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LIV. VII. MALADIES DE L'APPAREIE DE LA LOCOMOTION

latéraux externes retiennent le sommet de la malléole externe , et obligent le péroné à faire un angle rentrant.en arrière, assez considérable pour que la solution de continuité s’ensuive. J'ai eu deux fois l’occasion d'observer cette complication,

Inclinaison de la face plantaire du pied en dehors , de la face dorsale en dedans, soulèvement du bord externe et abaissement du bord interne ; saillie considérable de la malléole interne sous la peau ; effacement de la malléole externe ; au-dessus de celle-ci une dépression brusque , Une sorte de coup de hache, résultant de la déviation du fragment inférieur du péroné vers le tibia; enfin, prolongement de l’axe de la jambe vers le côté interne du pied, à ce point , que si, par la pensée , on supposait le sujet debout et marchant, il appuierait presque le poids de son corps sur la malléole tibiale : tels sont les principaux symptômes de la fracture du péroné. À ces signes, il convient d’ajouter la mobilité latérale du piéd, dont l’inclinaison en dehors excite une vive douleur, et exagère la difformité produite par la fracture , tandis que le renversement en dedans soulage, au contraire, le blessé et rétablit la conformation normale. Enfin , pour achever le diagnostic, le pouce promené sur l’endroit dé la fracture y perçoit, durant ces moments , des changements de rapports entre les fragments, et souvent de la crépitation. Il importe d'autant plus de se faire une idée juste de ces signes et du mécanisme de leur production , que les fractures du péroné sont assez fréquemment méconnues , et que le gonflement considérable , qui ne tarde pas à leur succéder, rend , en beaucoup de cas, leur diagnostic assez diflicile.

Les fractures de l'extrémité inférieure de la jambe constituent des accidents graves, à raison, soit des complications de plaie, de contusions ou de déchirure qui lesaccompagnent fréquemment, soit du voisinage de l'articulation, dans laquelle peut se propager la phlogose, soit, enfin , de la difficulté de maintenir les fragments dans un rapport exact et d'obtenir une consolidation régulière. Méconnues, mal réduites, ou consolidées avec difformité, les fractures du péroné

CHAP, V. MALADIES DES OS

surtout , laissent à leur suite un élargissement latéral dangereux de la mortaise for:

mée par les os de la jambe, Entrainé par.

les muscles péroniers, le pied, se renverse de plus en plus en dehors, l'astragale est dévié en dedans, l’axe de la jambe passe au côté interne de cet os, et l'articulation ; fatiguée, distendue , cesse après un certain, temps de pouvoir supporter le poids du corps ou se désorganise.

Dans les fractures simultanées du tibia et du péroné, le bandage de Scultet étant disposé et couché sur des coussins élevés, afin que la jambe soit fléchie sur la cuisse ; comme celle-ci l’est sur le bassin, le chirurgien, fait procéder. à l’extension et à la contre-extensivn. Cette dernière est facilement opérée par un aide, qui retient le genou; pour l’autre, un aide vigoureux place ses pouces sous la plante du pied, croise ses autres doigts sur la face dorsale de cet organe, en tirant avec lenteur et persévérance , en transformant le pied en un levier du troisième genre, allonge la jambe, en même temps qu'il soulève le fragment inférieur de la fracture. Le chirurgien dirige ce mouvement, appuie sur les fragments en sens opposé , et s'assure, par la vue ainsi que par le toucher, que toute difformité a cessé. Un craquement manifeste annonce ordinairement que la coaptation est opérée. ÿ

Unetalonnière,sorte de coussinet conoïde, destiné à remplir le vide qui exisie audessous du mollet, doit être placée sur l’appareil, depuis le milieu de la jambe jusqu’au talon, afin de soutenir le pied et de prévenir l’affaissement en arrière du fragment inférieur. Après l'application des compresses immédiates et des compresses circulaires, on procède à celle des bandelettes détachées du bandage de Scultet. Je me trouve bien de substituer ces bandeleites à la bande roulée dont on entoure ordinairement le pied, et qui est d’une application si délicate pour le chirurgien , si douloureuse pour le blessé, parce qu’elle nécessite presque toujours des mouvements imprimés au pied et à la fracture, Les bandelettes séparées commençant, au contraire, à la base des orteils, s’imbriquent parfaitement, se lient avec

celles qui recouvrent la jambe , et participent à tous les ayantages que l’on reconnaît à ces dernières. Les attelles sont ensuite enveloppées dans le drap fanon, les coussinets de remplissage sont placés aux côtés

externe et interne du membre, une com-

presse longue et large recouvre la partie antérieure de l'appareil, afin de la protéger, et les liens affermissent Ia contention du.

