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CHAPITRE V. MALADIES DES O

pent, et que l’on diminuât le nombre de leurs victimes. R

. Toutes les tumeurs osseuses dont il a été Jusqu'ici question peuvent se terminer par le cancer. L’exostose, en effet, est susceptible de se remplir d’un tissu fongueux et lardacé qui passe, chez certains sujets, à l’état cancéreux; la dégénérescence fongueuse qui vient de nous occuper est bien plus disposée encore à subir cette transformation. Quoi qu’il en soit, la maladie présente les mêmes phénomènes locaux et généraux que le cancer des parties molles, L’os est rempli d’un tissu tantôt lardacé, tantôt fibreux, tantôt cérébriforme ou pul- . tacé, qui se ramollit graduellement , ulcère les parties voisines, et devient la source des ravages les plus étendus. L’amputation est le seul moyen que l’on puisse opposer à cette redoutable affection. Comme la précédente, on peut la prévenir ; mais lorsqu'elle est manifestée , il serait inutile de vouloir la combattre au moyen des topiques ou des médicaments internes.

Afin de rendre plus manifeste encore et, plus complète l’analogie qui existe entre les affections des parties molles et celles des os, ceux-ci, maloré la solidité et la faiblesse apparente de leur vascularité, présentent souvent ces développements artériels qui constituent les tumeurs érectiles. Ces tumeurs, dont il a été question en traitant des maladies du système vasculaire, et qui se développent spécialement dans les extrémités spongieuses des os longs, sont susceptibles de guérir par la ligature des artères principales du membre, suivie de la compression immédiate et prolongée de leur substance; mais presque toujours elles exigent l’amputation du membre.

Nous avons vu plus haut comment la dénudation et la division de la substance osseuse entraînent sa mortification, ou la nécrose, Mais cette affection, plus fréquente aux os durset compactes qu'à ceux qui sont mious et spongieux, peut être encore déterminée, soit par l’inflammation du périoste où de la membrane médullaire, soit par l'ir- - ritation du tissu osseux, soit enfin par la phlogose simultanée de toutes ces parties.

Lorsqu'elle affecte la surface externe des os

plais, la nécrose donne lieu au décollement du périoste, et à la formation d’un abcès qui, s’ouvrant à l'extérieur, permet d'arriver facilement, avec le stylet, jusqu’à la surface dénudée. Ce périoste, détaché de l'os, s’ossifie quelquefois, et forme, au devantde la nécrose, une sorte de coque ou de chaton qui la renferme en partie, et qu'il faut diviser pour extraire la pièce frappée de mort.

Les os longs sont-ils le siége de cette maladie? elle respecte presque toujours leurs extrémités articulaires. Si le corps de l’organe est frappé de mort dans toute son épaisseur, le périoste s’en détache; à sa face interne s’épanche une matière gélatineuse, blanchâtre, dont la quantité augmente chaque jour, et qui passe graduellement à létat cartilagineux, puis osseux.

Le.membre malade se gonfle ; des douleurs profondes s’y font sentir; une fièvre lente, avéc redoublements irréguliers, survient presque toujours. Cependant los frappé de mort, tt renfermé dans l’étui de nouvelle formation qui l’enveloppe, se détache en haut et en bas de ses extrémités, devient libre et vacillant; du pus se forme autour de lui et donne lieu à des abcès, qui vont s'ouvrir au dehors, et demeurent fistuleux.

Soumis à l’action des absorbants, son volume diminue, sa surface devient rugueuse, et la nature fait effort pour le détruire et pour l’expulser.;

La partie centrale ou médullaire de l’os est-elle seule frappée de mort? les lames extérieures de l'organe se dilatent, le séquestre s’isole, le pus dont il provoque lasécrétion perfore son enveloppe et parvient à l'extérieur. Ici il n’y a pas de formation d’os nouveau, la portion superficielle de l’os ancien constitue seule l’étui qui renferme le séquestre.

Après la sortie de celui-ci, les lames o0s-

seuses se rapprochent, la cavité qu’elles

formaient disparaît, et tout rentre dans l’ordre normal. Si le corps entier d'un os long a été expulsé, l'os nouveau le remplace, revient sur lui-même, se continue avec les extrémités articulaires, et le membre conserve sa forme ainsi que sa solidité.

Aussi longtemps que le sujet ne présente | | 18*

que des symptômes d’uneirritation profonde, fixée sur les os, il convient d'insister sur

l'emploi des antiphlogistiques généraux et

locaux, en même temps que l’on combat les causes internes et externes qui ont occasionné ou qui entretiennent la maladie.

Lorsque les abcès sont formés , et que l’instrument parvient à la partie nécrosée, on doit insister sur les mêmes moyens, jusqu’à ce que la nature ait isolé la pièce osseuse et

l'ait rendue vacillante. Des soins de pro-.

preté, des applications émollientes, un repos parfait, sont presque les seules médications qui conviennent alors. Si, le séquestre étant isolé, il semble, d’après la marche générale de la maladie, la disposition des parties affectées, et les forces du sujet, que la nature se suffira à elle-même pour user la portion de l'os devenue étrangère,ou du moins pour Ja rendre facile à retirer par les ouvertures existantes, il convient encore de temporiser, de continuer le traitement antiphlogistique, et d'attendre les résultats des efforts de l'organisme. Mais lorsqu'ilretonnait enfin l'insuffisance du travail de la nature, le chirurgien doit l'aider et s’efforcer de retirer le séquestre. |

Pour cela , le membre doit être couché de manière à reposer, dans toute son étendue, sur des coussins solides. Le chirurgien cerne ensuite les ouvertures fistuleuses par lesquelles l'extraction lui semble le plus facile, à l’aide de deux divisions semi-elliptiques , et emporte , jusqu’à l'os, toutes les parties molles qu’elles circonscrivent. Quelquefois, une simple incision longitudinale suffit pour pratiquer une plaie assez étendue. Il importe que l'opération soit pratiquée sur le côté du membre le moins charnu , et le plus éloigné du trajet des vaisseaux et des gros troncs nerveux. L'ouverture doit correspondre aussi à l’un des bouts du séquestre, afin que l’on puisse le saisir par son extré.-

mité, et l’attirer plus facilement au dehors.

Parvenu jusqu’à l'os qui renferme la pièce nécrosée, le chirurgien agrandit l’ouverture qu’il présente , avec le couteau lenticulaire, ou un fort scalpel. Si ces instruments ne suffisent pas, il applique une ou plusieurs couronnes du trépan, suivant la direction la plus convenable. Il importe d'éviter du-

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