LIVRE VII. MALADIES DE L'APPAREIL DE LA LOCOMOTION
l'appareil ordinaire, plaçait le long du cubitus un coussin épais, puis une attelle en fer, solide, plus longue que l’avant-bras , et coudée au niveau du poignet , de Mise à s’écarter de son axe. Cette attelle étant appliquée à à l’avant-bras , il fixait $ur elle la main, inclinée en dedans, à l’aide d’une courroie , large et convenablement garnie, dont les extrémités étaient retenues par deux boutons. - L’mdication que se proposait de remplir Dupuytren est parfaitement rationnelle : il n'est pas rare de voir se consolider les fractures du radius avec rétrécissement du poignet , difformité plus ou moins désagréable, qui entraîne une gène marquée dans les mouvements de pronation et de supination, ou même l’impossibilité de les exécuter. Mais on doit, autant que possible, éviter d’introduire dans la pratique des moyens de pansement que l’on ne puisse toujours se procurer, et dont la privation rendrait l’indication impossible à remplir. Or, l’attelle
cubitale de Dupuytren est dans ce cas, On.
peut la remplacer par les moyens suivants :
1° lorsqu'on applique les compresses destinées à soutenir lesattelles , une d’entre elles doit être placée par son milieu sur le bord radial de la main, entre le pouce et le doigt indicateur ; puis, conduite obliquement en avant et en arrière, vers le côté interne du poignet , et croisée avec force sur ce point, pour entourer ensuite la partie inférieure de l’avant-bras; 2° en appliquant la bande , plusieurs tours de celle-ci, obliquement dirigés du bord radial de là main vers la partie inférieure et interne de l’avant-bras, agiront dans le même sens ; 3° lorsque le malade se lèvera , il devra mettre son bras dans l’écharpe de telle sorte que le bord de cette dernière ne dépasse pas le niveau du cubitus , et que la main , laissée libre, tende, par son poids , à aude vers cet 0. Lorsque la main est comprise dans l’écharpe, elle se trouve nécessairement relevée vers le radius , et j'ai vu cette cause déterminer manifestement la difformité qui nous occupe, chez des sujets qui
n’en présentaient AUGURE apparence avant .:
& ‘ils Commencassent à se lever.
Ces règles sont entièrement applicables à
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aux cas où les deux 0s.sont brisés près du poignet ; seulement, alors , c’est la rectitude de la main , et non son inclinaison vers l’un ou l’autre côté, que le chirurgien doit s’efforcer d'obtenir.
Les fractures de la partie moyenne de l’un des deux os de l’avant-bras, presque toujours produites par des causes indirectes .
sont peu dangereuses et peu difficiles à reconnaître et à réduire. Les règles précédemment établies pour la réduction et la contention des fractures de la partie inférieure doivent alors être observées. J’ai rencontré, toutefois , dernièrement , une fracture isolée de la partie supérieure du radius , immédiatement au-dessous de la tubérosité bicipitale, laquelle , produite par une chute de cheval sur la paume de la main, avait été méconnue pendant environ quarante jours.
Bien que tardivement appliqué , l'appareil a réussi; mais, au lieu d'employer celui des fractures simples de l’avant-bras, qui ne s'oppose pas assez au mouvement de rotation, J'ai appliqué la double gouttière en carton, usitée pour les fractures au coude, et dont il va être question.
Des déplacements variés s’opèrent à l’humérus, selon que les fractures de son corps ont lieu au-dessus de l’attache du deltoide, au-dessous de cette attache, ou le long de l'insertion. du muscle brachial antérieur.
