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CHAPITRE V. MALADIES DES O

la consolidation est arrivée, les fragments osseux restent mobiles , crépitants, ou seulement unis par une substance molle et flexible, le chirurgien doit rechercher, avec une extrême atiention, les obstacles qui peuvent s'opposer au succès de ses efforts.

Ces obstacles consistent presque toujours, ou dans une contention imparfaite , et des mouvements prématurément imprimés aux parties, ou dans l’âge avancé et la faiblesse de la constitution des sujets , ou enfin dans l'existence de certaines maladies constitutionnelles. Dans le premier cas, il convient de réappliquer les appareils, de les rendre inamovibles et résistants, et de prolonger leur action pendant un temps toujours considérable, Dans le second, le travail de la consolidation sera favorisé par de bons aliments , des amers, des vins généreux, etc., pendant que l’application de l'appareil sera prolongé. Dans les cas de cancer, de scorbut, de syphilis, les médications appropriées seront mises en usage.

Mais lorsque, malgré les efforts de l’art, ou par cette raison que ses secours n’ont pas été administrés, ou ne l'ont été qu’imparfaitement, une articulation anormale s’est organisée entre les extrémités correspondantes des os, plusieurs procédés peuvent encore être opposés à l’infirmité grave qui en résulte, Les causes de la non-consolidation doivent être recherchées, appréciées et combattues avant de procéder à aucune opération. Celle-ci, lorsqu'elle est enfin devenue nécessaire, a pour objet de raviver l’inflammation autour des fragments, d'y reproduire la congestion sanguine, et de provoquer un retour de travail d’ossification, susceptible de réunir les parties, en créant un cal provisoire, solide, qui sera suivi du cal définitif.

Celse rapporte que l’on peut alors frotter violemment les extrémités des os l’une contre l’autre, jusqu’au développement de la douleur, de la chaleur et de la phlogose, puis appliquer un appareil à fracture, que lon rendrait aujourd’hui inamovible et solide.

Vers le milieu du dernier siècle, White incisa les parties molles.du membre, sur le côté opposé au trajet des vaisseaux , fit

. APT. 1 g sortir les deux extrémités des 0s, retran-

| cha leur sommet, puis appliqua un appareil

convenable, et traita la maladie comme une racture ordinaire, compliquée de plaie :

un succès complet couronna cette opération. Dans une occasion semblable, Dupuytren , opérant sur la cuisse, et ne pouyant dégager un des fragments, qui adhérait profondément aux vaisseaux et aux nerfs principaux du membre, se contenta de retrancher la pointe du fragment opposé, puis de le mettre en rapport avec le premier , et la guérison eut lieu dans le temps ordinaire, Percy et Philippe S**, de Philadelphie, ont passé, avec succès, un séton entre les deux pièces fracturées , en évitant'le trajet des vaisseaux et des nerfs. Deux incisions longitudinales ayantdivisé la peau, l'aiguille doit alors être conduite avec précaution, de manière à traverser le centre de l’articulation anormale, et on y laisse la mèche de linge effilé, qu’elle traîne après elle. Le séton est pansé ensuite à la manière ordinaire pendant cinq à six semaines, et ne doit être supprimé que lorsque le travail de la réunion a déjà fait des progrès. Durant tout ce temps, et jusqu’à la consolidation complète , un appareil méthodique doit assurer l'entière immobilité du membre.

Aucun de ces moyens ne jouit d’une effcacité infaillible. Le frottement agit d’une manière trop superficielle et passagère ; et si l’on peut, sans inconvénient, l’essayer d’abord , il serait imprudent de lui accorder une orande confiance. J’ai vu échouer complétement le séton , il y a plus de vingt ans. Et dernièrement sur un jeune homme des Vosges , âgéde vingt-cinq ans environ, d’une belle constitution en apparence , d’un tempérament sanguin prononcé, et qui n’avait jamais été atteint de maladie vénérienne , j'ai employé sans plus de succès la résection des deux fragments de l'humérus du côté droit. La fracture existait à la partie moyenne du bras; une longue incision pratiquée à la région externe , et qui laissait le nerf radial en arrière , permit d'arriver à l'articulation anormale , dont les liens opposèrent une assez grande résistance. Les deux fragments furent successivement amenés à la plaie, puis réséqués, de manière à ouvrir des deux:

côtés le canai médullaire, Le membre , placé dans une attelle coudée à angle don fut entouré , après la réunion Hniédiate de lar plaie , d’un bandage inamovible ; toutes les précautions fure it prises pour éviter le moindre mouvements un régime tonique et des soins hygiéniques convenables furent prescrits. Aucun accident ne survint; la plaie se cicatrisa parfaitement ; maïs , après quatre mois de soins et d'efforts, le membre était aussi mobile qu'avant l'opération, et le malade quitta l'hôpital sans être guéri. Malgré cet insuccès , la résection des fragments, ou même d’un seul d’entre eux , me semble cependant encore le procédé le plus sûr.

Lorsque, cependant, comme dans les cas

précédents, les efforts de l’art échouent , il

est encore possible de rendre, au moins en partie , au membre l’exercice de ses fonctions, en appliquant autour de lui un appareil ie LA garni d’attelles assez fortes pour rétablir sa continuité. On supplée alors par une sorte de squelette extérieur à l’absence de cohésion du squelette interne , et au bras surtout, des appareils de ce genre, habilement construits , réussissent assez bien.

Soit que le membre ait été mal contenu, soumis trop tôt à l’action musculaire, ou qu ‘on Jui ait confié prématurément le poids du corps, le cal, retardé peut-être dans son organisation, et encore flexible, est suscep tible de céder aux actions ou aux pressions exercées sur lui, et de se courber en sens divers. Il importe de ne mettre aucun retard dans l'emploi des moyens propres à remédier à ce, dérangement; car le succès ne peut être” ART qu QUE que l’on agit avant l'époque de la formation du cal défini tif, c’est-à-dire avant trois ou quatre mois, ainsiique Dupuytren l’a constaté.

Étendre instantanément et avec violence les parties courbées, à laide d'efforts d’extension et de contre- extension ; agir, d’une manière permanénte et Sri suivant l'axe du membre, au moyen de l'extension continue ; fixer sur le côté concave de la courbure une forte attelle , garnie d'un éoussinet épais , et aplatir sur elle la con- .vexité de Fa nole osseux, au moyen de tours

peuvent. remédier à la difformité,

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