LIVRE VIR MABADIES DE L'APPAREIL DE BX LOCOMOTION
celle-ci et repousse directement sous la voûte agrandie du tibia, le corps de l’astragale, dont il enfonce ensuite la tête dans la cavité scaphoïdienne. | Lorsque cette réduction ne peut être opérée, la conduite à tenir est subordonnée à l’état des parties : 1° La peau est-elle déchirée, et croit-on apercevoir que l’étroitesse de son ouverture, ou une bride fibreuse accessible aux doigts et aux instruments , s'opposent seules à la réduction? l’instrumenttranchant devra lever ces obstacles, et l'os sera replacé dans sa situation, surtout si la luxation n’est qu’incomplète. 2° Lors-
. que les téguments sont intacts, épais , peu
distendus, que l’astragale, quoique irréductible, n’a cependant pas abandonné entièrenier sa place, et qu’il conserve de solides connexions , il est préférable de tenter la guérison , en abandonnant la difformité , plutôt que d’inciser les parties molles et d’aller à la recherche de brides dont on ne connaît ni l'étendue ni la situation. Desault, et plus récemment M. Manula , en agissant
d’une’ manière opposée , ont réussi; mais d’autres succès, obtenus par la pratique contraire , démontrent aussi ses avantages.
8° Lorsque, la réduction étant impossible ,
les téguments qui recouvrent l'astragale sont très-distendus, amincis, et menacés de gangrène , l’incision doit être pratiquée , parce que l’ouverture des parties est inévitable et qu’elle offre le seul moyen d’essayer la réduction. 4° Dans le cas où l’astragale , chassé de sa place, et ne pouvant y être repoussé, a perdu ses liens PPHPCDAUX, et que les tésuments sont déchirés, ou qu'on les a incisés , il est indiqué de saisir cet os, de l’attirer, d'achever de l’isoler et del’extraire. La pie doit être ensuite réunie , le pied
"maintenu à angle droit sur la jambe ; bon
nombre d'ébipiés attestent que les malades ont obtenu par un traitement convenable une guérison avec claudication, à !1 vérité, mais telle qu ils + se servir de Lee membre.
Il est impossible de se dssintiét toutefois, que des accidents redoutables ont suivi ces traitements ; que des dangers graves les accompagnent toujours ; que, probablement, plus d’un sujet a succombé pendant
À pan TÆ! 1h. 2. sù
bi % CHAPITRE III. LÉSIONS DES ARTICULATIONS.
leur durée; enfin, qu’en beaucoup de cas, les membres conservés sont restés affaiblis, disposés à l’engorgement, à la douleur, incapables’ de supporter des fatigues soutenues. L’amputation de la jambe deviendrait préféräble à des tentatives de conservation hérissées de tant de difficultés, et fournissant des résultats aussi imparfaits, si, surtout, les déchirures étaient étendues , ou si des contusions profondes ou des fractures concomitantes’ avaient lieu. J’ai vu plus d’un malheureux à qui des jambes avaient été ainsi conservées , regretter la liberté de mouvement , la sûreté et la facilité de la marche dont jouissaient ses camarades, porteurs de jambes de bois.
Soit que, fortement retenu par quelque obstacle, il ne puisse suivre le mouvement ‘ brusque de la jambe et du corps, durant la marche, la course ou les chutes ; soit qu’arrivant au sol avec violence, il reçoive dans une direction oblique le poids des parties supérieures, le pied, dans ces deux circonstances , peut éprouver un mouvement de distorsion tel que la luxation s’ensuive.
Les accidents de ce genre sont assez fréquents. On a distingué, d’après le sens dans lequel se porte ou s'incline la surface articulaire de l’astragale, les luxations du pied en internes, externes, antérieures et posiérieures.
Si l’on considère la forme de la mortaise tibio-péronéenne, le prolongement considérable des deux malléoles, la force et le nombre des ligaments latéraux qui s’y attachent , enfin la nature et la puissance des causes qui produisent ces accidents, il deviendra manifeste que les luxations latérales, en dedans ou en dehors, de l’astragale et du pied, ne sauraient avoir lieu sans fracture préalable d’un des deux os de la jambe. Sous ce point de vue, le cou-de-pied présente la plus grande analogie de disposition avec le poignet. Comme au poignet, son articulation est double, c’est-à-dire, que les mouvements de flexion et d'extension du pied ont lieu entre l’astragale et la jambe, tandis que les mouvements latéraux , par lesquels la face plantaire est inclinée en dedans ou en dehors, appartiennent principalement à la dovble brisure qui unit l’as-
tragale au scaphoïde, et le calcanéum au cuboïde , ainsi qu’à celle de l’astragale et du calcanéum. L’astragale est le centre de ce mouvement, il remplit jusqu’à un certain point la fonction du grand os dans le carpe.