membre. On ne place plus de troisième attelle en avant ; et la semelle, sur laquelle on appuyait la plante du pied , est remplacée par une bande en étrier, dont les chefs, croisés sur la face dorsale du pied, vont se fixer avec des épingles, sur les deux attelles latérales, au drap fanon. Il est d’une trèshaute importance.que les attelles latérales et les coussinets descendent au-dessous du niveau de la plante du pied, afin de maintenir solidement cet organe, et de prévenir, les déviations qu’il pourrait éprouver. Dans quelques cas même; comme dans ceux d’arrachement du sommet-d’une des malléoies, on se trouve bien de placer autour des attelles, au-dessous du pied, un dernier lien,

| quiles rapproche etles affermit. Une échan-

crure, faite sur le hord des attelles,empèche ce lien de se déplacer. HP DIS Ce bandage convient dans la généralité des cas. Mais lorsque la fracture, ayant lieu très-près de l'articulation, et présentant une obliquité dirigée de bas en haut et d’avant en arrière, s'accompagne de la saillie de l'extrémité inférieure du tibia sur le cou-depied , le talon étant entraîné en arrière et en haut par les muscies postérieurs de à jambe , ainsi que par son propre poids, 1 est indispensable de modifier l'appareil de la manière suivante. Après l'aPinotion des compresses et. des bandelettes de Scultet, au lieu’ de rouler les attelles latérales dans le drap fanon , le chirurgien place, le long de la partie postérieure du membre, une large et forte attelle, surmontée d’un coussin épais, prolongée en bas au delà du talon. Une bande roulée ou une seconde série de bandelettes fixent ensemble l’attelle, le coussin et la jambe, de telle sorte qu talon est repoussé en avant , et le ti ia maintenwenrarrière. Cette addition nes’ ppose pas à ce qu'on achève ensuite l’appli-

cation de l'appareil à la manière accoutumée. N

Dans les fractures isolées de la. partie

inférieure du péroné, les bandages ordinaires sont insuffisants, même avec la précaution de donner aux coussins une disposition telle que le pied soit incliné du côté de l’attelle interne. Le bandage de Dupuytren peut seul assurer la bonne conformation des parties. Il consiste à étendre sur le côté interne du membre , depuis le genou jusqu’à la malléole tibiale, sans la dépasser, un coussinet de balle d’avoine, plus épais en bas qu’en haut, et sur lequel on applique une attelle solide, assez longue pour dépasser de quatre travers de doigt la plante du pied. Une longue bande fixe, au moyen de doloires nombreuses, l’attelle et le coussin à la partie supérieure du membre. On renverse ensuite le pied en dedans et on le maintient dans cette situation, à l’aide d’une seconde bande, dont les jets embrassent alternativement le talon et la partie antérieure du pied, en formant sur l’attelle des croisés en 8 de chiffre. De cette manière le sommet de la malléole externe est tiré en bas et en dedans, le fragment inférieur du “-péroné bascule sur son articulation tibiale, et son extrémité supérieure s'incline en dehors, vers le bout correspondant du fragment opposé. Le péroné conserve ainsi sa rectitude , et la consolidation a lieu sans élargissement de la mortaise qui recoit l’astragale.

Ilest à remarquer, toutefois, que ce bandage ne convient que dans les fractures du péroné situées au-dessus de l’articulation inférieure de cet os. Dans celles de la malléole externe proprement dite , la traction exercée sur les ligaments aurait pour résultat d’abaisser le sommet de l’éminence osseuse , de l'écarter de sa base » et par conséquent de nuire à la consolidation, en rendant impossible le contact des fragments.

Dans ces cas, comme dans ceux de fracture de la malléole interne , le bandage ordi-

naire, appliqué avec exactitude et avec

attention de s'opposer efficacement aux inclinaisons latérales du pied, suffit pour assurer une consolidation régulière.

Dans un cas, que j'ai actuellement sous

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