‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoireChapitre 258 sur 322 · AV. UNIT · texte numérisé non relu

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se coagule, le périoste, le tissu cellulaire ambiant , et même les fibres charnues les plus voisines, s’épaississent, s’engorgent de lymphe plastique et coagulable, Entre les fragments apparaît une substance rouge , tomenteuse et molle , qui leur adhère légèrement.

Dans la seconde dizaine, le tissu homogène, lardacé et rougeâtre, formé par l’engorgement des parties celluleuses et fibreuses, autour des fragments, diminue graduellement de volume, se circonscrit, se sépare des muscies et des tendons, et forme une tumeur distincte , qui a recu le nom de tumeur du cal. Elle est blanchâtre , d’une consistance analogue à celle des fibro-cartilages, plus ou moins volumineuse selon l'épaisseur des parties environnantes, et présente des fibres parallèles à celles de l'os mème , auquel elle adhère, en se confondant avec le périoste.

Dans les fractures du corps des os longs, la membrane médullaire se gonfle, s’engorge, oblitère, au niveau de la solution de continuité, le canal qu’elle tapisse, et y présente un cylindre analogue à la virole externe , lequel se continue avec la substance tomenteuse intermédiaire aux fragmenis.

Du vinglième au trentième ou quarantième jour environ, la virole extérieure et la cheville interne, qui permettaient encore, à la fin de la période précédente, de faire plier la fracture, devenues plus dures, plus résistantes , quittent l'état cartilagineux et acquièrent la texture osseuse, en procédant du centre de la production pathologique vers sa circonférence. Le périoste devient apparent à la surface de la tumeur externe, et se continue avec celui du reste de l'os.

Du quarantième Jour environ jusqu’au cinquième ou au sixième-mois, la substance osseuse extérieure passe à l’état d'os compact; mais la cheville interne reste spongieuse, tout en se solidifiant davantage.

En même temps que cette perfection du cal provisoire s'achève, le cal définitif se forme. La substance intermédiaire aux fragments leur adhère davantage; elle pâlit, passe à l’état osseux, et ne se distingue plus enfin du reste de l'organe que par une coloration un peu différente,

MALADIES DE L'APPAREIL DE LA LOCOMOTION

Trois éléments de consolidation existent donc alors à l'endroit de la fracture, savoir : la virole devenue compacte , la cheville intérieure , restée spongieuse , quoique trèssolide, et la substance intermédiaire, passée à l’état osseux.

Après ce travail, le cal externe diminue graduellement, et s’efface; la cheville interne est absorbée, et le canal médullaire se rétablit; l’union immédiate ou intermédiaire reste seule. Cette disparition du travail provisoire n’est souvent terminée qu’au dixième ou douzième mois depuisla fracture,

Dans les fractures des partiesspongieuses, la virole interne est remplacée par l’engorgement des cellules de l'os, et la formation d’une masse compacte dans le tissu qu’elles creusaient,

Lorsque les fragments ne se correspondent que par des points plus ou moins nombreux de leurs surfaces , le cal définitif ne se forme qu'entre ces parties ; les portions libres s’arrondissent, s'effilent, et le cal provisoire persévère autour d’elles. |

Si, dans les cas de raccourcissement considérable , les os ne se touchant plus que par les côtés de leur cylindre, le périoste, épaissi et devenu osseux, passe d’un fragment à l’autre ; les portions correspondantes du cal provisoire persistent ; les extrémités libres du canal médullaire s’oblitèrent, et des productions osseuses stalactiformes s’étendent souvent, de chacun de leurs bouts à la portion voisine du fragment opposé.

Dans les cas de plaie pénétrant jusqu’à la fracture, le tissu osseux se ramollit, fournit des bourgeons celluleux et vasculaires, lesquels, après la séparation des parties nécrosées, se cicatrisent et s'ossifient ensuite.

Divers états de santé ou de maladie, de vigueur ou de faiblesse, d'enfance, d'âge adulte ou de vieillesse des sujets, exercent sur la rapidité de la consolidation des fractures une influence très-considérable.

Dans quelques cas, les obstacles sont tels que la consolidation n’a pas lieu. La débilité de l'organisme, l’existence d'états morbides variés, comme le cancer, la syphilis , et, enfin , le défaut d’une mobilité absolue, pendant la durée du travail de l’organisation du cal , telles sont les causes les plus ordi-

CHAPITRE V. MALADIES DES OS

naires de cette imperfection. Relativement

à la syphilis, je viens d’en constater encore

l'influence, sur un militaire, chez lequel , trois mois après une fracture de la jambe , aucun progrès notable de consolidation n’avait eu lieu, et qui guérit dans les deux mois suivants, sous l'influence d’un traitement antivénérien méthodique,

Le tissu fibreux intermédiaire aux fragments reste alors mou, les fragments s’arrondissent , se moulent l’un sur l’autre , sont unis par des prolongements plus ou moins solides , blancs , résistants et d’apparence ligamenteuse. Il n’y a pas de surface libre et comme synoviale,

. Un degré manifeste d’irritation est indispensable à la formation régulière du eal.