Quant aux luxations en avant et en arrière, on conçoit très-bien qu’elles puissent avoir lieu sans la fracture, la mortaise étant ouverte dans ces deux-directions3 mais, à raison, soit de le résistance des ligaments, soit de la violence de la cause vulnérante, et de la torsion plus ou moins grande qu’elle imprime ordinairement au pied, l’expérience démontre que ces cas de luxation, simple et sans fracture, sont les plus rares.
Je devrai donc revenir sur ce sujet, à l’occasion des fractures de l'extrémité inférieure de la jambe. Qu'il me suflise de dire‘ici, que lorsque l’astragale est incliné en dedans, variété de luxation qui semble la plus fréquente, la face plantaire du pied regarde en dehors; la malléole interne fait une Saillie considérable sous la peau, amincie et distendue ; la malléole externe est effacée ; la face supérieure ‘de l’astragale correspond au côté interne du cou-de-pied, sa face externe est.tournée en haut, sa face interne en bas, et sa face plantaire, avec le calcanéüm, en dehors. je
Dans la luxation en dehors, des symptômes entièrement opposés se manifestent.
L'astragale s’échappe-t-il en avant? il fait saillié sous les téndons extenseurs des orteils; le pied est allongé; tandis que le talon est au contraire.effacé, ou du moins très-raccourcl. ‘
Le raccourcissement de la partie antérieure du pied, l'allongement du talon, la saillie plus grande du tendon d’Achille, qui suit une ligne courbe de“haut en bas, à concavité postérieure, suflisent pour caractériser les luxations du pied en arrière.
Le haut degré de gravité attaché aux luxations du pied dépend moins des déplacements qui les constituent, que des fractures concomitantes des os, lesquelles ont précédé et rendu possible la plupart des luxations.
Le pronostic appartient donc aux fractures, et la Girconstance de la luxation n’a pour le modifier qu'une médiocre importance. Les luxations simples, s’il en existe, antérieures
ou postérieures, guérissent assez facilement mais les malades conseryent de Ag dans
le membre, une fai esse g' es dispose aux entorses, et même à des «déplacements D # nouveaux. ha
Quelle: que soit celle des luxations du pied qu’il s'agisse de réduire, le blessé sera couché sur le dos ou sur le côté affecté, la jambe fléchie à angle droit sur lacuisse et celle-ci sur le bassin;aun aide vigoureux doit s'emparer du jarret, au-dessus du génou, et exercer la contre-extension; un autre aide , saisissant le pied , se charge de l’éx-
tension. Le chirurgien dirige celle-ci, et in-
cline graduellement le pied à sa direction normale. Dans lés luxations latérales ; il presse sur la malléole saillante , et ramène la face plantaire en bas. Dans les luxations antérieures ou postérieures , il pousse. au contraire , le talon ou le pied , d’une part, et les "os de la jambe ‘de l’autre en sens 0pposés , afin de les remettre en rapport. Il est rare, à raison du relâchement préalable des muscles, et surtout de la déchirure des ligaments et de la fracture des os, que ces efforts de réduction rencontrent de puissants obstacles, |
Le traitement consécutif doit être celui des fractures de la jambe , dont le bandage
est le plus propre à maintenir les parties en.
rapport, dans une immobilité absolue, sous une douce et uniforme compression, et par conséquent,dans les circonstances les plus favorables à la guérison. ” L’extrémité inférieure du péroné ne paraît pas susceptible de se déplacer sans fracture préalable de cet os,ou du tibia, qui devient la lésion principale. .
Il n’en est pas de même de l'extrémité supérieure. Celle-ci a quelquefois été portée violemment en arrière ou en avant, par des causes directes , telles que des roues de voiture passant sur la jambe. Dans ces cas le déplacement était facile à reconnaître et 1a réduction non moins aisée à obtenir. Dans
un cas rapporté par M. Sanson , elle s'était | F ;
même opérée seule,
Boyer a observé un cas, unique peut-être, de luxation de la totalité du péroné $coïncidant avec un déplacement du pied en dehors ; au lieu de se rompre par la pression
de