LIVRE L CHAPITRE IT, DE L'INFLAMMATION
les doigts du malade ou d'un aide , ou sur lesquelles on appliquerait un dire ou l'extrémité d’une clef assez échauffée. Il est irès-rare que ces moyens narrétent pas complétement l'évacuation sanguine , et que l'on soit obligé de recourir à la cautérisation des piqûres avec le nitrate gene fondu.
On presérit généralement den appliquer les sangsues qu’au voisinage des parties dont les téguments sont enflammés , et l’on craint qu’en les plaçant sur les tissus phlogosés eux-mêmes, leurs piqüres n’irritent plus que la saignée qu'elles provoquent ne peut soulager. Mais l'expérience la plus récente ne juëtifie pas entièrement ce conseil; Jai vu souvent apposer des sangsues au centre des érésipèles et des flegmons, et en obtenir des effets plus heureux et plus rapides que lorsqu'on les met au voisinage de ces maladies. Je n’ai pas observé une seule fois que cettesméthode ait provoqué le moindre accident.
Il est assez rare que l’on emploie l’instru-
ment tranchant seul pour opérer le dégor-
gement des parties enflammées : les moûchetures produiraient plus d'irritation que.
l'évacuation sanguine à laquelle elles don-
neraient lieu ne serait avantageuse, Cepen- :
dänt, on en fait quététiéisis usase avec éuccès dans les inflammations vives des conjonctives, du tissu des gencives, du gland et de la membrane interne du prépuce, parties très-vasculeuses, où les plus petites:
divisions sont suivies d’un écoulement sansuin assez abondant, Pour les exécuter, on se sert de la pointe d’une lancette, avec laquelle on fait des divisions LSHErÉ cel peu étendues, plus où moins nombreuses, et dirigées de telle manière , qu’à l'œil, par exemple, elles coupent en travers les vaisseaux injectés qui sillonnent la partie enflammée. Après l'opération, l’on favorise l'écoulement du sang au moyen de lotions faites avec de l’eau tiède et continuées pendant plusieurs heures.
Les mouchetures , exécutées de la même manière , ont été proposées aussi pour dégorger le scrotum infiltré dans l’anasarque; mais elles ne constituent alors qu'un moyen palliatif, médiocrement utile; et il importe
“qu elles soient peu nombreuses et écartées les unes des autres, afin de ne pas provoquer dans la partie une inflammation vive, dont la gangrène serait très-souvent la suite.
Plus profondes et plus étendues que les mouchetures , les scarifications conviennent à peu près dans les mêmes circonstances et agissent de la même maniere.
On les exécute au moyen du bistouri convexe, dont la lame est promenée sur les tissus, de manière à y produire des incisions suffisantes pour les dégorger. C'est ainsi que l'on scarifie la langue atteinte de congestion aiguë apoplectiforme; que lon incise les escarres gangréneuses , afin de faire mieux pénétrer les topiques jusqu'aux parties vivantes qu’elles recouvrent, ou d’évacuer les humeurs putrides dont elles sont impréonées , etc.
Employées dans les cas d’anasarque , les scarifications doivent être proscrites : les plaies qu’elles produisent deviennent ordinairement le siése d’une inflammation , qui s'étend facilement au loin, et se termine presque toujours par la gangrène.
Si les scarifications ne sont que d'une faible et rare utilité , lorsqu'on les emploie seules, dans l'intention d’opérer des saignées locales, il n’en est pas de même quand on réunit leur action à celle de la ventouse. Celle-ci agit en effet par succion; et, tirant des plaies que l’on à faites une quantité plus ou moins considérable de sang , elle produit la plupart des effets les plus importants que l’on atiend dessangsues.
On ne peut se dissimuler que ces animaux n'aient en général sur les ventouses une supériorité très-marquée, qu’elles doivent à la facilité avec laquelle on détermine par leur moyen des saignées fort abondantes ; mais, dans les circonstances et dans Îles contrées où les sangsues manquent, Îles ventouses scarifiées doivent les remplacer,
et jouissent d’une eflicacité incontestable. |
La ventouse est un vase de verre, arrondi
à son fond, et présentant une ouverture
circulaire plus ou moins large, dont le bord
doit être lisse et uni. Un verre ordinaire ou
un verre à liqueur peuvent au besoin servir
au même usage. La partie du corps sur la- ÉLÉMENTS DE CHIRURGIE, T.!,
quelle on doit appliquer l'instrument étant rasée et située convenablement, on place quelques brins d’étoupes dans le fond de la ventouse, on les allume à la flamme d'une bougie, et, à ‘instant où la combustion s'opère avec le plus de force, on renverse le vase sur les téguments, auxquels ül adhère aussitôt. Dar cette opération, Pair que contient la ventouse est d’abord dilaté par la chaleur qui résulte de la combustion; à l'instant de Papplication,, celle-ci été gnant, la température.de l'intérieur de 2 cloche s’abaisse , et il s’y forme un vide imparfait qui soustrait Ja portion dé peau recouverte à la Pr atmosph iérique. Aussi, voit-on cette partie devenir rouge, se g fler , et se porter avec force dans l'intérieur du vase. Cette action est quelquefois telle, que le sang s'échappe de ses vaisseaux, qu’il forme dés ecchymoses dans PÉRRÈSENE du derme, ou qu’on le voit sortir à travers les orifices capillaires des téguments. Les étoupes peuvent être remplacées par des lanières de papier, ou par toute autre matière facile à brûler. Quelques personnes, et je les vois souvent appliquer ainsi en Alsace avec un très-srande habileté, se servent d’une lampe à l’esprit-de-vin, audessus de là flamme de laquelle ellés tiennent un instant la ventouse , avant d’en recouvrir rapidement la partie. Cette action suffit pour raréfier l'air contenu dans l’instrument, et le mouvement d'application est si vif qu’il est terminé avant que la température de l’intérieur de la cloche ait p4 s'abaisser. Après un temps plus on moins long , on détache la ventouse, en appuyant l'extrémité du doigt ou le manche d'un bistouriprès de son bord, de manière à laicser pénétrer l'air dans sa cavité. La rougeur qu’elle a produite se dissipe le second ou le troisième jour , et tout rentre dans l’ordre normal,
On nomme ventouses sèches celles que Jun applique ainsi. Elles n’agissent évidemment qu’en déterminant sur les endroits où on les place une congestion sanguine ariificielle , susceptible de devenir dérivative de la congestion morbide et de Pirritation que l'on combat.
Se propose-t-on d'unir les scarifications a