Dans le premier cas, le fragment inférieur est tiré en haut et en dehors par le muscle deltoïide, en même temps que les muscles grand rond, grand dorsal et grand pectoral inclinent en dedans le fragment supérieur ; dans le second , le. fragment inférieur est entraîné par le triceps brachial en arrière, et le supérieur en dehors et en avant par le deltoïde : dans le troisième , enfin, le triceps et le brachial antérieur se faisant équilibre , le membre ne tend qu’à se raccourcir, et les fragments remontent l’un sur l’autre, suivant des directions en rapport avec le sens de leur obliquité. Dans les fractures transversales, sur ce point, il n’y a souvent présque aucun déplacement , ou seulement une courbure à angle, dont la convexité est antérieure. Cette courbure, qui tend à se produire, au surplus, dans la plupart des cas, semble dépendre principa-
lement de la manière d'agir de l’avant-bras sur l'extrémité du bras. À
La réduction des fractures de l’humérus est, en général, facile, L’avant-bras, à demi fléchi, doit être soutenu et confié à un aide, qui pratiquera l’extension , en dirigeant la tubérosité humérale externe au-dessous du sommet de lacromion. Un second aide , placé du côté opposé à la maladie, saisit et retient l'épaule , et opère la contre-extension. |
Avant d'appliquer l'appareil, la main et l’avant-bras doivent être entourés jusqu’au coude avec un bandage roulé. Celui-ci se dérange presque toujours au niveau du poignet ; il comprime sur ce point les veines et les lymphatiques superficiels , et détermine souvent l’engorgement de la main et des doigts. On évite ce double inconvénient en plaçant, au-dessus des compresses cireulaires, aux deux faces de l’avant-bras, depuis la main jusque vers le milieu du membre, deux lames de carton.sur lesquelles passeront les tours de bande. .
La région de la fracture, ainsi que le reste du bras, sont ensuite entourés de compresses circulaires , sur lesquelles on étend quatre attelles, garnies à leur face profonde de compresses aussi longues qu’elles, afin de diminuer la rudesse de la pression.
Le tout est affermi au moyen d’un bandage roulé, terminé en haut par un ou deux jets qui se croisent sur l’épaule, et embrassent la poitrine , en passant sous l’aisselle du côté opposé. De ces attelles, la postérieure et
+ pi
l'externe doiventedépasser l'épaule et le coude ; il importe de veiller à ce que l'antérieure ne froisse pas, en bas, la partie correspondante de lavant-bras ; et l'interne + que quelques personnes suppriment, , bien qu’elle ne m'ait jamais paru exercer de pression douloureuse , doit être à la fois courte, mince et flexible.
À l'occasion de chutes sur le coude, l’extrémité inférieure de l’humérus se brise assez fréquemment, immédiatement au-dessus de l'articulation, ou dans la Jommture elle-même. Dans ce premier cas, la fracture est ordinairement transversale , ou d’une faible obliquité; dans le second, en même temps que cette solution de nr en
travers a lieu, les deux condylés sont séparés par une tro longitudinale, qui corques presque toujours à l'arête saillante ’olécrâne, laquelle semble , lors de la
7 46 aire Wromice d’un coin.
Dans es cas, lé fragment inférieur , fai-
sant corps avec les os de l’avant-bras, est
tiré en arrière par le triceps brachial ; Née. trémité inférieuré du fragment sépéeur décupe le pli du coude, et y forme uné convexité marquée , Lars qu’en arrière le tendon du triceps est concave. Le coude présente , par conséquent, les principales apparences de la luxation des o$ de l’avant-
bras en arrière. Le diagnostic ési assez sou- |
‘vent obscur, à raison dû gonflement considérable qui ne tarde pas à survenir ; mais la
facilité avec laquelle se rétablit où s'altère |
Ja’ configuration normale, et la crépitation manifestée, soit pendant qu’on porte l'avant: bras alternativement en avant ét en arfière, Soit à l’occasion de pressions exercées sut les condyles, et la mobilité señtie éntre eux, ne laissent, en général, aucun doute seen Sur la nature et le Siége de la lésion.
Ces’ fractures, toujours plus graves que celles du corps de l'os, déterminent trèsfréquer mment iHfiéariatidn de larticulation ù laissent à pis, ou moins prononcées et durables.
La réduction n'est pas, en général, difficile à obtenir, et doit être opérée suivant les règles précédeminent établies.
La main et l’avant-bras étant entourés d’ un bandage roulé, destiné à prévenir leur engorgement cdébaieué le coude, dont il importe de constater de nouveau, Ja bonné conformation, doit être enveloppé d’un certain nombre "a comprésses immédiates , croisées en 8 de chiffre, et surmontées d’autres compressés éntourant le bras. Une bânde, après avoir fait des jets croisés autour de l'articulation, en nombre suffisant pour la recouvrir, contintie le bandage le long du bras, qu l'aisselle. Sur cette pré arte de l’appareil, doivent être placées ensuite, en avant et en arrière, deux lames d’un carton épais | et solide , préalablement ramollies par l'immersion dans le liquide qui humecte toutes les parties de l'appareil, et assez longues pour s'étendre
leur suite des ankyloses.