CHAPITRE II. LÉSIONS DES ARTICULATIONS
lui. Ces luxations sont celles que lon a nommées de champ. #
Lorsque la luxation est complète, le genou présente, en avant , une profonde excavation formée par la poulie fémorale abandonnée ; puis à la région externe, la rotule, qui présente sa face antérieure inclinée au dehors, son bord interne devenu antérieur, et l’extèrne un peu plus relevé que l'autre, qui regarde en arrière.
La douleur locale, la déviation du tendon extenseur et du ligament rotulien, le degré d'extension de la jambe , ét la difficulté qu’on éprouve à la fléchir, sont , dans ces deux cas, proportionnés à l'étendue du déplacement. c
Des symptômes entièrement opposés caractérisent la luxation, plus rare, de la rotule, en dedans.
. Chez le plus grand nombre des sujets , ces lésions sont peu graves ; elles ne le pourraient devenir qu’à raison des complications dont elles seraient accompagnées.
Le blessé étant couché sur le dos, un aide
‘saisit la partie inférieure de la jambe, l’étend fortement , puis la soulève, ainsi que la cuisse, sur le bassin, et met les muscles extenseurs dans l’état du plus grand relàchement possible. Alors, le chirurgien saisit la rotule, devenue libre, et la repousse de dehors en dedans, en appuyant sur son
bord externe. Dans le cas de luxation com-
plète, l'os déplacé, saisi avec les deux mains, doit être incliné d’abord d’arrière en avant pour lui faire franchir le bord externe de la poulie; puis de dehors en dedans, pour achever de le loger dans cette excavation.
Les luxations internes exigeraient des manœuvres contraires. |
Dans quelques cas rares , ces luxations latérales ont présenté des difficultés insolites. Un chirurgien militaire, M. Cuynat, a cru devoir, sur deux sujets, ouvrir l’articu- Jation, et glisser sous la rotule un levier, à l'aide duquel il areplacé cet os. Aucun accident n’a suivi cette dangereuse opération.
Dans un cas analogue M.'G. Young appliqua le talon de la malade sur son épaule , éleva et étendit la jambe autant que possible ; puis, saisissant la rotule avec ses deux mains, la reporta dans la situation normale.
On conçoit difficilement que ce procédé ne puisse pas suffire à la réduction.
Lorsque , par suite de la relaxation du ligament rotulaire, ou du peu de profondeur de la poulie fémorale , les luxations dont il s’agit sont habituelles ; les malades les réduisent ordinairement eux-mêmes ,'et une genouillère bien faite, ainsi que des applications toniques , doivent être mis en usage afin de les prévenir. :
Quant aux luxations accidentelles en haut, elles n’existent qu’autant que le ligament rotulien est rompu, et c’est cette rupture qui constitue la maladie principale.
Des puissances très-considérables peuvent seules surmonter la résistance qu’opposent aux luxations les ligaments,et les tendons qui éntourent l'articulation .du genou. Cependant , le tibia , à la suite de chutes ou de violences directes agissant sur lui, le fémur étant retenu ou poussé en sens contraire ; lestibia, dis-je , a pu être rejeté en dehors, en dedans, enarrière ou en avant des condyles du fémur. Les luxations latérales sont ordinairement incomplètes, par’ opposition aux luxations antéro-postérieures, qui ne présentent que rarement ce caractère , à raison de la surface arrondie en ce sens des condyles du fémur.
Toutes s’accompagnent de la rupture du plus grand nombre des ligaments articulaires et de la distension de plusieurs tendons; la rotule et son ligament suivent les déviations du tibia; ce qui constitue un moyen utile de diagnostic , indiqué depuis longtemps.
Dans les luxatiônS latérales, le condyle fémoral, correspondant au.sens du déplacement, repose sur la face articulaire opposée du tibia. Lorsque la luxation*est en dehors, le condyle externe de celui-ci fait *saillie avec la tête du péroné, sous la peau; le condyle interne du’ fémur Présente en dedans une saillie opposée , au-dessous de laquelle les doigts peuvent déprimer profondément lés parties. Des dispositions contraires signalent les luxations en dedans.
Le membre est maintenu dans un état de médiocre extension; et toujours aussi il présente une torsion légère , à raison de laquelle la pointe du pied , selon le sens du
déplacement, se trouve déviée ên dedans ou en dehors. : . :
Lorsque la luxation a lieu en arrière, la jambe est fortement fléchie ; en avant, se présente une TR , arrondie , considérable , formée par les condyles du fémur et par la rotule, dont le ligament, fortement tendü , présente une direction horizontale.
Une tumeur opposée occupe le creux du Jarret. |
La luxation en avant détermine la saillie antérieure des os de.la jambe ; le membre est étendu , très-mobile , la rotule inclinée en haut; les muscles jumeaux, tiraillés au Jarret, recouvrent la tumeur formée par les condyles du fémur. L’artère poplitée , ainsi que les nerfs, sont alors tellement comprimés, que le membress’engourdit et que les pulsations cessent dans l'artère tibiale postérieure.
Ces luxations, bien que la chirurgie possède des exemples nombreux de leur guérison, sont toujours fort graves , et laissent ordinairement à leur suite, dans les parties, un état de faiblesse qui condamne les malades à l'usage habituel de la genouillère.
Dons tous les cas de ce genre, l'étendue des ruptures fibreuses: rend la réduction facile. Pour l'exécuter, un aide s'empare du bassin et le retient immobile, tandis que d’autres, tirant sur la jambe, opèrent l’extension et l'allongement du membre. Le chirurgien placé en dehors, rétablit le rapport des parties, aussitôt que les surfaces articulaires arrivent sur le même plan. Le traitement antiphlosistique le plus rigoureux deyra ensuite être prescrit.
Le docteur Hey, de Leeds, sous le nom de dérangement interne de l'articulation du genou, et À. Cooper, sous celui de Æuxation incomplète du fémur sur les cartilages semilunaires, ont décrit une affection due , sans doute, au relâchement des liens fibreux extérieurs de l'articulation tibio-tarsienne :
plutôt qu’à quelque désordre intérieur primilif. Cette lésion a licu, lorsque, durant la marche, le gros orteil heurte contre quelque corps saillant et se trouve brusquement jeté en dehors, ou bien encore lorsque le sujet seretourne vivement dans son lit, et que le poids des couvertures empêche le pied d’o-
pu