpréciser le mécanisme. chtis Dans ces «as, d'os déplacé fait presque constamment une saillie prononcée , et sa mobilité est d'autant plus grande que.les liens fibreux qui le retenaient ont éprouvé une rupture plus complète. 1, .
Si le chirurgien peut, chez Ja plupart des blessés, reconnaitre que l'astragale Lest écarté de sa situation normale et de sa direction, plusieurs éauses rendent fort dificile à déterminer exactement da «direction qu’il a prise, et les portions de sa périphérie qui sont à découvert. J'ai vu des hommes fort habiles relter dans le doute à cet égard. Sous le rapport des circonstances commémoratives, les causes qui, déterminent les principales variétés du déplacement soni semblables. Quant à ia forme des parties explorées , l’astragale n'a pas une configuration telle qu’il soit toujours facile, lorsque les téguments sont épais , de reconnaitre celle de ses surfaces qu'ils recouvrent; et le gonflement, qui ne tarde pas à se développer, vient bientôt augmenter encore cette incertitude. Si l'on, s'attache à Ja di rection des parties, les inclinaisons du pied n’ont rien d’absolu, de nécessaire, compa-
rées à celles que. l'astragale affecte, Enfin,
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sous le point de‘vue des complications ; la fracture si fréquente des os de la jambe et
de l’astragale lui-même; en jetant des frag-
ments au miliéu des désordres inséparables delaluxation, rend encore les erreurs presque inévitables.
Ce‘qui importe le plus dans les accidents de ce gênre, €’est l'observation des caractères süivilts : 1° le degré de mobilité ou de fixite du pied dans la at ection nouvelle qu'il ‘affecte ; 2° le degré de liberté de l’astragale ; 3° la présence de la tête arrondie et lisse de cet os, et l’observation de la poulie qui fait suite à son col; 4° lallongement ou lé raccourcissement de la région sous-malléolaire ; 5° la présence ou l'absence de la crépitation aux os de la jambe ou dans
l’astragale ; 6° l’état de la peau, selon qu elle est saine, prête à se déchirer, ou déjà rompue.
Les luxations de l’astragale sont toujours très-graves. Elles entraînent presque inévitablement des accidents inflammatoires formidables, souvent suivis de suppurations abondantes, de gangrèné partielle, de destruction des ligaments, de séparation de lastragale, de difformité, d’ankylose-incomplète et de PATATE Ces résultats ‘sont en rapport avec l’étenduedu désordre.
Ainsi, les luxations en avant, que l’on parvient à réduire dès les premiers instants, n’entrainent pas de grands dangers , et guérissent sans’difformité; celles qui sont irréductibles , mais avec des déplacements peu étendus, peuvent ne laisser que des difformités compatibles encore avec l’exercice satisfaisant des mouvements du membre ; mais le danger est aussi grand que possible , lorsque l’astragale entièrement chassé de sa place, doit être extrait, ou qu'il est expulsé par le travail de la sn 455 ration.
Pour réduire ces déplacements, la jambe étant fléchie à angle droit sur Ja cuisse, amenée elle-même à la direction verticale, la contre-extension peut être faite par un aide qui croise les doigts de ses deux mains Gsticre le jarret et retient ainsi le fémur.
Un second aïde, saisissant avec une main la face dorsale du dé: etavec l’autre le talon, exerce l'extension. Le chirurgïen dirige