Mais lorsque les parties molles ont été trop violemment eontuses, distendues ou déchirées, lorsque l’air pénètre dans le champ de la fracture, lorsque des fragments nombreux, enfoncés dans les tissus , les dilacèrent et constituent des corps étrangers au milieu d'eux, ceite inflammation devient très-intense, provoque la sécrétion du pus, la formation d’abcès considérables, la fièvre, l'agitation générale, et une série d'accidents qui compromettent l'existence des parties et la vie des blessés.

Lorsque l'os a été brisé en plusieurs fragments, il arrive souvent que ceux d’entre eux qu’on a cru pouvoir réunir, se séparent, après un temps plus ou moins long, entretiennent dans la partie une irritation sourde, prolongée, et deviennent la cause d’abcès consécutifs, suivis d’exfoliations nouvelles, plus ou moins difficiles et pénibles. Cet état, habituellement douloureux , s’oppose à la consolidation définitive du membre, et exerce, en beaucoup de cas, sur l’ensemble de l'organisme, une influence sympathique désastreuse.

Si simple qu’elles soient, les fractures des

os des membres constituent des accidents graves. La vie des malades n’est pas ioujours, il est vrai, compromise par elles , et la consolidation les guérit ordinairement ; mais, dans les circonstances les plus heureuses, ce résultat est acheté par un traitement prolongé, par une immobilité souvent pénible; et, après la consolidation , les

membres restent pendant longtemps rigides , affaiblis, plus ou moins tuméfiés, dis-

| posés à l’engorgement , et incapables de

supporter la moindre fatigue; ou d'exécuter pleinement leurs fonctions.

Toutes choses d’ailleurs égales, le traitement est plus long, et ses suites sont plus lentes à se dissiper, aux membres pelviens qu’aux membres thorachiques.

La gravité du pronostic est généralement en raison directe de l’âge des sujets, Chez les enfants les consolidations sont plus promptes et plus faciles, les accidents moins graves, Chez les adultes, plus de tension, de phlogose, de collections purulentes, de fièvre sont à redouter, Chez les-vieillards, la consolidation est plus tardive, l’immobilité plus péniblement supportée qu'aux âges antérieurs , et il arrive une époque où les fractures difficiles à guérir, celles du fémur, par exemple, ou de son col, constituent des accidents mortels.

Les fractures situées aux extrémités des os longs, au voisinage ou à l’intérieur des articulations , sont toujours plus graves que celles du milieu des membres. Elles sont presque constamment suivies de roideurs prolongées, et souvent d’ankyloses incurables.

Les maladies ajoutent au danger des fractures , en proportion de leur propre gravité, et de l'insuffisance des moyens thérapeutiques qu’on peut leur opposer.

Relativement aux fractures en elles-mémes, les contusions violentes, les déchirures intérieures, le nombre des fragments, tout en compliquant la maladie , et en augmentant le nombre des chances défavorables qu’elle présente, laissent cependant l'espoir d'obtenir une guérison exempte de graves accidents , si la peau est intacte. Et par contre , des fractures accompagnées de désordres bien moins étendus et profonds, si des plaies les compliquent , exposent les blessés à des dangers redoutables.

L'issue des fragments , à travers les parties molles déchirées , leur dénudation , leur irréductibilité, constituent des circonstances très-graves dans les fractures,

Les déchirures d’artères volumineuses , l'hémorragie intérieure ou extérieure, AJOU»

tent aux dangers de la maladie principale.

Enfin , les fractures avec plusieurs fragments, plaie étendue, déchirure ou broiement considérable des parties molles, lésions des vaisseaux ou des nerfs principaux , constituent des cas absolus d’amputation. Les coups de feu , accompagnés de ces complications , nécessitent constamment l’ablation des membres.

Dans toute fracture, les indications à remplir consistent : 1° à restituer aux parties brisées leur conformation normale ; 2° à les maintenir, dans cette situation, pendant un temps suffisant pour que la consolidation s'achève; 8° dans les cas compliqués, à écarter ou à combattre les lésions ou les accidents qui accompagnent la maladie , et la rendent plus grave.

Appelé pour un cas de fracture, le chirurgien doit d’abord faire transporter le blessé dans un lieu convenable, où puisse ètre pratiquée la réduction , et commencé le traitement. Si la lésion existe à l’un des membres supérieurs , le sujet se rend presque toujours facilement près du lit destiné à le recevoir. Lorsque la fracture est compliquée de lésions très-étendues , ou située à l’un des membres pelviens , le chirurgien doit, en coupant les vêtements , mettre la région lésée à découvert, reconnaître la solution de continuité osseuse, s'emparer des parties-supérieures et inférieures à celle-ci, les ramener et les maintenir à leur direction normale. Le blessé saisit alors, avec ses deux bras, le cou d’un aide vigoureux, dont les mains soutiennent les épaules et les reins, et qui le soulève, tandis qu'un brancard couvert , garni de matelas, d’alèzes et de couvertures , est glissé sous lui, et le recoit. Si la solution de continuité existait à la base de la cuisse, des aides intelligents saïsiraient le bassin , pendant que le chirurgien soulèverait et dirigerait le reste du membre.

Arrivé au terme du transport, le blessé doit être débarrassé du reste de ses vête-

ments et porté avec les mêmes précautions.

dans le lit destiné à le recevoir. Le brancard ordinaire remplace fort bien les fauteuils compliqués , les brancards suspendus et les autres inventions analogues : des aides

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