CHAPITRE V. MALADIES DES OS
tension , lorsque je crois devoir y recourir, Dans les fractures des extrémités supérieures , les plans de sustentation destinés à recevoir les parties, entourées ou non d'appareils, sont assez simples : tantôt, comme à la main et à l’avant-bras , le membre estreposé , à demi fléchi, sur un coussin de balles d'avoine, recouvert d’une alèze, protégé par un cerceau , et incliné légèrement des doigts vers le coude et l'épaule; tantôt comme dans les fractures de la clavicule et même dans celles du col anatomique de l’humérus, le bras est fixé au corps , de manière à ne faire avec lui qu’une seule pièce , et à partager tous ses mouvements, En général, lorsque les premiers accidents sont dissipés, le malade peut se lever , Favant-bras étant soutenu dans une gouttière ou une écharpe.
Aux membres pelviens, le repos au lit étant indispensable , on s’est efforcé de le rendre le moins génant possible. La plupart des chirurgiens font reposer la partie blessée sur le lit , soit garni simplement d’alèzes, afinqu’ilconserve sa rectitude, soitsurmonté de coussins , de plans inclinés, en oreillers, ou en planchettes garnies de coussinets. La première attitude est à peu près inévitable, lorsqu'on pratique l'extension permanente ; la seconde est en rapport avec la situation
demi-fléchie : dans toutes deux, la base de.
support fait corps avec le lit sur lequel est étendu le blessé. | Quelques personnes, entre autres Sauter et M. Mayor, croyant remarquer de graves inconvénients dans ie repos du membre fracturé sur le lit qui recoit le reste du corps, ou dans son application contre la poitrine, font généralement usage de planchettes, suspendues au-dessus du blessé, à l’aide de cordons passés dans des poulies, ei sur Îesquelles la partie fracturée peut être place.
Ces planchettes, éminemment mobiies , ont été spécialement préconisées pour les fractures de la jambe ; à la cuisse elles sont moins convenables ; à l’avant-bras et au bras, elles n’ont aucun avantage bien notabie sur les procédés ordinaires. Quant à la jambe elle-même , il est inexact de dire qu’elles permettent au sujet de mouvoir at-
sément le tronc, et de changer ses attitu- |
des > Sans imprimer de Monet au membre; cela peut avoir lieu pendant les expériences faites avec des cadavres; mais la synergie de l’action musculaire ne permet pas d'admettre qu'il en soit toujours de même chez le sujet vivant. L'expérience démontre que les efforts du blessé pour soulever le bassin, ou poursopérer tout autre changement dans la situation du corps, retentissent ordinairement vers la fracture , et vont en quelque sorte y chercher un point d'appui. La suspension des membres, que J'ai souvent vu employer , et que J'ai essayée moi-même , ne me semble diminuer que de bien peu les incommodités inhérentes au traitement des fractures :elle‘fait souvent perdre en fixité , à la contention, bien plus qu’elle ne permet au blessé , de gagner , sous le rapport de la facilité de se mouvoir. Quant au transport des individus , il me semble que leurs membres’, suspendus à la voûte des voitures, n’éprouveront pas moins de secousses, et subiront des oscillations au moins aussi pénibles que s’ils reposaient sur des coussins disposés convenablement sur de bons matelas. |
En résumé, les principes suivants me semblent devoir présider au traitement des fractures. NP
1° Dans les fractures simples, la réduction doit être exécutée aussitôt que possible, si aucun accident très-grave ne la contreindique. Lorsque du gonflement , de la douleur, de la tension, existent dans les membres, ces phénomènes ne s'opposent pas toujours à l'opération. Peu d'heures après les fractures , commence à se développer, dans les parties environnantes, une congestion plus ou moins intense, profonde, qui distend les tissus , excite des rétractions musculaires , et s'accompagne de douleurs plus ou moins vives ; mais il n°ÿya pas encore de phlogose proprement dite. Cet état se prolonge souvent pendant vingt-quatre à soixante heures. Durant tout ce temps, la réduction doit être faiteimmédiatement ; elle constitue le premier , le plus puissant des antiphlogistiques, en ramenant les fragments à leurs rapports normaux , en débarrassant les chairs de piqüres et de dilacérations qui les irritent. a. à. Me.
turts. Ici,