AMPUTATION DES MEMBRES
Pratiquées depuis la plus haute antiquité, les amputations des membres ont été successivement perfectionnées sous les divers rapports : 1° des lésions qui les rendent nécessaires ; 2° des régions sur lesquelles il est convenable ou possible de porter Îles instruments d’ablation; 3° des procédés, relatifs à la section des parties molles et des os, les plus favorables à la guérison des sujets; 4° enfin, des pansements immédiats ou consécutifs les mieux appropriés à la nature des plaies, et à leur cicatrisation prompte et solide.
Le nombre des amputations pratiquées en chirurgie est aujourd’hui plus considérable qu’autrefois ; proposition dont on ne
saurait tirer cette conséquence que le traitement des maladies chirurgicales graves est actuellement moins efficace que par le passé; mais qui résulte de ce que, plus éclairés et plus hardis, les chirurgiens de notre époque assurent, plus souvent que leurs devanciers, la conservation des individus , au prix du sacrifice de membres que l'on croyait jadis pouvoir épargner, ou dont l’ablation semblait absolument impossible.
Bien qu’elles aient été indiquées à l’occasion des maladies auxquelles elles se rapportent, les circonstances qui rendent les amputations nécessaires , doivent ètre reproduites et groupées ici , SOUS Un point de vue général, Elles comprennent, trois calé-
gories , selon qu'elles consistent en des lésions aiguës et récentes, en des accidents consécutifs de ces lésions , ou en des affections chroniques.
À la première de ces catégories appartiennent 1° les écrasements complets des membres et les fractures comminutives j avec lésion des gros troncs nerveux et vasculaires ; 2° les sections, complètes ou presque complètes, des membres , par de gros
projectiles , tels que les boulets, les bis-
caïens, lorsque, ce que l’on observe presque constamment , les plaies sont irrégulières , déchirées, accompagnées de fractures étendues et d’éclats nombreux aux os; 30 les plaies pénétrantes des articulations, avec dilacération considérable des enveloppes articulaires, perte de substance, fracture des extrémités des os, destruction des ligaments principaux et des tendons du voisinage ; 4° les luxations complètes des grandes articulations, avec issue des extrémités des os à travers les parties molles, déchirées et contuses; 5° les extravasations sanguines, suites de blessures artérielles , portées au point de rendre les ligatures impossibles \ et de menacer les parties de gangrène immédiate ; 6° les brülures étendues , aux quatrième, cinquième et sixième degrés.
Rappelons que , dans tous les cas, l’amputation doit être pratiquée immédiatement ou aussitôt que possible après l'accident, et avant le développement des phénomènes locaux de congestion et de phlogose , ainsi que des symptômes généraux qui les accompagnent. Une stupeur profonde, un délire
nerveux considérable, un refroidissement
porté très-loin, à la suite des commotions générales, et, enfin , la volonté négative persévérante du sujet , sont, toutefois, autant de contre-indications que le chirugien ne doit jamais dédaigner. Il est indispen-
sable, avant d’amputer, que le blessé soit
remis du prémier trouble organique, de la première atteinte portée , en beaucoup de cas, au système nerveux, par le fait même de la blessure, et que les principales fonctions aient repris leur énergie et leur régularité normales. Ep
La seconde des catégories indiquées com-
prend : 1° le sphacèle et la gangrène trau-